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Le Secret des terres Blanches

De
190 pages

" L'éstranger ", c'est ce fils d'un général prussien qui s'occupe des Terres Blanches, propriété du baron d'Armanville. " L'éstranger ", c'est cet individu solitaire et taciturne au prénom bien germanique, mais au nom typiquement local : Otto Larguier.

Ajouté le : 08 mars 2017
Lecture(s) : 1
EAN13 : 9782812917332
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Originaire du Nord de la France,Christian Laboriecoeur depuis pluscévenol de  est de vingt ans. Professeur d’histoire et géographie d ans le Gard, il se passionne pour l’histoire et les habitants de sa province d’adopti on, pour lesquels ses romans sonnent comme autant d’hommages humbles et sincères. Il écr it depuis dix ans avec passion. Ses premiers romans ont été récompensés par l’Acadé mie internationale de Lutèce et par l’association Arts et Lettres de Bordeaux. Il a notamment obtenu le prix Découvertes pourà palabres L’Arbre (2001) et le prix Mémoire d’Oc pourChemin Le des larmes(2004). Sa saga familiale :L’Appel des drailleset Les Drailles oubliéesa déjà conquis de nombreux lecteurs.
Titre
CHRISTIANLABORIE LESECRET DESTERRESBLANCHES
Copyright
Du même auteur Les Drailles oubliées,collection Romans et récits du terroir, De Borée, 2 005. L’Appel des drailles,collection Romans et récits du terroir, De Borée, 2004. Le Chemin des larmes, collection Romans et récits du terroir, De Borée, 2004, prix Mémoire d’Oc 2004. L’Arbre à pain,collection Romans et récits du terroir, De Borée, 2003. Le Brouillard de l’aube,éditions Société des Écrivains, 2003. L’Arbre à palabres, édité La Poste-par le Foyer de Cachan, prix Découverte 2001 France Télécom.. En application de la loi du 11 mars 1957, il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement le présent ouvrage sans autorisation de l’éditeur ou du Centre français d’exploitation du droit de copie, 20, rue des Grands-Augustins, 75006 Paris. ©De Borée, 2006
À mon fils Arnaud, qui m’a inspiré les plus belles pages de ce roman en me transportant dans le monde des arpèges, À Julien, mon aîné, si loin et pourtant si proche, À Viviane, pour ma vie, tout simplement.
I
L’«étranger»
N VENT SEC ET GLACIAL, descendu du nord, s’immisçait entre serres et U 1valats depuis plus d’une semaine. Les six jours fatidiques étant passés, les anciens savaient qu’il faudrait attendre encore deu x longues journées pour qu’il faiblisse et expire son dernier souffle de folie. T rois, six ou neuf jours… chacun s’y résignait dans la lointaine vallée du Rhône. Mais d ans le bas pays cévenol, ces rodomontades du ciel, nul ne les trouvait à son goû t, préférant encore les coups de 2 chaleur de l’été ou lesgardonnades de l’automne à ces embrassades brutales qui coulent les fleurs des arbres fruitiers, gèlent les premiers bourgeons ou arrachent les 3 lauzes des toitures. Mars est toujours un mois capricieux dans les Céven nes. Ni hiver, ni printemps, il peut être les deux successivement et plusieurs fois de suite, soufflant le chaud et le froid comme pour mieux tromper les hommes autant qu e les bêtes, avides de remettre le nez dehors après les longs mois de latence hivernale où toute vie s’est ralentie. Mais quand les branches commencent à crépiter sous l’effet de la montée de sève, quand, des racines profondes, la vie éclot de nouve au et s’épand en fragrances 4 enivrantes le long des chemins, sur lesfaïsses, au bord des rivières, quand le vent rince le ciel de ses bourrasques tempétueuses, alor s commence vraiment l’année nouvelle.
* **
Perché sur sa colline, son chien toujours dissimulé dans son ombre, il aimait braver les éléments. Rien ne l’arrêtait, ni les chapes de plomb, ni les froids sibériens, ni les trombes d’eau diluviennes. Taillé dans le roc, sans une once de graisse, il abattait à lui seul le travail d’une paire de bœufs. «C’est pas un homme ce gars-là! disait-on dans le village, lors des jours de marc hé, c’est un colosse sorti des entrailles de la terre. s murs éboulés.En tout cas, il n’a pas son pareil pour remonter le Ce doit être un ancien bagnard pour aimer ainsi cas ser les pierres!» Les commentaires allaient bon train, le soir à la v eillée. Et les maris ne laissaient pas leur langue à leurs épouses pour échafauder mou lt suppositions et laisser libre cours à leur imagination débordante. L’homme, dont il était question de façon récurrente dans les conversations, ne finissait pas d’intriguer les esprits. Pourtant, to us les habitants de Saint-Victor le connaissaient de longue date. Ils avaient l’habitud e de voir sa silhouette athlétique se découper sur l’azur, en contre-jour, comme une ombr e chinoise, dans des postures qui les laissaient bouche bée d’admiration. À chaque saison, ils l’épiaient comme pour mieux dé celer en lui quelque défaillance qui leur aurait permis de s’exclamer: «Vous voyez b ien, je vous le disais, c’est pas un paysan!»
Au printemps, son geste ample et coulé du semeur le s rendait perplexes: «Il ne gaspille aucune graine!» reconnaissaient les anciens qui semblaient ainsi faire la leçon aux plus jeunes. Quand venait le temps de la moisson, sa dextérité à manier la faux sans effort, d’un balancement régulier et précis, les laissait pantoi s. 5 «Boudiou! On dirait qu’il a fait ça toute sa vie!» s’étonna it-on toujours d’une année sur l’autre. À tel point que les femmes profitaient parfois de l ’absence de leurs maris partis dans les terres pour aller épier l’estranger, comme elles l’appelaient entre elles. Les plus coquines se complaisaient à l’observer quand, courb é sur les mancherons de sa charrue ou brandissant sa cognée pour abattre un ch êne, le corps à demi-nu, tout ruisselant de sueur, il prenait des poses qui les f aisaient fantasmer le soir dans les bras de leurs maris, qui sentaient encore la transp iration, la paille ou le suint.
* **
Comme tous les jours, ce matin-là, il se leva à l’a ube et se pointa aussitôt sur le 6 seuil de sonmazetl, jeta un regard. Il s’étira pour sortir complètement de son sommei circulaire sur les lointains sans questionner le ci el. Dans le seau, l’eau avait encore 7 gelé en surface. Il cassa la glace avec le manche d e sonluchet et s’aspergea sans hésiter. Il se frictionna le torse et le visage, se passa les mains dans sa chevelure drue et hirsute, s’approcha enfin d’un vieux miroir accr oché au mur à côté de la porte d’entrée. Il se caressa le menton et les joues, fit la grimace, sortit de sa poche un coupe-choux et se mit à se tailler la barbe à sec. Puis il épointa ses cheveux. Sa toilette terminée, il recula de quelques pas pour m ieux s’admirer dans le miroir, parut satisfait et rentra à l’intérieur. Il n’avait pas remarqué que le vent violent qui sou fflait depuis neuf jours avait cessé, ni même que le ciel commençait à se couvrir. Il viv ait sans montre, sans calendrier, sans rien qui pût lui rappeler le temps qui passe. Il n’avait de repères que les saisons pour les travaux agricoles. Le reste lui importait peu. Il semblait insensible à tout ce qui se passait autour de lui, ne se mêlait jamais–ou pr esque–aux habitants du village, ne se confiait à personne. Aussi fut-il surpris quand, ayant à peine refermé s a porte derrière lui, il entendit le bruit d’un moteur vrombir, s’approcher, s’arrêter, puis deux portières claquer l’une après l’autre. Il n’eut pas le temps d’enfiler sa c hemise que les pas de deux individus martelaient déjà les dalles de son devant de porte. Se ravisant, il ouvrit sans attendre. «C’est pour quoi? demanda-t-il. Vous vous appelez bien Otto Larguier? fit l’un des deux visiteurs. C’est exact. Que me voulez-vous? n adjoint, l’inspecteur Granel.Je suis l’inspecteur de police Joubert. Et voici mo Pouvons-nous entrer un instant, s’il vous plaît?» Les deux policiers n’attendirent pas d’y être invit és et entrèrent dans la cuisine en passant devant Otto. «Hum… il fait aussi froid dedans que dehors chez vo us! remarqua celui des deux qui semblait être le chef. Vous ne vous chauffez do nc pas?
Il ne fait plus assez froid pour moi, rétorqua Otto . Je n’aime pas gaspiller mon bois. Pas plus mon bois que mon temps! Que me voulez-vous? isant. Nous venons vérifier siSimple contrôle, fit l’adjoint d’un ton plus compla vous étiez toujours à votre domicile. Je n’ai pas l’intention de m’en aller, si c’est cel a que vous voulez savoir. On ne sait jamais! Si parfois l’envie vous prenait, prévenez-nous! Dois-je comprendre que je ne suis pas libre de mes mouvements? Je n’ai rien dit de tel. Mais, par les temps qui co urent, nous aimons savoir ce que deviennent les ressortissants étrangers que nous ac cueillons sur le territoire national. erminé, messieurs, j’ai duJe ne manquerai pas de vous avertir. Si vous avez t travail qui m’attend. Vous êtes très matinal! Pas plus que vous! Au village et à Anduze, tout le monde dort encore! J’aime commencer ma journée de travail dès le lever du soleil. Vous connaissez le proverbe: “L’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt.” Ce n’était pas un reproche. Mais dites voir, vous p arlez parfaitement notre langue! Vous n’avez aucun accent. Cela fait plus de quinze ans que je vis en France, vous ne l’ignorez pas, puisque vous êtes de la police. sEt votre nom, Larguier, n’est-ce pas un nom françai ? Vous le savez aussi bien que moi. Pourquoi me posez -vous cette question? Pour rien, pour rien. On ne vous retient pas plus longtemps.» Les deux policiers n’insistèrent pas et prirent con gé. «As-tu remarqué comme il semblait méfiant? fit l’in specteur principal à son adjoint, une fois au volant de sa Traction. Rien ne traînait. Pour unJ’ai surtout remarqué que chez lui, c’était nickel! paysan qui vit seul, c’est étonnant. On dirait qu’u ne femme lui fait le ménage. Qui te dit qu’il vit seul? lage. Nous l’aurions appris. DeS’il avait une maîtresse, ça se saurait dans le vil toute façon, je ne vois pas où serait le mal. Un ho mme de son âge, bâti comme il est, il n’y aurait rien d’étonnant qu’il vive avec une femm e. Il faudra quand même en avoir le cœur net. Rien ne doit nous échapper. n fait de mal. Il vit peinardLaisse tomber! Ce n’est pas un assassin. Il n’a rie dans son trou comme un ermite; si ça lui plaît, qu’ il y reste! On nous a demandé d’enquêter sur lui, de vérifier s’il était toujours là. C’est fait. Nous avons d’autres chats à fouetter! Tu as sans doute raison, après tout.» L’inspecteur principal accéléra, passa la vitesse s upérieure et reprit la direction d’Alès.
* **
Otto ne prêta pas attention à cette visite inattend ue. 8 Après avoir déjeuné d’une assiette debajanat, comme tout bon Cévenol, et s’être
9 rincé le gosier d’un verre de piquette , il alla rendre visite à ses trois chèvres dont il examina soigneusement le pis et sortit peu après sa douzaine de brebis de l’étable. César, son berger belge auquel il était très attach é bien qu’il ne fût pas de la meilleure race pour garder le troupeau, poussa les traînardes en leur mordillant le jarret et aboya comme pour donner le signal du départ. Ses terres de pacage étaient situées non loin de la bergerie, sur desfaïsses clôturées dont les murs éboulés par endroits permet taient aux bêtes de vagabonder à leur aise en toute liberté. César leur servait de g ardien, pendant que son maître vaquait ailleurs à d’autres occupations. Otto était très affairé tout au long de la journée. Il ne s’arrêtait jamais pour se reposer, hormis une petite heure de sieste pendant les canicules de l’été. Il passait le plus clair de son temps à semer, labourer, récolter , tailler, traire. En morte-saison, il se trouvait toujours un mur de pierres éboulé à remont er ou quelques arpents de friche à mettre en valeur. Les terres qu’il entretenait étai ent la propriété du baron d’Armanville, un riche aristocrate parisien qui ne venait presque jamais à Saint-Victor. Peu de personnes dans le village le connaissaient, et beau coup croyaient qu’Otto était le propriétaire de la ferme qu’il occupait et qu’il so ignait comme la prunelle de ses yeux. Celle-ci, en réalité, n’était qu’une ancienne berge rie dont les étables avaient abrité jadis de gros troupeaux de brebis qui partaient cha que été transhumer sur les pentes herbeuses du mont Aigoual. Après la Grande Guerre, terres et bâtiments avaient été délaissés par leurs propriétaires; les ronces et le s genêts avaient eu raison des puissantes murailles édifiées par les anciens. En q uelques années, la désolation avait détruit des siècles d’effort et d’acharnement. Jusqu’au jour où, au début des années 1920, les hab itants de Saint-Victor virent s’installer sur ces terres abandonnées un homme de grande stature, jeune–il pouvait avoir vingt ans–, blond comme les blés, les yeux d’ un bleu océan, d’une beauté qui ne laissa aucune femme indifférente et qui aiguisa la jalousie des paysans de la commune. Nul ne savait d’où il venait, ni qui il était, ni p ar qui il était envoyé. Certains affirmèrent sans l’ombre d’une preuve que l’ancien propriétaire était décédé, d’autres qu’il avait vendu son bien, d’autres enfin qu’il av ait engagé un métayer pour remettre ses terres en état. Les plus nombreux, suspicieux c omme peuvent l’être les braves gens qu’un rien dérange, se mirent en tête mille et une raisons de se méfier de cet inconnu qui leur rappelait trop les Prussiens que c ertains avaient eu à combattre dans les tranchées. Suppositions toutes aussi extravagan tes les unes que les autres, mais qui ne trouvaient leur raison d’être que parce qu’i l s’agissait tout simplement d’un «étranger». Quand le maire de la commune leur apprit qu’il s’ap pelait Larguier, la plupart se sentirent soulagés. Un tel patronyme était fréquent dans les Cévennes. Pour un peu, on lui aurait volontiers ouvert sa porte pour l’inv iter à sa table comme un lointain parent avec qui on se serait fait fort de trouver rapideme nt des liens de cousinage. Les bouteilles de cartagène et les verres en cristal de Bohême étaient déjà prêts pour l’accueillir, afin de lui montrer combien on savait reconnaître les siens dans ces contrées du fin fond de la France, qui ont longtemp s été considérées avec mépris par les hauts dignitaires parisiens de tous bords. Cependant, quand le premier magistrat de la commune dut admettre qu’il n’était pas parvenu à en savoir davantage sur son nouvel admini stré, les langues se délièrent à nouveau et l’on prit garde de ne pas aller trop vite en besogne pour ouvrir sa porte à un
inconnu. Et qui plus est, lorsqu’on apprit qu’il se faisait appeler Otto et qu’il ne fréquentait pas le temple–pas davantage, d’ailleurs , l’église du curé–, la méfiance s’empara réellement des esprits suspicieux: on évit a de le rencontrer en chemin, de lui adresser la parole, de croiser son regard, de peur qu’il ne fût peut-être un envoyé du Malin. Le pasteur avait beau rassurer ses ouailles et les mettre en garde de ne pas tomber dans la superstition, leur rappeler en chaire leur devoir de chrétiens envers leur prochain, il leur fallut à tous et à toutes beaucou p de temps pour admettre Otto Larguier au sein de leur communauté villageoise. Depuis, quinze ans s’étaient écoulés. Otto pouvait avoir trente-cinq ans, aux dires des plus avertis. Il ne posait plus aucun problème pour personne, et n’alimentait plus les conversations que lorsque, à la veillée, on ava it envie de parler des autres, ce qui, dans le village, était le passe-temps favori, même des moins médisants. On ne lui avait jamais connu de compagne, ni de vér itables amis. On le savait amoureux de sa solitude, taciturne, travailleur et persévérant à l’image d’un vrai 10 Raïolsur son dos à l’aide d’un. Il était bien le seul à remonter encore la terre 11 terrairouns, quand une pluieéclisses de châtaignier, à la manière des ancie  en diluvienne avait mis à nu sesfaïssesecultivées. Il bâtissait en pierres sèches mieux qu quiconque, manipulant des blocs d’un quintal sans l evier ni treuil. En quelques années, il avait tout appris du travail du paysan cévenol, et certains osaient même affirmer que 12 l e spélardonsfabriquait n’avaient rien à envier à ceux de  qu’il la Marthe du mas Rouveyrol, les meilleurs de la région. Au point qu’ on se demandait qui avait bien pu lui dévoiler le secret. Non décidément, cet «étranger»-là n’était pas comme les autres! «Et ses mains! Avez-vous vu ses mains?» Les femmes les premières avaient remarqué combien s es mains étaient soignées en dépit des travaux qu’il effectuait. Aucune d’ent re elles ne pouvait se targuer d’avoir des mains aussi nettes que les siennes: sans égrati gnures ni callosités, les ongles toujours propres et bien coupés, la peau souple et lissedu moins le devinaient-elles! «C’est pas Dieu possible! s’exclamaient-elles, en i nvoquant le Seigneur sans l’aval du pasteur. ère quand, une fois tous lesIl travaille avec des gants!» s’étonnait la boulang huit jours, il venait lui acheter son pain pour la semaine. La boulangerie de Saint-Victor était le lieu de ren dez-vous de toutes les commères, l’endroit où tout se disait, se savait ou se suppos ait. Aussi les femmes n’avaient-elles pas tardé à savoir que «l’étranger» y venait tous l es lundis matin dès potron-minet et, comme pour le culte du dimanche, elles n’étaient ja mais en retard, ce jour-là, pour aller quérir le pain frais avant que leurs maris ne prenn ent le chemin des champs. Quinze ans que cela durait! Les femmes avaient viei lli, leurs filles les avaient remplacées. La boulangère, elle, était toujours à s on poste et sous le charme, ne tarissant pas d’éloges sur son bel inconnu, le plus fidèle et le plus ténébreux de tous ses clients. À force, les maris s’étaient habitués aux élucubrat ions de leurs femmes et ne se méfiaient pas de ce qui mettait le cœur de leurs fi lles en émoi. Ils prenaient Otto pour un paysan un peu sauvage, à la limite de la normali té et n’avaient avec lui que des mots anodins au hasard de leurs rencontres. Otto quant à lui n’avait pas changé depuis son installation à Saint-Victor. Les années lui avaient conféré une maturité physique qui n’ava it fait qu’accroître son charme et sa