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Le rituel

De
264 pages
Les rituels constituent des règles sociales, religieuses, culturelles et cultuelles qui permettent de donner sens à la vie. Ils permettent une forme de "retour en arrière collectif" qui peut s'avérer être aussi thérapeutique que le "retour en arrière individuel" préconisé par la psychanalyse. Cet ouvrage est la mise à jour de contributions et de réflexions autour de la notion de "rituel", vue sous l'angle de l'anthropologie, de la psychoclinique et de la psychanalyse.
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Sous la direction de Riadh Ben Rejeb
Le rituelDe l’anthropologie à la clinique
S
Préface de Alain Gibeault
02/03/15 15:09
Le rituel De l’anthropologie à la clinique
Psycho - logiques Collection fondée par Philippe Brenot et dirigée par Alain Brun
Sans exclusives ni frontières, les logiques président au fonctionnement psychique comme à la vie relationnelle. Toutes les pratiques, toutes les écoles ont leur place dans Psycho - logiques.
Déjà parus
Radu CLIT,Le travail institutionnel en milieu psychiatrique et de l’enfance inadaptée, 2015. Jean Michel PÉCARD,Essai de psychologie analytique, 2015. Sébastien PONNOU,Lacan et l’éducation. Manifeste pour une clinique lacanienne de l’éducation, 2014. Sophia DUCCESCHI-JUDES,Portrait de folies ordinaires. Petit guide de psychopathologie pour tous, 2014. Anna CURIR,Les processus psychologiques de la découverte scientifique, L’harmonieuse complexité du monde, 2014.Jean-Pierre LEGROS,Stratium, Une théorie de la personne, 2014.Aurélie CAPOBIANCO (dir.),Peut-on parler au téléphone ? Stratégies cliniques pour entendre au bout du fil, 2014.Christel DEMEY,Stimuler le cerveau de l’enfant, 2013. Audrey GAILLARD et Isabel URDAPILLETA, Représentations mentales et catégorisation, 2013. Jean-Luc ALLIER,La Fragilité en pratique clinique, 2013.Stéphane VEDEL,Nos désirs font désordre, Lire L’Anti-Œdipe, 2013.Sliman BOUFERDA,Le symptôme en tous sens, 2012. René SOULAYROL,La spiritualité de l’enfant. Entre l’illusion, le magique et le religieux(nouvelle édition), 2012. Bernard GANGLOFF et Daniel PASQUIER,Décrire et évaluer la personnalité : mythes et réalité, 2011. Mady FERNAGUT, Yolande GOVINDAMA et Christiane ROSENBLAT,Itinéraires des victimes d’agressions sexuelles, 2011.
Sous la direction de Riadh BENREJEB
Le rituel De l’anthropologie à la clinique
Préface de Alain GIBEAULT
Du même auteur
La référence(dir.), C.P.U., Tunis, 2013.
De l'image à l'imaginaire(dir.), RMR, Tunis, et Non Lieu, Paris, 2008.
Destin, discours et société(dir.), C.P.U., Tunis, 2006.
La dette à l’origine du symptôme(dir.), L’Harmattan, Paris, 2007.
Le destin en psychanalyse(dir.), In-Press Ed., Paris, 2005.
L'éthique en psychologie(dir.), Unité de recherche en Psychopathologie Clinique et la Faculté des Sciences Humaines et Sociales de Tunis, Tunis, 2003.
Psychopathologie transculturelle de l’enfant et de l’adolescent. Cliniques maghrébines,Paris, In-Press Editions, 2003.
Les Echelles Différentielles d'Efficiences Intellectuelles ; version tunisienne adaptée (EDEI-A), Cogerh Sélection, Tunis, 2003.
Intelligence et culture. Le contexte tunisien,L'Harmattan, Paris, 2001.
Migration, psychopathologie et psycholinguistique,Alif et la Faculté des Sciences Humaines et Sociales de Tunis, Tunis, 1995.
Avec les contributions de (par ordre alphabétique) :Béatrice BACHY-DUQUESNE, Ibtissem BENDRIDI, Riadh BENREJEB, Sofiane BOUHDIBA, Nathalie BOUVIER, Gérard DECHERF, WahidESSAAFI, Nicole GEBLESCO, Gérard HADDAD, Férodja HOCINI, Marcel HOUSER,Yassine KARAMTI, Mourad MERDACIetAmel REBAI.
Les pensées exprimées dans cet ouvrage n'engagent que leurs auteurs respectifs.
© L’Harmattan, 2015 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris
http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-343-05610-4 EAN : 9782343056104
Préface Alain GIBEAULT Dès l’aube de l’humanité, les sépultures préhistoriques sont les premiers témoins de la culture humaine et de l’ouverture à la dimension de l’absolu. A partir de 100000 ans B.P. (Before Present), les premières traces de décor (os gravés, ocres) et les premières parures (perles) ont été découvertes dans ces sépultures. La présence d’ocre rouge sur les ossements serait le symbole d’une vie après la mort, car le rouge renverrait au sang qui est source de vie ; par ailleurs l’ocre rouge aurait joué un rôle dans la préservation matérielle du cadavre, ce qui laisserait supposer le désir des hommes de la préhistoire de signifier l’immortalité du défunt. Ces « rites de l’au-delà » (Jean-Pierre Mohen, 1995)) se prolongeront à partir de 35000 ans B.P. par une représentation de la mort sur les parois des grottes, ce qui sera spécifique de la créativité del’Homo sapiens. La scène dramatique du puits de Lascaux, où un homme ithyphallique tombé à la renverse affronte un bison blessé d’une lance, pourrait illustrer cette continuité de la vie au-delà de la mort possible des deux protagonistes. Comme le souligne le préhistorien Jean-Pierre Mohen (2002), « l’image assure ainsi ce miracle de la continuité de la vie mêlée à la mort, que le rituel appelle de ses vœux » (p. 192). La naissance de l’art rupestre est indissociable des rapports sociaux qui se sont manifestés en particulier au cours des rites inventés par l’homme pour donner sens à l’accidentel et à l’incompréhensible. L’ethnologue et sociolo-gue Martine Segalen (2005) donne une définition du rite qui peut susciter un consensus : « Le rite ou rituel est un ensemble d’actes formalisés, expressifs, porteurs d’une dimension symbolique. Le rite est caractérisé par une
configuration spatio-temporelle spécifique, par le recours à une série d’objets, par des systèmes de comportements et de langages spécifiques, par des signes emblématiques dont le sens codé constitue l’un des biens communs d’un groupe » (pp. 20-21). Il s’agit d’une définition qui met en avant l’efficacité sociale du rite, où sont mêlés temps individuel et temps collectif. C’est cette problématique du rituel, qui est constitutive des origines de l’humanité, qu’explore ce livre publié sous la direction de Riadh Ben Rejeb dans une dimension interdisciplinaire où sont convoquées l’anthropologie, la sociologie et la psychanalyse. Cette recherche s’inscrit dans une perspective visant à comprendre ce qui est constitutif du « propre de l’homme », en l’occurrence la capacité à symboliser dans des actions, les rites, à la jonction entre le profane et le sacré, entre le séculier et le religieux. Cette recherche sur le rituel fait écho à de nombreux travaux en anthropologie et en sociologie depuis le XIXe siècle qui ont posé la question du rite comme mode de communication ou comme mode d’action. L’objectif a d’abord été de mettre l’accent sur les fonctions et les formes du rite. Tout d’abord unefonction symbolique, reposant forcément sur une croyance, et supposant la capacité à signifier et à représenter quelque chose d’autre pour quelqu’un. Si la symbolisation peut apparaître ainsi comme la substitution d’un objet par un autre, elle est avant tout le résultat d’un processus qui suppose autant la capacité dereprésenterun objet absent qu’un sujet capable desavoirque le symbole n’est pas l’objet symbolisé. Le rite renvoie ainsi à des actes répétitifs et codifiés, d’ordre verbal, gestuel et postural, à forte charge symbolique ; celui-ci est fondé sur la croyance en la force agissante d’êtres ou de puissances sacrées, avec lesquels l’homme tente de communiquer. Mais le rite a aussi unefonction socialeprimordiale, qui a reçu différentes définitions scientifiques. Le rite serait l’expression symbolique des valeurs fondamentales qui
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unifient les membres d’une société et tendrait ainsi à symboliser la société (E. Durkheim, 2003[1912]). Il aurait aussi la fonction de maintenir l’ordre social (A. R. Radcliffe-Brown, 1968), ou encore d’assurer, par la codification des comportements interindividuels, une certaine cohérence dans la vie sociale (V. W. Turner, 1967). C’est cet enjeu symbolique et social qu’explore la première partie de ce livre, intitulée « Le rituel, un phénomène socio-culturel », avec des exemples très éclairants tirés en particulier de la culture de l’Islam et de celle de la Tunisie. Par ce biais est ainsi soulignée l’efficacité du rite, qui produit des états mentaux collectifs suscités par le rassemblement du groupe. Marcel Mauss (1968 [1906]) a particulièrement approfondi ces enjeux, en montrant que le rite se situe en définitive dans l’acte de croire à son effet, à travers des pratiques de symbolisation, en particulier, celles relatives au sacré et au mythe : « Si l’on croit au sacrifice, s’il est efficace, c’est qu’il est un acte social » (p. 16-17). Le rite est ainsi une action symbolisante cherchant à modifier l’expérience d’un groupe et éventuellement celle d’un individu. Dans ce livre on trouvera de nombreux exemples de cette efficacité du rite, en particulier dans la deuxième partie intitulée « Rituels thérapeutiques traditionnels ». Le rite a ainsi pour fonction de soigner le groupe et les indivi-dus : « Le rite est un code, un mode d’emploi pour agir sur les autres, et aussi avec soi-même » (M. Segalen, 1998, p. 30). C’est aussi sur cette fonction sociale du rite que souligne la notion derites de passage, auxquels se sont attachés en particulier les recherches de ce grand ethnologue que fut Arnold Van Gennep (1992 [1909]). Ce concept a permis en effet de rassembler des rites extrêmement divers sous une séquence rituelle commune ayant pour critère la dialectique individu-groupe. Il a ainsi distingué trois phases successives : la séparation d’un individu d’avec son monde antérieur, une période de marge, souvent symbolisée par un seuil matériel, renvoyant à un rite de ségrégation ou de marginalisation
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