Le social contre le politique en Afrique noire

De
Publié par

Partant des études de cas en Afrique occidentale et orientale, l'auteur montre la structuration du politique par le social pendant la colonisation, mais aussi, la manière dont ce politique pervers est combattu par le social logé au creux des structures sociologiques africaines. Poursuivant sa réflexion sur le social africain dans les questions de développement, Motaze Akam introduit les prémisses d'une sociologie du mauvais cœur et d'une sociologie mondiale pour un regard neuf sur l'Afrique noire contemporaine.
Publié le : mardi 1 mars 2016
Lecture(s) : 20
EAN13 : 9782140002700
Nombre de pages : 368
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat
occidentale, orientale et centrale. Poursuivant sa réflexion sur le social
Etudes africaines
Série Politique
MotazeA
Le social contrelepolitique enAfriquenoire
Sociétéscivilesetvoiesnouvelles
Le social contre le politiqueen Afrique noire Sociétés civiles et voies nouvelles
Collection « Études africaines » dirigée par Denis Pryen et son équipe
Forte de plus de mille titres publiés à ce jour, la collection « Études africaines » fait peau neuve. Elle présentera toujours les essais généraux qui ont fait son succès, mais se déclinera désormais également par séries thématiques : droit, économie, politique, sociologie, etc.
Dernières parutions
PUEPI (Bernard),Les gouvernances foncières et leur impact sur le processus de développement, 2015. OLOMBI (Jean-Claude),Guerre et paix : leçons de l’intervention de l’ONU en République Démocratique du Congo, 2015 MOSSOA (Lambert),Où va la Centrafrique? 2015 AMBOULOU (Hygin Didace),La déjudiciarisation et les procédures non contentieuses en Afrique, 2015.BOUOPDA (Pierre Kamé),L’indépendance du Cameroun, Gloire et naufrages politiques de l’UPC, 2015.YEKOKA (Jean Félix), KIDIBA (Samuel) et LEMBIKISSA (Augus) (dir.),Le mariage coutumier chez les Suundi du Congo-Brazzaville, 2015. VITA (Ndugumbo), SAVARD (Denis), FOURNIER (Jean-Pierre),Reconstruire l'éducation "après-guerre" en R.D. Congo, 2015.NGOULOURE NJOYA (Moïse),Les unions consensuelles chez les femmes africaines, 2015. DE YEIMBÉREIN (Bali),Quand l’Afrique réapparaîtra…, 2015. DIANE (Moustapha),La liberté des médias en Guinée. Entre textes et institutions, quelles réalités ?,2015. TINOU (Robert),1700 proverbes vili, 2015. TINOU (Robert),Abécédaire du Kouilou, 2015. N’GUETTIA KOUASSI (René),La Côte d’Ivoire de notre rêve, 2015. TABEZI PENE-MAGU (Bernard-Gustave),Évaluer l’élève en Afrique Noire, De la pédagogie traditionnelle aux estimations contemporaines, 2015 NZENGUI (Aaron Septime),sur la constitutionDe Kant à l’Afrique. Réflexion républicaine en Afrique noire, 2015 HOUEDANOU (Sessinou Emile),La gestion transfrontalière des forêts en Afrique de l’Ouest,2015 EKANZA (Simon-Pierre),Le Moronou, notre patrimoine, Géographie, Agriculture, et Sociétés,2015 KAYOMBO (Chrysostome Cijika),La planification de l’éducation en Afrique, Mode d’emploi,2015 NGALIEU (Désiré),: une cléLa secondarisation de l’agriculture en Afrique subsaharienne pour l’émergence,2015
Motaze AKAM Le social contre le politique en Afrique noire Sociétés civiles et voies nouvelles
© L’HARMATTAN, 2016 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-06421-5 EAN : 9782343064215
Ce livre est dédié à mon pèreHANS AKAMEBALE, en mémoire des vingt jours de sa détention illégale dans une cellule de la Compagnie de Gendarmerie, brigade de Mendo’o (Ebolowa) pour avoir voté contre la dictature camerounaise des années 1960.
Ouvrages du même auteur Le circuit de la mort,Paris, Editions Actuelles, 1983 (fiction)Le défi paysan en Afrique. Le lamiido et le paysan dans le Nord du Cameroun, Paris, L’Harmattan, 1990. Le social et le développement en Afrique, Paris, L’Harmattan, 2009.
Sociologie de Jean-Marc Ela. Les voies du social, Paris, L’Harmattan, 2011. Ouvrages collectifs Le village camerounais à l’heure de l’ajustement, Paris, Karthala, 1994, (avec Georges Courade et al) Cameroun. Pluralisme culturel et convivialité, Ivry, Editions Nouvelles du Sud, 1996, (avec Charly-Gabriel Mbock et al) Paléo-anthropologie en Afrique centrale. Un bilan de l’archéologie au Cameroun, Paris, L’Harmattan, 1999, (avec Michel Delneuf et al) Pouvoir social et pouvoir politique en Afrique. Le cas du Cameroun, Yaoundé, Presses Universitaires de Yaoundé, 2001, (avec Charly-Gabriel Mbock et al) Les conflits ethniques au Cameroun. Quelles sources, quelles solutions ? Yaoundé, Serviceœucuménique pour la paix, Editions Sagraaph, 2002 (avec Charly-Gabriel Mbock et al) Le Nord-Cameroun à l’épreuve des pluralismes. Quand les sciences sociales interrogent…, Paris, L’Harmattan, 2012 (avec Adder Abel Goda, Alawadi Zélao et al) Sciences sociales, sciences du langage et développement, Les Annales de la Faculté des Arts, Lettres et Sciences Humaines, Université de Ngaoundéré, 2012 (en coédition avec Michel Tchotsoua) De l’Adamawa à l’Adamaoua. Histoire, enjeux et perspectives pour le Nord-Cameroun,Paris, L’Harmattan, 2014 (avec Hamadou Adama et al)
Introduction :
Pour une culture de recommencement en Afrique noire
Il n’est pas tautologique de dire que les Lumières constituent une période lumineuse de l’humanité, même si elles ont aussi contribué à la naissance et diffusion des idéologies discriminantes ayant servi de fondements aux nazisme, colonialisme, impérialisme, etc. Ceci traduit d’autant, leur caractère explosif aux plans idéologique, scientifique, voire de la création intellectuelle. Elles sont donc un moment historique d’une importance capitale traversé par des courants de pensée à la fois radicalement révolutionnaires, réactionnaires, mystiques. Cette période que couvre le XVIIIè siècle européen est l’aboutissement d’un long processus de germination intellectuelle qui s’amorce depuis les XVè et XVIè siècles. Autrement dit :la renaissance.Vers la fin de cette dernière, l’on voit naître en Europe méridionale - Italie - des courants de pensée et des pratiques artistiques qui annoncent une ère nouvelle. Sous l’impulsion des papes, un mouvement rénovateur de nature littéraire, artistique et scientifique prit corps. La découverte de l’imprimerie permit d’éditer les œuvres de l’antiquité.Jules II, Giuliano Della Rovere de son vrai nom est né à Abissola en 1443, fut pape de 1503 à 1513. Il restaura la puissance politique des papes en Italie. Léon X, Jean de Médecis, est né à Florence en 1475 et fut pape de 1513 à 1521 ; administrateur des chefs d’œuvre de l’antiquité, il fut le mécène des arts, des lettres et des sciences durant ses huit ans de papauté. C’est l’époque de Machiavel de Bembo, Donadello, Luca Delle Robia, Michel Ange, Léonard de Vinci. Les œuvres artistiques, notamment, ont étéla traduction d’un universalisme marqué de polyvalence et d’une remarquable liberté créatrice annonçant le XVIIIè siècle comme Siècle des Lumières.
Les Lumières ont une double signification. C’est le siècle des nouvelles idées qui vont désormais mener le monde. Elles signifient aussi celui de la concrétisation de ces dernières dans la construction des sociétés humaines en Amérique du Nord et en Europe Occidentale. Leurs réalisations pratiques, politiques, économiques et sociales constituent pour l’humanité, un héritage inestimable. Les Lumières sont ainsi une richesse incommensurable, un héritage sans frontière où tous les peuples dela planète peuvent s’abreuver comme dans une source intarissable pour construire et donner un sens à leur vie. Leurs richesses intellectuelles, institutionnelles et pratiques restent un acquis indéniable pour les peuples du monde entier désireux de construire des nouvelles sociétés et des nouveaux pouvoirs.
Les Lumières s’opposent au XVIIè siècle par l’esprit qu’elles ont généré :l’esprit du siècle. En France, le XVIIè siècle a été dominé par une notion :le devoir. Ce dernier était la conformité aux contraintes, aux jougs, aux servitudes, plus relative à une conception chrétienne et surnaturelle de la condition humaine. Celle-ci était à la base d’un bonheur éternel logé dans un au-delà qui passait avant le bonheur terrestre. L’esprit du siècle- entendu XVIIIè siècle - se fonde sur la raison critique et non la raison disciplinaire du XVIIè siècle. Il bouscule tout préjugé : tout ce qui est contre la nature qui repose selon Rousseau et Diderot, sur le postulat de la bonté naturelle de l’homme. Ainsi, le préjugé religieux catholique qui est au fondement même du pouvoir politique,est contre le bonheur terrestre de l’homme. L’idée d’un bonheur terrestre est par conséquent, une nouveauté apportée par l’esprit du siècle. Ce dernier signifie qu’avant de se traduire dans les faits concrets, la révolution a d’abord été idéelle, c’est-à-dire dans les esprits. Ceci ouvre certainement une fenêtre à la problématique des rapports entrel’idéel et le matériel, chère dans les années quatre-vingt, à l’anthropologue français Maurice Godelier et lui ayant permis de démontrer l’antériorité de la pensée sur la 1 matière. Les Lumières ramènent sur terre, l’homme et ses aspirations les 2 plus élevées.
Mort à l’échafaud avec Robespierre le 27 juillet 1794, Louis-Antoine de Saint-Just qui, comme ses compagnons révolutionnaires de 1789, Babeuf François Noël dit Grachus, condamné à mort le 26 mai 1797, Jacques Roux qui se poignarda quand il apprit qu’il était condamné à mort par le tribunal révolutionnaire, Jean-Paul Marat, etc., finit par une mortviolente en laissant avant d’être guillotiné l’implacable formule selon laquelle l’idée de bonheur est neuve en Europe. C’est dans le même sens que Anacharsis Cloots, de son vrai nom Jean-Baptiste Cloots, baron de Val-de-Grâce, membre influent du club des jacobins, Député à la Convention, avant d’être guillotiné se déclarait citoyen de la terre tout en invitant les armées révolutionnaires à ne point s’arrêter tant qu’il existerait une seule barrière séparant les êtres humains: juste parce qu’il est désormais question non plus d’un bonheur céleste, mais plutôt d’un bonheur terrestre.
1  Lire à propos, M. Godelier :L’idéel et le matériel. Pensée, économies, sociétés, Paris, Fayard, 1984, 349p. 2 Les Lumières constituent une complexité au sens d’Edgar Morin. Cette complexité est perçue pour d’aucuns comme une instrumentalisation, trahison par l’homme contemporain moderne, postmoderne, démocratique, postdémocratique, etc., voire un désarroi. Lire à propos, Max Horkeimer et Theodor Wiesengrund Adorno (eds) :La Dialectique de la raison, Paris, Gallimard, 1983, (1944), 283p. Jean-Claude Guillebeaud : La trahison des Lumières. Enquête sur le désarroi contemporain, Paris, Seuil, 1995, 248p.
8
Grâce à Montesquieu, Locke, Blackstone, l’esprit du siècle, effectivement comme une lumière, se diffusa dans les colonies anglaises d’Amérique. La dynamique des processus sociaux planétaires y atteignit un sommet paroxystique le 04 juillet 1776 à Philadelphie : treize États de l’Amérique du Nord qui étaient des colonies américaines d’Angleterre où des riches propriétaires exploitaient la main-d’œuvre des centaines de 3 milliers de Noirs venus d’Afrique firent une déclaration d’indépendancequi inspira largement la Déclaration des Droitsde l’Homme et du Citoyen qui résulta des travaux des états généraux ayant eu lieu du 05 mai au 14 juillet 1789 à l’Hôtel des Menus Plaisirs à Versailles en France. Avant l’adoption de cette déclaration par les Nationsen 1948, je dois Unies rappeller qu’elle est présente dans les Constitutions françaises de 1793, 4 1795, 1848 et 1946. Le préambule de la déclaration d’indépendance desÉtats-Unis et les révolutionnaires français des Lumières, et avant eux, les populations égyptiennes qui se révoltèrent contrel’occupation des Hyksôs en créant un nouvel empire ayant pour capitale Thèbes (-1552) ont laissé à l’humanité tout entière, des messages de portée universelle dans la quête légitime des peuples à disposer d’eux-mêmes dans leurs idéaux de justice sociale et de liberté. Il se dégage du préambule américain largement influencé par l’esprit des Lumières que les premiers droits inaliénables conférés par le Créateur aux hommes qu’il a créés tous égaux sont:le droit à la vie, le droit à la liberté, le droit au bonheur. Dans le but de s’assurer de la jouissance de tels droits, les hommes se sont donné des gouvernements dont l’autorité n’est légitime que par leur consentement. Un gouvernement quelle que soit sa forme ne doit s’éloigner de ces buts, sinon le peuple a alorsle droitde le changer ou de l’abolir à des fins d’établissement d’un nouveau gouvernement fondé sur les principes et une organisation propres à lui procurer sécurité et bonheur.
3 Sur ce sujet, voir Carl Becker :La déclaration d’indépendance. Contribution à l’histoire des idées politiques, (traduction française : Marie-France Bertrand, Marvin Holdt), Manille, Nouveaux Horizons, 1970, (1922), 281p. Wood Gray and Richard Hofstader (eds) :An outline of American history, The United States Information Service, (non daté), 178p. 4 Pour une critique de la dimension universelle de cette Déclaration, voir François Julien : « Universels, les droits de l’homme ?»,Le Monde Diplomatique, Février, 2008, 32p. pp : 24-25
9
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.