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Le scandale des violences conjugales

De
198 pages
En 2010, la France se mobilisait contre les violences conjugales. Une loi novatrice, qui devait apporter des solutions concrètes, était votée. La précision de son texte et ses amendements intégraient les diverses formes de violences au sein du couple. Sept ans plus tard, le taux de classement sans suite des plaintes reste une énigme (tout autant que la statistique des décédées au sein du couple). Des femmes et des enfants vivent ces violences au quotidien : la France protège-t-elle ses bourreaux ?

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Caroline Guesnier
Lescandale desviolences conjugales
LE SCANDALE DES VIOLENCES CONJUGALES
Caroline Guesnier LE SCANDALE DES VIOLENCES CONJUGALES
Du même auteur
Violences conjugales, plus jamais ça !Éditions Autres Temps, 2015, réédité aux Éditions du Net, 2017 Battue, l’enfer du décor, Les Éditions du Net, 2017
© L’Harmattan, 2017 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr ISBN : 978-2-343-11780-5 EAN : 9782343117805
A mes sœurs Vous êtes magnifiques Votre dignité est votre force
CHAPITRE I DE L’ÉTAT DE VICTIME À LA DOUBLE PEINE Lors de ma rencontre avec la directrice de l’antenne SVF, SOS Violences Femmes, après lui avoir exposé lon-guement le parcours qui avait été le mien, elle m’en dira : « vous êtes un cas d’école. Tout ce qui dysfonctionne, vous l’avez rencontré ». Après six mois de vaines tentatives pour alerter l’opinion publique sur le sort qui m’avait été réservé, que je considérais comme profondément amoral, un ami me soumit l’idée de lancer un collectif de victimes. Cette proposition, me paraissant à la fois loufoque et lourde de conséquences pour ma vie privée, a mûri quelques jours. J’ai opposé qu’un collectif supposait d’être au moins deux. C’est tout à fait spontanément qu’il en fut le premier membre. C’est ainsi que naquit « femme battue en colère ». La colère étant la réponse la plus commune au sortir du pro-cessus de haine, la mienne s’était focalisée sur le système français et ses errements. Très rapidement des tiers avisés m’informèrent que ce nom, porteur d’une lourde charge négative, me poserait problème pour faire valoir mes idées. Quand bien même en colère je l’étais rudement, j’acceptais alors d’écouter plus sage que moi et le rebaptisais. Au fur et à mesure de la prise en charge des victimes, des histoires se déroulaient, à la limite du spectaculaire, tant les dysfonctionnements y étaient nombreux et révol-
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