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Le marché Dejean du XVIIIe arrondissement de Paris

De
134 pages
Des clients et des marchands "mettent en mots" le marché Dejean, couramment appelé "marché Château Rouge". S'appuyant sur les concepts de la sociolinguistique urbaine et les outils d'enquête tels que l'observation, le questionnaire, l'entretien, l'auteure restitue les différentes étapes de la recherche menée dans ce marché, les descriptions ethnologiques et analyses des discours recueillis dans cet espace public où "habitent" plusieurs langues.
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Le marché Dejean duXVIIIearrondissement de Paris Un espace public « perçu » et « vécu »
Espaces DiscursifsCollection dirigée par Thierry Bulot La collection Espaces discursifs rend compte de la participation des l la ldgeiéésocobuoarrpsahtiiqoun(/eirsde,epnsrtéyitsamaeginbirtèeoalsti,iqounepseé,upditvleeiernnsrtigptuaoêicrtsiertaeislqisurééesvs,,élcaqoturmipicrlmeossufensdasseuiotoiaenminrnoteedsl,isfsioca)ctiiaouonxùsà,gr s pratiques lang res sociales.Espace de discussion, lacollection est ouverte à la diversité des terrains, des approches et des méthodologies, et concerne  au-delà du seul espace francophone  autant les langues régionales que les vernaculaires urbains, les langues minorées que celles engagées dans uvnaripértoécsesdsuusnedemreêcmoennlaainsgsuanecqeu;aenlldecvhaauctuéngealdemelelenstpdoounrnlesdiveàrsuense lieu e aux faits rdeilsecvoaunrtsdiedlenétvitaaliuraet;ioenllseocsiailnetédreeslsaedipvleurssiltaérlgienmgueinsttiqenuce.or Derniers ouvrages parus Rada TIRVASSEN,Lentrée dans le bilinguisme, 2012. Yves GAMBIER, Eija SUOMELA-SALMI,Hybridité discursive et culturelle, 2011. Alexei PRIKHODKINE,Dynamique normative du français en usage en Suisse romande, 2011. Claude VARGAS, Louis-Jean CALVET, Médéric GASQUET-CYRUS, Daniel VERONIQUE, Robert VION (Dirs.),Langues et sociétés. Approches sociolinguistiques et didactiques, 2010 Logambal SOUPRAYEN-CAVERY,Linterlecte réunionnais. Approche sociolinguistique des pratiques et des représentations, 2010. Jeanne ROBINEAU,Discrimination(s), genre(s) et urbanité. La communauté gaie à Rennes, 2010. Zsuzsanna FAGYAL,Accents de banlieue. Aspects prosodiques du français populaire en contact avec les langues de l'immigration, 2010.
Brigitte Rasoloniaina
Le marché Dejean duXVIIIearrondissement de Paris Un espace public « perçu » et « vécu »
Du même auteur Étude des représentations linguistiques des Sereer (Sénégal : Mbour, Nianing, Sandiara), LHarmattan, 2000.Représentations et pratiques de la langue chez les jeunes Malgaches de France, LHarmattan, 2005.
© L'Harmattan, 20125-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Parishttp://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-97039-7EAN : 9782296970397
Aux professeurs
Jean Arlaud, et Noël-Jacques Gueunier,
Mes grands amis ethnologues qui, chacun à sa manière, mont montré la signification du détail dans lobservation.
INTRODUCTION1
Les recherches sociolinguistiques que jai menées jusquà aujourdhui, en France, à Madagascar et au Sénégal, mont conduite à constater limportance des notions de lieu, de territoire et despace : dans létude des pratiques et des représentations linguistiques des jeunes Malgaches en France (Rasoloniaina, 2005), jai proposé par exemple de considérer levariaminanana, le parler bilingue des malgachophones, comme un « territoire symbolique » :
On peut alors émettre lhypothèse que labsence de territoire géographique, en cohérence avec la politique de migration française qui rejette toute forme de communautarisme, implique le besoin de territoire symbolique chez tout immigré installé en France.(Rasoloniaina, 2005 : 41).
Partant de limportance de la dimension spatiale dans la manière de se reporter à lautre, on peut en effet considérer le parler bilingue comme la reconnaissance (ou la revendication) de lappartenance des locuteurs à la communauté bilingue. On peut étudier les parlers bilingues qui font partie des pratiques linguistiques des locuteurs en France2sous cet angle et préciser ces variations issues des différents « espaces » qui peuvent être associatifs (très nombreux pour les Malgaches en France), les temples et les églises, les réseaux relationnels, les familles, etc. par des descriptions phonologiques et morpho-syntaxiques. Dans létude menée auprès des sereerophones (Rasoloniaina, 2000), jai retenu la distinction espace intérieurversus espace
1 Je remercie ici tous ceux qui ont participé à la réalisation de ce livre : les informateurs du marché Dejean,Phanie, les collègues et amis qui mont soutenue particulièment : M. Ahmed-Chamanga, O. Ndiaye, M. Verdier, N. Simonet et L. Wongolo. 2 Plusieurs langues métissées ont été décrites. Cf. recensement L.-J. Calvet, 1999 ; C. Deprez, 2005.
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extérieur pour interpréter lusage du sereer en milieu familial et celui du wolof pratiqué à lextérieur du foyer. Cette opposition intérieur/extérieur être assimilée à peutprivé/public encore ou ànon-institutionnalisé/institutionnalisé que cette dernière bien catégorisation rappelle les trois situations - informelle, soutenue et formelle - sources de variationsdiaphasiquessiitniuguq.eeciolnso Comme la notion devariation1est centrale dans cette approche, on en recense quatre grands types dont les variationsdiatopiques, liées aux lieux.
10
L« espace » conçu comme facteur de variation paraît manifestement un élément intéressant dans les différentes problématiques que jai abordées toutefois, dans cette recherche qui porte sur le marché Dejean du 18e arrondissement de Paris où il ne sagit pas seulement détudier les variations, jai opté pour la sociolinguistique urbaine, « une sociolinguistique des discours »2 lespace est défini comme un « oùproduit» et où lon pose comme corollaire «la multiplicité des espaces socio-énonciatifs» : Certes, lespace (il suffit de penser au paradigme de la diatopie) est une dimension approchée par la discipline depuis ses débuts, mais il lest comme étant essentiellement une donnée et non un produit ; surtout la notion (car il ne peut ici sagir dun concept opératoire pour la discipline tant les acceptions diffèrent) laisse à penser que lespace est un, cest-à-dire que  même sil peut être posé comme le résultat dune activité humaine quelle quelle soit - il ne peut être quunique. (T. Bulot, 2005 : 221). Dans un écrit récent, T. Bulot3(2011) propose une définition de la sociolinguistique urbaine qui, par les trois points qui la constituent, me semble résumer dune manière claire et concise
1 Cf. M.-L. Moreau (éd.),Sociolinguistique. Concepts de base,Mardaga, 1997, p.283. 2 Selon les termes de T. Bulot dans « Discours épilinguistique et discours topologique : une approche entre signalétique et confinement linguistique en sociolinguistique urbaine »,Revue de lUniversité de Moncton, vol. 36, n°1, 2005, p.221 3 A qui jai « emprunté » les mots « perçu » et « vécu » du titre de cet écrit.