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Le postcolonialisme, objectivité et subjectivité

De
124 pages
Le présent volume présente des communications issues du colloque international ayant eu lieu à Oran les 3 et 4 décembre 2012. En ayant pour réflexion centrale la relation entre les questions identitaires à l'ère de la mondialisation, cet ouvrage pose une question essentielle : dans la période actuelle, les méthodologies postcoloniales ont-elles contribué au dépassement des représentations de l'autre entachées de préjugés qui marquèrent la période coloniale ?
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Belkacem BELMEKKI et Badra LAHOUEL
LE POSTCOLONIALISME, OBJECTIVITÉ ET SUBJECTIVITÉ Identité, mondialisation, études postcoloni
Discours identitaires dans la mondialisation
Le postcolonialisme, objectivité et subjectivité
Collection « Discours identitaires dans la mondialisation » Dirigée par Michel Naumann La collection «Discours identitaires dans la mondialisation »entend rendre compte des nouvelles conditions dans lesquelles se vivent les identités sociales et communautaires, notammentles contactsauxquels sont exposées ces identités mais aussi la faiblesse d'une mondialisation qui, à cause de son caractère marchand et des inégalités qu'elle génère,ne peut créer une identité universelle qui emporte l'adhésion. Les nouvelles façons de se définir révèlent alors parfois des caractères inquiétants alors que d'autres au contraire s'ouvrent à une perspective altermondialiste. Déjà parus Monique HERITIER (sous la dir.),Le Tourisme espagnol entre activité économique incontournable et préservation identitaire, 2014.Évelyne HANQUART-TURNER et Ludmila VOLNÁ, Éducation et sécularisme, 2013. Natalia NAYDENOVA et Salihou CAMARA,Littérature africaine et identité : un hommage à Chinua Achebe, 2013.Évelyne HANQUART-TURNER,La voix anglophone du roman indien, 2013. Belkacem BELMEKKI, Madhu BENOIT, Michel NAUMANN, Joëlle WEEKS (sous la dir.),La Terre, question e vitale au XXIsiècle, 2012. Monique HERITIER et François ROPERT,Textes mystiques, discours identitaires,2012. Geetha GANAPATHY-DORE et Michel OLINGA,Images changeantes de l’Inde et de l’Afrique, 2011. Rachida YACINE,Langues nationales, langues de développement. Identité et aliénation,, 2011.
Belkacem BELMEKKI et Badra LAHOUEL Le postcolonialisme, objectivité et subjectivité Identité, mondialisation, études postcoloniales
© L’Harmattan, 2014 5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Pariswww. harmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-02212-3 EAN : 9782343022123
INTRODUCTION POSTCOLONIALISME ET IDENTITÉBelkacem BELMEKKI & Badra LAHOUEL Université d’Oran-Algérie Les 3 et 4 décembre 2012 s’est tenu à l’Université d’Oran un colloque international organisé par le Laboratoire de Langues, Littérature et Civilisation/Histoire en Afrique en collaboration avec le SARI (Société d’Activités et de Recherches sur les mondes Indiens) ayant pour thème: «études coloniales et postcoloniales: entre objectivité et subjectivité ». En dépit du texte fondateur d’Edward Said,Orientalism(1978), il nous a semblé que, du fait de la multiplication des études qui se réclament de Saïd, le courant postcolonial ne proposait pas toujours une méthodologie cohérente. Dès lors, un certain nombre de questions surgissent : quels sont les objets et les méthodes des études postcoloniales? Comment les luttes pour l’Indépendance des pays ex-colonisés ont-elles été représentées dans les productions littéraires? Nos questionnements se sont également intéressés aux rapports entre études postcoloniales et Histoire ainsi qu’au discours colonial et à ses manifestations dans les médias. Enfin, qu’est-ce que le courant postcolonial apporte à la compréhension de la mondialisation qui fit suite à la décolonisation? Une question nous a paru essentielle: dans la période actuelle les méthodologies postcoloniales ont-elles contribué au dépassement des représentations de l’autre entachées de préjugés qui marquèrent la période coloniale ? Le présent ouvrage recueille les interventions de chercheurs qui se montrèrent particulièrement sensibles à cette interrogation sur les questions identitaires et la volonté postcoloniale de dépasser une époque révolue. Le débat sera mené en deux temps. La première partie tente d’étudier l’environnement historique du postcolonialisme et les rapports de force qui ont pu l’infléchir. La seconde partie met le postcolonialisme à l’épreuve des textes qu’il analyse pour tenter
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de faire ressortir les mérites et faiblesses, l’objectivité ou la subjectivité, de ses méthodologies. Première partie: Le postcolonialisme dans les rapports de force idéologiques mondiaux. Le chapitre inaugural rappellera que la problématique qui nous inspire est un effet du colonialisme. En effet, sans lui, la distinction binaire entre modernité et archaïsme n’aurait peut-être pas surgi dans l’histoire comme le montre Badra Lahouel en présentant un homme prestigieux, ancêtre de l’avenir, l’émir Abd-el-Kader dont la pensée mariait spontanément des concepts venus de temps différents mais impliqués dans un développement organique du passé, du présent, du futur. L’histoire en a donc décidé autrement et Fewzi Borsali montre à l’œuvre des stratégies coloniales portées à l’aube de la décolonisation par des institutions enseignantes qui se croyaient souvent au-delà des préjugés. En avons-nous fini depuis avec cette résilience du passé colonial? Michel Naumann pense qu’elle a survécu jusqu’à nos jours et même au sein des méthodologies postcoloniales : il se demande donc s’il ne s’agit pas là d’un nouveau montage idéologique occidental qui paraît tout changer afin que rien ne change et que se perpétuent des identités marquées par la binarité inégalitaire issue de l’expérience coloniale. Deuxième partie: le postcolonialisme à l’épreuve des textes littéraires. Dans la seconde partie, au chapitre 4 de cet ouvrage, Leila Moussedek semble suggérer que le roman offre aux artistes des anciennes colonies un genre dynamique et créatif qui leur permet de lutter contre les préjugés coloniaux et d’apporter aux colonisés la lumière d’une identité nouvelle et libératrice. Mais que le roman puisse mener ce combat ne signifie pas nécessairement que les procédures critiques postcoloniales le puissent. Tel est donc le sujet de Rajeshwary Vallury qui montre que ces méthodologies doivent être corrigées par les œuvres mêmes dont elles voudraient rendre compte. Le
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postcolonialisme suggérerait-il des identités peu susceptibles de satisfaire entièrement les écrivains venus des mondes autrefois colonisés ? Le propos de Lalita Jagtiani est plus radical encore au chapitre 6: elle décrit la position de la romancière Shashi Deshpande qui rejette l’apport postcolonial au nom de son identité indienne fondée sur un continuum culturel prestigieux qui n’a guère besoin de se référer, pour être créatif, à une hybridité postcoloniale qui ajouterait les influences occidentales impérialistes à la culture colonisée. L’avenir appartiendrait donc plutôt à des méthodologies venues des mondes anciennement colonisés. L’échange Sud-Sud permet de mettre en échec une subjectivité provinciale et occidentale qui détourne le postcolonialisme de ses objectifs affichés. Telle est la conclusion que propose Michel Naumann en présentant, pour clore cet ouvrage, les études subalternistes qui ont, depuis leur naissance en Inde, pris racine en Asie, en Amérique latine et en Afrique, et qui annoncent la montée à la lumière d’identités qui portent le combat des exclus contre les élites qui étouffent leurs voix.
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