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Le trait en graphologie

De
246 pages
Témoignage d'un travail approfondi sur les caractéristiques graphiques dans le dessin et l'écriture, ce livre vise à apporter des éléments d'observation venant confirmer les conclusions médicales et reposant sur les notions de la constitution kretschmérienne. Cet ouvrage se veut servir de mémoire aux graphologues. Il réunit un maximum d'informations leur permettant d'apprécier au mieux la personnalité qu'ils ont à cerner dans leur pratique quotidienne.
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LE TRAIT EN GRAPHOLOGIE
INDICE CONSTITUTIONNEL

1ère édition,

Masson

1989

http://www.1ibrairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo. harmattan 1@wanadoo.fr

fr

@ L'Harmattan, 2006 ISBN: 2-296-01878-5 EAN : 9782296018785

LE TRAIT EN GRAPHOLOGIE
INDICE CONSTITUTIONNEL
PAR

Claude

Fanchette LEFEBURE VAN DEN BROEK D'OBRENAN

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique; FRANCE
L'Hannattan Hongrie Espace L'Harmattan Kinshasa Pol. et Adm. ;

75005 Paris

Kônyvesbolt Kossuth L. u. 14-16

Fac. .des Sc. Sociales, BP243, Université

L'Harmattan Italia Via Degli Artisti, 15 10124 Torino ITALIE

L'Harmattan Burkina Faso 1200 logements vina 96 12B2260 Ouagadougou 12

KIN XI

1053 Budapest

de Kinshasa

- RDC

TABLE DES MATIÈRES

Introduction:

La trace graphique, principe constitutionnel

de base. . . .

IX 1 1 2 3 4 7 7 8 Il 13 17 17 18 21 29 29 37 47

1. L'observation graphologique: pression, trait, rythme, forme. . . . .
La pression. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Le tr ait ............................................ L ' observation graphologique. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Conclusion: but et plan du livre. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
2. Graphométrie Pourquoi Graphométrie Graphométrie ............................................. ? Qu'est-ce Salce. qu'une graphométrie .... de Zubin et Lewinson française de Jacques

une graphométrie

..........................
..................... conclusion. ..... française

Étude du trait dans la graphométrie

3. Le trait selon Hegar . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Objet de l'étude du trait de Hegar, fondement des interprétations. Les éléments du trait et leurs interprétations. . . . . . . . . . . . . . . . . . . Répartition des traits, zones, liaisons dans l'espace. . . . . . . . . . . . . .

4. La qualité du trait. Significations Différentes

......................................... ................................... de la qualité du trait. ...............

générales. caractéristiques

5. Les bords du trait.

.........................................

VI

Table des matières

6. La conduite du trait, alternance rythmique des blancs et des noirs. . Généralités sur la conduite du trait: son symbolisme. . . . . . . . . . . . Blancs de l'ordonnance. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Blancs entre les mots. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Blancs à l'intérieur des mots. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Aspects du trait, interprétations. ............................

57 57 57 58 61 64

7. Rythme fondamental, tension du trait. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Le rythme fondamental de Roda Wieser. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . La tension du trait, théories neuro-physiologiques de Pophal . . . . .

75 75 79

8. Historique des constitutions, typologie de Kretschmer. . . . . . . . . . . Historique des constitutions. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Constitution psychosomatique kretschmérienne . . . . . . . . . . . . . . . .

89 89 93

9. Trait et classifications d'Hippocrate, Heymans-Le Senne, Jung. . . Introduction. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

97 97
101

Lestempéramentsd'Hippocrate-Galien. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Types caractérologiques de Le Senne. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Types psychologiques de Jung. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

108 125

10. Trait et système pulsionnel Généralités Pulsion de contact

de Szondi

.......................... de Szondi

sur le système pulsionnel

.................

C .......................................

Pulsion sexuelle S .................................. Pulsion paroxysmale P . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Pulsion du moi Sch . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

141 141 143 150 159 168

Il. Différents types de constitutions psychiatriques. . . . . . . . . . . . . . . . . Le trait dans la classification de Kretschmer. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . La constitution paranoïaque. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . La consti tu tion émotive. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . La structure obsessionnelle des anxieux. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . La personnalité hystérique et l'hystérie. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

177 178 180 182 183 185

Table des matières 12. Trait et dessin d'enfant. Le trait dans le dessin. ....... ...... .................... ..... ....................................... ............................

VII

189 191 192

Le trait dans le dessin et l'écriture.

13. Trait et typologie planétaire.

.................................

205

BIBLIOGRAPHIE.

................................................

228

INDEXALPHABÉTIQUE DESMATIÈRES. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

231

LA TRACE GRAPHIQUE PRINCIPE CONSTITUTIONNEL DE BASE

C'est à la suite des dix années passées à l'hôpital de la Salpêtrière, dans le laboratoire d'anthropobiométrie du Dr Maurice Verdun, que nous avons été amenés à entreprendre un travail plus poussé sur la validité de la trace graphique, dans la prospection des troubles mentaux chez l'enfant et chez l'adulte. En 1950, le Révérend Père Verdun, ancien interne des hôpitaux de Paris, avait été invité par le pr Georges Heuyer - « patron» de la neuropsychiatrie infantile française à l'hôpital de la Salpêtrière - à diriger un service de recherche où seraient étudiées les constitutions psychiatriques selon une méthode statistique mise au point par le pr Verdun, poursuivie et développée par le Dr René Bourdiol. Il serait trop long d'exposer ici la genèse de sa méthode. En bref, il établit, à l'aide de mensurations rigoureuses, des rapports linéaires et volumétriques entre les différents segments du corps humain. Illes soumit tous à une critique statistique serrée, en en calculant les écarts sigmatiques de façon à vérifier s'ils étaient bien caractéristiques de telle ou telle constitution et, partant de là, de telle ou telle qualité physique ou psychologique. Il en abandonna qu'il jugea peu convaincants. Il en créa de nouveaux, mais toujours à la suite de corrélations statistiques valables. Tous les trois ou quatre ans, une nouvelle statistique était effectuée sur un nombre toujours plus important de sujets, soit normaux, soit malades. Nous disposons actuellement de plus de 6 000 observations. Chacune d'elles est le résultat de deux séries d'examens complémentaires, l'une anthropobiométrique, l'autre psychotechnique. a) L'examen anthropobiométrique d'un sujet comporte toujours trois phases: - la partie purement anthropobiométrique, - la partie biométrique, - un examen neurologique complet. b) L'examen par tests comprend la « batterie» des épreuves d'intelligence

x

La trace graphique, principe constitutionnel de base

et des tests projectifs, administrés soit en ville par un de nos assistants, soit dans le service même. Nous lui avons adjoint, par la suite, une étude complète graphologique (étude du trait dans le dessin et l'écriture) et graphométrique, un relevé iridoscopique, ainsi que celui des pouls chinois. A la différence de tous nos prédécesseurs, nous ne reconnaissons pas un nombre défini de biotypes constitutionnels purs avec leurs très nombreux sousgroupes dits « cliniques ». Nous avons abouti à des séries constitutionnelles hétérogènes, dont chacune est l'un des reflets de la personnalité humaine. Chaque individu est, en effet, la résultante d'« équations» découlant de : 20 sa constitution somatique, compte tenu d'éventuelles dystrophies, 30 sa constitution sexuelle, 40 sa constitution psychologique kretschmérienne, 50 sa constitution crânienne, 60 sa prédominance ortho- ou parasympathique, 70 sa latéralisation. Succédant au pr Georges Heuyer à la tête du service de neuropsychiatrie infantile de la Salpêtrière, le pr Léon Michaux - toujours ouvert à toute possibilité nouvelle - nous demanda de bien vouloir participer aux recherches entreprises, en étudiant les caractéristiques graphiques (dans le dessin et I' écriture) des sujets examinés au laboratoire, cela afin de voir si notre examen pouvait apporter des éléments d'observation en concordance avec les conclusions médicales. Nos recherches communes s'appuyaient donc avant tout sur la notion de constitution, et tout spécialement sur les types constitutionnels répertoriés par le psychiatre allemand Ernest Kretschmer. « Par constitution, écrit ce dernier, nous entendons l'organisme considéré dans son ensemble en tant que formant une entité somatopsychique, avec une active interpénétration et une constante interdépendance de la morphologie, de la physiologie et de la caractérologie 1. » La constitution psychosomatique kretschmérienne sera étudiée en détail dans les chapitres consacrés à la psychopathologie2. Tout au long de ces années se sont accumulées les notations, les chiffrages, les corrélations qui nous ont permis de regrouper les caractéristiques principales que nous exposons ci-après. Le présent livre est destiné à servir de « mémoire» aux graphologues, en réunissant un maximum d'indications qui leur permettront de mieux « sentir» la personnalité qu'ils ont à cerner dans leur travail quotidien. Il n'a d'autre but que d'être un livre de travail que l'on peut consulter facilement et fréquemment.

10 sa constitution raciale,

1. A. Porot, Dictionnaire de la psychiatrie, Presses universitaires de France, Paris, 1969, p. 139. 2. Cf. chapitres 8 et Il.

La trace graphique, principe constitutionnel de base

XI

Nous nous excusons d'avoir fait un exposé si long; il était seulement indispensable à la compréhension de l'angle sous lequel nous avions réalisé et exposé ces travaux. Nous sommes heureux de manifester ici notre gratitude envers toutes les personnes à qui nous devons notre connaissance des sujets que nous avons traités. Nous remercions Jean et Marguerite-Marie Creagh Wyse ainsi que Jean van den Broek, qui sont à l'origine de l'illustration photographique de ce travail. Nous sommes tout particulièrement reconnaissants envers le Dr JeanCharles Gille-Maisani, dont nous connaissons tous les nombreux ouvrages, et envers Pierre Faideau, président du groupement des Graphologues-Conseils de France, d'avoir bien voulu relire ces pages, nous apportant ainsi la caution de leurs compétences.

TI

L'OBSERVATION
PRESSION, TRAIT,

GRAPHOLOGIQUE.
RYTHME, FORME

« La pression se joue entre l'écrasement et la caresse»

R. Olivaux 1
LA PRESSION

L'enfant qui, armé d'un crayon et d'un papier, se livre avec frénésie au plaisir de gribouiller découvre en lui une énergie encore indifférenciée qui ne demande qu'à se libérer: il défoule avec jubilation ses émotions de joie ou de peur. Aucune forme apprise, aucune éducation, aucune contrainte n'intervient: la trace sur le papier est une expression libre de l'énergie que l'enfant a en lui, de sa réserve de vie. Par la suite, l'éducation, les lois sociales et morales viendront canaliser, domestiquer les forces de l'enfant pour les mettre au service d'un but à atteindre. La personnalité naissante aura à se construire à partir d'un potentiel vital fondamental et d'une règle du jeu, imposée, qui viendra brimer sa plénitude de vie, limiter ses explosions, voire s'opposer à elle, mobilisant ainsi l'agressivité et la peur. R. Olivaux1 écrit que dans le gribouillis l'enfant donne la vraie mesure de son énergie: « La pression apparaît comme la toute première manifestation graphique; matière du trait elle est, avant que la forme ne soit encore. » Avec son évolution intellectuelle, sociale et morale, l'individu se verra imposer des règlements à respecter: son acte graphique s'habillera dans une forme et s'écoulera dans un but suivant un certain rythme. La pression initialement présente chez le petit enfant engendrera la forme et le rythme de l'écriture. L'individu doit se développer dans une société; pour pouvoir y vivre, il doit satisfaire aux exigences d'un certain nombre de règles collectives, nécessaires à l'existence. L'individu aura à concilier son intensité de vie, son énergie psychique et ses ressources inconscientes avec les inévitables limitations, sans lesquelles aucune réalisation n'est possible: l'énergie d'un torrent ne peut être utilisée que domptée.

1. R. OLIVAUX,« Réflexions sur la pression », La Graphologie,

n° 120, 1970, p. 29.

2

L 'observation graphologique

Un individu qui se sent brimé, entravé, limité par toutes sortes de réglementations rigides, subissant ainsi le triomphe d'une morale qui l'oblige à refouler une partie de son énergie psychique, s'avance dans la vie « corseté » dans ses principes et luttant contre l'anxiété dans une activité plus ou moins compulsive. La pression de son écriture détermine des formes contraintes, raidies et un rythme tendu et inhibé2. Si, au contraire, un individu ressent une parfaite impuissance envers ses forces inconscientes, il peut s'abandonner à l'angoisse et se laisser porter par les événements. La pression de son écriture donne alors naissance à des formes molles, au rythme sans tension, sans tonus, sans vie. Si un être humain, dans la visée d'un but qui le dépasse, est parvenu à mobiliser toute son énergie psychique, en la transformant peut-être, mais en respectant les impératifs de la société et de la morale, alors « son conscient et son inconscient, si souvent en contradiction, s'unissent dans une nouvelle orientation, une nouvelle harmonie où l'individu trouve un sentiment de plénitude »3. Cet être humain a réalisé 1'« individuation» de Jung, c'est-à-dire la découverte du « Soi ». En lui appliquant une très belle formule de François Mauriac, nous dirons qu'il est devenu« ce saint, différent de tous les autres saints, qui a pu être créé avec le meilleur et le pire de lui-même ». La trace graphique laissée par la pression exercée sur le papier est le flux vital, vibrant, rebondissant, élastique, qui soulève de vie les formes apprises de l'écriture. Klages qualifie de rythmée une telle écriture.

LE TRAIT

La pression, ou force graphique du scripteur, s'exerce par l'intermédiaire de la plume. Comme le remarque Pulver4, une composante de cette force sert à enfoncer la plume dans le papier, l'autre composante étant la force de saisie de l'appareil scriptural, laquelle force exprime la tension intérieure du scripteur. La première composante donne à l'écriture une troisième dimension; elle traduit la « libido» jungienne, c'est-à-dire la vitalité, le dynamisme instinctif, les forces créatives physiques et spirituelles, les forces de conviction et d'affirmation personnelles, la violence affective. La pression traduit aussi l'importance de la résistance surmontée. Cette résistance peut dépasser les forces de l'individu, ralentir son action, l'oppresser, l'inhiber5.

2. Cette description correspond au Moi k x. pO de Szondi. Voir F. LEFEBURE et J .-C. GILLE, ntroduction à la psychologie du Moi, éd. du Mont-Blanc, Genève, 1976, p. 114. I 3. A. TEILLARD, 'Ame et rÉcriture, Stock, Paris, 1949, p. 152. L 4. M. PULVER, e Symbolisme de !'écrilure (traduit de l'allemand), Stock, Paris, 1953. L 5. M. PULVER, p. cil., p. 234. o

Pression, trait, rythme, forme

3

Ni l'une ni l'autre de ces forces ne peut être mesurée par le graphologue qui examine un document écrit. Seul reste le trait, témoin durable de cette pression qui s'est exercée dans le passé. De l'examen du trait le graphologue devra déduire l'intensité de la pression. La force de saisie est responsable de la tension du trait. La pression d'enfoncement dans le papier s'appréciera par l'étude de la qualité et de la pâtosité du trait. La conduite du trait renseignera sur la façon dont la libido est utilisée. Le trait est le matériau vivant dont nous « tricotons6 » notre écriture. Il est aussi caractéristique d'un individu que ses empreintes digitales. Le trait est « l'essence de l'être », écrit Hegar, qui explique d'autre part? que le trait est déterminé par les couches les plus profondes de notre personnalité, et que, de toutes les parties de l'écriture, c'est la seule qui échappe à 1'« image directrice» (Lei/bi/d) de Klages. Le trait est un cours d'eau qui s'écoule entre ses berges: comment est-il canalisé? est-il vif? est-il au contraire engorgé de scories? comment l'énergie de cette eau est-elle utilisée? Le trait est un écoulement de sang à travers un vaisseau: les parois sont-elles en bon état? le sang est-il bien coloré? bien vivant? est-il au contraire délavé et dévitalisé? stagne-t-il ? ou bien joue-t-il vraiment son rôle de transporteur de vie? Le trait est une donnée constitutionnelle de l'individu: c'est le matériau énergétique de base qui lui est spécifique. L'étude du trait, primordiale dans toute étude approfondie de la personnalité, est indispensable dans le domaine de la psychopathologie, parce qu'il exprime les exigences pulsionnelles des structures mentales et corporelles, et contribue pour une part majeure à livrer la« clef» de la structure de la personnali té.

L'OBSERVATION GRAPHOLOGIQUE

L'étude du trait est indissociable de celle des autres particularités de l'écriture. Nous étudions l'écriture sous le triple aspect du TRAIT,du RYTHME, e la d FORME.Cette méthode correspond à un regroupement des genres jaminiens. Le trait La présente étude sur le trait vient reprendre et compléter l'étude de la pression faite par Crépieux-Jamin. La terminologie jaminienne a été appliquée au trait, et non plus à l'écriture; les interprétations correspondantes ont été adaptées. Analyser le trait revient à étudier la pression de Crépieux-Jamin, en ajoutant des observations cqmplémentaires.

6. G. BEAUCHÂTAUD, pprenez A

la graphologie,

Oliven, Paris, 1959.

7. W. HEGAR, Graphologie par le trait, 2e éd., Vigot, Paris, 1962, p. 18.

4

L'observation

graphologique

Le rythme Pour tout graphologue, le terme « rythme» évoque Ludwig Klages8, qui le définit comme une sorte de retour périodique, mais non identique des gestes scripturaux: c'est une continuité d'alternances variées, et grâce à cela vivantes, par opposition à la « cadence métrique» (Takt), qui est une répétition identique, quasi mécanisée. L'écriture désignale metodicamente des graphologues italiens de l'École du Père Moretti est sensiblement l'écriture rythmée de Klages. Les graphologues allemands, envisageant depuis C. Gross l'écriture sous les trois aspects du mouvement, de la forme et de la répartition spatiale, distinguent un rythme du mouvement, un rythme de la crécition de la forme et un rythme de répartition spatiale, trois composantes dont l'ensemble constitue le rythme de l'écriture. Notons au passage que d'autres auteurs emploient le terme « rythme» dans une autre acception: par exemple chez Léon Bourdel « rythme» est l'équivalent de la cadence métrique chez Klages. Nous prendrons dans ce qui suit le terme « rythme» dans un sens un peu plus général que L. Klages, y verrons l'ensemble de la dynamique du geste, le rôle joué par le « facteur temps» dans la genèse de la trace graphique. L'analyse du rythme de l'écriture recouvre l'étude des genres jaminiens vitesse, direction, continuité. Nous y ajoutons l'étude du rythme des blancs et des noirs, qui exprime le rôle de l'inconscient - richesse ou perturbation - au cours de l'action. La vitesse de l'écriture, différente de la vitesse du trait, est intimement liée aux inhibitions, parce que celles-ci freinent le mouvement. La ligne théorique que devrait suivre le tracé symbolisant la ligne de vie intérieure, la direction de l'écriture et son degré de régularité expriment comment la volonté s'exerce et se trouve entravée par les pulsions profondes. Dans la continuité jaminienne se trouvent étudiés la régularité, le degré de liaison, le retour rythmique des gestes. La plus ou moins grande régularité résulte de la lutte entre l'affectivité et la volonté, qui cherche à les maîtriser. Le degré de liaison et sa forme (que Crépieux-Jamin ne classe pas dans la continuité, mais que nous observons en étudiant le rythme de l'écriture) caractérisent la manière dont le sujet adapte ou n'adapte pas sa conduite et son action à la vie sociale, aux problèmes matériels ou intellectuels. Le rythme de l'écriture exprime comment le sujet utilise son potentiel donné par le trait, comment il maîtrise ses inhibitions, comment ni adapte son action aux circonstances. Étudier le rythme de l'écriture, c'est étudier l'equilibre de la personnalité dans sa façon d'exploiter ses réserves de force et de richesse.

8. L. KLAGES, L'Expression du caractère dans l'écriture. Technique de la graphologie
(traduit de l'allemand), 3e éd., DELACHAUX et NIESTLÉ, Neuchâtel, 1967, pp. 40 seq.

Pression, trait, rythme, forme

5

La forme Pour nous, étudier la forme de l'écriture, c'est la considérer en tant que dessin du tracé. L'écriture donne une image, un tout composé d'une façon plus ou moins esthétique, destiné à l' œil d'un lecteur9. Cette forme est choisie, en partie, par l'image anticipatricelO, c'est-à-dire que le sujet choisit un style pour créer une certaine impression. Cette forme traduit en symboles la puissance des images archétypiques qui œuvrent avec plus ou moins d'équilibre et d'harmonie dans les profondeurs de la psyché, en particulier des archétypes père et mère. Cette forme est donc en relation évidente avec le symbolisme spatial9 : symbolisme de la droite, de la gauche, du haut, du bas; symbolisme des différentes parties de la lettre, de la ligne, de la page écrite; symbolisme de la courbe, de la droite. Cette forme est étroitement liée à l'équilibre de l'individu. La forme, ainsi définie comme un tout présent statique et construit à l'intérieur d'une page blanche, englobe évidemment la forme jaminienne, mais aussi l'ordonnance, l'inclinaison, la dimension. L'ordonnance exprime comment le sujet se situe dans son cadre de vie; la dimension traduit l'importance du sentiment qu'il a de lui-même, par opposition au sentiment qu'il a de l'existence des autres. Par l'inclinaison on peut apprécier dans quelle mesure le sujet accepte (écriture inclinée) ou refuse (écriture renversée) la loi des autres. La forme que nous avons ainsi définie exprime comment le Moi se situe dans le monde social, dans le monde des objets, dans le monde des idées; comment il s'affirme, quelles sont ses prises de position, ses modes d'adaptation et de communication. Trait, rythme, forme Le potentiel de vie (le trait) et la façon dont il est utilisé (le rythme) donnent comme résultat l'attitude visible du Moi, Moi plus ou moins maturé, équilibré, présent au monde (la forme). La texture du trait ne peut être dissociée de la façon dont celui-ci est conduit. Le trait exige un rythme au sens où nous prenons ce terme: une dynamique personnelle du tracé, une organisation des forces permettant l'utilisation du potentiel individuel. Y a-t-il libération ? accumulation? Le rythme doit être conforme au type constitutionnel auquel le trait appartient. Il doit y avoir également harmonie entre le trait et ta forme, ce qui donne les prises de position et l'adaptation du Moi présent à la vie. C'est dans les contradictions de rythme et de forme avec le trait que nous trouverons une raison du manque d'unité de la personnalité.

9. M. PULVER, op. cil., pp. 15 seq. 10. L. KLAGES,op. cil., et Graphologie (traduit de l'allemand), Stock, 1949, pp. 63 à 72.

6

L'observation

graphologique

Dans le tableau qui suit, nous avons classé les genres jaminiens à l'intérieur de la classification TRAIT-RYTHME-FORME, vient d'être définie et expliquée. qui
Trait --------Potentiel vital (Etude de la pression) Qualité du trait Bords du trait Conduite du trait Rythme -----------Courant vital, intensité, efficacité Rythme blancs - noirs Vitesse Direction Continuité: - régularité, - retour rythme, cadence, - liaison: degré et forme. Forme --------.... Résultat: présence au monde Ordonnance Inclinaison Dimension Forme jaminienne

CONCLUSION:

BUT ET PLAN DU LIVRE

L'étude du trait a été conduite par l'équipe de graphométrie de Salce (Jacques Salee, Marie-Thérèse Prenat, Fanchette Lefebure), qui a pris en France le relais de la graphométrie de l'Américaine Théa Stein Lewinson. Le point de départ de ces études est la théorie klagésienne de la « libération-résistance ». Nous expliquerons succinctement dans les chapitres suivants comment a travaillé l'équipe de Salee. Nous livrerons les résultats de l'étude du trait validés par la graphométrie. Un chapitre sera consacré à Hegar dont l'étude du trait est désormais classique, mais qu'il paraît difficile de ne pas rappeler, au moins brièvement, dans un ouvrage consacré au trait. Un chapitre donnera un aperçu des théories de l'allemand Pophal sur la tension du trait et de la théorie du « rythme fondamental» de l'Autrichienne Roda Wieser. La deuxième partie du présent travail sera consacrée au trait dans les différentes typologies et dans la psychologie de Szondi. La pathologie du trait sera également abordée. Ce livre a pour propos d'être un instrument de travail destiné aux graphologues débutants et aux graphologues confirmés. Nous voudrions aider le graphologue à percevoir avec acuité, au-delà de la trace d'encre objectivement inerte laissée sur le papier, la vie de celui qui l'a tracée, avec ses richesses et son rythme propre. Le trait doit être ressenti comme un être vivant.

~
GRAPHOMÉTRIE

Pourquoi une graphométrie

? Qu'est-ce qu'une graphométrie

?

La graphologie, bien que branche de la psychologie appliquée, a longtemps suscité de la part des psychologues une certaine méfiance. L'étude d'une écriture semblait faire un appel très grand à l'intuition du graphologue, à sa sensibilité personnelle, à son art d'interprétation, à son expérience, à sa façon propre de « sentir» les situations et de comprendre le mécanisme intérieur d'un être humain. L'analyse graphologique paraissait impliquer une « divination» particulière, éloignée de toute évaluation objective et scientifique. Les fondements de la graphologie, ses principes divers d'interprétation ne paraissaient pas reposer sur une justification scientifique sérieuse. A partir de la comparaison de très nombreuses écritures entre elles et de la comparaison de leurs scripteurs respectifs, Crépieux-Jamin a dressé un inventaire fouillé d'« espèces graphiques» et émis des hypothèses sur leurs significations. Ces hypothèses étayent la graphologie classique, mais n'ont fait encore l'objet d'aucune vérification complète ni systématique. Klages et sa théorie de l'expression, Pulver et son symbolisme de l'espace ont apporté à la graphologie un support philosophique et symbolique très satisfaisant pour l'esprit, mais leurs théories n'ont pas davantage fait l'objet d'une vérification expérimentale méthodique et complète. La justification des principes d'interprétation de la graphologie est globale et a posteriori: elle réside dans la vérité des études graphologiques réalisées - encore faudrait-il préciser ce qu'est une étude juste... L'objet d'une graphométrie est de faire de la graphologie non plus un art, mais une science. Seule une évaluation quantitative des données de l'écriture permet de fonder comme science une approche psychologique intuitive. L'idée de départ est que l'écriture est le meilleur test projectif qui existe. La graphométrie se propose d'élaborer une méthode objective de dépouillement de ce test, méthode validée scientifiquement par comparaison à une population de référence et à des tests déjà reconnus. Dans l'étude graphométrique d'une écriture, l'élément subjectif de l'analyste est réduit considérablement, parce qu'il travaille sur des critères codifiés dont les résultats peuvent être introduits dans des études statistiques. La graphométrie se propose un double but: donner une base scientifique aux hypothèses d'examen et établir une technique permettant d'aboutir à des résultats constants. Il existe diverses Ecoles de graphométrie : en France, celle de Hélène de

8

Graphométrie

Gobineau et Roger Perron et de leurs successeurs l, celle de Théa Stein Lewinson aux U.S.A., enfin celle de Jacques Salee en France.

L'hypothèse de départ de la graphométrie d'Hélène de Gobineau 1 a été que
les aspects spécifiquement enfantins de l'écriture sont remplacés, au fur et à mesure du développement psychique, par des aspects de plus en plus adultes. Cela amène à définir et à étudier 37 composantes enfantines et 31 composantes adultes, et à évaluer ainsi la maturité affective et intellectuelle d'un individu. H. de Gobineau étudie également d'autres composantes graphiques permettant l'étude du comportement et de l'équilibre. Ses interprétations restent liées aux intuitions de la graphologie classique. Dans cette graphométrie, H. de Gobineau s'est attachée surtout à définir des critères de forme: l'étude de la pression est très succinte. Dans les paragraphes qui suivent, nous allons exposer en quelques mots ce qu'est la graphométrie de Théa Lewinson et ce qu'est la graphométrie de Jacques Salee, qui s'en est initialement inspiré. Les interprétations concernant le trait présentées aux chapitres 4, 5 et 6 du présent travail ont été validées par les travaux graphométriques de l'équipe de J. Salee. Graphométrie de Zubin et Lewinson2 La graphologue Théa Stein Lewinson a conduit ses travaux aux États-Unis vers les années 1940. Elle partit de la théorie de l'expression de Klages. L'hypothèse initiale est que l'écriture est l'enregistrement d'un mouvement expressif de la personnalité, lequel peut être décomposé en trois directions: la verticale, l'horizontale et la profondeur (qui correspond à la pression). Les propriétés dynamiques de ce mouvement sont chiffrables dans une échelle contractionéquilibre-détente à sept échelons. Cette échelle, orientée du pôle ( + ) de contraction au pôle ( - ) de détente, est inspirée par l'opposition libération - résistance de Klages. + 3 + 2 + 1

.. contraction

o
équilibre (norme)

-1

-2

-3
détente

..

1. La graphométrie d'Hélène DE GOBINEAU de Roger PERRONest exposée dans leur et ouvrage Génétique de l'écriture et étude de la personnalité, Delachaux et Niestlé, Neuchâtel, 1954.
2. La graphométrie de LEWINSON et ZUBIN est exposée dans leur livre: ZUBIN et LEWINSON Handwriting analysis, 1942. On trouvera de nombreuses indications dans les numéros suivants de la revue La graphologie n° 84 J. SALCE« Graphologie psychométrique» (exposé de la méthode Zubin-Lewinson) ; n° 112 T. LEWINSON« Une analyse factorielle de l'écriture basée sur une science de l'expression» ; n° 120 T. LEWINSON« Combinaison de la technique métrique avec l'analyse graphologique. »

Graphométrie

CONCENTRATION
COMPOSANTE FORMELLE ornée rétractée (contours)

I
a

b
e d

liaison contractée trait mince bordsu trait nets (sècheresse) d tension du trait

e
f

TOTAL f I (%)
COMPOSANTE VERTICALE
i

II

zone. moyenne

petite

(hauteur)

g
h

des longueurs inférieures Dgnestombantes lignes peu sinueuses

prédominance

. J
1
.

grand espace entre tea lignea

k

TOTAL
~f Il (%)
COMPOSANTE HORIZONTALE

III

é. serrée

(faible espace entre lettres' les

6. étroite (faible largeur de chaque fettre) inclinaison it gauche inclinaison constante sinistrogyrité

1 m

n
0

p

mots très espacés
marges larges

q
r

TOTAL

f 111(%)
COMPOSANTE DE PROFONDEUR

IV
S

pression forte
pression déplacée ~deliaison faible

t
U

TOTAL
f.IV (%) COMPOSANTE GLOBALE V

TOTAL
iv(O/o)

. +3 +2 +1 0 -1
-1
-j

9

e..xp AN..
3
l' a'
simplifiée

ID N

COMPOSANTE FORMELLE dilatée (contours) liaison ample

b'
C'

d'

trait large
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e'
f'

flacciditédu trait 40-

S-

r

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t --tJiro-

;3

lOi9

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:)lJ j I.,

S;

100 0/0
COMPOSANTE VERTICALE

I

II' h'

1&
--"1'

g'
i'

zone moyenne grande (hauteur) p-rédominance des longueurs supérieures lignes montantes

j'
k'

lignes très sinueuses faible espace entre les lignes ~J;L

/1
I;

:,-

c

~r

J"

r

4

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'.

S:b

,h 5,4

tS~b --1\1Io-

100 0/0
COMPOSANTE HORIZONTALE é. étal'e

III'

l' m'

é. large
inclinaison à droite inclinaison variable dextrogyrité

Il
Il

n'
0'

p'

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r'
---......

mots peu espacés
marges étroites

1-

j~

'

1

"'I

-I

It-.t -tej,o

s;q

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t.

()

sz
~100 0/0
COMPOSANTE DE PROFONDEUR

IV'.
S'

pression faible
pression incontrolée ~deliaison très fort

t'
U'

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6

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6'

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100 0/0
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COMP,OSANTE GLOBALE

Ci I
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I

()

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i

I..f --...... 113
1

2.3.'1

'

~100°/0

FIG. 1. - Graphométrie de T. LEWINSON: feuille de dépouillement.

10

Graphométrie

Lewinson et Zubin retiennent 21 éléments graphiques classés en quatre groupes. Le premier groupe détermine la « composante formelle », le deuxième la « composante verticale », le troisième la « composante horizontale », le dernier la « composante de profondeur ». Chaque élément est gradué suivant les 7 échelons de l'échelle, en fonction de critères objectifs correspondant soit à une description, soit à une mesure. Chaque case de la feuille de dépouillement (dont un modèle est donné figure 1) est caractérisée par un élément donné et par un échelon. Chaque case est partagée en quatre parties: le graphométricien hachurera zéro, une deux, trois ou quatre parties suivant que l'écriture étudiée témoignera d'une présence nulle, faible, modérée, marquée ou dominante de lettres ayant le caractère définissant la case considérée. Les observations se font sur des lignes choisies au hasard respectivement au début, au milieu, à la fin de l'écrit. Exemple: ornée + 3 +2 + 1

o

-1

-2

- 3

simplifiée

Cette première ligne de la feuille de dépouillement signifie: Présence marquée de lettres très légèrement ornées ( + 1) Présence modérée de lettres légèrement ornées ( + 2) Présence modérée de lettres normales (0) Présence faible de lettres très ornées ( + 3) ou simplifiées ( -1), ( - 2) Présence nulle de lettres très simplifiées ( 3)

Pour un échelon donné, les nombres des cases hachurées sont additionnés globalement et par « composante ». Les chiffres obtenus sont traduits par règle de trois en pourcentages. Ces derniers chiffres permettent de construire cinq courbes, une par composante plus une courbe globale. Les cinq courbes sont comparées aux courbes moyennes obtenues par l'étude des écritures d'une population d'adultes normaux, bien « intégrés », prises comme référence. Les courbes de référence sont des courbes symétriques de forme gaussienne présentant un maximum pour l'échelon 0, qui correspond au point d'équilibre. La comparaison des courbes d'individus connus et des courbes de référence a permis de justifier globalement, pour chacune des composantes, les significations qui avaient été envisagées au départ lors du groupement des 21 éléments, en utilisant les interprétations de la graphologie classique. La composante formelle indique le fonctionnement de l'individu, ses performances; la composante verticale renseigne sur l'organisation rationnelle de l'individu, c'est-à-dire sur l'équilibre entre le domaine intellectuel, et celui des émotions et des instincts. La composante horizontale représente la relation entre l'individu et son environnement. La courbe globale montre dans quelle mesure les forces et les faiblesses des différents aspects de la personnalité se compensent. Théa Stein Lewinson recherche en premier lieu le mode d'adaptation de l'individu à son cadre de vie. Dans cette graphométrie, la vitesse du tracé n'entre

Graphométrie

Il

pas en considération. L'étude de la pression est faite dans le cadre de la composante de profondeur: celle-ci porte surtout sur l'évaluation de la largeur du trait et sur la comparaison entre trait de pression et trait de coulée. Sur le plan de la rigueur scientifique, cette méthode, partant d'appréciations visuelles, présente des éléments de subjectivité.
Graphométrie française de Jacques Salce3

A partir des travaux de Théa Stein Lewinson, l'équipe Salce, Prenat, Lefebure a défini un affinement de la technique, aux environs des années 604. Les critères de Lewinson ont été repensés dans le but d'introduire une plus grande rigueur scientifique. Les échelles contraction-équilibre-détente à sept graduations ont été conservées, ainsi que le principe de regroupement des éléments graphiques en composantes donnant lieu à des courbes de fréquences. L'analyse graphométrique de Salce est un dépouillement statistique des caractéristiques des lettres d'une page écrite. Elle se fait selon une méthode distributive à partir de pourcentages précis. L'analyse graphométrique conduit à la construction de cinq courbes de fréquences. Chaque courbe a une signification psychologique bien particulière et, par comparaison à une courbe type de référence, pourra faire l'objet d'une interprétation. L'analyse graphométrique porte sur l'examen de 20 éléments de l'écriture, répartis en quatre groupes de cinq, définissant ainsi quatre composantes (voir la feuille de dépouillement figure 2). Chaque élément est gradué suivant les sept échelons de l'échelle contraction-équilibre-détente en vertu d'un critère répondant soit à une mesure, soit à une description précise. A chaque élément correspond une ligne de la feuille de dépouillement (voir figure 2) et sept cases. Dans chaque case le graphométricien écrit un nombre compris entre 0 et 100, nombre représentant le pourcentage des lettres ou des mesures de l'échantillon statistique qui répondent au critère précis de la case considérée. A l'intérieur d'un même échelon, les chiffres sont ajoutés par composante et globalement. Les totaux obtenus sont ramenés à des pourcentages qui permettent de construire cinq courbes de fréquences, dont une courbe globale. La première courbe est la courbe pulsionnelle, où s'inscrit le capital humain: sensorialité, énergie, résistance. Elle est obtenue par l'examen du trait, de sa largeur, de sa qualité, de ses bords, de son appui, de son emploi. La seconde courbe est la courbe rationnelle qui décrit l'intervention de la pensée dans le choix de la ligne de conduite. Elle correspond à l'étude des modifications de la forme par comparaison au modèle scolaire et à l'examen de la liaison: degré de liaison, liaison intra- et inter-lettres.

3. Cette méthode de graphométrie sera exposée en détail dans un ouvrage de F. LEFEBUREt de M.-T. PRENAT,actuellement en préparation. e 4. La Société française de Graphométrie et de Graphologie scientifiques a été fondée en 1965.

12
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Graphométrie -3
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I
I

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FIG. 2. - Graphométrie de J. SALCE:feuille de dépouillement.

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