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LE RETRAITÉ : RESPONSABLE OU MARGINAL ?

De
192 pages
C’est un livre à tiroirs : chacun est invité à ouvrir, d’abord, celui qui traite de sa préoccupation majeure. Avant tout : le passage à la retraite, cap difficile pour certains. Ensuite, les points clés de la vie du retraité, tels que la santé de l’esprit, la question financière, etc. Enfin, une série de réflexions qui dépassent les questions individuelles. Comment sensibiliser et faire réfléchir les Français à la question de l’évolution des systèmes de retraite ? Il est grand temps que chacun réfléchissent à cet avenir, agisse en citoyen et prenne position sur ce qui pourrait devenir la “guerre” ainsi que l’évolution du rôle des retraités.
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LE RETRAITÉ: RESPONSABLE OU MARGINAL?

Collection pour l'emploi
Collection animée par Michel Parlier L'Harmattan s'est associé en 1989 avec développement et emploi pour ouvrir une nouvelle collection: pou r l'emploi. La collection marque la volonté de faire connaître des pratiques innovantes, de diffuser les enseignements et les acquis méthodologiques dégagés d'actions conduites par des entreprises, des institutions publiques ou associatives, des collectivités territoriales en France et dans les pays industrialisés. développement & emploi est une Association qui apporte son assistance aux entreprises et organisations soucieuses de développer une gestion préventive de l'emploi et des ressources humaines cohérente avec leur stratégie, c'est-àdire intégrée avec; -la gestion de leurs marchés et produits (ou services) ; -leur gestion économique; - leur évolution technologique. Ses interventions (plus de 1500 depuis 1981) concernent trois domaines principaux; économiques: diagnostics stratégiques de cohérence, développement économique local à partir du potentiel de PME/PM!, intégration d'un volet "emploi-ressources humaines" dans des plans stratégiques, etc... - gestion prévisionnelle et préventive des emplois et des compétences: démarches en entreprises, prévision quantitative, analyse prospective des métiers... requalification, démarches de reconversion, orientation professionnelle permanente, "essaimage", etc... Elle s'est donné ainsi la mission de constituer une source et un relais d'informations, d'expériences nouvelles et de démarches concrètes en matière d'emploi, un lieu d'apprentissage et d'échanges pour les responsables socioéconomiques qui souhaitent agir sur le terrain.

-

démarches

et

méthodes

de

stratégies

socio-

-

mobilité

et évolution

professionnelle:

processus

de

développement

&emploi

30, rue Mozart 92587 CLICHY CEDEX Tél. 49680300 Fax47 37 1241

Collection Pour l'Emploi Alain SCHLUMBERGER

LE RETRAITÉ:
RESPONSABLE OU MARGINAL?
Préface de Dominique Thierry

Éditions L'Harmattan 5-7. rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris

Déjà publiés dans la Collection pour l'emploi

- F. JALBERT, stratégique, 1989.

Les

ressources

humaines,

atout

- J. DENANTES, La société malade du chômage, 1989. - G. ROYaN, préface de J. CHEREQUE, La fin de la Normed ou la reconversion de 12000 salariés, 1990. - J. et N. GADREY (sous la direction de), La gestion des ressources humaines dans les services et le commerce, 1991.
-

E. DERET, P. DELPIROU, G. POPIEUL, Les outils

de développement cognitif, 1991. - N. RAOULT, Gestion-prévisionnelle et préventive des emplois et des compétences en milieu hospitalier, 1991. - M.C. VILLEV AL, Mutations reconversion des salariés, 1992. industrielles et

- S.P. THIERY, L'emploi, changer les règles du jeu, 1992. - D. THIERRY, C. SAURET, La gestion prévisionnelle et préventive des emplois et des compétences, 1993. -J.P. GEHIN, Ph. MEHAUT, Apprentissage ou formation continue? Stratégies éducatives des entreprises en Allemagne et en France, 1993.

@L'HARMATIAN, 1994 ISBN: 2-7384-2673-5

"Il avait environ trente cinq ans, ce qui faisait que nous le considérions comme un vieillard".

Pouchkine

Sommaire
Préface
Prologue Première partie: Le questionnement.. Chapitre I - L'âge ingrat..
De la vie active à la retraite La peur du vide La fierté blessée Angoisse de l'existence Interrogations sur le quotidien

9
13 21 23
23 24 25 27 29

Chapitre II - La retraite: un phénomène social récent.. 31 Historique partiel et rapide L'état de retraité Deuxième partie: Décider de sa retraite et la vivre Chapitre III - La santé de l'esprit.. Un problème réel Des solutions pragmatiques Chapitre IV - Etre ou ne pas être actif Une situation nouvelle Quelles activités 31 34 37 .4 41 .4 49 50 55

Chapitre V - Maîtriser ses dépenses et gérer son bien... 63 Lever le voile Un maître mot: gérer. Chapitre VI - Où et comment se loger? Des préalables incontournables Des priorités Après l'achat 63 78 91 92 98 l 02

Chapitre VII - Le couple, la retraite et le grand âge Troisème partie: L'avenir de la retraite Chapitre VIII - Le système actuel Les limites de la retraite par répartition Un contexte nouveau La retraite et le législateur Chapitre IX - Mutations de la vie active et de la retraite.. Un marché de l'emploi devenu incertain La racine du problème L'alternative Un nouveau mode d'assurance De nouveaux liens contractuels dans l'entreprise Une nouvelle forme de liberté individuelle.. Une mise en oeuvre difficile
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109 115 119 119 121 127 131 131 136 138 140 144 145 149 155 155 156 161 168 170 171 175 179 183

Réponses préventives à quelques critiques 152
Chapitre X - Esquisse d'une autre vie Les scénarios du troisième âge Responsable de sa santé Responsable de son activité Altruisme et sens civique Des produits pour retraités La sagesse du retraité Conclusion Bibliographie Questionnaire

Préface
La question des retraites dans tous ses aspects: âge de départ en retraite, financement, harmonisation ou non des régimes... est à l'évidence une Question de Société. Le rôle et la place que nous souhaitons collectivement accorder aux retraités en est une autre, au moins aussi importante. Ayant rencontré A. Schlumberger un peu par hasard- et ayant lu son manuscrit, il m'a semblé que sur ces questions, comme sur tant d'autres que notre société doit approfondir, il fallait non seulement faire des études, des rapports officiels, des colloques - par ailleurs indispensables - mais aussi donner la parole à ceux qui vivaient cette question au quotidien. J'entends déjà toutes les objections qu'on peut faire à la lecture de cet ouvrage (inutile de les faire, nous les avons parfaitement identifiées A. Schlumberger et moi-même 1) : - cet ouvrage n'est pas le Livre Blanc sur le problème des retraités: il a déjà été écrit. - Il n'est pas un travail exhaustif sur les rapports entre "emploi, activité et vieillissement" (l'utilisation des matériaux issus notamment d'un colloque que nous avons organisé en Novembre 1993 à la demande conjointe de la Communauté Economique Européenne et de la Délégation à l'Emploi, reprendra de façon plus systématique les données, les analyses et le point de vue d'experts français et européens). - il n'est "même pas" la représentation de l'opinion et du vécu de tous les retraités. La situation de l'auteur - ancien créateur d'entreprise et cadre - n'a pas grand chose à voir avec celle d'un ancien ouvrier de la sidérurgie, d'un ancien paysan du Massif Central ou d'un ancien instituteur. Témoigner sur ce sujet c'est tenter de dire, avec un peu de recul, comment "j'ai" - en acceptant de parler à la première personne - vécu cette transition? Quelles questions je me suis posées ou j'aurai dû me poser plus tôt ou de façon plus précise? Quelles réflexions je me fais en tant que citoyen. Il s'agit d'abord d'un témoignage et témoigner, c'est transmettre à d'autres - de personne à personne - cette expérience en les aidant à se poser les mêmes questions... ou à entrer dans une confrontation avec un débat. - 9-

Partir en retraite, c'est d'abord se retrouver en face de soimême, faire un bilan de sa vie, sans faux-semblants et sans courtisans, avec nécessairement des regrets, même quand ce bilan est globalement positif. Partir en retraite, c'est évidemment une rupture et A. Schlumberger l'exprime très bien: rupture avec ses pouvoirs et ses sources de pouvoir - petites ou grandes - rupture avec ses réseaux de socialisation, rupture avec les solidarités et les copains de tous les jours, rupture avec les combats individuels et collectifs, avec le sentiment "que maintenant on n'y peut plus grande chose". Partir en retraite, c'est vouloir, de façon plus ou moins consciente, transmettre la Mémoire: de son travail, du travail, de son entreprise ou de son secteur professionnel. C'est se rappeler que la transmission de la Vie, pour ceux qui ont la chance d'avoir des enfants, ne se fait pas seulement de façon biologique, mais aussi par les racines, la culture, la mémoire, l'expérience. Face à un Monde dolit la mutation est trop rapide et qui perd le Sens, et souvent tout simplement le bon sens, le retraité se retrouve dans le regard ambivalent de l'Autre: à la fois celui qui a quelque chose à transmettre et celui dont l'expérience est prétendument inadaptée au bateau qui a perdu sa boussole.

***
Mais cet ouvrage dépasse le seul registre du témoignage individuel. Par sa réflexion et ses interrogations, il nous oblige à prendre conscience que la retraite et les retraités sont au coeur de toutes nos contradictions collectives: -l'espérance de vie a augmenté d'environ trois mois par an au cours de la décennie; la retraite n'est plus et ne peut plus être ce court passage entre le travail et la mort (il y a encore quelques décennies, une grande partie de nos concitoyens mourraient rapidement après le départ en retraite... quand ce
n'était pas avant !) ;

-le vieillissement prolongé - ce qu'on appelle le quatrième âge - pose et posera à notre Société des problèmes redoutables de tous ordres: choix économiques, éthiques, équipements adaptés, traitement d'épidémiologies spécifiques... ; - comme l'indiquent très bien des chercheurs tels que A.M. Guillemard et X. Gaullier, le rythme ternaire de la vie (éducation, travail, retraite) a éclaté: par un bout, l'insertion des - 10-

jeunes dans le travail s'est à la fois allongée et diversifiée, dans des conditions qui sont globalement honteuses pour notre Société; à l'autre bout, les cessations anticipées d'activité ont constitué la forme essentielle de départs pour gérer les restructurations. Il est difficile de faire comprendre à nos contemporains qu'il faut à la fois reculer l'âge de la retraite et utiliser toutes les formes de cessation anticipée d'activité. - la thèse défendue par A. Schlumberger (donner au retraité le droit d'être responsable: responsable de sa date de départ en retraite, responsable du fait de travailler un peu, responsable du montant de sa pension en fonction de son âge de départ, responsable de prendre des engagements militants ou pas, etc.) est intéressante mais mérite débat et discussion. Il ne suffit pas d'être d'accord sur ce principe, mais il faut en mesurer toutes les conséquences. L'équilibre entre ce droit à la responsabilité individuelle et les nécessaires solidarités (y compris à l'égard de ceux qui dans les décennies précédentes n'ont pas pu ou pas voulu exercer cette responsabilité) est une ligne de crête difficile qui nécessitera de nombreuses années de débat collectif, constant et serein. - sur un registre plus prospectif le rapport de M. Théry pour le Conseil Economique Social en 1993 et la seconde partie du titre de l'ouvrage de A. Schlumberger : "Projet de Vie", exprime que la réalité de la vie des préretraités et des retraités, au moins d'une part d'entre eux, ne correspond pas aux images d'EpinaI du pêcheur à la ligne, du club du troisième âge ou de l'utilisateur du Club Med en basse saison. La reconstruction progressive d'une identité sociale à travers les solidarités familiales, les solidarités de voisinage, l'implication dans la vie associative ou la gestion des collectivités territoriales représente un signe de grande espérance. Ce potentiel humain considérable, constitué de personnes en bonne santé qui n'ont rien d'autre à prouver et à se prouver... qu'ils peuvent "seulement" être utiles est peut-être l'une des clés à la solution des problèmes de l'emploi. Le retraité, comme acteur essentiel de la reconstitution d'une socialisation et d'une solidarité de proximité, acceptant de dissocier son revenu et l'utilité sociale de son activité: quelle belle perspective pour cette fin de siècle si sombre ! D. THIERRY - 11 -

Prologue
L'Editeur:
- Pourquoi m'avoir proposé ce manuscrit? L'Auteur:
- Pourquevousle publiiez!

L'Editeur:
- Mais encore... L'Auteur: - Partant à la retraite, il y a quatre ans, j'étais sûr de trouver plusieurs livres qui m'aideraient à réfléchir et à m'organiser pour cette nouvelle étape de la vie, comme d'autres trouvent une abondante littérature en réponse à une situation nouvelle: par exemple, élever son premier enfant. Je n'ai pas trouvé grand chose en dehors des mensuels spécialisés; d'où l'idée d'écrire. L'Editeur: - Vous exagérez. L'Auteur: - Pas du tout. Sur le thème de la retraite, de l'âge et de la vieillesse, d'excellents livres ont été écrits par des historiens, des sociologues, des hommes de finances, des énarques... Je n'ai trouvé aucun livre de témoignage, ni trop abstrait, ni trop "recette de cuisine" ou directif. L'Editeur: - Alors, vous l'avez écrit? Mais d'abord, à qui s'adresse-t-il ? L'Auteur: - Aux retraités récents ou futurs qui se posent des questions; elles sont nombreuses mais différentes pour chaque individu. Sous le même casque de cheveux gris, et avec le même niveau de revenus, deux personnes envisageront la retraite de façon très dissemblable: l'un sera confronté à des charges et des devoirs de famille impératifs, et l'autre, libre de - 13-

toutes obligations, savourera à l'avance la répartition la plus judicieuse de ses loisirs. Les choix sont à la mesure de l'imagination, de la faiblesse, des obligations à l'égard de ses proches, et surtout des revenus disponibles, somme toute de la liberté d'action. L'Editeur: - Plus concrètement, quels sont les sujets abordés? L'Auteur: - C'est un livre à tiroirs; chacun est invité à ouvrir celui qui traite de sa préoccupation... ou de sa hantise. En première priorité: le passage à la retraite, cap difficile, "âge ingrat" pour certains. Pourquoi cette morosité, voire ces angoisses? Comment les dépasser? Ce chapitre laissera indifférents tous ceux qui attendent la retraite avec impatience et rêvent du bonheur qui les attend. Une brève histoire du statut de la retraite en France rappelle la nouveauté et annonce peut-être la précarité des droits acquis. Dans la seconde partie sont abordées les grandes orientations de cette nouvelle vie. D'abord, la santé de l'esprit: est-il essentiel de garder l'esprit ouvert au monde en mutation et, si oui, comment? Bien sûr, tous les retraités ne vivent pas en couple. Si oui, l'équilibre affectif et les habitudes sont modifiés. Quelques clefs sont données pour prévoir et réaliser une nouvelle harmonie. Rester actif? Quelle approche pour le bon niveau et le bon choix d'activités? Et puis la question financière toujours délicate; l'équilibre entre recettes et dépenses est modifié, si ce n'est, rendu difficile. Par ailleurs, le logement devient le centre permanent des activités; finie la concurrence avec le lieu de travail; son importance est renforcée. Faut-il le réaménager et comment? Certains rêvent de déménager ou d'un domicile secondaire. Enfin, la préparation au quatrième âge et aux derniers jours: vive la sérénité du troisième âge. Mais, elle annonce la dernière étape pour laquelle mieux vaut ne pas être pris de court.

- 14-

L'Editeur: - Tous ces thèmes font l'objet de stages de formation à la retraite. Il y a double emploi! L'Auteur:

- Pas du tout. Ces stages sont souvent très brefs. Leur contenu et les solutions proposés sont assez conformistes: comment gérer son budget, ses loisirs, se nourrir sainement, faire sa gym, finalement muter vers cette "oisiveté" légale et égocentrique. S'interroger sur les incertitudes de l'avenir et les mutations opportunes paraîtrait séditieux. De même, pour le malaise que provoque chez certains l'inaction forcée. Si la loi est modifiée, les stages s'y adapteront; en attendant, pas question de la contester.
L'Editeur: tueux.

-

Vous touchez à tout, ce qui semble assez présomp-

L'Auteur: - Je n'aborde pas les sujets difficiles sur lesquels les spécialistes ont écrit des ouvrages très compétents: la santé physique, la sexualité, l'approche de la mort, la foi. D'autres témoignages seraient nécessaires. Tous subjectifs et partiels; les uns vous tomberaient des mains parce qu'ils ne correspondent pas à votre éthique, mais la plupart éclairerait le lecteur avide de témoignages et de suggestions. L'Editeur: - Pourquoi alors d'autres n'ont-ils pas écrit un tel livre subjectif et partiel! L'Auteur:

- L'immense majorité des retraités n'a qu'une expérience limitée, parce que unique, du départ à la retraite. Ils ne songent guère à écrire un livre, encore moins sur ce thème, expérience éprouvante et risquée, alors qu'on peut jardiner paisiblement avec une rente assurée.
J'ai toujours été un écrivain refoulé, rêvant pendant mes vingt cinq ans de carrière professionnelle harassante mais fascinante, de l'étape suivante faite de sérénité. - 15 -

Je conseillais des entreprises en matière de gestion et d'informatique, analysais les problèmes à résoudre, proposais des solutions à mettre en oeuvre. L'approche reste la même. Ensuite, des périodes de chômage et d'activité réduite m'ont donné l'expérience de l'inactivité forcée proche du présent. Autant d'incitations à écrire ce livre. L'Editeur: - Et si je ne le publie pas? Votre ego, votre avenir? L'Auteur: - J'imagine qu'habituellement, un auteur met dans son livre, son talent, son désir d'être reconnu, son gagne-pain à des degrés divers. La motivation d'un retraité est différente quand il arrive à bout d'un projet, construire un bateau, par exemple, il cherche d'abord une satisfaction égoïste d'accomplissement et à faire mentir son épithète d"'inactif'. Dans ce sens, je suis déjà heureux. Si ce livre était publié et lu, ce qui ne dépend plus guère de moi, je ne serais plus un retraité mais un écrivain; cela rend perplexe. L'Editeur: - Reprenons le fil. Il Y a une troisième partie non négligeable dans votre manuscrit. L'Auteur: - Un préretraité de 57 ans en bonne santé, vivra vraisemblablement jusqu'en 2015, c'est à dire bien au-delà du seuil financier pénible de 2005 quand les premiers nés du babyboom arriveront à la retraite. Il est grand temps qu'il réfléchisse à son avenir, qu'il agisse en citoyen, qu'il prenne position sur la "guerre des âges" et sur l'évolution du statut des retraités. A moins de préférer l'attitude de l'autruche. L'Editeur: - Vous vous êtes lancé dans la prospective! L'Auteur: - Comme en 1958 quand j'animais des stages pour cadres, sur le traitement électronique de l'information (le mot - 16-

"informatique" n'était pas encore inventé). TIne s'agit donc pas de prédire ce qui va se passer, mais de se donner des outils pour réagir aux orientations probables du futur proche. Mais avant tout, l'image même du retraité doit être recadrée. L'Editeur: - Parlons-en. L'Auteur: Quand un gouvernement publie un "Livre Blanc" sur les retraités, qui porte essentiellement sur la montée en puissance des régimes des pensions, leur état présent et les menaces sur le futur, il réduit le retraité à son pouvoir d'achat. Sa place, son rôle, actuels ou souhaités sont évacués. Le retraité ne serait-il qu'une bouche inutile mais respectée? Ou bien un fardeau pris en charge par la collectivité ? Quand, louable intention, un mensuel de grande diffusion montre des retraités à bicyclette ou partant en randonnée en montagne pour donner des idées, l'envie et le courage de sortir de leur coquille aux retraités quelque peu casaniers. Mais, la distance est parfois trop grande entre cette image de superactifs et la réalité d'une majorité. Ou encore quand une publication analogue publie un livre de photos de septuagénaires dynamiques, riches, bronzés, célèbres, débordant d'activité et soutenus par un moral (apparemment) d'acier, ces images ne mettent-elles pas en valeur des faux retraités, qui brouillent l'image de la retraite et créent peut-être même un malaise chez nombre d'entre eux? Image en négatif de la plupart des grands de ce monde: hommes politiques ou patrons d'entreprise comme le mythe de Dassault, mort à la tâche à 92 ans. La retraite ne les atteint pas; les honneurs les accompagneront jusqu'à leur ultime crise cardiaque: la retraite ne serait réservée qu'aux autres, les anonymes. Image en porte-à-faux, née du dialogue entre deux personnes aux alentours de la soixantaine: à la question "alors qu'est-ce que tu fais ces temps-ci, beaucoup de travail ?" succède une brève hésitation du second avant d'avouer qu'il vient de prendre sa retraite. Le premier vacille alors, ne sachant plus quelle question amicale poser à ce jeune retraité? Les propos de routine sont devenus subitement ~nadéquats, voire blessants. Un silence s'instaure avec le rappel implicite à sa - 17 -