Le mariage coutumier chez les Suundi du Congo-Brazzaville

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Prenant appui sur leurs coutumes ancestrales et leurs valeurs culturelles fondamentales, comment les Suundi du Congo-Brazzaville définissent-ils le mariage ? Quels en sont les fondamentaux et les principales étapes ? Quels sont les biens qui entrent dans la compensation matrimoniale, et quelle est la signification symbolique de chacun d'eux ? Cet ouvrage répond à l'ensemble de ces questions.
Publié le : dimanche 1 novembre 2015
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EAN13 : 9782336394633
Nombre de pages : 174
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du Congo-Brazzaville définissent-ils le mariage ? Quels en sont les fondamentaux et les principales étapes ? Quels sont
et quelle est la signification symbolique de chacun d’eux ? C’est à l’ensemble de ces questions que cet ouvrage
d’appréhension et d’analyse des faits convoqués. Placé entre mythe et Histoire, pour l’ensemble des sociétés
fondamentale, le levier d’harmonie et de sécurité sociales,
de reproduction de la société et de ses principes existentiels.
des rites, espace d’ancrage et de valorisation d’objets exotiques.
un témoin aguerri des mutations sociales.
Etudes africaines
Série Ethnologie
Sous la direction de Jean Félix Y, Samuel K et Augus L
Le mariage coutumier chez les Suundi du CongoBrazzaville
Préface de Michel-Alain M
Le mariage coutumier chez les Suundi du Congo-Brazzaville
Collection « Études africaines » dirigée par Denis Pryen et son équipe
Forte de plus de mille titres publiés à ce jour, la collection « Études africaines » fait peau neuve. Elle présentera toujours les essais généraux qui ont fait son succès, mais se déclinera désormais également par séries thématiques : droit, économie, politique, sociologie, etc.
Dernières parutions
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Sous la direction de Jean Félix YEKOKA, Samuel KIDIBA et Augus LEMBIKISSA
Le mariage coutumier chez les Suundi du Congo-Brazzaville Préface de Michel-Alain MOMBO
Groupe de Recherche sur les Suundi du Congo (GRSC) Le GRSC est une institution de recherche qui entend repousser le plus loin possible les frontières de la recherche en sciences sociales et humaines. Creuser afin de mettre à la disposition contributive de la science et la connaissance ce qui demeure encore caché ou peu connu des peuples Suundi et Koongo, voilà une de ses ambitions majeures. Le travail sur « le mariage » dans les microsociétés suundi de la République du Congo inaugure ainsi le goût et l’ambition d’une longue aventure. © Photos couverture et annexes : S. KIDIBA, 2008-2009 Document de recherche n°1
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Préface
Lors du mariage coutumier chez les Suundi de la République du Congo, la phrase suivante retentit souvent comme un leitmotiv :Wu ba kweelanga, yandi ba zininaanga. 1 Wu ba kambu kweelanga kikuundu kya ba nzeenza. Cette courte phrase, qui sonne comme une maxime, traduit à elle seule la conception suundi du mariage. Pour les Suundi, tout en donnant à l’homme (l’époux) une respectabilité certaine, le mariage élève l’humain et confère à la femme (l’épouse) un formidable rayonnement. Celle-ci ne peut plus, ne doit plus être la risée de ses congénères. Elle est, dès lors, placée sur un piédestal qui impose à ceux qui la regardent, respect et considération. L’épouse ne doit pas être « la chaise » (kikuundu) sur laquelle viendraient s’asseoir tous ceux qui sont de passage (ba nzeenza) dans le village. Ceci est un principe qui contraint, dans la société suundi, tout étranger qui désire prendre une femme dans le village de ses hôtes à bien se renseigner avant de lui faire la cour. L’inobservation de ce principe serait une injure faite à la tradition plusieurs fois séculaire. Nous insistons, on l’aura constaté, sur la femme (l’épouse) qui est placée au centre de la cérémonie du mariage. C’est par elle que le clan et le lignage acquièrent une dimension pérenne. Par conséquent, lorsqu’une femme, en
1  Cette phrase peut être traduite comme suit : la femme épousée est respectée, mais celle qui n’a pas été honorée par le lien du mariage devient l’objet de plaisir de ceux qui sont de passage (les étrangers, les visiteurs).
pays suundi, sort de sa famille pour en intégrer une autre par le lien du mariage, c’est toute sa famille qui est honorée. Le lignage espère ainsi voir croître sa taille. Cette croissance du lignage a un sens profond d’autant plus qu’elle s’effectue dans un cadre (le mariage) fixé par la tradition. Les enfants issus du mariage pourront grandir sous le regard bienfaisant (protection et bénédiction) d’un père et d’une mère. Par la femme et par le mariage, les descendants du clan et du lignage se projettent dans la longue durée, car le mariage suundi a aussi une dimension fortement protectrice. C’est pourquoi les responsables des clans font tout ce qui est en leur pouvoir pour sauvegarder le lien matrimonial. Une femme suundi qui se marie ne doit pas penser au divorce. Lors de la cérémonie du mariage coutumier en pays suundi, les sages de la famille de la femme ne disent-ils pas 2 constamment :Ah nkweele, ku ndyekulaandi! Ceci ressemble à une mise en garde adressée à l’homme qui reçoit la femme dans sa maison. Quant à l’homme, il s’engage à prendre soin de sa femme. Le mariage étant aussi l’union de deux familles, tous les problèmes qui pourraient mettre à mal son bon fonctionnement, doivent être résolus selon un consensus qui exclut la déchirure. Comme la polygamie est possible chez les Suundi, si l’homme ressent la nécessité de prendre une autre épouse, le lien avec la première doit demeurer intact. Dans ce cas précis, lors des scènes de ménages, l’homme devra se placer au-dessus de la mêlée, s’efforcer d’être juste et impartial, pour préserver l’unité de sa famille. C’est dans ce sens que le mariage devient la première strate du tissu social en pays suundi. Il honore l’homme qui acquiert par ce biais le sens de responsabilités ; il élève la femme qui rentre ainsi dans un processus de glorification familiale et sociale. Par la décision de prendre une épouse, l’homme suundi fait du mariage un hymne à la pérennité de la tradition reçue des ancêtres. 2 Ce bout de phrase signifie : Epouse-moi, et ne m’abandonne jamais !
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Le besoin s’impose,in fine, de louer l’initiative prise par ce groupe de chercheurs déterminés à sauver de l’oubli les valeurs suundi contenues dans l’acte du mariage coutumier. Faire une monographie sur ce peuple connu du royaume de Koongo c’est œuvrer au profit de l’humanité dont l’histoire s’écrit et se construit par bribes spatiotemporelles jusqu’à épouser les mensurations de la longue durée. Ce livre qui appelle une approche multidisciplinaire, vient à point nommé ; car il existe peu d’études de haut niveau sur les différents aspects de la tradition suundi. Ce peuple discret, mais immense par sa présence dans trois départements (Bouenza, Niari, Pool) de la République du Congo et puissant par la vision du monde qu’il défend, le mérite bien. Nous connaissons le rôle primordial joué par l’imposante province patrimoniale (royale) du Nsuundi dans la structuration politique du royaume de Koongo. Cependant, les traits fondamentaux de la tradition des Suundi actuels sont mal connus. Cet ouvrage est une flèche directionnelle, une incitation à aller de l’avant. Il est suffisamment fouillé. On peut, à juste titre, le considérer comme un merveilleux conservatoire des coutumes maritales défendues par les Suundi. Il apporte, avec la rigueur d’analyse et de synthèse qu’il faut, l’éclairage sociologique et scientifique nécessaire afin de repousser le plus loin possible les frontières de l’oubli. Ainsi, nous conseillons vivement à tout le monde de lire cet ouvrage avec tout l’intérêt qu’il mérite. Pr. Michel-Alain MOMBO
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Avant-propos
Le colloque tenu en 2007, à Mbanza-Koongo (Répu-blique d’Angola), avait clairement suscité l’intérêt, pour plusieurs participants ayant une relation directe avec cette ville de rêve, porteuse de l’histoire koongo, de questionner à jamais l’histoire koongo dans tous ses versants. L’orientation donnée à cet engagement collectif consistait, pour chaque individu, de travailler sur sa microsociété. Une telle entreprise allait, à terme, déboucher sur un stock important de monographies utiles à une connaissance intelligible, intelligente et approfondie de « l’histoire totale » des Koongo de l’ancien royaume du Koongo et de la diaspora. C’est fort de cet engagement collectif que, rentrée au pays, une frange de participants à ce colloque a pris l’initiative de travailler sur les problématiques touchant aux Suundi du Congo-Brazzaville. Un engagement noble et ambitieux qui a exigé le regroupement d’un certain nombre de ressortissants des ensembles ethnolinguistiques suundi du Congo-Brazzaville au sein d’un groupe de recherche dont la dénomination (Groupe de Recherche sur les Suundi du Congo) décline clairement les engagements pris à Mbanza-Koongo. L’ambition, pour ce groupe, est d’aller au cœur des faits porteurs de l’histoire des Suundi, par le biais d’un travail d’enquêtes orales serrées, rigoureusement menées. Privilège accordé donc aux traditions orales, sans dénier les autres types de sources.Le mariage coutumier chez les Suundi du Congo-Brazzaville, première œuvre du GRSC, est la matérialisation
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