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Le temps des maraîchers franciliens

De
397 pages
Cet ouvrage relate une activité économique, le maraîchage, en suivant quatre familles de l'est de Paris. Généalogie et histoire économique se mêlent, dans les quartiers du vieux Paris. Ces écrits, basés sur des recherches d'archives ou des récits de professionnels, rendent hommage à ces hommes et à ces femmes qui ont cultivé leurs terres et donné leurs lettres de noblesse au jardinage et à l'horticulture.
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Le laboureur et ses enfants Travaillez, prenez de la peine, C’est le fonds qui manque le moins. Un riche laboureur, sentant sa mort prochaine, Fit venir ses enfants, leur parla sans témoins. « Gardez-vous, leur dit-il, de vendre l’héritage Que nous ont laissé nos parents. Un trésor est caché dedans. Je ne sais pas l’endroit ; mais un peu de courage Vous le fera trouver, vous en viendrez à bout. Remuez votre champ, dès qu’on aura fait l’août. Creusez, fouillez, bêchez, ne laissez nulle place Où la main ne passe et repasse. » Le père mort, les fils vous retournent le champ, Deçà, delà, partout ; si bien qu’au bout de l’an Il en rapporta davantage. D’argent point de caché. Mais le père fut sage De leur montrer, avant sa mort, Que le travail est un trésor. Jean de La Fontaine (1621-1695)

AVANT-PROPOS
C'est l'histoire d'un des derniers couples de maraîchers de la région parisienne. Maurice et Émilienne Chaudron se sont connus lors du banquet annuel des maraîchers, suivi d'un bal. Ce n’était pas le 30 août à la Saint-Fiacre, patron des jardiniers et des maraîchers, mais en hiver ! Ils dansèrent, ils se plurent et se marièrent à Châtillon comme en fait foi leur acte de mariage daté du 2 février 1952 : « À 11 h ont comparu publiquement en la maison commune, Maurice Louis Chaudron, maraîcher, né à Champigny-sur-Marne arr. de Sceaux (Seine) le 19 décembre 1925, âgé de 26 ans, domicilié à Neuilly-sur-Marne (Seine-&-Oise), 80 rue Paul Thonoux, fils de Léon Louis Chaudron et de Berthe Maria Deudon, son épouse, maraîchers, domiciliés à Neuilly-sur-Marne, 60 rue Paul Thonoux, d’une part Et Émilienne Madeleine Cambuzat, maraîchère, née à Paris 6e arr. le 15 mai 1930, âgée de 21 ans, domiciliée à Châtillon (Seine), 100 bd de Vanves, fille de Victor Joseph Cambuzat et de Marie Louise Bernier, son ép., maraîchers, domiciliés à Châtillon, 100 bd de Vanves […] En présence de : - Amédée Hérouart, maraîcher, 28 rue des Blains à Bagneux - et d’Émile Cambuzat, maraîcher, croix de guerre, 23 bis rue d’Enfer à St-Michel-sur-Orge (Seine-&-0ise) ». Ils s'installent en 1953 à Châtillon dans les Hauts-de-Seine, puis en 1969, à Massy dans l'Essonne (Fig. 1, 2). Comme toutes les maraîchères, Émilienne vend leur production de primeurs. Ils ont élevé leurs enfants qui ne continuent plus de nos jours à approvisionner en légumes l'agglomération parisienne. Nos Chaudron ont 7 petits-enfants, qui hélas, ne reprennent pas non plus le flambeau du maraîchage. Ainsi l'histoire de ces maraîchers s'arrêtet-elle en 1990, date à laquelle ils prennent leur retraite. Dès qu’il a été retraité, Maurice Chaudron s’est passionné pour une généalogie ascendante car, dit-il : « Oublier ses ancêtres, « C'est être un ruisseau sans source, « Un arbre sans racines. » En région parisienne, il s'est livré à un travail de bénédictin tant auprès des mairies, des églises, des cimetières que des Archives de Paris et des Archives nationales. Il a fréquenté la bibliothèque historique de la ville de Paris, la bibliothèque administrative de l'Hôtel de Ville, la Bibliothèque nationale de France… Bien que les prêtres aient enregistré, depuis 1539, suite à l’édit de Villers-Cotterêts, les baptêmes, puis en 1579, suite à l’ordonnance de Blois, les mariages, publications des bans, fiançailles, requêtes pour les dispenses de consanguinité, actes d’inhumation, aucun de ces actes ne fut retrouvé. En revanche concernant des titres de propriété, des transactions (contrats de vente, de location, rentes), des contrats de mariage, des testaments et des inventaires après décès, ces actes ont été exploités. Lorsque des actes ont été retrouvés, leurs références provenant des Archives sont répertoriées. Trois actes nous informent sur la situation d’un individu à son décès. Ils sont dits : de succession, d’inventaire et de partage. Parfois ils ne se déroulent pas dans la précipitation ! Le délai varie considérablement d’un cas à l’autre, ce qui ne permet pas toujours de connaître la date du décès, si elle n’est pas mentionnée. Dans ces actes, seuls les enfants vivants sont mentionnés, ce qui est un inconvénient majeur pour répertorier la descendance d’un couple.

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Pour les hommes, l’absence de noms d’épouses ne signifie nullement qu’ils ne sont pas mariés. Pour les femmes, en revanche, les conjoints, seuls, sont présents. À la fin de ces actes, les participants sont aussi les signataires, s’ils savent écrire. Ces signatures facilitent souvent la lecture des noms écrits dans ces actes et permettent aussi de distinguer les individus qui n’ont qu’un seul et même prénom. Les participants ne savaient parfois ni écrire, ni signer, mais ils savaient compter ! Quant à la lecture des documents très anciens, elle a été rendue possible grâce à des transcriptions du vieux français par des connaissances de Maurice Chaudron. Plus tard, la lecture est devenue plus aisée, sauf que certaines écritures, cursives ou parfois fantaisistes, sont difficilement lisibles. De plus des accents manquent, la ponctuation est très réduite, des majuscules sont mises un peu n’importe où, des différences orthographiques et des fautes sont évidentes, des ratures et des abréviations s’y ajoutent. Lorsque la lecture est impossible, des points de suspension ont donc été mis ; de même dans certaines transcriptions, ils ont été mis en lieu et place de parties non essentielles pour la généalogie, en espérant que cela n’a pas modifié l’histoire ! Pour plus de clarté, j’ai jugé utile de mettre en italique et entre guillements ce qui provenait des documents. Le but étant de remonter dans l’ascendance et de vérifier les renseignements, en général seul le début des actes est important : il permet de connaître les membres de la famille, d’y associer les amis proches qui sont les témoins, d’y trouver leur profession et de connaître leur lieu de résidence. Les parties essentielles pour établir le statut social des ancêtres et leur mobilité géographique ont donc été retranscrites. La partie relative aux sommes d’argent en cause ou à des rentes ne l’a pas été systématiquement, du fait aussi des changements de la monnaie et de sa dévalorisation. De très nombreuses rentes ont été retrouvées pour chacun des Chaudron ou des membres des familles d’alliance, mais comme ces actes ne donnent pas d’indications sur le cadre de vie, elles n’ont pas été rapportées. Elles représentent à elles seules environ 1 000 fois plus de documents que ceux qui ont été transcrits pour établir les généalogies. À partir du siècle dernier, les documents retrouvés ne sont plus de même nature. Ils ne sont plus notariés ni obtenus dans les bibliothèques. Désormais, ce sont des actes d’état civil ou religieux (baptême, mariage, décès) qui ont été retrouvés, ce qui facilite le travail du généalogiste pour connaître dates et filiations ; les dates sont aussi soulignées. Ces actes concernant uniquement un individu ou un couple permettent d’avoir plus d’information sur des moments précis, mais en donnent plus sur la composition des familles. Quelques-uns mentionnent des événements ou des activités collectifs car des ancêtres ou des proches sont cités ; ils se rattachent donc à l’histoire des familles. Comme les actes retrouvés des branches collatérales sont porteurs de renseignements supplémentaires sur la vie des aïeux en ligne directe, ils ont été transcrits. Peu de généalogistes ont eu la chance de Maurice Chaudron qui a rassemblé de nombreux documents concernant les familles de ses 2 parents, Chaudron pour son père (Tableau 1) et Dulac pour sa mère (Tableau 2). Il a aussi retrouvé les ancêtres de son épouse, née Cambuzat, (Tableau 3) descendante par sa mère des Chandon (Tableau 4). Les patronymes Dulac, Cambuzat et Chandon étant originaires respectivement de la Creuse, de l’Yonne et de l’Orne, la recherche généalogique a été plus difficile pour Maurice qui habite dans la région parisienne, si bien qu’il y a un ou plusieurs siècles de différence entre leurs premiers ancêtres respectifs retrouvés. Les arbres généalogiques retrouvés n’ont pas consisté qu’à aligner des lieux de la région parisienne, des dates, des noms du monde des morts et des vivants, tous impliqués dans le travail de la terre. L’arbre n’est pas mort, il porte des feuilles, des fleurs et des fruits car il a permis de mieux appréhender leurs vies et les coutumes de l’époque, de connaître leurs biens

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mobiliers et leurs propriétés foncières. Ces documents ont permis de conforter de nombreux renseignements sur l’histoire économique de Paris et ses ressources aquatiques. L’herbe était déjà verte, mais l’immobilier était déjà actif ! Pour les besoins de leur vie quotidienne, ils ont dû affronter la mobilité géographique car leurs lieux de vie n’ont pas été préservés, mais ravagés par une urbanisation perpétuelle de la région parisienne. L’histoire de Paris et de ses quartiers a été aussi étendue à la région francilienne. Plus de 580 patronymes sont cités dont un ou plusieurs membres sont mentionnés dans cet ouvrage. Avec leurs ancêtres qui font partie d'un grand groupe « Chaudron, Dulac, Cambuzat & Chandon », on remonte le temps jusqu’au XVIe siècle. Cauchois, Chandon, Chaudron, Dagorno, Debille, Delépine, Driancourt, Duchefdelaville, Dulac, Hébrard, Marcès, Pivert… autant de noms de familles de jardiniers maraîchers parisiens que nous pouvons encore lire sur les plaques de rues, d’impasses ou de passages des arrondissements de l’est de Paris. On assiste à travers leur histoire à l’évolution du maraîchage et au changement de la physionomie de la région parisienne. C’est, d’autre part, une histoire en relation avec des sociétés telles que la Société nationale d’horticulture de France et la Société des jardiniers-horticulteurs du département de la Seine, puisque des aïeux des familles en étaient adhérents. Le 14 mars 2002 au siège de la Société nationale d’horticulture de France, j’ai prononcé sur le thème suivant : « La dynastie des Chaudron, maraîchers depuis le XVIe siècle et leurs cousins Rignault ; évolution du maraîchage d’antan vers le maraîchage d’aujourd’hui et apports du maraîchage pour nos potagers » une conférence, suivie d’un débat qui a suscité de la part des auditeurs de nombreuses questions sur les maraîchers dans la région parisienne et au terme duquel Maurice Chaudron m’a sollicitée pour approfondir et rédiger, à l’aide des archives notariales qu’il avait recueillies, l’histoire de sa famille. J’ai alors décidé d’approfondir l’histoire du maraîchage en corrélation avec cette histoire des ancêtres maraîchers. Et c’est ainsi qu’est né ce livre.

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LISTE DES ABRÉVIATIONS
apr. arr. adt av. avr. bd cm c.-à-d. chap. Dme déc. dft dfte demt Dlle dép. ddts ddtes ddt env. épx ép. E ex. fém. fév. fg Fig. ha h après arrondissement audit avant avril boulevard centimètre c'est-à-dire chapitre Dame décembre défunt défunte demeurant Demoiselle département desdits desdites dudit environ époux épouse Est exemple féminin février faubourg figure hectare heure janv. juil. kg ldte ldt ldtes ldts l.-dt Mme Mlle Me Mtre MM. m min Mgr M.. N nov. oct. O par. StStesept. Sr S vf vve & && janvier juillet kilogramme ladite ledit lesdites lesdits lieu-dit Madame Mademoiselle Maître (notaire) Maître (corporation) Messieurs mètre minute Monseigneur Monsieur Nord novembre octobre Ouest paroisse SaintSainteseptembre Sieur Sud veuf veuve mariage remariage

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LES MARAÎCHERS PARISIENS DE FRANÇOIS 1ER À 1800 PREMIÈRE PARTIE LE JARDINIER, SES ANCÊTRES ET SES ENFANTS CHAPITRE 1 : LE CLAN CHAUDRON Nos aïeux donnaient à un artisan comme sobriquet le nom de l’objet qu’il travaillait, vendait ou dont il se servait dans son activité quotidienne. C’est ainsi qu’a été formé le patronyme Chaudron : un Chaudron était un chaudronnier. Cependant l’ancêtre retrouvé n’exerce pas ce métier ; il aurait fallu que Maurice Chaudron pût retrouver l’existence de ses ascendants en ligne directe avant les années 1500, ce qui n’a pas été le cas.
Degrés 13e 12e 11e 10e 9e 8e 7e 6e 5e Prénoms de ses ascendants paternels Pierre Louis Pierre Simon Leu Gilles Nicolas Blaise Nicolas Toussaint Dates de naissance et de décès av. 1540-av. 1608 apr.1572-17 sept. 1642 env. 1599-14 janv. 1641 env. 1632-1709 env. 1655-1730/1731 av. 1693-14 sept. 1730 1708-24 déc. 1771 1744-1er avr. 1814 1er juil. 1771-23 mars 1856

Comme se succèdent tous les 100 ans environ 3 à 4 générations, une présentation par époque d’une centaine d’années a été choisie pour la lignée directe du clan Chaudron. Ce groupement par siècle est nécessaire car Maurice a retrouvé de très nombreux documents qui permettent aussi de connaître leurs professions communes et aussi leurs déplacements en fonction de l’évolution de la ville. Ces points communs et forts de leurs vies seront ensuite développés. Il n’a pas recherché les 212 = 4 096 ancêtres de son père, il en a cependant retrouvé beaucoup ! Des membres des branches collatérales sont aussi mentionnés. Ils valident la lignée directe, et fournissent des renseignements complémentaires.
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De l’ANCÊTRE PIERRE à son petit-fils PIERRE La lignée directe 13e degré : PIERRE CHAUDRON (av. 1540-av. 1608). L'ancêtre le plus lointain connu en ligne patronymique est Pierre, qui épouse en premières noces Jehanne Debille (…-av. 1572). Il est déclaré vigneron, laboureur ou jardinier à Ménilmontant. Ils auront 3 enfants et de nombreux petits-enfants :
Prénoms des enfants Jehanne Chaudron Blaise Chaudron Simon Chaudron Professions Lieux laboureur, vigneron Ménilmontant laboureur Ménilmontant et Belleville laboureur vigneron Charenton demt Charonne Noms conjoints Nicolas Beaufils Guillemette Richer Filles des couples Lieux Geneviève & Jehan Chauvin Picpus Geneviève & Estienne Benard Belleville Anne & Geoffroy Baudry Charenton St-Maurice

Les lieux cités correspondent à des villages situés à cette époque au-delà de l’est de Paris (Fig. 3) ; ils ont été au cours du temps intégrés dans Paris (Fig. 4 et 5). Un acte du 5 avril 1540 sera transcrit chapitre 8. « Jeanne Debille, jadis mère ddts Jehanne et Blaise Chaudron » décède avant 1572. Elle possède « une maison, cour et jardin et lieu adt Ménilmontant et où demeure Pierre Chaudron, père ddts Jehanne et Blaise Chaudron, tenant d’une part la totalité de ldte maison et lieu au seigneur ddt Mesnil, d’autre part aboutissant d’un bout par derrière à Toussaint Tranchet et d’autre bout par devant sur la rue ddt lieu » ; la maison où demeure Pierre est vendue entre leurs enfants à plusieurs reprises (27 février et 15 novembre 1572). Simon n’est pas cité dans cet acte. Pierre se remarie avec Jacquette Divoire (…-1612) originaire de Belleville. Ils auront 4 enfants. C’est de cette union que naîtra Maurice Chaudron en 1925 ! L’ancêtre est par la suite déclaré, suivant les actes, vigneron, laboureur ou jardinier à Ménilmontant.

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Prénoms Professions des enfants Chaudron Louis marchand jardinier laboureur vigneron Jehan vigneron

Noms des conjoints Marie Cauchois && Marie Bordier Perrette Le Preux

Enfants des couples Professions

Isaac & Barbe Ruelle vigneron, cabaretier dont : 1 fils Joachim & Marguerite Le Sueur 1 gendre Claude Damour Jehan & Marie Godalle marchand de vins Simon & Catherine Le Preux Nicolas & Caroline Dauteuil

&& .

Nicolas

maçon

Rogère Johan

&& Michelle Cottin Catherine & vve Jean Ruelle Jacques Collement vigneron Marie & Jacques Toffier vigneron Marie & Alexis Pithouin Hoursin & Françoise Boudin

Catherine

Denis Le Preux (ou Lepreux)

L’acte de renonciation à une succession, daté du mercredi 27 février 1608, permet de déduire que l’ancêtre vient de décéder. Les petites-filles de son premier mariage, Geneviève et Anne « ont comparu devant les notaires et garde-notes du Roi1 notre Sire au Châtelet de Paris2 […] renoncent aux biens que les femmes eussent pu appréhender de leur mère et de leur père », en faveur de leur oncle Louis (premier enfant du remariage de l’ancêtre avec Jacquette Divoire) se disant créancier de son père. En 1608, Jehanne Debille et son époux ainsi que leurs 3 enfants sont décédés. Comme 2 générations se
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Le notaire avait pour fonction la rédaction des actes et le garde-notes la conservation des documents. Vers 1578, comme les notaires ont alors absorbé l'office de garde-notes, ils ont pris officiellement le titre de "notaire et garde-notes". Apparemment, quelques-uns ont gardé le titre en entier un certain temps jusqu'au XVIIe siècle, alors que la plupart ont vite limité leur dénomination usuelle au seul terme notaire. 2 Le Châtelet de Paris est un tribunal dont la compétence s’étendait à tout le royaume et les jugements se rendaient au nom du prévôt de Paris. Son nom venait de ce qu’il était établi dans un château fort.

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sont succédé depuis le premier mariage, on peut aussi en déduire que les enfants de Jehanne et Simon sont nés environ 40 ans avant l’acte, donc dans les années 1568. Il y a plus de 40 ans de différence avec les enfants du second mariage ce qui explique, peut-être, cet acte de renonciation. On peut aussi en déduire que l’ancêtre pourrait être né avant 1548 et qu’il est décédé avant 1608. Jacquette Divoire est décédée en 1612. 12e degré : LOUIS CHAUDRON (apr. 1572-17 septembre 1642) est déclaré dans les actes marchand, laboureur, jardinier et vigneron à Belleville. Il se marie en premières noces avec Marie Cauchois (…-1629) (Cochois, Cochaix, Cochetz ou Chauchois3), originaire de Belleville, l’une des 4 enfants d’Alexis Cochaix et de Simone Pithouin ; sa mère est remariée avec Simon Richer. Ils auront 5 enfants :
Prénoms des enfants Chaudron Simon Pierre Louis Jean Jeanne Professions marchand, laboureur marchand, laboureur jardinier, vigneron marchand, laboureur marchand laboureur Noms des conjoints Anne Mallessart Simone Le Cousteux Blanche Bardou Jacques Pithouin

Marie Cauchois décède en 1629. Louis se remarie avec Marie Bordier (…-1er février 1643), vve Simon Bardou, dont elle a eu des enfants. Le contrat de mariage du 16 octobre 1629 renseigne sur l’habitat et l’état des richesses des couples. « Par-devant les notaires garde-notes du Roi notre Sire au Châtelet de Paris furent présents Louis Chaudron l'aîné, demt à Belleville-surSablon, d'une part et Marie Bordier, vve de feu Simon Bardou de son vivant vigneron, demt au même lieu, d’autre part. » Cet acte est fait en présence des enfants de Louis et de ceux de Marie, Claude et Marie mariée à François Beaufils, vigneron, résidant à Belleville. « Volontairement reconnurent et confessèrent avoir promis et promettant l'un à l'autre de se prendre l'un et l'autre par mariage lequel ils seront tenus de faire solenniser en face de notre mère Sainte Eglise […] aux clauses et conditions qui s'ensuivent. » Diverses stipulations sont faites : - les futurs époux ne répondront pas des dettes faites par l’un ou par l’autre avant le mariage. S’il en existe, elles seront remboursées sur son bien propre par celui qui les aura faites ; - il n’y aura aucune communauté de biens entre les époux ;

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À cette époque, les noms de famille n’ont pas d’orthographe établie, l’écriture est phonétique ce qui entraîne des variations au fil des écrits ou des graphies.

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- « l’épx jouira durant le mariage de tous les héritages et biens appartenant à l’ép. au moment du mariage et de ceux qui pourront lui échoir pendant le mariage sans avoir à en rendre compte ni lui, ni les siens. » D’autres mentions sont faites, par exemple « suite au décès de l'un et de l'autre des épx av. les 4 premières années de leur mariage, soit décès apr. les 4 premières années expirées. » En particulier, 2 situations suivantes sont décrites : - « La future ép. promet d'apporter au futur épx à la veille de leurs épousailles les biens et meubles lui appartenant qui s'en suivent, 2 vaches laitières estimées entre les parties à 60 livres, 4 muids de vin4 clair du cru de Belleville de la présente année estimés 60 livres, bagues et joyaux en argent estimés à 120 livres, un lit garni, habits à son usage et deux coffres de bois […] et, quant aux autres meubles et ustensiles de cuisine lui appartenant, même les grains en blé et seigle étant en sa grange, elle les quitte et les laisse à disposition de ses enfants. » - Si elle décède après son époux, « elle aura pendant sa vie dans leur habitation une chambre dépendant de la maison où il est à présent demt et une étable pour ses vaches ou pour autre bétail et un petit grenier sans en payer par elle autre chose ». Cet acte est authentifié par des signatures dont celles de Simon Chaudron, Jacques Pithouin, ses futurs beaux-fils Claude Bardou et François Beaufils. « Les futurs épx et Louis le jeune ont dit ne pas savoir écrire. » Un bail de location, établi le 17 novembre 1629, confirmant le remariage de Louis est transcrit (chap. 8). Il est passé entre Louis et Nicolas Le Cousteux, le jeune. Ce nom de Le Cousteux correspond à celui d’une de ses bellesfilles, l’épouse de son fils Pierre. Cette maison appartient effectivement à Marie Bordier « en laquelle était naguère demt Marie Bordier, à présent femme ddt Chaudron ». On peut supposer que, remariée, Marie habite maintenant chez Louis et ne vit plus dans sa propre maison. Les actes du 28 décembre 1633 et du 16 septembre 1641, correspondant respectivement à un partage des biens appartenant à Marie Cauchois et au partage volontaire des biens, terres et maisons de Louis entre ses héritiers, seront transcrits chapitre 8. Louis « lequel gisant au lit, malade de corps […] mémoire et entendement » décède un an après le partage car le 17 septembre 1642 un testament est enregistré, puis, le 25 septembre 1642, un inventaire après décès est dressé. Louis a peut-être bien fait de partager ses biens, mais il n’a pas joui
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Le muid est une mesure qui correspondait à env. 274 litres de vin à Paris.

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longtemps du vin et du blé ! Le 2 octobre 1642, une fondation de 4 messes basses à St-Jean-Baptiste de Belleville oblige « ldts marguilliers5 de faire chacun et à perpétuité en ldte église 4 messes basses : une le lendemain de Pâques, l’autre le lendemain de Pentecôte, l’autre le lendemain de Toussaint, l’autre le lendemain de Noël ». Le 28 octobre 1642, « il ne reste à présent à partager entre eux des biens de succession que quelques rentes dont les contrats et titres sont inventoriés ». Une fois de plus le notaire de Louis, Guy Rémond, est venu à Belleville, ce qui indique la relation intime entre les 2 hommes et l’état des richesses de Louis. Marie décède 1 an environ après son époux. Le 15 février 1643 « Claude Bardou en son nom (fils de Marie Bordier) laboureur demt à Belleville-surSablon, François Beaufils et Louis Chaudron aussi laboureurs à cause de Marie et Blanche Bardou, leurs femmes (filles de Marie Bordier), étant présents adt Charonne au nom et comme exécuteurs et héritiers seuls du testament et ordonnance de la dernière volonté de la dfte Marie Bordier, au jour de son décès, femme de feu Louis Chaudron […]. Par son testament et ordonnance de dernière volonté passé par-devant le Sr Martin, vicaire de l’église de St-Jean-Baptiste ddt Belleville, le 27 janv. 1642, elle aurait donné à l’œuvre et fabrique de la dte église 5 perches de terre ou env. joignante à icelle église, tenant d’une part à la terre ou tombe Lesgoust, de la maison et grange d’Isaac Boudin l’aîné, d’autre part à la dte église d’un bout sur la Grande rue ddt Belleville et d’autre bout à la petite cour de Nicolas Lecouteux, et outre a aussi légué et laissé à ldte œuvre et fabrique de la dte église 6 livres tournois de rente annuelle et perpétuelle payable pour chaque an au 22e jour de juin, rachetable de la somme de 100 livres tournois à la charge que les marguilliers […] 4 messes basses de Requiem avec un Libera à la fin de chacune ddtes messes. La 1re sera chantée et célébrée l’octave de l’Annonciation de la Vierge6 et les 3 autres seront dites les octaves, à savoir de l’Assomption et de la Nativité de la Vierge et la dernière la veille de la purification de la Vierge qui est pareil jour que ldte dfte est décédée ».

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Sous l’ancien régime, la fabrique était l’entité religieuse juridique administrée par des marguilliers. La communauté des catholiques se réunissait à l’église pour que les chefs de famille élisent les marguilliers, ceux d’entre eux jugés suffisamment dignes de confiance et qui semblaient les plus aptes à gérer les biens paroissiaux : l’église et son mobilier, le cimetière, les tarifs des inhumations, les places dans l’église, les ventes des terres, la gestion des rentes dont les titres nouvels qui sont réactualisés. Ils devaient aussi faire respecter les usages lors des messes. 6 L’Annonciation (25 mars), l’Assomption (15 août), la Nativité de la Vierge (8 sept.), la purification de la Vierge (1er fév.).

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11e degré : PIERRE CHAUDRON (env. 1599-14 janvier 1641) est déclaré suivant les actes marchand, laboureur, jardinier et vigneron à Belleville et il épouse Simone Le Cousteux (Le Couteux ou Couteux) (…-1643) ; les parents de son épouse sont Nicolas Couteux et Guillemette Riche qui auront aussi 4 fils résidant tous à Belleville. Ils auront 5 garçons :
Prénoms des enfants Chaudron 7 Professions Noms des conjointes laboureur Barbe Gousse && Magdeleine Maheu && Denise Renon vigneron Charlotte Damour Noms des enfants Profesions

Louis env. 1625-20 janv. 1697

Nicolas env. 1627-av. 1653 Simon env. 1631-… Daniel env. 1633-1643 Josse env. 1639-…

Claude & Louise Henriette marchand boulanger Marie & Mathurin Duperray boulanger Michelle & Antoine Monroy jardinier && Denise Denise Beaufils** Catherine & Pierre Boudin Simon Marguerite * L’acte de mariage écrit par le curé de la paroisse de Belleville porte la date du 2 sept. 1659. ** Cousine de Marie Maheu, elle est la fille de Marie Frémy (sœur de Magdeleine Frémy) et de Simon Beaufils). vigneron Denise Trottin*

Un acte du 1er juin 1641 permettrait de déterminer la date du décès de Pierre qui pourrait correspondre au 13 janvier : « Fondation8 pour Pierre Chaudron
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Les dates de naissance et de décès sont inscrites dans les tableaux. En faveur de l’église, des rentes sont constituées par des particuliers. Les unes proviennent du patrimoine de l’église, c.-à-d. de terres et d’habitations qui, au fil des siècles, ont été léguées par testament ; l’église est propriétaire de la rente mais pas toujours de la terre sur laquelle elle touche ce revenu. Les autres revenus sont des fondations : des particuliers en vertu de clauses testamentaires se chargent annuellement de faire célébrer des messes et des services pour les défunts. Ces pratiques sont courantes, à cette époque, dans les églises qui, grâce à ces donations, acquièrent leur richesse.

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de 2 messes basses et à la fin de chacune, un Libera sur sa fosse, l’antienne Salve Regina devant l’image de la Vierge, l’une le 13 janv., l’autre le dimanche suivant. Pour l’acquis de laquelle fondation a été laissé un quartier de terre au terrain de Belleville, le l.-dt Chaumont ». On apprend aussi qu’un siècle plus tard, le 1er juin 1778, l’église a vendu ce terrain à Simon Collet contre 58 livres, par un contrat civil établi à Belleville. D’autres actes de 1641 mentionnent le décès de Pierre. Le 4 février lors de l’élection de tuteurs des enfants mineurs, Simone est nommée tutrice de ses enfants et Simon, l’oncle, subrogé tuteur. L’inventaire après décès précise ceci : « L’an 1641, le 5 fév. av. midi, à la requête de Simone Le Cousteux, vve de feu Pierre Chaudron, lui vivant laboureur demt aux Bruyères, par. de Bagnolet, tant en son nom à cause de la communauté qu’elle a eue avec ldt dft que comme tutrice […] en la justice du fief de Mosny (Maulny) aux personnes et biens de Louis, âgé de 16 ans, Nicolas, âgé de 14 ans, Simon, âgé de 10 ans, Daniel, âgé de 8 ans, et de Josse Chaudron, âgé de 14 mois […] enfants mineurs ddt dft et d’elle ». Suite au décès de son époux, Simone emménage à Belleville. « Ils auraient acquis ensemble une maison, cours et jardin tenant d’une part à Jean Bordier, d’autre à […] d’un bout sur le Grand chemin qui conduit à Paris ». Si le terme « ensemble » n’était pas mentionné, cette maison pourrait correspondre à celle héritée le 16 septembre 1641 (chap. 8). Suite au décès de Simone Le Cousteux, un acte est enregistré le mardi 12 mai 1643 : « Pierre, de son vivant laboureur demt aux Bruyères, étant décédé ainsi que sa femme, Simone Le Cousteux », il a fallu procéder à l'élection d'un tuteur et d'un subrogé tuteur des enfants mineurs : « Louis âgé de 18 ans ou env., Nicolas de 15-16 ans ou env., Simon de 11 ans ou env. et Josse Chaudron de 4 ans. Le procureur fiscal […] a réuni des parents », « Daniel, l’un ddts mineurs serait décédé ». Le côté paternel est représenté par : - Simon et Jean Chaudron, leurs oncles ; - Jacques Pithouin, « épx de Jeanne », leur tante ; - Isaac Chaudron, un cousin de Pierre ; Pour le côté maternel sont présents : - Nicolas Le Cousteux, grand-père des mineurs ; - « Nicolas Le Cousteux le jeune et Simon Le Cousteux, les frères de leur mère […], Simon Gousse, beau-père des mineurs à cause de Simone Le Cousteux sa femme. » Simon Chaudron, leur oncle paternel, est nommé tuteur et son frère Louis, subrogé tuteur. Et il est stipulé « les faire instruire en toutes bonnes mœurs en la foi de la religion catholique apostolique et romaine et si les avons

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enjoints de faire juste et loyal inventaire des biens ddts mineurs et eux étant venus en âge de leur rendre bon et loyal compte ». Des comptes rendus de tutelle sont rédigés le 9 juin 1643 puis le 4 mai 1654. Simone Le Cousteux s’était donc remariée, rapidement après le décès de son époux Pierre, avec Simon Gousse. L’acte du 5 juillet 1667 correspondant au partage des biens de Pierre sera transcrit chapitre 8. Il indique que le décès de Pierre a eu lieu le 14 janvier 1641 ; lors de l’inventaire il est indiqué que « l’un des mineurs serait décédé » ; c’est Nicolas. Commentaires sur la lignée directe Ils concernent ces 3 premières générations qui vécurent du règne de François Ier à celui de Louis XIII :
13e degré 12e degré 11e degré Pierre Chaudron av. 1540-av. 1608 Louis Chaudron apr. 1572- 17 sept. 1642 Pierre Chaudron env. 1599-13 janv. 1641 Jacquette Divoire …- 1612 Marie Cauchois …-1629 Simone Le Cousteux …-1643

& 1625

Une majorité de garçons L’ancêtre Pierre a eu 3 garçons de Jacquette Divoire et 11 petits-enfants. De son fils aîné, Louis, on a dit précédemment que, sur les 5 enfants, il n’avait qu’une fille, Jeanne, mariée à Jacques Pithouin. De son second fils, Jehan, ne sont issus que des garçons. Le cadet, Nicolas a eu 2 filles et un garçon. Donc, parmi leurs 11 petits-enfants, 8 sont des garçons. Cela permet peut-être de comprendre pourquoi le patronyme Chaudron a survécu au temps et pourquoi ce nom de famille est aujourd’hui si répandu ! Leurs remariages Suite au décès de leurs épouses, l’ancêtre Pierre et ses 3 fils se remarient très rapidement. Il en est de même pour une des épouses, Simone Le Cousteux. Cela montre bien qu’à cette époque les conditions sont telles que seul un couple peut suffire au travail à fournir. Les enfants doivent participer très jeunes aux travaux jardiniers et donc rester dans le cercle familial ; d’ailleurs à cette époque il n’y a pas d’école publique. Au décès de leurs parents Il est nécessaire de procéder à des actes notariés et devant la justice, si l’un d’eux laisse des enfants mineurs. On nomme un tuteur et un subrogé tuteur,
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puis, généralement le jour suivant, un inventaire est réalisé dans le but de protéger les biens des enfants jusqu’à leur majorité. Ensuite vient la régularisation des biens en tenant compte des dots apportées lors du mariage. Les actes montrent que : - un veuf ou une veuve ne conserve pas le droit d’élever ses enfants. Ils doivent se faire nommer tuteur. Cette règle est toujours valable. C’est toujours l’époux Chaudron survivant qui est nommé. - l’âge requis pour la majorité civile est généralement de 25 ans, donc très supérieur à celui de nos jours. - les filles, qu’elles soient majeures ou mineures mariées, sont représentées par leur époux. L’absence de dates de naissance et de décès de certains des 3 aïeux ne permet pas de dire si la durée de vie des femmes est à cette époque plus courte ou plus longue que celle des hommes. De plus, peu de recherches ont été faites par Maurice Chaudron sur les familles des épouses. Une anecdote Une ordonnance du 9 juillet 1591 rappelle qu’alors la ville devait se protéger. « Il est enjoint à toutes personnes de quelque qualité et condition qu’elles soient, étant en âge de travailler, d‘aller promptement travailler aux fortifications, les lieux et endroits et aux heures qui seront désignés et déclarés ». L’ordonnance fut exécutée strictement et sans retard pour Catherine Chaudron, fille de l’ancêtre et « femme de Denis Lepreux, laboureur à Belleville-sur-Sablon, réfugiée à Paris […] sortie ce matin-là comme elle le faisait chaque jour, pour couper de l’herbe. À la Courtille, voyant des gens qui moissonnaient des blés près d’un champ à elle appartenant, elle quitta son herbe et se mit aussi à couper son blé, dans la crainte qu’il ne fût perdu et parce que ses voisins coupaient le leur ». Catherine Chaudron voulut rentrer en ville avec 2 gerbes qu’elle avait recueillies. À la porte St-Antoine elle fut arrêtée, son blé confisqué, et menée prisonnière à l’Hôtel-de-Ville. Heureusement le greffier s’étant porté caution pour elle, elle obtint son élargissement le jour même. Les limites de la ville de Paris seront précisées chapitre 7. De Ménilmontant à Belleville L’ancêtre Pierre et son épouse sont originaires de Ménilmontant, dont le nom fut écrit durant de nombreuses années Mesnil Mautemps, maison du mauvais temps, puis transformé au XVIe siècle en Mesnil Montant à cause de la pente. Par la suite les Chaudron, en ligne directe, Louis et Pierre, leurs épouses et les familles par alliance sont tous originaires de Belleville dont le nom est

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probablement une déformation de Belle Vue. Il est même précisé sur certains actes Belleville-sur-Sablon, ce qui indique la composition de la terre labourable. Ménilmontant et Belleville font respectivement et actuellement partie des 19e et 20e arr. de Paris (Fig. 6). Les Chaudron dépendaient de la « seigneurie de Belleville, qui va de la ville de Paris aux bourgs de Belleville-sur-Sablon, La Villette-St-Lazare, la Courtille, Pantin ou Les Prés St-Gervais ». À la porte du Temple existait un chemin 9 qui deviendra la rue du fg du Temple et qui s’élançait vers la Courtille, où étaient des jardins champêtres ou des vignes entourées de haies, appelés courtilliers. On y bâtit des hangars pour se mettre à couvert, qui furent transformés en maisonnettes. Elles serviront ensuite de guinguettes où se prolongeront fort tard les soirées. Une tradition perdura, la descente de la Courtille : chaque année, on y montait le mardi-gras pour boire du vin et, au petit matin le mercredi des cendres, un cortège exubérant de fêtards la descendait pour entrer dans Paris. Contrairement au sud, correspondant au fg St-Antoine laborieux et religieux avec des couvents, le nord s’adonne à la boisson et aux bals. Jusqu'en 1543, les habitants de Belleville, un petit bourg campagnard, dépendaient de plusieurs paroisses10 selon le seigneur du terrain sur lequel ils étaient installés, donc des églises de Pantin, Bagnolet ou St-Merri (dans Paris). La première mention de Bagnolet connue à ce jour est faite dans un acte daté de 1256 de l'abbaye de St-Maur-des-Fossés, qui y possédait des fiefs. Jusqu'au XIIe siècle, Bagnolet n'était probablement pas dissocié de Montreuil. Une 1re église consacrée à saint Leu et saint Gilles devait exister dès le XIVe siècle, puisque la présence d'une cure est attestée par des documents de l'époque. Par la suite, on note un morcellement du territoire entre diverses seigneuries et la prédominance des abbayes de St-Denis et de St-Maur. L’église St-Merri (St-Médéric) est située, dans le Paris de l’époque, proche de l’île de la Cité et de la rue St-Martin. D'après la légende, c'est à cet endroit que saint Médéric, abbé de St-Martin d'Autun, était venu vivre en ermite dans une cabane en bois, à proximité de l'oratoire St-Pierredes-Bois. Il y décéda en 700. En 884, l'évêque de Paris fera exhumer et mettre en châsse les restes du saint, qui deviendra le saint patron de la rive droite, dont le nom sera contracté en Merri. Une chapelle lui sera dédiée.
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Par rapport à la route ou à un grand chemin, le mot chemin désigne les chemins qui vont de village en village, d’abbaye en abbaye… dont la largeur était réglementée et les fossés plantés d’arbres. 10 Dans les actes notariés de cette époque, l’adresse d’un individu correspond plus particulièrement à la par. dont il dépend. La par. était l'entité de base du royaume. Non seulement son origine et sa nature religieuses n'empêchaient pas les élites et les administrations de la considérer comme la circonscription de base, mais le curé était estimé le personnage et l'interlocuteur essentiel, le clergé et de rares notables étant parfois les seuls à posséder quelque instruction.

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L'église sera reconstruite plusieurs fois, à partir de 1200, car la population du quartier des Halles ne cesse de croître. Ce n'est qu'en 1543 qu'un acte autorise les habitants de Belleville à avoir une chapelle. En 1635 une église, « St-Jean-Baptiste », la remplace. Elle servit à tous les habitants, de quelques paroisses qu'ils fussent, sous réserve du paiement d'une dîme aux curés de Pantin et de Bagnolet. Comme l’emplacement n’était pas clos, elle servait aussi de lieu de réunion aux habitants. Marie Bordier y avait un terrain qu’elle lèguera en 1643 à l’église. Le premier cimetière fut créé en 1543 devant l'église. Par la suite l’emplacement du cimetière a été modifié et déplacé vers l’est à l’endroit où il est maintenant. Les Chaudron sont de religion catholique, comme le montre aussi un acte qui concerne une branche collatérale de Louis (12e degré), celle du petit-fils de son frère Jehan : « Vous êtes priés d’assister au service & bout de l’an de dfte Marguerite Le Sueur, femme du dft Joachim Chaudron, qui se fera vendredi 18 du présent mois de sept. 1722, à 9 h du matin en l’église des RR. Pères Récollets, Grande rue et fg St-Laurent & aux messes qui se diront depuis 10 h du matin jusqu’à midi. MM et Dmes s’y trouveront, s’il leur plaît. Un De profundis. De la part de M. Chaudron, son fils, officier du Roy ». Les 3 aïeux habitaient sur le chemin de Belleville, après l’angle formé par l’actuelle bd de La Villette et la rue de Belleville, du côté nord de cette voie, proche de l’église (chap. 8). Les branches collatérales Elles permettent de valider la lignée directe et ont connu parfois de curieuses histoires qu’il convient de relater. Les autres enfants de Louis (12e degré) SIMON Chaudron & Anne Mallessart auront 3 filles :
Prénoms des enfants Noms des conjoints Anne Chaudron & Jehan Couteux && Catherine Renon Simone Chaudron & Charles Bardou …-av. 1687 Professions des conjoints jardiner, marchand Prénoms des enfants Noms des conjoints

laboureur, vigneron

Marie & Nicolas Faucheur Marguerite & Jean Bordier Anne & Michel Boudin

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Jeanne Chaudron & Jean Ruelle

procureur fiscal

Jean Simon Marguerite

Un acte du 25 juillet 1687 situant le décès de Simone Chaudron, la femme de Charles Bardou, sera transcrit chapitre 8. L’acte du 27 février 1697 évoque un partage : « Furent présents Catherine Renon, vve de feu Jehan Cousteux de son vivant jardinier, demt en ce lieu de Belleville, tant en son nom […] que comme tutrice de leurs enfants mineurs, le dft auparavant vf de la dfte Anne Chaudron jadis sa femme en premières noces et donataire mutuel de la dfte Couteux […] d’autre part, et - Jeanne Chaudron, vve de feu Jean Ruelle, l’aîné, de son vivant jardinier, demt à Belleville, héritière pour moitié de ldte Anne Chaudron sa sœur ; - Michel Boudin bourgeois de Paris, demt rue de Charonne, fg St-Antoine à cause de Anne Bardou, sa femme ; - Nicolas Faucheur, officier du Roi […] demt adt Belleville au nom et comme tuteur des enfants mineurs de lui et de la dfte Marie Bardou, sa femme ; - Guillaume Boudin le jeune, laboureur demt adt. Belleville comme tuteur des enfants mineurs des dfts Jean Bordier le jeune, de son vivant aussi officier […] et Marguerite Bardou, sa femme, Et d’autre part, - Les héritiers de ldte Anne Chaudron, leur tante ». Il leur appartient en commun un jardin sis en Belleville qui sera décrit chapitre 8. Simon dicte un testament très détaillé quant à son enterrement le 3 mars 1684 dont : « 1er) Comme bon chrétien catholique apostolique et romain a recommandé et recommande son âme à Dieu le suppliant que par le mérite et intercession de notre sauveur et rédempteur Jésus-Christ il lui plaise de vouloir pardonner ses fautes et son âme quand elle partira de ce monde et celle des bienheureux implorant pour cet effet les intercessions de la glorieuse Vierge Marie et tous les saints et saintes du paradis et particulièrement saint Simon son patron […] - Item veut et entend son corps mort être enterré en l’église ddt Belleville au chœur d’icelle, du côté dextre, vis-à-vis de l’épitaphe et au même endroit où a été inhumé Louis Chaudron, son père » et il dit aussi « Je suis monté à pied jusqu’à l’église de Belleville et j’ai prié dans la nouvelle église […] - Item veut que son convoi soit dit et chanté en ldte église un service complet avec 9 recommandations et 3 messes hautes et qu’assistent 12 prêtres tant

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séculiers que religieux tels qu’il plaira à son exécuteur testamentaire de choisir ; chacun d’eux dira sa messe pour le repos de l’âme du testateur. - Item veut et entend qu’au bout de l’an de son décès soit dit et chanté en ldte église de Belleville un service de la même manière que celui déclaré. - Item veut et entend qu’il soit distribué le jour de son convoi et aux pauvres de la par. ddt Belleville jusqu’à la somme de 30 livres […] - Item donne et lègue aux œuvres et fabrique ddt Belleville, Pantin, Charonne, Bagnolet, La Villette-St-Lazare et le Pré St-Gervais à chacun 20 sols […] - Item veut et entend que l’armoire qui est dans la maison de Charles Bardou où ldt testateur est demt reste en ldte maison pour mettre les papiers de la famille ddt testateur qui resteront en les mains et en la possession ddt Bardou, son gendre, lequel sera tenu d’en garder à ceux qui en auront besoin […] - Item veut et entend que soit mise et posée une épitaphe en ldte église de Belleville du côté dextre et joignante celle ddt Louis Chaudron, son père, sur laquelle sera fait mention du don et délaissement ci-devant fait par ldt testateur de 35 livres ». LOUIS Chaudron & Blanche Bardou, fille de Marie Bordier, auront 8 enfants :
Prénoms des enfants Chaudron Noms des conjoints Louis Marie & Jean Le Couteux Les enfants du couple Nicolas Laurent Simone & Denis Cottin Catherine & Pierre Hornet Simon Hélaine Marguerite Catherine & Pierre Renon Geneviève & Denis Renon Marie

Pierre & Catherine Ruelle Simon Jeanne & Jean Houdart Catherine & Denis Gousse Élisabeth Geneviève & Louis Boudin

Élisabeth Chaudron est l’un des rares membres des Chaudron à ne pas se marier ; du fait d’un handicap, certains membres de la famille la disent « faible d’esprit, qu’elle n’a aucune subtilité dans tout ce qu’elle dit et qu’elle fait, qu’elle a comme perdu l’esprit et est devenue si sourde qu’elle

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entend à peine et qu’en cet état elle est incapable de pouvoir régir et gouverner son bien ». Une curatelle est demandée le 4 août 1700. JEANNE Chaudron & Jacques Pithouin (Pithouyn, Pitouin) auront 5 enfants :
Prénoms des enfants Pithouin Marie Louis Simone Étiennette Catherine Noms des conjoints Denis Le Cousteux Catherine Gousse Pierre Mallessart Jean Le Couteux Nombre d’enfants 2 mariées à Antoine Poisson et Luc Rouveau 5

Le 21 février 1667, un délaissement et un partage des biens de son époux sont enregistrés : « Ldte vve Pithouin, que son ancien âge qui est de 60 ans, cela ne lui permettant pas de faire valoir son bien, elle se serait résolue à le délaisser à ses dits enfants dès à présent, pour eux en jouir de pleine propriété ». La description de 2 maisons sera relatée chapitre 8. Un autre enfant de Pierre (11e degré) LOUIS Chaudron eut une longue vie (env. 1625-20 janvier 1697), et aussi très mouvementée, comme le montrent les nombreux actes qui ont été retrouvés, car il se marie 3 fois ! Des noms cités dans ces actes confirment ceux de la lignée directe. Ces actes permettent aussi de se rendre compte des tracas des successions qui se font déjà à cette époque entre quelques familles de Belleville et de démêler les écheveaux des alliances entre les membres. Aux environs de 1649 Louis épouse, à Pantin, Barbe Gousse. Le couple a une fille : « Marie Magdeleine Chaudron, fille mineure de lui et de ldte dfte ». Au moment du décès de sa mère, elle est mineure. Louis est le tuteur et Louis Pithouin, son oncle maternel, subrogé tuteur. Durant toute sa vie, Louis Chaudron a l’usufruit des biens de sa 1re épouse et, à son propre décès, un partage sera effectué avec la famille Gousse : le 4 février 1697 « Furent présents Denise Renon, vve de feu Louis Chaudron, de son vivant laboureur, demt à Belleville, au nom et comme tutrice élue par la justice pour Simone Chaudron, fille mineure ddt dft et d’elle, ldte mineure héritière seule et unique ddt dft Louis Chaudron son père, d’une part, et Louis Pithouin, laboureur à cause de Catherine Gousse sa femme de lui autorisée […] et Denis Gousse […] au lieu de Belleville, ldts Catherine et Denis Gousse héritiers pour moitié […] par représentation ddt dft Simon Gousse, de son vivant vigneron, demt adt Belleville leur père, de la

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succession de la dfte Barbe Gousse, leur sœur, au jour de son décès, femme en premières noces ddt dft Louis Chaudron […] 5,5 arpents et 11 perches de terres, vignes […] dont le dft Louis Chaudron a joui jusqu’à son décès comme usufruitier de l’autre moitié comme héritier de Marie Magdeleine Chaudron, fille de lui et de ldte dfte » .
Les épouses de Louis Barbe Gousse …-1661 Les enfants du couple Marie Magdeleine Membres impliqués dans les actes Denis Gousse Catherine Gousse & Louis Pithouin partage : 22 déc. 1688 Professions Prénoms des enfants & Noms des conjoints Professions laboureur laboureur Catherine & Philippes Le Couteux laboureur Jeanne & Louis Couteux Marie & Jean Le Bœuf Mtre chirurgien Jacques laboureur Vivianne Magdeleine Maheu …9 fév. 1689 sans enfant vigneron Blaise Maheu & Magdeleine Frémy jardinier && Marguerite Boudin Marie & Leu Chaudron Louis vigneron Blaise compagnon jardinier Magdeleine Geneviève Marie Denise Renon && Olivier Crochu Simone Denis Renon vigneron Jeanne

C’est le seul acte retrouvé mentionnant l’existence de la 1re fille de Louis. Simon Gousse, lui, a eu une fille, Barbe, d’un 1er mariage, puis a épousé Simone Le Cousteux, vve de Pierre Chaudron (11e degré), dont il a eu un

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fils, Denis. Catherine est la fille de l’un des mariages de Simon Gousse et elle a épousé un membre de la famille Pithouin. Les 2 familles sont de Belleville. Louis se remarie avec Magdeleine Maheu dont la famille est originaire de Bagnolet. Le couple n’a pas d’enfant. Ils sont donateurs mutuels. Cependant, le 15 mai 1685, elle fait un testament pour partager ses biens entre ses 7 neveux et nièces ; il est précisé qu‘elle est « en bonne santé de corps et d’esprit ». Comme il est étonnant de trouver à cette époque un testament bien avant le décès, on peut supposer que Louis reproche à sa femme de ne pas avoir d’enfants. Cependant « elle donne et lègue aux enfants nés et à naître de Blaise Maheu […] desquels Blaise en aura la jouissance […] apr. toutefois exécution du don mutuel entre ldt Chaudron et ldte Maheu, sa femme, à qui elle n’entend aucunement préjudice ». Mais comme son frère a des problèmes d’argent, elle lui en laisse seulement l’usufruit. Quatre ans après le testament, Magdeleine décède. Sur son lit de mort, elle remet une somme d’argent à sa domestique pour la remettre en mains propres à son frère, sans que son époux en sache rien, mais la domestique le déclare ! Le 15 février 1689, un inventaire après décès est enregistré. Blaise Maheu a été marié avec Magdeleine Frémy dont il a une fille, Marie, qui épouse Leu Chaudron (9e degré). Sa 1re épouse est décédée en 1665 et Marie est alors mineure. Blaise se remarie rapidement avec Marguerite Boudin dont il a, en 1685, 6 enfants. Il décède en 1690. Le 6 mai 1690 « Leu Chaudron, laboureur demt à Belleville-sur-Sablon, frère paternel à cause Marie Maheu sa femme à lui […] à cause de Magdeleine Frémy, sa mère [...] ont renoncé et renoncent à la succession des dfts […] pour leur être ldte succession plus onéreuse que profitable […] se réservant toutefois leur droit et action pour le douaire coutumier qui peut appartenir à ldte Marie Maheu ». Mais le 14 février 1691, suite à une sentence, 7 lots sont établis dont le second échoit à Leu Chaudron et à Marie. Leurs parcelles sont situées à Noisy-le-Sec (1 quartier), à Rosny (1/2 quartier), et à Noisy (1 quartier). De plus, le 17 janvier 1692 et suite à une autre sentence : « j’aurai fait distraction d’un arpent, 2 perches d’héritages et pour cet effet j’aurai fait 2 lots » et le 18 janvier, « le 1er lot est advenu et échu à ldte Marguerite Boudin contenant les héritages mentionnés au rapport ci-devant écrit et le second est advenu et échu adt Leu Chaudron et sa femme contenant aussi les héritages mentionnés au second lot ci-devant décrit ». Leurs parcelles sont situées à Noisy-le-Sec (1/2 quartier, 9 perches de vignes), Rosny (1/2 quartier), et Noisy (8 perches tenant à Louis Chaudron, 8 perches de vignes et 2 autres perches de terre). Entre ces 2

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actes, d’après le voisinage, les parcelles sont effectivement différentes. Elles n’ont pas été retrouvées dans l’héritage de Leu et de Marie. Louis a l’usufruit des biens de sa 2e épouse ; en 1690 il se fera livrer dans la maison de Bagnolet un pressoir (chap. 8). Seulement à son propre décès, un partage est effectué avec la famille Maheu. Le 9 février 1697 « Furent présents Denise Renon, vve de feu Louis Chaudron, de son vivant laboureur, demt en ce lieu de Belleville, tant en son nom à cause de la communauté de biens qui a été entre ldt dft et elle que comme tutrice de Simone Chaudron, fille mineure, seule et unique héritière de son dft père, d’une part et - Marguerite Boudin, vve de feu Blaise Maheu de son vivant vigneron demt à Bagnolet, au nom et comme tutrice de Geneviève, Marie et Jeanne Maheu, enfants mineurs ddt dft et d’elle ; - Leu Chaudron, marchand de vins demt au bas de Ménilmontant, par. de Belleville et Marie Maheu sa femme à cause d’elle ; - Louis Maheu, vigneron, demt à Bagnolet en son nom ; - Blaise Maheu, compagnon jardinier, demt au château des Bruyères, par. ddt Bagnolet ; - Magdeleine Maheu, fille majeure, demt à Bagnolet. Ldts […] héritiers substitués chacun pour 1/7e de la succession de leur tante […]. Il leur appartient en commun plusieurs pièces de terres, vignes et héritages ». La description sera transcrite chapitre 8. Louis s’est remarié en 3e noces avec « Denise Renon, fille d’Antoine Renon, demt à Belleville et de Marguerite Damour ». Une Damour, Charlotte, originaire de Belleville a épousé son frère, Simon Chaudron (10e degré). Louis décède peu après la naissance d’une fille, Simone, qui est alors la seule et unique héritière de son père, sa fille Marie Magdeleine étant décédée. Le 31 janvier 1697 est élu le subrogé tuteur : « A 10 h du matin par-devant Charles Froment, Sr de Thimory, lieutenant en la prévôté de Belleville […], a comparu Denise Renon, vve de feu Louis Chaudron, de son vivant laboureur, demt en ce lieu de Belleville, décédé le dimanche 20 janv. des présents mois et an […], lequel a laissé une fille mineure […] nommée Simone Chaudron, âgée de 6 semaines (donc née env. décembre 1696) [...] à laquelle mineure il convient de nommer un tuteur et un subrogé tuteur pour régir et gouverner sa personne et biens […]. Ont comparu : - Simon Chaudron l’aîné, laboureur demt en ces lieux de Belleville, oncle paternel, - Denis Gousse, aussi laboureur, frère utérin ddt dft et oncle paternel de ldte mineure,

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- Leu Chaudron, marchand de vins, demt à Belleville, cousin germain paternel ; - Denis Couteux, l’aîné, laboureur, demt à Belleville, grand-oncle maternel ; - Denis Renon, vigneron adt Belleville, oncle maternel ; - Pierre Damour l’aîné, vigneron à Belleville, grand-oncle maternel ; - Pierre Beaufils, laboureur, demt à Ménilmontant, par. de ce lieu de Belleville. » Denise est nommée tutrice et Denis Gousse subrogé tuteur. C’est la naissance de Simone, peu de temps avant le décès de son père, qui est à l’origine des procédures accélérées qui suivent : - liquidation de la communauté de biens entre Louis et sa 1re épouse, ce qui est fait le 4 février 1697, comme transcrit précédemment ; - liquidation de la communauté de biens avec sa 2e épouse le 9 février 1697, comme transcrit précédemment. - l’inventaire des biens de son 3e mariage est effectué le 5 février 1697 ; le contenu de sa cave sera relaté chapitre 8 ainsi que le marché passé précédemment le 21 avril 1690, pour un pressoir. Pour la suite des partages, il a été conseillé à la vve Chaudron, pour éviter les frais d’apposition des scellés qui pourraient consommer une partie de l’héritage, de s’adresser directement aux membres de la famille pour régler la succession. Des cautions sont données par Denis Gousse, Marguerite Damour, vve Antoine Renon, et Denis Renon. Le 20 février 1697 des visites sont effectuées pour établir les partages. « Premièrement nous nous sommes transportés sur un quartier de terre » puis « nous nous sommes transportés sur des vignes de ldte commune ». Ces terrains sont situés sur Belleville, Bagnolet, Charonne et Romainville. La situation de Louis, ayant atteint environ 70 ans, est florissante et il semble être, d’après les nombreux actes, le banquier de Belleville. En particulier Leu Chaudron avait emprunté de l’argent à son cousin. Une pratique des catholiques est respectée le 28 février 1697 par Denise Renon et sa fille, associées à tous les héritiers de Magdeleine Maheu et Louis Chaudron. Ils sont réunis pour « faire tout leur possible pour faire effectuer les dernières volontés ddts défts Louis Chaudron et Magdeleine Maheu au sujet du délaissement qu’ils avaient souhaité faire av. leur décès à la fabrique de St-Jean-Baptiste de Belleville ». L’acte est rédigé en présence « du curé de St-Merri à Paris et ddt Belleville, son annexe […] et Nicolas Collo, laboureur, marguillier en charge de ldte fabrique et Nicolas Couteux le jeune aussi marguillier […] de faire dire et célébrer par chaque an et à perpétuité à ldte église […] 2 messes basses de Requiem les jours des décès ddts dfts et un Libera les 2 dimanches suivant les jours de décès à l’intention

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du repos de leurs âmes […] et de leurs parents, bienfaiteurs trépassés ». Une somme d’argent est proposée : « lesquelles propositions et offres ayant été jugées raisonnables et avantageuses à ldte fabrique » ; le contrat est accepté. « Cette fondation faite à la charge que ldts Srs marguilliers, leurs successeurs marguilliers à l’avenir seront tenus, de l’un à l’autre par chaque an successivement à perpétuité de faire dire et célébrer 2 messes basses de Requiem, dont l’une se dira le le 20 janv. le jour du décès ddt Chaudron et l’autre le 9 fév. qui est celui du décès de ldte Magdeleine Maheu et les 2 dimanches suivants sera chanté un Libera en entier […] enjoints ensuite un de Profundis aussi entier avec l’oraison à la fin des complies de chacun des 2 dimanches et ce pour le repos des âmes ». De nombreuses signatures sont en bas de l’acte, dont celle de Leu Chaudron, mais sa femme déclare « ne savoir ni écrire, ni signer ». De SIMON à son petit-fils GILLES La lignée directe 10e degré : SIMON CHAUDRON (env. 1632-1709) est déclaré jardinier à Belleville ; il épouse Charlotte Damour (…-1673). Un accord est signé avec son beau-père le 28 septembre 1654 concernant la tutelle de son épouse mineure qui « lui a rendu compte de l’inventaire fait apr. le décès de Elisabeth Bordier, la femme de Jean Damour et mère de ldte Charlotte Damour », ce qui fixe la date de leur mariage antérieurement la même année. La mère, Élisabeth Bordier, est la fille d’Étienne Bordier, vigneron à Belleville. Le père, Jean Damour est d’après l’acte du 11 octobre 1622 le fils de Pierre Damour et de Jehanne Fontaine. Est-ce le « Pierre Damour le jeune, vigneron, jardinier demt adt Belleville » qui le 11 décembre 1692, obtient un bail à loyer de la fabrique de Belleville pour 48 perches ? A-t-il pour frère un « Georges Damour, vigneron demt au Pré St-Gervais marié à Guillemette Lezier sa femme » qui vend le 22 juillet 1622 à « Pierre Damour, son frère aussi vigneron […] 6 perches de terre sises au terroir de Pantin » ? D’autres Damour habitent Belleville mais aucune relation entre eux n’a été trouvée. Un autre Damour, Georges, né à Pantin, vers 1641, est arrivé à l’île Bourbon en 1676 et a donné naissance à une grande famille réunionnaise, mais aucune parenté n’a pu être trouvée entre lui et le père de Charlotte (1). Le couple aura 3 filles. Trois actes confirment la parenté entre les Chaudron et ces Damour : 1° le lundi 28 novembre 1672, Simon Chaudron et Hiérosme Rouveau, son beau-frère, demandent à la justice de régler un différend entre leur

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beau-père, Jean Damour, et Louis Mauroy, laboureur à Belleville, défaillant pour la somme de 240 livres correspondant au paiement de 5 années de location pour 5 quartiers, 18 perches de terre. 2° le père de Charlotte Damour dicte en 1672 son testament au vicaire de son église qui rapporte : « Aujourd’hui, 11e jour de juil., je me suis transporté en la maison de Jean Damour, âgé de 79 ans, malade depuis le jour d’hier, toutefois sain d’esprit ainsi qu’il m’est apparu et aux témoins ci-apr. dénommés, lequel en présence de Hiérosme Rouveau et de Simon Chaudron et de leur consentement a donné pour forme de testament et dernière volonté à l’église de St-Jean-Baptiste de Belleville, annexe de St-Merri de Paris, 18 perches de terre sises aux […] ddt Belleville l.-dt les Rivages, tenant d’une part à Jean Chaudron […] laboureur, d’autre part à plusieurs, aboutissant d’un bout par haut à […] Rouveau, aboutissant en bas […], à la charge de 3 messes, que les marguilliers de ldte église seront tenus de faire dire à voix basse et donner au pasteur célébrant, pour chacune des messes, 15 sols, la 1re le jour de son décès, la 2e le 22 sept., jour du décès de sa dfte femme Élizabeth Bordier, la 3e le 23 juin, la veille de saint Jean-Baptiste son patron. Et apr. qu’il lui a lu et relu ce qui dessus, il a déclaré que le tout était conforme à la volonté qu’il avait, en foi de quoi il a signé, et les sus dits Hiérosme Rouveau et Simon Chaudron ont ratifié et signé le présent testament en présence de Simon Couteux l’aîné, Antoine Vinon, Antoine Le Sueur et Jean Couteux l’aîné, lesquels ont signé comme témoins avec moi prêtre vicaire de l’église ddt lieu […] ; du service du jour de son décès il veut qu’il soit dit et célébré un service complet consistant en 3 messes hautes et 10 basses et autant le jour du bout de l’an, item 12 messes basses qui seront dites immédiatement apr. le jour de son décès et, pour le lieu de sa sépulture, il choisit la place où sa dfte femme a été inhumée env. le pied de la chaire du prédicateur, église du […] ; iI laisse ce qui touche […] et autres cérémonies à la volonté et discrétion de ses susdits gendres […] Hiérosme et Simon. » On trouve ensuite des signatures dont celles de Jean Damour, Rouveau et Simon. « Ldt testataire apr. fait relire la […] qui dessus […] dit avoir oublié de nommer en […] pour la maintenance […] Simon Chaudron son gendre, pour […]. Ce jour […], en foi de quoi il a signé. » 3° le 2 décembre 1672 le partage des biens de Jean Damour est effectué entre Simon Chaudron et Hiérosme Rouveau, ce qui laisse supposer que la 3e fille est décédée. Ce partage sera relaté chapitre 8. L’inventaire des biens est effectué à la requête de Simon Chaudron, le 1er mars 1673. Cet inventaire des biens « mobiliers et rentes » est d’une extrême précision. Le mobilier de la cuisine, de la chambre (nombreux vêtements), d’une autre chambre, du grenier au-dessus, « 4 setiers de blé et 2 d’orge », de la cave, « 1 muid de 13 demi-muids de vin clairet du cru de Belleville de l’année précédente, prisé le

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muid 16 livres revenant ensemble à la somme de… », de la grange « paille de seigle », de l’écurie, d’une autre écurie et du grenier au-dessus « paille de seigle », de la cour, d’un grenier au-dessus d’un poulailler, « 12 pièces de volaille » indiquent que les Damour s’ils habitent comme tous les habitants à l’époque une petite maison, ont de nombreux biens. La famille est aisée. Ils auront 7 enfants :
Prénoms des enfants Chaudron Leu env. 1655-1730/1731 Hélisabetz 1656-av. 1692 Simon 1658- apr. 1709 Janne ou Jeanne 1660-1696 Catherine 1662-apr. 1698 Magdeleine 1666-av. 1698 Marie Anne 1671-av. 1697 Noms des conjoints Marie Maheu Professions des épx Lieux de résidence jardinier, vigneron Belleville vigneron serrurier Belleville vigneron, Ménilmontant vigneron Belleville

Jeanne Houdart Pierre Troussevache Mathieu Beaufils

Claude Prevost

Suite au décès de Charlotte Damour, l'élection d'un tuteur et d’un subrogé tuteur est demandée à la requête de « Simon Chaudron le jeune, vigneron, demt à Belleville-sur-Sablon », car les 7 enfants sont mineurs. L'acte daté du 27 février 1673 mentionne : « Leu âgé de 18 ans, Hélisabetz de 17 ans, Simon de 15 ans env., Janne de 13 ans env., Catherine de 11 ans env., Magdeleine de 7 ans env., Marie Anne de 2 ans env. […] il fait comparaître par-devant nous » : du côté paternel : - Louis Chaudron, son frère aîné (celui qui s’est marié 3 fois) ; - Josse Chaudron, le cadet et Denis Gousse, le frère utérin, donc les oncles des enfants ; et du côté maternel : - Hiérosme Rouveau, époux de Janne Damour, la sœur de Charlotte ; - Me Rollin Bordier, oncle maternel. « Apr. avoir tous conféré ensemble avec le procureur fiscal […] nous ont rapporté tous d'une seule voix et chacun séparément qu'il ne se trouve personne plus capable pour être tuteur que ldt Simon Chaudron leur père et pour subrogé que ldt Hiérosme Rouveau […]. Nous les avons enjoints de faire bon et juste et loyal inventaire des biens demeurés apr. le décès de leur

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mère pour leur en rendre compte à eux quand ils seront venus en âge. » Les signatures de Louis et Simon Chaudron, Denis et Barbe Gousse, Hiérosme Rouveau, Rollin Bordier et Josse Chaudron sont présentes en bas de l’acte. Suite à cet acte, le 1er mars 1673 un inventaire sera effectué (chap. 8). On savait que Simone le Cousteux s’était remariée et désormais il est confirmé que les enfants de Pierre Chaudron (11e degré) ont un demi-frère. Simon semble gérer les biens du couple. Le 5 mars 1692 « Furent présents Simon Chaudron l’aîné, vigneron au nom et comme tuteur de Marie Chaudron, fille mineure de lui et de la dfte Charlotte Damour, jadis sa femme, pour laquelle mineure il promet de faire ratifier ces présentes en 4 ans 3 mois qu’elle sera majeure ». Elle est donc née le 5 juin 1671. Tous ses enfants sont nommés sauf Hélisabetz, décédée semble-t-il. Ce partage sera rapporté chapitre 8. Le samedi 23 février 1697, une requête verbale est faite par Leu concernant la maison de leur mère. Le 23 mai 1697, tous les enfants y participent, sauf Hélisabetz et Marie Anne, supposées décédées. La maison est adjugée à Simon ; elle est située dans la Grande rue de Belleville. L’acte du 4 décembre 1698 fait suite au décès de sa fille Magdeleine et confirme que seulement 3 autres de ses enfants sont en vie à cette date : « Furent présents Leu Chaudron, Mtre plâtrier, demt à la Basse Courtille, par. de Belleville, Simon Chaudron le jeune, vigneron, demt adt Belleville, Pierre Troussevache, serrurier adt lieu qu’au nom et comme tuteur des enfants mineurs de lui et de la dfte Jeanne Chaudron sa femme et Catherine Chaudron, fille majeure usante et jouissante de ses droits, demt Belleville ; ldts Leu et Simon Chaudron et ldte Catherine Chaudron, frères et sœur en leur nom et les mineurs ddt Troussevache par représentation de la dfte Jeanne Chaudron leur mère, héritiers chacun pour 1/4 quant aux proches maternelles de la dfte Magdeleine Chaudron, sœur ddts Leu, Simon et Catherine Chaudron et tante ddts mineurs, à son décès femme de Mathieu Beaufils, vigneron, demt au Ménilmontant, par. de ce lieu de Belleville. » Il précise que la maison de « la dfte Charlotte Damour, mère de la dfte Magdeleine Chaudron et ddts Leu et Simon et Catherine Chaudron et aïeule ddts mineurs » a été « adjugée adt Simon Chaudron, l’un des comparants par sentence rendue en la prévôté de La Villette St-Denis le 23 mars 1697. » Ce Simon est le père car plus tard, dans l’acte, il est mentionné « présent Simon Chaudron l’aîné, laboureur, demt à Belleville père ddts Leu Chaudron et consorts et aïeul des mineurs. » Suite à de nombreux règlements durant l’année 1697, dus au décès de son frère Louis, le 3 décembre 1697, Simon souhaite faire une rente à sa fille

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majeure Catherine et il en profite pour régler un problème de dots entre ses enfants. Les 18 janvier et 17 avril 1701 il signe des baux relatés chapitre 8, concernant une parcelle sur Belleville, au lieu-dit les Panoyaux et une sur le terroir de St-Paul au lieu-dit les Amandiers. 9e degré : LEU CHAUDRON (env. 1655-1730/1731) se marie avec Marie Maheu (Mahaut ou Maheult) (…-23 mars 1718) originaire de Bagnolet. La famille Maheu a été évoquée précédemment dans une branche collatérale. Comme dit précédemment, elle est la fille de Blaise Maheu, qui a épousé en premières noces Magdeleine Frémy dont la cousine est Denise Beaufils (fille de Marie Frémy) qui, elle, a épousé Josse Chaudron, l’oncle de Leu. Leu est le neveu de Louis qui a épousé, en secondes noces, Magdeleine Maheu, sœur de Blaise Maheu. L’épouse de Leu est donc, déjà, un membre par alliance des Chaudron. Ils auront 6 enfants :
Prénoms des enfants Chaudron Gilles, av. 1693- 14 sept. 1730 Élisabeth Pierre, 1694-av. 1742 Marie Anne*, 1696-6 fév. 1732 Leu*, 1696-apr. 1732 Marie Marguerite,1700-apr. 1772 Noms des conjoints, Dates de mariage11 Marie Marguerite Boudin && Marie Jeanne Pivin Jacques Gilbert Noël av. 1749 Marie Claude Falantin Michel Leroy 14 janv. 1719 Marguerite Boudin Professions vigneron, jardinier Mtre jardinier jardinier, Mtre jardinier Mtre meunier compagnon charpentier Mtre jardinier

Nicolas Jouvet, …-av. 1772 31 oct. 1719 * Ils sont de faux jumeaux. À cette époque, il était très rare que des jumeaux survivent à l’accouchement et surtout ne meurent pas en bas âge.

Leu est déclaré sous plusieurs professions, Mtre plâtrier, marchand de vins, cabaretier et vigneron à Belleville : - le 19 septembre 1700, des parents accompagnent un membre de leur famille : « lesquels pour favoriser ldt Simon Robineau et le libérer envers Jean Drancy et Leu Chaudron, collecteurs de taille12 de la par. ddt Belleville d’une somme de 48 livres 16 sols à laquelle Simon Robineau aurait été taxé par ldts Drancy et Chaudron sur leur récolte, tant pour la cotte de taille que
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La date du contrat de mariage et/ou du mariage est inscrite dans les tableaux. D‘un point de vue administratif, la par. était l'unité fiscale. Au cours d'assemblées de par., les paroissiens intéressés devaient répartir les impôts sur chaque foyer et désigner chaque année les collecteurs.

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pour sa part du greffe alternatif des tailles, la présente année, raisons pour lesquelles et faute de paiement ldts collecteurs auraient fait procéder par voie de saisie sur plusieurs pièces de terre plantées en vignes et légumes appartenant adt Simon Robineau par exploit de Genest, sergent, du 7 des présents mois et an […] Louis Robineau le jeune, vigneron, demt en lieu de Belleville (fils) et Gabriel Boucault (gendre), jardinier, demt au Ménilmontant par. ddt Belleville » payent les frais de présentation et s’obligent solidairement à rembourser le solde en 6 paiements échelonnés de 3 mois en 3 mois. - le 20 décembre 1700, une mainlevée est donnée par « Jean Drancy l’aîné et Leu Chaudron, marchand de vins, tous 2 collecteurs de taille » à « Catherine Besnard vve de feu Pierre Richard » qui n’a pas payé toute la somme. Ils ont fait opposition sur les dettes de Charles Lambour, acquéreur du moulin de Beauregard appartenant à Catherine Besnard. Par le présent acte un arrangement est trouvé avec cette dernière et ils font une mainlevée afin que Charles puisse payer et elle sûrement rembourser ! Un acte est intéressant parce qu’il renseigne sur les modalités d’élection d’un collecteur de taille, comme Leu l’a été en 1700 ; le sien n’a pas été retrouvé, mais celui d’un précédent membre de la famille par alliance relate : « Du dimanche 24 nov. 1697 issue de la grande messe […] et célébré en l’église de St-Jean Baptiste de Belleville-sur-Sablon, annexe de St-Mérri de Paris, apr. le son de la cloche […] en conséquence de la sentence obtenue par Henry Drancy, l’un de collecteurs des tailles ddt Belleville […], ldts habitants de Belleville seront tenus de s’assembler ce dit jour pour nommer un collecteur solvable pour l’année prochaine 1698 au lieu et place d’Hilaire Bardou […] ont comparu vis-à-vis de la grande porte et hors de ldte église la plus grande et […] partie ddts habitants pour la pluralité des voix en la manière accoutumée faire élection d’un collecteur au lieu et place d’Hilaire Bardou ». S’ensuit une liste de 18 noms de participants, chacun ayant donné un nom, par exemple pour ceux dont le nom a été cité précédemment : - « Charles Bardou a nommé Charles Daube et a signé, ainsi signé Cb en la minute ; - Louis Pithouin a nommé Nicolas Rousseau et a signé, ainsi signé, L Pithouin, en la minute ; - Louis Bardou a nommé Claude Mallessart et a signé, ainsi signé Louis Bardou en la minute ; - Pierre Vitry a nommé Nicolas Rousseau et a déclaré ne pas savoir ni écrire ni signer ; - Claude Mallessart a nommé Denis Cottin et a signé, ainsi signé Claude Mallessart en la minute […] Ce fait et apr. qu’il ne s’est présenté aucun

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autre habitant pour donner sa voix à ldte élection et que le calcul a été fait ddtes voix et trouvé le plus haut en voix, la personne de Claude Mallessart ». Par rapport à un acte précédent, relatant une élection similaire, il y a peu de participants. De plus la cause de la démission d’Hilaire Bardou n’est pas évoquée. Le décompte des voix fait apparaître seulement 7 voix sur 18 pour Claude Mallessart. Le 31 juillet 1687, Leu Chaudron achète un terrain et le 14 novembre 1697 il demande un alignement. Il a fait construire sur un de ses terrains une habitation ; le couple a effectivement déménagé car le 16 mars 1702 et le 7 décembre 1709 il est écrit que : « Furent présents, Leu Chaudron, vigneron, demt à la Haute Courtille, par. de Belleville et Marie Maheu sa femme ». Les actes concernant ce terrain seront transcrits chapitre 8. Au décès de son épouse, selon l'acte du mercredi 20 avril 1718, l'élection d'un tuteur et d’un subrogé tuteur est demandée à la requête de « Leu Chaudron, vigneron demt à la Basse Courtille, rue St-Maur, par. de ce lieu de Belleville » : « Lequel nous a dit que Marie Maheu, sa femme est décédée le 23 mars dernier et lui a laissé 4 enfants mineurs, à savoir Pierre âgé de 23 ou 24 ans ou env., Marie Anne et Leu jumeaux, 22 ans ou env. et Marguerite 18 ans ou env. […]. En la chambre du conseil et par-devant […] procureur au Châtelet de la prévôté de Belleville, juge ordinaire civil criminel et de police et garde de la justice et prévôt de Belleville la Haute Courtille, la Haute Borne et autres lieux en dépendant, assisté de Philippes (ce prénom est écrit à l’époque avec un s final) Rouveau (qui est peut-être parent, car un Rouveau est lié aux Damour), notre greffier ordinaire […] ont comparu : - Leu, père ddts mineurs ; - Gilles Chaudron, enfant majeur, vigneron, demt à Belleville, frère paternel et maternel ; - Gilbert Jacques Noël, jardinier, demt fg St-Laurent et par. St-Laurent, ruelle des Récollets, beau-frère paternel et maternel ddts mineurs à cause d’Elisabeth Chaudron, sa femme. » - Simon Chaudron, marchand demt adt Belleville, oncle paternel. » - Louis Maheu, vigneron, demt à Bagnolet et Blaise Maheu, compagnon charpentier, demt Grande rue du fg et de la par. St-Laurent, aussi oncles maternels ; - Jacques Cousteux, l'aîné, vigneron demt adt lieu de Belleville, cousin maternel ddts mineurs. » Leu Chaudron, le père, est déclaré tuteur de ses enfants et Louis Maheu subrogé tuteur. Les signatures de Leu, Gilles et Simon Chaudron, Louis Maheu et Jacques Cousteux sont présentes en bas de l’acte. Il est aussi

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indiqué que Louis et Blaise Maheu ont déclaré qu’ils ne savent « ni écrire, ni signer ». Suite à l'acte précédent, le 5 janvier 1719, un acte de partage des terres cultivables, biens propres à Marie Maheu, est effectué. Il sera transcrit chapitre 8. Beaucoup plus tard sous l’autorité de « Philippe Rouveau, notaire Royal au Châtelet de Paris, établi pour l’étendue du village et la par. ddt Belleville, la Courtille […] le mercredi 22 nov. 1719 à 8 h du matin, un inventaire des biens dressé fait suite à la requête de Leu Chaudron, le père, à cause des biens qui ont été estés entre lui et sa dfte ép. ». Leu, le père, « vigneron, cabaretier, demt à Basse Courtille, rue St-Maur, par. Belleville » est présent « en son nom et comme tuteur élu en justice de son fils Leu Chaudron ». « Louis Maheu, le subrogé tuteur de Leu, fils » est présent de même que les 6 enfants : - « Gilles et Elisabeth » représentée par son époux ; - Pierre est devenu majeur et « demeure à Basse Courtille, rue de la Fontaine-au-Roi, par. St-Laurent ». Les 3 autres enfants sont encore mineurs : - Leu, âgé à présent d’environ 23 ans a toujours un tuteur ; - ses 2 sœurs « ont été autorisées de par leurs maris » ; - sa jumelle, Marie Anne est mariée à « Michel Le Roy, meunier, demt sur la chaussée de Ménilmontant, par. Ste-Marguerite ». - Marie Marguerite s'est aussi mariée avec un jardinier, « Nicolas Jouvet, demt à la Basse Courtille sur la par. St-Laurent. » Chacun des enfants hérite d'1/6e de la succession de leur mère : « ustensiles de ménage, habits, linge, hardes, vivres, or et argent, monnaies et titres […] dettes passives et actives et autres choses dépendant de la communauté de biens entre les épx trouvés dans la maison où elle est décédée et en laquelle vit ldt Chaudron. » Les effets sont estimés par « Louis Collat commissaire aux ventes en la ville et banlieue de Paris demt rue de […] et par. St-Gervais […]. En la salle basse du rez-de-chaussée servant de cuisine et de […] ayant une entrée sur la rue s'est trouvé une crémaillère, deux grands chenets, deux réchauds, une marmite garnie de son anse et de son couvercle, une moyenne poêle, deux grils à rôtir, une petite broche, deux chandeliers […], pour la somme de 6 livres […], une chaudière et un chaudron, une écumoire, une petite lampe en cuivre […], pour la somme de 12 livres […], un ustensile de vaisselle en étain […], un vieux comptoir de bois de chêne, un vieux coffre de pareil bois, deux planches servant de tablettes, un vieux garde-manger à jour par le haut et par le bas fait de bois de chêne sans serrure ni clef, une autre petite armoire, un guichet aussi en bois de chêne, une vieille table de bois de noyer, deux autres tables faites de dossier de sapin, six bancs de bois de sapin, deux barreaux […] de cabaret, une fontaine […] garnie de sa petite fontaine à robinet […], un panier à salade,

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