Le système de santé en France

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Les Français apprécient autant leurs professionnels de santé que leur «Sécu» qui assure la prise en charge de l'ensemble de leurs dépenses dans le cadre d'une assurance maladie obligatoire et publique. Les premiers comme les seconds mesurent cependant mieux le prix de la santé que son coût. La montée des déficits publics est pourtant si prégnante qu'elle n'autorise plus de simples ajustements séquentiels en forme de «plans de redressement des comptes». Cet ouvrage démontre qu'il est encore possible de concilier progrès médical et social à condition qu'une profonde volonté réformatrice anime tous les acteurs afin de faire émerger progressivement un nouveau système de santé. Cette émergence suppose avant tout un véritable pilotage, exercé par un Etat stratège et courageux, s'appuyant sur une gouvernance déconcentrée régionalement. Grâce à un panier de biens et de services définissant les périmètres et les modalités de prise en charge, à l'intérieur des centres de décision tantôt régaliens tantôt contractuels, mais comprenant à la fois des leviers et des sanctions, les opérateurs publics et privés pourront alors agir dans le cadre d'une assurance santé cohérente. Les auteurs, un médecin et un responsable administratif, souhaitent au travers de cet ouvrage contribuer à titre personnel à cette démarche : d'où un diagnostic sans complaisance mais aussi de nombreuses propositions fondées sur des expériences professionnelles complémentaires.

Publié le : mercredi 6 février 2008
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782100537426
Nombre de pages : 368
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Avant-propos
E SYSTÈME DE SANTÉ FRANÇAIS, classé le meilleur du monde par l’OMS en 2000, contient en lui-même un véritable paradoxe. Il se situe en effet dans les premiers rangs pour son espérance de vie à la naissance mais aussi pour sa surmortalité prématurée, indigne sqouintLycosonfnrtonctoénsslaecsFersa,eauiséngearcdesnsoetnatmdemesentdiavuexrsfiifinearn,cqeum’ilesnstsoiepnutblsioccsi.auLxe,sprrisoqfeusessioanunxeqlsueolus d’un pays riche. Et les performances du système, bien qu’honorables, risquent de se dégrader encore, les résultats observés ne paraissant pas à la hauteur des ressources sanitaires, et ce en dépit d’une politique de prévention émergente. L’offre des soins de ville est en constante recherche d’optimisation, tandis que le système hospitalier amorce une mutation tant attendue. Quant aux inégalités sociales de santé, elles soulignent que la société française doit au plus vite adapter son système de santé afin de répondre aux nombreux défis qui l’attendent. Cette adaptation passe à la fois par la refonte des paysages hospitaliers et de médecine de ville, par la détermination de nouvelles valeurs communes à tous les acteurs du système, par une réflexion sur les nouvelles gouvernances à élaborer, sur les voies de réformes à entreprendre. En effet, si bon nombre de textes législatifs ou réglementaires ont été à l’origine de réformes profondes depuis trois ans dans les domaines de la santé et de la Sécurité sociale, il n’en reste pas moins que notre système de santé semble de plus en plus remis en cause dans ses fondements. Le système français doit se tourner vers l’amélioration continue des pratiques professionnelles à travers notamment la promotion de la santé et la qualité des soins. L’hôpital français constitue encore une référence technique sans apparaître comme un modèle d’efficience organisationnelle. Le développement des alternatives à l’hospitalisation, marquant la fin des cloisonnements entre la médecine de ville et la médecine hospitalière, reste insuffisant. Le bon usage du progrès médical s’impose tant auprès des industries initiatrices qu’à travers sa diffusion pertinente dans les pratiques professionnelles et son accessibilité au plus grand nombre. t La politique du médicament qui tente de concilier des intérêts économiques et sociauxa priori éli divergents doit s’inscrire dans cette logique de bon usage du progrès médical. Le médicament n d t u n’est en effet pas une marchandise comme les autres : il relève d’une industrie concurrentielle qui doit le rester tout en réussissant sa contractualisation avec les pouvoirs publics. Quant au isée es médecin, premier utilisateur du progrès médical, il doit en faire bénéficier tous ses patients avec or ut discernement, tant en ce qui concerne ses prescriptions que ses tarifs qui garantissent l’accès non a aux soins de tous.Àcetitre, la médecine générale ne doitplus être considérée commeune ie sous-médecine mais commeune spécialité à partentière, ses principes énoncés dans la charte de ocop t 1927 constituant toujoursune référence, si ce n’estjuridique, dumoins culturelle pour l’ensemble ho a p ducorps médical. C’estautour de ces principes que les affrontements les plus âpres onteulieu – L entre partenaires sociauxetmédicaux: aujourd’hui, le climatestplus apaisé etces principes nod uontété largementamendés aufil duveloppementde l’Assurance maladie, pour aboutir àun D compromis socio-libéral. Toutefois, l’évolution de la relation médecin patientdans le cadre d’un
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AVANT-PROPOS
« colloque » devenupluriel implique d’allervers d’autres référents culturels pour concilier progrès médical etprogrès social. Ce dernier reste quantà luivulnérable, non seulementauregard des problèmes récurrents de financement, mais aussi auregard d’uneutilisation des ressourcestrop consumériste fragilisant toutautantl’émergence de la démocratie sanitaire, le contratsociétal des médecins libérauxet parvoie de conséquence le caractère solidaire de notre système de santé. Attention donc aux coûts de santé non maîtrisés, auxcoûts évitables liés à la conjoncture ouàune organisation des soins non optimisée. L’originalité de l’Assurance maladie française estqu’elle repose sur la coexistence d’une prise en charge socialisée des dépenses avecune offre libérale de soins, d’où une gouvernance dusystème partagée avec l’État. Si la réforme de2004 a confirmé son caractère obligatoire etsolidaire, cinq ans après l’instauration de la Couverture maladieuniverselle, des difficultés se fontjour, rappelantque l’égalité d’accès auxsoins n’estjamais acquise. Ces constats ne doiventpas freinertoute démarche de réforme dusystème de santé, même s’il convientde s’interroger aupréalable sur la finalité etla méthode. Ce qui importe avant tout estd’en bienuser. Il nous fautdonc interroger la stratégie, les enjeuxetles mythes pour mieux dépasser des clichés de plus en plus éculés :unÉtatet une Assurance maladie qui s’affrontent sur la gouvernance,un patientqui s’émancipe etconteste le pouvoir médical, des Français qui veulentles meilleurs soins sans cotiser davantage, des médecins quiveulentcontinuer de gagner plustoutentravaillantmoins,toutce petitmonde restantpar ailleursviscéralementattaché à la sacro-sainte Sécu... Le conceptde « panier de biens etservices de santé », s’il a faitl’objetd’un rapide consensus, faitégalementdébat,tandis quune articulation des prises en charge entre les régimes de base et complémentaires estrendue nécessaire,tantpar l’absence d’harmonisation que par les perspectives de désengagementdes régimes obligatoires. Si le mur qui séparaitle préventif ducuratif est enfintombé etavec lui le quasi-monopole de l’Étatdans la gestion de la prévention, pour autant l’intégration de la prévention auxsoins a besoin d’être outillée etprofessionnalisée. Une politique de santé se situe aujourd’hui à la confluence de choixenvironnementaux, sociaux, économiques, sanitaires etbudgétaires : placer le curseur aubon endroitde ce champ multidimensionnel s’avère essentiel quand bien même l’exercice estdifficile,tantles intérêts paraissentparfois divergents. C’estsur cette difficulté majeure que le lecteurtrouvera ici les éléments susceptibles de mieuxéclairer les choixetles décisions auxquels les politiques doivent aujourd’hui faire face, avec lucidité ettermination, pour le plus grand intérêtdes citoyens et desusagers dusystème de santé.
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