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le Sociographe n°5 : Ne dites pas qu'ils sont emplois-jeunes, on les croit travailleurs sociaux

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Qui se doutait que l’invention des emplois-jeunes par le Gouvernement allait constituer bien autre chose que les TUC (Travaux d’utilité collective) et autres CES (Contrat emploi-solidarité) que nous avions connus et qui sans faire beaucoup de remous s’étaient glissés dans les interstices du secteur public et du secteur associatif pour de petits emplois et de petites ambitions ? En effet, si je ne saurais dire si les retombées nationales en termes de résorption du chômage ont été à la hauteur des espérances ministérielles, ce que les auteurs du présent numéro du Sociographe démontrent c’est que cette initiative qui s’ancrait dans l’analyse d’expérimentations déjà bien pensées (cf. pour Perpignan la communication de J. P. Carrère) a constitué un extraordinaire levier de transformations sociales dans les politiques publiques et associatives, les formations sociales, les cadres d’emplois statutaires ou conventionnels.


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Le sociographe n° 5 Ne dites pas qu’ils sont emplois-jeunes, on les croit travailleurs sociaux… IRTS Languedoc-Roussillon Directeur de publication : Jack Palau Rédacteur en chef : Guy-Noël Pasquet Secrétaire de rédaction : Marc Trigueros Comité de rédaction : Jacqueline Bouvier, Sylvie Canat, Charles Foxonet, Monique Jeannet, Brigitte Vedel Comité de lecture : Mohammed Belhadj, Geneviève Comte, Aline Dautry, Bernard Gourlay, Jean-François Gomez, Josée Grimaldi, Maurice Jeannet, Pierre Lallemand, Yves Leglise, Armelle Mabon, Sophie Mathieu-Cabouat, Vincent Michel, Françoise Vergne Conception graphique : Marc Trigueros IRTS / Le sociographe. 1011, rue du pont de Lavérune. 34070 Montpellier. Tel : 04 67 07 82 73 (02 30) / Fax : 04 67 47 28 46 / E-mail :lesociographe.irts@wanadoo.fr
La numérisation de cet ouvrage a reçu le soutien du CNL
Table des matières
Editorial / Une certaine jeunesse dans l’emploi Jack Palau / Emplois-jeunes, emploi des jeunes Marie-Line Laurent / Emplois-jeunes et fonction publique Eric Molière / Les emplois-jeunes n’existent pas Jean-Paul Carrère / La place des jeunes professionnels dans la politique jeunesse de la ville de Perpignan Guy Suisse / «Nouveaux services, nouveaux emplois» Michèle Amar / Des emplois-jeunes en gérontologie Nadine Alazard / Professionnalisation des emplois-jeunes Marie Perrin-Lacour / Emploi-jeune : une occasion pour réaménager les métiers Sylvie Canat / Le médic-emploi Jacques Fraisse / Former des emplois-jeunes en IRTS ? Marie-France Bainier Vous avez dit «emploi-jeune» ? Peggy Gomez / «On ne nous distingue pas par notre qualification, mais par notre type de contrat» Thierry Pagezy / En chemin Contre pointdans le domaine de la « médiation,Les emplois émergeants à utilité sociale prévention, sécurité du cadre de vie »
Editorial / Une certaine jeunesse dans l’emploi A vec une certaine jeunesse dans l’emploi de rédacteur en chef, me voilà dans la reprise du Sociographe. Et dans la perspective des nouveaux métiers, il est sans doute opportun d’interroger l’emploi de la revue comme outil de médiation dans le champ du travail social. Le présent numéro 5 ouvre des brèches dans des réalités sociales de personnes qui, dans cet état qualifié de «jeunes», se saisissent de dispositifs contractuels d’Etat et du marché de l’emploi, d’une manière toute singulière et souvent inattendue. Sont à jour ici des pratiques inconnues, mal identifiées et qui posent bien des difficultés tant pour les institutions politiques que pour les professionnels qui accompagnent ces «jeunes» ainsi que des jeunes eux-mêmes. «Ne dites pas qu’ils sont emplois-jeunes, on les croit travailleurs sociaux». Certes jeunes, mais avec souvent de fortes empreintes de toutes les contradictions sociales. Jeunes pour qui? On découvre alors que la question de la jeunesse se construit en correspondance avec les acquis, les habitudes, les routines sociales qui sont souvent nommées la «vieillesse». Autrement dit, outre les individus, la question de la jeunesse nous invite à repenser, à penser à nouveau le monde dans lequel nous œuvrons chacun. La jeunesse nous invite à redonner un «coup de jeune» aux politiques, aux partenaires institutionnels, aux institutions de formation et à la jeunesse elle-même. Ceux qui sont garant des institutions se trouvent comme pris en otage par ces jeunes qui semblent ne pas vouloir laisser passer une prise de pouvoir dans l’espace public. Au moment des premiers bilans, le rapport de force se fait plus ouvert et tendu. La place et les compétences sociales font la nique à la profession et ses compétences. Bref! le débat s’anime…, et le Sociographe entend porter ce débat en se faisant le porte-parole d’une recherche d’articulation entre : 1/ Des populations qui élaborent des pratiques sociales non identifiées, qui construisent des réalités qui peuvent apparaître étranges, ailleurs, décalées, inconnues. 2/ Des professionnels qui mettent en place des moyens qui tentent de répondre à ces réalités et qui sont pris entre mise en œuvre de missions de politiques publiques et ouverture d’espace de paroles. 3/ Des politiques qui tentent des interprétations et des adaptations du cadre législatif pour mettre en place des dispositifs qui se révèlent parfois dans leur contrainte autant que dans leur opérationnalité. Le Sociographe veut contribuer à travailler les articulations entre ces réalités sociales, les pratiques professionnelles et les prescriptions politiques. En période de transformations importantes, il semble important de restituer au plus près les témoignages comme ce qui fonde les réalités des individus et peut permettre de mieux adapter les pratiques professionnelles et les volontés politiques. En cela, la revue encore jeune se propose d’être à l’emploi de tous les éléments qui traversent la question sociale, pour contribuer à tracer ce qui pourrait faire objet commun entre recherche de terrain, écrits de formations et collecte de témoignages «socio-graphiques». Certes, foutaise que la sociographie comme branche de la sociologie, mais il nous reste à inventer une socio-graphie comme ce qui pourrait être une «épistémologie du témoignage». Toute réalité sociale et historique ne se dévoile-t-elle pas par le jeu des valeurs accordées ou non à des témoignages? Alors quoi ! Que la jeunesse donne à la plume sa verve. GNP
OUVERTURE
Bébé Cadum, premier emploi-jeune ? Affiche savon Cadum, vers 1950. © Colgate Palmolive
Jack Palau / Emplois-jeunes, emploi des jeunes Qui se doutait que l’invention des emplois-jeunes par le Gouvernement allait constituer bien autre chose que les TUC (Travaux d’utilité collective) et autres CES (Contrat emploi-solidarité) que nous avions connus et qui sans faire beaucoup de remous s’étaient glissés dans les interstices du secteur public et du secteur associatif pour de petits emplois et de petites ambitions? En effet, si je ne saurais dire si les retombées nationales en termes de résorption du chômage ont été à la hauteur des espérances ministérielles, ce que les auteurs du présent numéro du Sociographe démontrent c’est que cette initiative qui s’ancrait dans l’analyse d’expérimentations déjà bien pensées (cf. pour Perpignan la communication de J. P. Carrère) a constitué un extraordinaire levier de transformations sociales dans les politiques publiques et associatives, les formations sociales, les cadres d’emplois statutaires ou conventionnels. Dans le domaine administratif et statutaire, Marie-Line Laurent indique comment les contrats emplois-jeunes constituent le dernier avatar des contrats atypiques dans le cadre habituel et bien connu des fonctions publiques avec ce que cela entraîne comme privatisation des personnels au sein des services publics: les récents mouvements des aides éducateurs de l’Education nationale illustrent parfaitement le malaise de ces nouvelles formes de relations de travail dans l’emploi public. La contribution complémentaire d’Eric Molière permet de prendre le recul nécessaire vis-à-vis du dispositif emploi-jeune dans une configuration à la fois générale et nationale et dans une actualisation à fin 2000 des constatations et des analyses: baisse du chômage des jeunes, domaines d’activités concernés en priorité, place des jeunes en difficultés sociales… Ainsi si la pertinence du dispositif dans son retentissement sur le champ social est démontrée on peut craindre qu’il n’ait laissé sur le bord de la route «les jeunes des quartiers». C’est ce que nous vérifierons sur le terrain des politiques sociales où nous entraînent les articles de J. P. Carrère, G. Suisse et M. Amar. La jeunesse à Perpignan est ainsi devenue l’un des acteurs principaux de la dynamique de la ville et de l’impulsion de projets collectifs: encore a t-il fallu qu’elle soit entendue et associée à l’élaboration de la politique locale avec notamment le recrutement de jeunes animateurs accompagné d’une démarche réussie de professionnalisation. Dans le secteur associatif et dans l’environnement gardois d’un établissement pour personnes adultes handicapées, un accord cadre a permis la création de postes d’emplois-jeunes en établissements: cela a été l’occasion d’une réflexion générale sur la nouveauté des situations, la reconnaissance de l’aspect positif des déséquilibres qui se créent, une interrogation sur le coût et la pérennité d’une innovation sociale. Enfin dans un cadre départemental, celui de l’Hérault, nous verrons comment de la rencontre entre la réflexion de la collectivité territoriale départementale et les travaux de la plate-forme régionale de professionnalisation est née la mise en œuvre d’un processus de qualification d’animateurs accompagnateurs pour personnes âgées. Mais pour que tout ceci soit possible il a fallu que des concertations existent et que des dispositifs d’analyse et de propositions voient le jour. Nous avons choisi pour mettre ces questions en valeur d’avoir recours au niveau des partenariats institutionnels régionaux.
Lieux de concertation entre employeurs et salariés, les OPCA (Organismes paritaires collecteurs agréés) ont compris très vite l’utilité du programme
emploi-jeune pour peser sur le dispositif de formation au sens large. Avec la réflexion de PROMOFAF en Languedoc-Roussillon, c’est l’adaptation des formations existantes qui est évoquée, ainsi que la question de la validation des acquis et la reconnaissance de nouveaux métiers par les CPNE (Commissions paritaires nationales de l’emploi). Avec l’article de M. Perrin-Lacour, nous voyons fonctionner dans le champ social la plate-forme régionale de professionnalisation, ses modes de travail pour aboutir à des propositions nouvelles mais qui tentent de s’inscrire dans les cadres actuels afin de garantir des validations officielles des compétences acquises. [Dans la rubrique «Par ailleurs» nous avons inscrit en contrepoint à cette réflexion qui porte sur les métiers du champ social, les réflexions, analyses et propositions de Mme Michel-Deberghes dans le domaine de la sécurité].
Ceci nous entraîne alors vers les questions de la formation et de la qualification à l’IRTS (Institut régional du travail social) du Languedoc-Roussillon avec Sylvie Canat, chargée de la pré-formation des emplois-jeunes à l’IRTS, qui s’interroge à partir des constats qu’elle peut faire sur la proximité des actions menées par les emplois-jeunes avec celle des professionnels qualifiés, sur l’angoisse des personnes vis-à-vis de leur avenir professionnel et sur la nature du projet de l’Etat qu’elle irait jusqu’à qualifier de «médic emploi». Jacques Fraisse, quant à lui, évoque les contradictions que doivent gérer les centres de formations pour, en liaison avec les DRASS (Directions régionales des affaires sanitaires et sociales), interpréter avec souplesse la réglementation existante, puis bâtir des projets de formations qui permettent une «intégration dynamique» tant aux fonctions professionnelles qu’à l’évolution des métiers du secteur. Cette réflexion ne serait ni pertinente ni complète sans donner la parole à des personnes inscrites dans le dispositif des emplois: ce sont donc M. F. Bainier, P. Gomez et T. Pagezy «qui s’y collent» avec beaucoup de sérieux et de franchise: angoisse et paradoxe du statut mais aussi richesse de l’expérience en cours avec une réflexion qui chemine et concerne tant l’enjeu politique et économique que l’articulation entre la pratique professionnelle qui s’élabore et le temps de la formation garant à terme de l’acquisition de la qualification indispensable.