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Le Psychosoma infantile

De
131 pages
Le néologisme "psychosoma" signifie que rien ne sépare le soma de la psyché. L'auteur invoque les auteurs les plus connus de psychosomatique et dépasse les modèles freudiens classiques pour organiser sa pensée autour de six cas cliniques.
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prédisposée à qui des « discours » sont proposés afin qu’elle
Défini de telle façon, serait-il le fondement d’« autres corps »
Athanasios Alexandridis
Le Psychosoma infantile
Voies, contrats, destins
Traduit du grec par VassilikiPiyi Christopoulou avec la collaboration de l’auteur
Le Psychosoma infantile Voies, contrats, destins
© L’Harmattan, 2017 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.editions-harmattan.fr ISBN :978-2-343-12921-1 EAN :9782343129211
Athanasios ALEXANDRIDISLePsychosomainfantile Voies, contrats, destins Traduit du grec par Vassiliki-Piyi Christopoulou avec la collaboration de l’auteur
Du même auteur Psychanalyse : ȅȆȑIJȡȠȢİȓȞαȚȠȜȪțȠȢ.ΜİȜȑIJȘIJȘȢıυȝȕȚȦIJȚțȒȢȥȪȤȦıȘȢ(Pierre est le loup. Etude sur la psychose symbiotique),Athènes, Chatzinikoli, 1987, nouvelle édition Ikaros, 2017. Ηȕȓα(La violence),Athènes, Ikaros, 2007.ΦȪıȘțαȚȜȩȖȠȢıIJȘȞȥυȤαȞȐȜυıȘet langage en (Nature psychanalyse),Athènes, Ikaros, 2011. ΤȠπαȚįȚțȩȥυȤȩıȦȝα (Le psychosoma infantile),Athènes, Gavriilidis, 2014.Poésie/fiction : Huit recueils de poèmes en grec publiés entre 1992 et 2016 et un roman publié en 2015.
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Prologue Psychosoma :voilà un néologisme que je propose pour désigner à travers ce terme « compact » que rien ne sépare lesomade lapsyché ;une manière pour moi de mettre en exergue ma conviction moniste quant à la nature de l’unité psychosomatique ; pour dire enfin que d’un point de vue « ontologique », il n’existe que le corps biologique, dont une partie est proposée comme une entité distincte qu’on 1 appelle l’âme. Car je ne peux qu’admettre qu’il n’est pas possible pour l’homme de se penser constamment en termes de limites corporelles. C’est pour cette raison qu’il a inventé la « solution » philosophique et théologique du dualisme. Grâce à ce dernier, il parle comme si le corps et l’âme étaient deux entités séparées tandis qu’elles sont à la fois distinctes et inséparables dans leur fonctionnalité. De cette manière, il peut « se concevoir » comme le maître de son hypostase, qui dépasse ses limites corporelles, étant infini, peut-être aussi immortel, face à ce corps limité et périssable. Cette « solution » particulière, il la transforme en un véritable vécu ou une construction imaginaire, une « vérité » ou un « langage ». Le langage donne une consistance et une densité représentative et symbolique au corps et à la psyché, comme forme et sens et comme valeur de référence, ainsi
1 Dans cet ouvrage, je reprends et prolonge la thématique traitée dans mon article : « Enfance : voies pour le psychosoma »,Revue Française de Psychanalyse, No 5, Décembre 2010, Tome LXXIV, p. 1441-1468.
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qu’à leur lien ou le décalage hypothétique qui les sépare. Le langage instaure unlogospar un dualisme imposé artificiel ou inventé que nous admettons seulement en tant que procédé méthodologique afin d’entreprendre la transcription de laphysis, dont le prototype est le corps, en un système de représentations et de significations. Or il s’agit d’un système comme métaphore, nécessairement imparfaite, qui nous rappelle clairement que toutes nos transcriptions ne sont que des métaphores de lachosedans la langue et non pas la « chose » elle-même. Ces difficultés ne peuvent que s’accentuer quand il s’agit de traiter la question de la relation de lapsyché et dusoma chez l’enfant. L’enfant, dès sa naissance est supposé être une physisprédisposée, une « chair » muette et une « personne » préformée,prédestinéemême (par les fantasmes et les désirs de ses géniteurs) à qui des discours sont « proposés » afin qu’elle devienne « parlante ». Cette « transmutation » de la chair, qui va se « psychiser », extension du combat entre l’instinct biologique et le social,chair investie d’emblée par des auto-érotismes et des narcissismes de vie et de mort (de l’enfant, de ses géniteurs et toute sa généalogie) elle ne peut que soutenir ce projet illusoire : « Là où le corps est, que le psychique advienne ! ». Le projet ne « réussit » qu’en partie et un « certain » corps représenté psychiquement se construit. Ce corps « psychique », « partiel » par nature, fonctionne comme une métonymie du corps entier et se comporte comme s’il était réellement le corps entier. Là où le projet « échoue », le corps, déconnecté de ses représentations psychiques tend vers la désorganisation psychosomatique, tout en étant l’ultime zone de défense régressive quand la « mentalisation », la « subjectivation » et l’« autoconser-vation » sont en péril. Les achoppements à la « psychisation » du corps sont exprimés en principe par des troubles somatiques et comportementaux, ainsi que par une défaillance structurale et
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fonctionnelle dans le champ intrapsychique mais aussi intersubjectif. Pour les rendre évidents, je vais tenter de parler de ce qui se passe entre le somatique et le psychique au cours du développement de l’enfant, surtout pendant la période archaïque et prégénitale, avant l’organisation du psychisme à travers les complexes d’Œdipe et de castration. L’ensemble des représentations du corps et de soi-même de cette période, je l’appellepsychosoma infantileen opposition aupsychosoma adulte qui est une conséquence de la résolution de l’Œdipe. Je parle de psychosoma adulte car l’être humain « gère » ses affaires érotiques et existentielles au niveau inconscient pendant la période œdipienne en tant qu’adulte et il vit en tant qu’adulte en sursisjusqu’au moment de l’entrée à l’adolescence et à la sexualité génitale. Je vais tracer les contours du psychosoma infantile autour de deux limites : a) la première, infinie et irreprésentable, se situant du côté des fondements biologiques du corps et b) la deuxième, représentable, mais incompréhensible car butant sur l’énigme de la sexualité adulte qu’il désire, mais ne connaît pas dans son essence. Tout en me contentant de ces contours et en vous demandant de me suivre dans cette proposition, j’ai procédé à la recherche des occurrences explicites ou implicites de ces termes dans le corpus freudien et celui de ses principaux successeurs. Cette recherche m’a inévitablement conduit vers l’école psychosomatique de Paris, à Françoise Dolto et à D. Winnicott mais aussi vers des champs inattendus comme ceux de Mélanie Klein, d’Esther Bick, de Bion, de Laplanche, d’Aulagnier ainsi que vers les analystes postlacaniens de l’APF (Association Psychanalytique de France). Mes nombreuses lectures m’ont amené à dégager trois grands axes qui ont organisé à leur tour le matériel théorique lors de sa rédaction : les voieséventuelles de développement du psychosoma infantile, les contratsque le soi naissant passe avec sa constitution et ses géniteurs afin d’advenir en tant que sujet, les destinsenfin
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