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Le suicide carcéral

De
192 pages
Les conduites suicidaires en milieu carcéral font l'objet d'une médiatisation croissante. Des questions se posent avec force et ont motivé nombre d'écrits s'attachant principalement aux causes des suicides. Une lecture essentiellement causale de telles conduites semble réductrice, c'est ainsi que l'on peut s'interroger sur l'existence et l'impact de représentations individuelles et collectives particulièrement attachées au suicide en prison. La mise au jour de ces représentations pourrait permettre la mise en place d'actions de prévention plus efficientes.
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Le suicide carcéral: Des représentations à l'énigme du sens

Psycho - logiques Collection dirigée par Alain Brun et Philippe Brenot
Sans exclusives ni frontières, les logiques président au fonctionnement psychique comme à la vie relationnelle. Toutes les pratiques, toutes les écoles ont leur place dans Psycho - logiques.

Josette MARQUER, Lois générales et variabilité des mesures en psychologie cognitive, 2005. Pierre MARQUER, L'organisation du lexique mental, 2005. Marcel FRYDMAN, Violence, indifférence ou altruisme?; 2005. Serge RAYMOND, Pathobiographies judiciaires. Journal clinique de Ville-Evrard, 2005. Jacques HUREIKI, Ethnopsychiatrie compréhensive, 2005. Jean HUCHON, L'être logique. Le principe d'anthropie, 2005. Paul CASTELLA, La différence en plus, 2005. Marie-Pierre OLLIVIER, La violence des croyances. Point de vue d'une psychologue clinicienne, 2004. P.-A. RAOULT, De la disparition des psychologues cliniciens. Luttes et conflits entre cliniciens et cognitivistes, entre universitaires et praticiens, entre médecins et psychologues, 2004. Jacques WITIWER, Mots croisés et psychologie du langage, 2004. Bernard MAROY, La dépression et son traitement. Aspects méconnus,2004. Guy Amédé KARL, La passion du vide, 2004. Régis VIGUIER, Le paradoxe humain, 2004. Sarah EBOA-LE CHANONY, La psychologie de l'Individuation. L'Individu, la Personne et la Crise des 28 Ans, 2004.

Monique ESSER (dir.), La programmation neuro-linguistique
en débat, 2004. Georges KLEFTARAS, La dépression: approche cognitive et comportementale, 2004. De CHAUVELIN Christine, Devenir des processus pubertaires, 2004. BALKEN Joséphine, Mécanismes de l'hypnose clinique, 2004. BALKEN Joséphine, Hypnose et psychothérapie, 2003. MALA WIE Christian, La carte postale, une oeuvre. Ethnographie d'une collection, 2003.

Nathalie PAPET-Sylvie

LEPINÇON

Le suicide carcéral: Des représentations à l'énigme

du sens

L'Harmattan
5-7, rue de l'École-Polytechnique; 75005 Paris FRANCE
L'Hannattan Hongrie

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Kinshasa

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Fac. .des Sc. Sociales, Pol. et Adm. ; BP243, KIN XI
Université de Kinshasa - ROC

Via Oegli Artisti, 15 10124 Torino ITALlE

1200 logements villa 96 12B2260
Ouagadougou 12

1053 Budapest

Nous remercions

sincèrement

Le Professeur]ean-Louis Senon pour son soutien à notre recherche, Philippe Texier pour son aimable relecture,

Marie-Alexandra Pere-I<asolter pour son aide amicale, Jean-Luc, Jean-Marc, Prédérique et Charlotte.

www.Iibrairieharrnattan.com Harmattanl @wanadoo.fr (Ç)L'Harmattan, 2005

ISBN: 2-7475-9284-7 EAN : 9782747592840

PRÉAMBULE
Depuis quelques années déjà, le suicide et les conduites suicidaires sont une préoccupation sociale majeure. De nombreuses études épidémiologiques sont menées afm de pouvoir mieux circonscrire leur ampleur et mettre en place des actions de sensibilisation et de prévention. Cet intérêt particulier semble en partie lié à l'augmentation importante du taux des suicides unanimement constatée. Nos parcours professionnels respectifs ont provoqué notre rencontre, l'une psychiatre, l'autre psychologue. Cette rencontre improbable, de la carpe et du lapin diront certains, témoigne qu'aucune alliance n'est impossible lorsque le même et profond intérêt pour l'autre la scelle. Elle origine des regards croisés différents mais complémentaires. L'arrivée en milieu carcéral de l'une fut marquée par la demande de l'équipe soignante ; il fallait voir Monsieur D. qui, à l'aide de trombones, s'était cousu les paupières. Ce geste s'inscrivait dans une suite d'innombrables passages à l'acte suicidaires. Passé le moment de surprise, la rencontre clinique avec ce patient fut déterminante. La seconde avait rencontré des patients détenus suicidaires dont certains étaient passés à l'acte. De plus, un sujet s'était, récemment, immolé par le feu dans un centre de détention de la région, bouleversant les équipes soignantes et resituant la problématique suicidaire au cœur de leurs préoccupations. L'inquiétude provoquée par ces actes, l'intérêt pour les sujets concernés, les questions cliniques soulevées et l'inadaptation relative des dispositifs de prévention nous amena à nous interroger plus avant. Qu'en était-il de ces actes suicidaires et de leurs expressions en milieu carcéral? Qu'en était-il de ces sujets incarcérés? Nous avions donc établi un projet avec pour objectif de réaliser un travail de recherche-action sur ce thème, en collaboration avec les équipes soignantes travaillant en milieu carcéral. Nous avions décidé de prendre en compte l'ensemble des comportements suicidaires des sujets détenus. Cet abord était fondé principalement

sur le fait que l'Administration Pénitentiaire retrouvait dans les antécédents des suicidés vingt-quatre fois plus de tentatives de suicide, quatorze fois plus de fugues, treize fois plus d'évasions, cinq fois plus de tentatives d'évasion, six fois plus d'automutilations et trois fois plus de grèves de la faim. Cette recherche-action devait permettre d'effectuer un recensement épidémiologique des conduites suicidaires mais aussi de mettre en commun et en relation les expériences vécues par les équipes concernées et leurs savoirs. Ceci fut fait avec la foi du charbonnier, persuadées que nous étions, de recueillir sans difficulté de nombreuses données. Nous avons alors eu la surprise de constater qu'il n'existait pas de terminologie commune aux différentes équipes et qu'aucun recueil systématique de données sur ce thème n'était effectué. En revanche, nous avons trouvé autre chose que ce que nous cherchions. Lors de nos rencontres avec les équipes soignantes, nous étions interloquées par leurs capacités de remémoration. Ainsi, ces équipes se souvenaient avec clarté des patients, de leurs histoires particulières et de la période des passages à l'acte suicidaires. La recherche sur les différents supports d'inscription vérifiait souvent l'effectivité de leur remémoration. Nous fûmes aussi étonnées de constater que des représentations étaient attachées à ces passages à l'acte, indépendamment même des auteurs et qu'elles semblaient agissantes. Il nous fut ainsi rappelé que les détenus appartiennent à cette classe d'individus ayant de bonnes raisons de vouloir mourir, que« le chantage n'est pas suicide », qu'il s'agit pour les soignants d'être fermes et solides «au-delà de toute sensiblerie ». Cette dernière position était notamment référée à la dangerosité de certains de ces sujets et à «leur organisation psychopathique » Ce discours, empreint de représentations, marquait pour nous le début de nouvelles interrogations, tant la nécessité de tenter de les mettre à jour s'imposait. C'est ici que nous avons débuté notre réflexion.

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INTRODUCTION

De longue date, le suicide et les conduites suicidaires en milieu carcéral sont une préoccupation majeure de l'Administration Pénitentiaire et des personnels soignants travaillant dans ce milieu. Bien que la prison soit un des lieux où il semble possible de repérer plus facilement qu'en milieu libre de telles conduites, il n'existe en France que peu d'études détaillées sur le sujet. La plupart d'entre elles sont établies sur la base des données fournies par l'Administration Pénitentiaire. Il s'agit, par ailleurs, de données essentiellement statistiques. Le décompte des «incidents et des accidents» en détention, tels que les nomme l'Administration Pénitentiaire, apparaît pourtant comme un véritable journal institutionnel. Outre cette dimension, ces conduites s'inscrivent en parallèle, bien entendu, dans la trajectoire particulière de chaque sujet détenu. On peut ainsi s'étonner que de telles données, notamment épidémiologiques, ne soient pas ou peu retrouvées dans la littérature du côté de l'institution soignante bien que celle-ci soit directement impliquée dans la prise en charge de ces sujets. Les réflexions sont cependant nombreuses autour notamment du caractère suicidogène du milieu carcéral et de la psychopathologie des sujets concernés. Il s'agit de s'interroger à travers un ensemble de questions telles que: la prison favorise-t-elle les actes suicidaires et le suicide? Pourquoi se tue-t-on en prison? Peut-on dresser un profll des auteurs de ces passages à l'acte? etc. Dès que ces questions sont abordées, le constat est rapidement celui de la complexité, d'une intrication de nombreux facteurs associant l'individuel et le collectif. Si l'aspect statistique est important et permet, notamment, un repérage nécessaire de ces conduites, il ne nous paraît pouvoir être énoncé sans préalables historiques l'éclairant différemment. En effet, les statistiques ne sont pas indépendantes du contexte social, des connaissances d'une époque, du regard porté sur un phénomène donné etc. Ainsi, au-delà, nous pensons que ces conduites sont aussi soumises à des représentations individuelles et collectives partagées dans et hors la prison. Ces représentations relèvent des conditions de

l'instauration du soin en prison, de la pénologie y compris celle relative au suicide, de la place qu'a pris le corps au sein du dispositif carcéral, de l'histoire de la criminologie. Elles sont, de plus, intimement liées au contexte particulier de la prison, à son organisation et ses missions, aux discours et aux idéologies prééminentes à une époque donnée, aux différents mouvements sociaux. Bien entendu, cela génère chez les uns et les autres des attentes de tous ordres, sécuritaire, humaniste, légaliste etc. Tenter de réfléchir aux actes suicidaires en milieu carcéral, c' est être confronté à l'idée même de la réparation et donc à la peine et au sens qui lui est donné de façon collective et individuelle, tant par les auteurs de ces passages à l'acte que par nous-mêmes. Or, il n'y a pas obligatoirement permanence des valeurs associées à ces notions de réparation et de sens, tout en même temps qu'il y a aussi parfois permanence. De ce fait, nous soutenons que ces représentations ont une incidence tant du coté des auteurs des passages à l'acte suicidaires que des acteurs de la prévention et des soins. Il s'agit, dès lors, de tenter de les identifier dans la mesure où, concomitamment, elles peuvent influer sur la lecture à posteriori de tels actes. En effet, c'est aussi à l'énigme singulière du sens des passages à l'acte suicidaires oblitérée parfois par de telles représentations que nous sommes confrontés. La nécessité de la constitution d'une réflexion théorique spécifique s'impose à l'heure où il est essentiel de pouvoir penser et mettre en place une prévention adaptée. Des processus historiques complexes ont jusqu'alors conduit à la mise en place de dispositifs de prévention qui, du fait même de la spécificité de l'organisation juridique et pénale de chaque état, ont leurs particularités mais aussi leurs invariants, permettant donc d'envisager des transferts de connaissances d'un pays à l'autre.

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Les mesures de prévention d'ordre général sont indispensables mais insuffisantes. En effet, s'intéresser à un être humain incarcéré car auteur ou présumé auteur d'actes délictuels, et, qui plus est, tente de se tuer ou le fait, c'est relever une gageure à hauteur de l'intérêt suscité. Si la détermination de «proflls-cibles » des détenus à risque est essentielle, elle ne doit pas occulter la permanence d'une articulation du singulier et du collectif. Ne pas prendre en compte ces deux aspects ne peut que réduire à l'impuissance, et donc, d'autres l'ont dit avant nous, à la recherche de la faute et du fautif lorsque les mesures préventives échouent. La clinique nous a surtout appris à ne pas reculer devant la complexité. Bien sûr, cette position ne conduit pas à la proposition «d'algorithmes préventifs» mais elle ne condamne pas non plus à l'impuissance bien au contraire; c'est en tout cas ce que nous affirmons.

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LA SANTÉ, UN DROIT EXEMPT DE NEUTRALITÉ
Place, enjeux, effets de la pratique aux soins en prison et de l'accès

Nous n'avons pas pour ambition de retracer dans le détail l'instauration du soin en prison. Cependant, il nous semble essentiel d'énoncer quelques jalons significatifs. Nous ne saurions, en effet, nous intéresser aux passages à l'acte suicidaires en milieu carcéral sans prendre en compte cette dimension. Soigner n'est jamais allé de soi, soigner en prison d'autant plus. Si aujourd'hui le droit à la santé est affirmé pour tous, y compris pour les personnes détenues, cela n'a pas toujours été le cas. Les modifications du regard porté sur la prison, les différents choix politiques ont eu des incidences non seulement sur la façon dont ces soins ont été et sont effectués mais aussi perçus.
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soins

Ainsi, c'est seulement au XVllème siècle, à partir de l'article premier du titre XIII de l'ordonnance de 1670 qu'il est notifié: « Voulons que les prisons soient saines et disposées en sorte que la santé des prisonniers n'en puisse être incommodée ». De plus, l'article premier du titre V de cette même ordonnance permet aux blessés « de se faire visiter par des médecins ou des chirurgiens qui affirment leur rapport véritable ». L'ordonnance de 1670 constitua donc un pas important dans les soins prodigués aux prisonniers. Le régime des prisons reposait antérieurement sur le principe que la justice ne devait aux détenus que ce qui leur était absolument nécessaire pour ne pas mourir. Cette ordonnance instaurant le souci du soin au plan légal légitima en droit un regard plus humaniste porté sur le prisonnier. Cependant, cette instauration du devoir de soin au plan légal n'entraîna pas de réelle amélioration de l'état sanitaire des prisons. Il fallut plusieurs décennies avant que le modèle anglais, promu par Bentham en 1791, soit repris en France. Ce modèle modifia durablement le regard porté sur le prisonnier par la prise en considération de son individualité. Cette individualisation provoqua

non seulement des changements dans la conception architecturale des prisons, leur organisation, leur gestion etc., mais marqua aussi un effet d'individuation des détenus aboutissant à des processus de différenciation. A ce titre, on voit apparaître, dans un mouvement d'influence réciproque, la création d'asiles séparant les aliénés des criminels tandis que l'hôpital général fait alors toujours cohabiter mendiants, malades mentaux et délinquants marginalisés. Ce processus se marque en 1810 de la promulgation conjointe de l'Article 64 de l'ancien Code Pénal et de la création de commissions de surveillance ouvrant la voie à plusieurs réformes. Il s'agit alors, d'une part, de signifier qu'il n'existe ni crime ni délit quand le sujet est en état de démence au moment des faits, d'autre part, d'évaluer et de surveiller l'état sanitaire des détenus. Cependant, c'est seulement en 1819 que les premiers textes sur la nomination des médecins et la réglementation sanitaire furent promulgués. Il y était recommandé, entre autres, que l'on tint «un registre destiné à recevoir l'histoire des maladies survenues aux prisonniers et dont un extrait serait envoyé chaque année au conseil général des prisons ». Apparaissent ainsi des écrits témoignant de cette préoccupation et constituant une mémoire de l'état de santé de chacun donnant aussi à lire l'état général de la population carcérale. Se constituent dès lors les prémices du premier fond épidémiologique en terme de santé carcérale. Une des utilisations de ce fond aboutira à la constitution d'un savoir non seulement sur l'identité de chaque détenu mais aussi à la création d'une identité collective de la population carcérale. On tente désormais d'identifier des particularismes liés autant au détenu lui-même qu'à la carcéralité. Une des conséquences les plus directes et visibles fut la publication des premiers chiffres de la mortalité en milieu carcéral et de l'analyse des causes. Ainsi, en 1829, Villermé indiquait que dans ces établissements, la mortalité moyenne s'élevait à 1 sur 12 détenus ce qui signifie que plus de 8% des détenus mourraient en prison. L'analyse relevait que cette mortalité était liée en grande partie au régime alimentaire des détenus qui se résumait au début du XIXème siècle à du pain et de l'eau. De ce fait, la viande apparut en prison en 1829. Cependant, le rationnement alimentaire subsista parmi les punitions les plus fréquentes. La préoccupation des effets de 18

l'alimentation sur la santé resta cependant secondaire à l'organisation de la gestion carcérale. Mais encore, elle demeura un des éléments du système punitif prépondérant à l'époque. On peut se demander si ce constat n'est pas encore d'actualité. Dans la même logique, de nombreux médecins aliénistes s'intéressèrent aux sujets atteints de maladies mentales pendant leur détention. En 1840, fut publiée l'étude de Baillarger sur la folie pénitentiaire. Ces écrits furent à l'origine de la création de quartiers de condamnés aliénés puis d'annexes psychiatriques. De plus, le processus d'individuation s'amplifiant, la Loi du 5 juillet 1875 précisait que, lorsque le détenu tombait malade, il ne pouvait être soigné avec les autres sujets dans une infirmerie mais dans des cellules de malades. L'architecture de la prison même s'en trouva modifiée; c'est la construction des quartiers. Ce processus et les rapports établis de ce fait, soutiennent le régime d'emprisonnement cellulaire. Les arguments apportés à ce type d'encellulement touchent surtout à l'hygiène, la santé, la mortalité, mais aussi à la folie et au suicide. Les plus ardents défenseurs du régime cellulaire, dont Beauvais, médecin de la prison de Mazas, prison modèle de la détention cellulaire, furent néanmoins amenés à pondérer ces arguments. Celui-ci s'intéressant à l'effet de ce régime souligne:« il affaiblit et pervertit l'état moral; il déprime l'énergie des fonctions intellectuelles, amène la misanthropie et l'hypochondrie. [...] La cellule est un sujet de terreur et souvent un danger pour le détenu timoré, impressionnable que bouleversent l'idée de sa première faute et de ses conséquences déshonorantes, qu'il exagère. Il faut surveiller ce malheureux, le mettre au besoin dans une cellule double avec un autre détenu choisi à cet effet». On peut d'ailleurs noter que ces arguments sont encore avancés actuellement. Beauvais insiste toutefois sur le fait que le régime cellulaire ne détermine presque toujours que des accidents passagers, des délires momentanés chez les individus dont la santé avant l'incarcération était indemne de folie. S'il reconnaît que l'emprisonnement cellulaire peut occasionnellement entraîner la folie, il en dénie son rôle générateur et dit ne pas avoir rencontré de cas de folie pénitentiaire, jugée «tout à fait 19