Le parcours résidentiel au grand âge

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La personne âgée qui envisage de quitter son logement pour une autre forme d'habitat, adapté, dédié ou collectif, craint de ne plus se sentir pleinement chez elle. Il lui est donc difficile de prendre cette décision et elle a rarement le sentiment qu'elle poursuit ainsi son parcours résidentiel. Les conditions d'un libre choix des personnes concernées sont difficiles à réunir. Est-ce que la place des personnes du grand âge dans leur environnement peut s'envisager d'un point de vue territorial plutôt que médico-social, domestique plutôt qu'institutionnel ?
Publié le : dimanche 1 mai 2016
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EAN13 : 9782140008078
Nombre de pages : 232
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Colette Eynard
LE PARCOURS RÉSIDENTIEL AU GRAND ÂGE De l’utopie à l’expérience
Préface de Kevin Charras
La gérontologie en actes
Le parcours résidentiel au grand âge
De l’utopie à l’expérience
La gérontologie en actes Collection dirigée par Jean-Jacques Amyot L’évolution des connaissances sur le vieillissement et les constantes mutations de l’action gérontologique requièrent une large diffusion des études, des recherches et des actes de colloques, véritables brassages d’idées, de concepts, de pratiques professionnelles et de politiques publiques qui participent à l’innovation. La collectionLa gérontologie en actesa vocation d’éditer ces contributions qui accompagnent le développement de l’action auprès des personnes âgées. Dernières parutions Colette EYNARD,Le parcours résidentiel au grand âge. De l’utopie à l’expérience, 2016. UNIORPA,: s’adapter ouSociété, individu, vieillissement changer de modèle ?, 2015. Micheline TASSART-LAINEY,Partir à la Retraite, 2015. Gérald QUITAUD,La mort dans l’âme. Le travail du Tré-Pas en Soins Palliatifs, 2014. Catherine GUCHER (dir.),La gérontologie en actes. Héritages et réflexions contemporaines, 2012. Sandra QUEILLE (sous la dir.),Mémoire du quartier du Grand Parc, 2011. Pierre PFITZENMEYER,Prendre soin du grand âge vulnérable, 2010 Christophe TRIVALLE, Vieux et malade : la double peine !, 2010 UNIORPA,Choisit-on d’entrer en établissement pour personnes âgées ? Enjeux éthiques et pratiques,2010. Sophia BELHADJIN-GONJON,Regards d’un médecin sur la fin de vie en gériatrie. Et si c’était moi ?,2009. Gaëtan MALACUSO,Le stress chez les personnes âgées, 2008. Blandine ORELLANA-GELAIN,Communiquer avec les personnes âgées. Guide pratique, 2007. UNIORPA,Le traitement social de la vieillesse, 2006. Colette EYNARD, Didier SALON,Architecture et gérontologie, 2006. OAREIL,Le vieillissement des immigrés en Aquitaine,2006. Jean-Jacques AMYOT,La naissance de la gérontologie.Jean Bassaler, témoin en acteur, 2006.
Colette Eynard Le parcours résidentiel au grand âge
De l’utopie à l’expérience Préface de Kevin Charras
Du même auteur « L’accessibilité : un droit à habiter les établissements gérontologiques ? »,Gérontologie et Société. Architecture et accessibilité,n° 119, décembre 2006.
« La chambre comme espace d’intimité », Gérontologie et Société. Intimité, n° 122, septembre 2007.
« À la recherche d’un habitat adapté : les conditions du libre choix »,inHabitat social et vieillissement : représentations, formes et liens, sous la dir. de Serge Guérin, La Documentation française, 2008.
Alzheimer system, entre surmédiatisation de la maladie et invisibilité des personnes, changer notre regard,Réseau de consultants en gérontologie, Eynard C. (sous la direction de), Chronique sociale, 2012.« Penser un environnement pour l’accueil de personnes présentant des vulnérabilités sociales et psychologiques.De l’élaboration à la conception architecturale », Charras K., Eynard C., inL’individu au risque de l’environnement,In Press, 2014.« Domicile, habitats intermédiaires, EHPAD : quelles mutations à opérer pour soutenir l’autonomie dans le parcours résidentiel ? », Cérèse F., Eynard C., inVieillir chez soi. Les nouvelles formes du maintien à domicile,sous la dir. de Laurent Novik et Alain Thalineau, PUR, 2014.
© L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-09038-2 EAN : 9782343090382
Mornes normes
Il pleut d’énormes normes imbéciles et bornées, indifférentes aux situations et malgré tout compliquées, il pleut des labels étriqués quand le problème est la qualité de présence, le partage, la curiosité, l’intelligence, la sensibilité, la justesse, la générosité, la joie, la créativité … !
Yves Perret Architecte et poète. L’évier à deux trous
PRÉFACE
Je ne sais pas si l’on peut donner un titre à une préface, mais si je devais lui en donner un, et parce que je fais partie de cette génération qui a vu et revu Mary Poppins, ce serait certainement supercalifragilisticexpialidocious,ce mot qui, comme le dit la chanson, a le pouvoir de sortir les gens d’une situation difficile et même de changer leur vie.« Dès qu'au chat on donne sa langue, les beaux rêves sont permis», dit cette même chanson. Et le rêve et l’utopie, Colette Eynard a fait le pari qu’ils deviennent réalité au cours de cette aventure de 30 ans, qui dure encore. Ce livre permet de comprendre les rouages d’une politique du vieillissement relativement complexe en ce qui concerne l’accueil et l’hébergement des personnes âgées.
Cet ouvrage nous montre le cheminement de l’auteur qui livre avec générosité son savoir. Savoir qui prend ses racines dans les années 80, alors que Colette, très attachée à sa famille et engagée dans la vie de son quartier, et que rien ne destinait à la gérontologie – est-on seulement destiné à ce genre de chose, si ce n’est par l’avancée inévitable en âge que l’on subit dès la naissance ? –, se trouve confrontée à un projet devant permettre à des personnes âgées de rester vivre chez elles. Une femme, donc, qui a fait le pari de mener à bien ce projet pour lequel il lui semblait valoir le coup de se battre, au point de reprendre des études et de se confronter à la réalité du terrain. Et c’est là que tout commence réellement, avec le terrain…
Confrontation avec le terrain qui l’a poussée dans ses retranchements et qui la confronte avec ce qu’elle ne savait pas être ses a priori. Confrontation, dont naît un premier texte bouleversant de vérité, qui la relie à son amour pour les lettres classiques. Confrontation aussi qui l’accompagnera tout au long de sa carrière de gérontologue et qui continue à l’animer aujourd’hui encore, trente ans plus tard. Confrontation, enfin,
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qui la conduit vers le besoin de comprendre ce qui fait d’un hébergement un chez-soi, au-delà des briques et du mortier, et comment en restituer la jouissance à ces personnes qui se trouvent déracinées du simple fait de leur âge et de leur état de santé, soudainement coupées de leur monde tels les tuberculeux des sanatoriums.
Lepari du défi de cette utopieest réussi, pour avoir mené à bien ces projets, et aussi pour les avoir décrits de telle manière qu'ils puissent servir à d’autres. Cet ouvrage, unique en son genre, retrace des expériences qui auraient pu être oubliées par la plupart des protagonistes de l’époque, soit parce qu’ils s’en sont désinvestis pour une raison ou une autre, ou n’en ont pas perçu l’intérêt, soit parce qu’ils sont partis à la retraite sans trop se soucier de ce dont allait hériter la génération qui leur succédait. Cette génération devait-elle tout réinventer alors qu’elle pouvait puiser dans un vivier d’informations ? Une véritable mine qui ne demandait qu’à être mise à disposition de tous et dans laquelle on trouve bien évidemment des pépites.
La transmission orale de ces savoirs a bénéficié à certains, dont moi-même, au même titre que G., M., C., F. et quelques autres chanceux qui ont eu le privilège de travailler avec Colette Eynard. Savoirs à l’élaboration desquels nous avons pu contribuer, pendant de longs périples en train, en avion, en voiture, au cours de longs débats jusqu’à des heures parfois très avancées de la nuit et qui se poursuivaient le lendemain, et le surlendemain encore. Savoirs, aussi, que Colette a élaborés seule et avec d’autres ; qu’elle nous a transmis et qu’il aurait été dommage de ne réserver qu’à une poignée de personnes. Savoirs, dont l’analyse et le dépassement témoignent de la qualité de la réflexion. Et savoirs, enfin, à la frontière de la gérontologie et de l’architecture, pour certains inédits, et qui méritent d’être portés au-delà de ces disciplines pour nourrir et faire partie du corpus fondamental des Sciences Humaines et Sociales pour relever les défis du grand âge.
Son parcours lui a permis de développer une approche socio-psycho-géronto-archi-juridico-éthico-philo-
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supercalifragilisticexpialidocious … qui, pour résumer, est une approche incontestablement holistique, puisqu’à force d’observation, qui est le maître mot de l’auteure, on aborde l’hébergement sous tous les angles. Et puis « à force de », Colette Eynard s’est construit un bagage, un véritablebagouqui fait le bonheur de ses interlocuteurs ! Un peu comme Mary Poppins, avec son sac toujours à portée de main, pour aller travailler avec les personnes qui veulent bien expérimenter. Un sac, un bagou, dont sort toujours une réflexion, une solution, une anecdote, et qu’elle alimente sans cesse de ce qu’elle apprend et de ce qu’elle entreprend. Elle donne parfois un coup de baguette qui fait l’effet d’un séisme provoquant en conséquence unTsunamiqui aide à changer de regard.
Dans la vraie vie, Colette se pose perpétuellement des questions sur le bien-fondé de son approche et du cadre dans lequel elle la fait évoluer. Elle remet en cause, quasi systématiquement, l’ensemble des notions et des textes (de loi, politiques, intellectuels, ou empiriques) qui sortent ici ou là sur le vieillissement et auxquels elle est très attentive. Pas simplement pour les critiquer et apporter un jugement, mais pour les décortiquer, les désarticuler afin de mieux les comprendre anatomiquement. Comprendre ce qu’ils peuvent lui apporter. Ce sont des réflexions longues qui s’engagent, dès lors que l’on aborde un concept un tant soit peu polémique, et ce sont toujours des réponses mûrement réfléchies qui en ressortent.
C’est donc à travers cet ouvrage que Colette Eynard retrace savamment chacune des étapes de la construction d’un projet résidentiel correspondant aux exigences de l’ « habiter » lorsque l’on est confronté à le vivre en institution. Une approche non-stigmatisante, puisqu’elle s’adresse, en fin de compte, à tous les âges de la vie, bien que l’illustration que nous en donne ce livre prenne l’exemple du « grand-âge ». Mais il n’y a aucun doute sur le fait qu’un lecteur provenant d’un horizon différent y trouvera son compte tant les problématiques qu’elles abordent sont récurrentes et similaires à celles qu’on rencontre dans
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