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Le Valoys royal

De
71 pages

MADAME, si tost que par la publication de voz lettres, suivie n’aguères d’une prise de possession, nous avons esté certains et asseurez de la bonne nouvelle que le duché de Valoys vous estoit assigne et destiné, pour partie de votre dot, avecq les comtez de Senlys et Estampes, comme l’un de voz plus humbles et dévots subjects Valésiens, pour m’ac[V°]quitter aucunement de ma promesse, en attendant mieux, je me suis mis à extraire de mes antiquitez et recherches Valoisiennes, ce petit traitté en forme de discours Panégyrique et commendatoire des singularités du-dit Valoys, ayant choisi tout exprès et à propos cet opuscule d’entre plusieurs autres miens desseins (la plus part politicques), en signe d’esjouyssance et en espérance de participer à quelque honneur et bon heur de ceste tant heureuse et gracieuse assignation, nous portant certain présage de tout accroissement et bon succez.

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


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À propos deCollection XIX
Collection XIXest éditée par BnF-Partenariats, filiale de la Bibliothèque nationale de France.
Fruit d’une sélection réalisée au sein des prestigieux fonds de la BnF,Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes class iques et moins classiques de la littérature, mais aussi des livres d’histoire, récits de voyage, portraits et mémoires ou livres pour la jeunesse… Édités dans la meilleure qualité possible, eu égard au caractère patrimonial de ces e fonds publiés au XIX , les ebooks deCollection XIX sont proposés dans le format ePub3 pour rendre ces ouvrages accessibles au plus grand nombre, sur tous les supports de lecture.
NOTE PRÉLIMINAIRE
L’ancien pays de Valois,pagus Vadensis, pagus Vadisus, Vadensium,qui a donné son nom à la seconde branche d’une race de nos rois et joué pendant tout le moyen-âge un rôle politique assez important, devait avoir de bon ne heure ses historiens spéciaux ou particuliers. Dès la fin du seizième siècle en effet, soit en l’a nnée 1583, Nicolas Bergeron, « advocat au Parlement », donnait à ses contemporains un opuscule intituléLe Valoys Royal,lequel il exaltait les beautés et les richesses du pays, en même temps que dans les grandes qualités de ses possesseurs successifs. Quatre-vingts ans après, en 1662, le moine Muldrac, historiographe de l’Abbaye de Longpo nt, faisait éditer à son tour et presque sous le même titreLe Valois roial amplifié. Enfin un siècle plus tard, en 1764, venait Carlier, prieur d’Andresy, avec sonHistoire du Duché du Valois, en trois volumes in-4°, carte et planches. Ce dernier ouvrage, bien que devenant rare, se trou ve encore dans d’assez nombreuses bibliothèques ; mais il n’en est pas de même des précédents. Le Valoys royal, de N. Bergeron, est depuis longtemps introuvable, et le prix atteint récemment par 1 celui de Muldrac, dans une vente locale , témoigne également de son insigne rareté. Par suite, nous avons pensé qu’une réimpression de l’un de ces deux premiers ouvrages pourrait utilement s’ajouter aux « Pièces rares », dont la Société historique a entrepris la publication ; et le travail de Bergero n est celui qui nous a paru se prêter le mieux à notre projet, comme premier en date et de moindre étendue. Il forme un volume in-12, ou plutôt petit in-8 ancien, de 64 feuillets numérotés au recto seulement, soit en réalité de 128 pages. Le premier feuillet, consacré au titre et au verso duquel se trouve une dédicace « Au Roy », n’est pas numéroté ; et le dernier présente au recto, après le mot FIN, le permis d’imprimer, daté du 12 octobre 1583, tandis que son verso, formant la dernière page, est entièrement re mpli par une longue suite de corrections ou additions, avec références aux endro its auxquels se rapportent ces nombreuses modifications. mm Le texte, imprimé en caractères elzéviriens assez gros, mesure 121 de hauteur, sur mm 70 de largeur ; on y compte régulièrement 21 lignes à la page, sauf au verso du quinzième feuillet, qui en contient 22. Les signatures, dont le titre se trouve naturellement dépourvu, sont les suivantes : Aiy, Aiiy ; B, Biy, Biiy, Biiiy ; C, Ciy, Ciiy, Ciiiy ; D, Diy, Diiy, Diiiv ; E, Eiy, Eiiy, Eiiiy :F, Fiy, Fiiy, Fiiiy ;G, Giy, Giiy, Giiiy ; H. Hiy, Hiiy, Hiiiy. Enfin, ce petit volume a été édité à Paris en 1583, chez Gilles Beys, rue Saint-Jacques, « au Lis blanc » ; et nous avons pu reproduire, dans notre réimpression, la marque de ce libraire qui se trouve sur le titre de l’original. L’opuscule de Bergeron, conçu dans l’esprit et écrit dans le style du seizième siècle, laisse évidemment beaucoup à désirer au point de vue historique, et plus encore sous le rapport de la saine critique. Comme ceux de la prem ière heure, cet ouvrage est particulièrement laudatif et il relate, en outre, n ombre de légendes, sinon de fables, qui seraient absolument inadmissibles aujourd’hui. Toutefois, après avoir franchi la période nébuleuse des origines, il donne sur la topographie de l’ancien Valois, sur les faits historiques plus récents ou contemporains, des rens eignements et des détails qu’on rechercherait vainement ailleurs. Du reste, c’est u niquement à ce dernier point de vue que l’ouvrage en question et tant d’autres, même du siècle suivant, peuvent être admis aux honneurs d’une réimpression.
Comme dans les travaux de ce genre, nous avons repr oduit exactement et littéralement l’œuvre de Bergeron, mais en y ajouta nt quelques notes complémentaires ou explicatives, et de nombreux renvois pour les noms de lieux qui paraissaient difficiles 2 à identifier . L’orthographe de l’édition primitive a été scrupuleusement respectée, nous bornant, à 3 l’exemple de notre érudit devancier , « à rétablir les U et les V, les ! et les J, là o ù ils doivent se trouver, à mettre des accents et à remplacer la ponctuation ancienne par la 4 moderne ». En outre, nous avons continué la double pagination adoptée dans la réimpression de nos Pièces rares, indiqué les références à la pagin ation de l’édition originale par des chiffres gras entre crochets, et fait disparaître la longue série deserrata etaddenta, en opérant les corrections ou additions dans le corps de l’ouvrage même, de manière à donner autant que possible un texte exempt de toute erreur ou omission. L. PLESSIER, Président de la Société historique de Compiègne. 12 Décembre 1907.
er 1de la Vente Bibliothèque Archéologique du Comte de Marsy — 25 novembre au I décembre 1900 — . Un exemplaire de l’ouvrage de Muldrac, dem. rel. chag. rouge.avec légères mouillures,fut vendu 281 fr., non compris les frais d’adjud ication et de y commission, soit au total la somme excessive de 320 fr. au moins !
2excellent confrère, M. le chanoine Morel, a bien voulu nous aider de sa grande Notre expérience dans ce travail d’identification ; nous sommes heureux de pouvoir le remercier publiquement de son extrême amabilité.
3le comte de Marsy, ancien Secrétaire de la Société historique, qui a pris l’initiative M. de la reproduction de nos Pièces rares »par la réim pression duSéjour Royal de Compiégne,de Charpentier.
4Séjour Royal,note préliminaire, page 233.
Nicolas Bergeron
Le Valoys royal
AU ROY, SIRE, en magnifiant mon pays de Valoys, J’exalte aussi le nom, les armes et les loix De vostre sang Royal, bien qu’en peu de parolles : Fondées toutesfois sur si riche subject, Que l’on peut aisément de ce petit project Tirer et enrichir infinité de rolles.
LOUANGE DU VALOYS
1 A LA ROYNE DE NAVARRE DUCHESSE D’ICELUY, ETC.
MADAME, si tost que par la publication de voz lettre s, suivie n’aguères d’une prise de possession, nous avons esté certains et asseurez de la bonne nouvelle que le duché de Valoys vous estoit assigne et destiné, pour partie de votre dot, avecq les comtez de Senlys et Estampes, comme l’un de voz plus humbles et dévots subjects Valésiens, pour m’ac[V°]quitter aucunement de ma promesse, en atten dant mieux, je me suis mis à extraire de mes antiquitez et recherches Valoisienn es, ce petit traitté en forme de discours Panégyrique et commendatoire des singularités du-dit Valoys, ayant choisi tout exprès et à propos cet opuscule d’entre plusieurs a utres miens desseins (la plus part politicques), en signe d’esjouyssance et en espérance de participer à quelque honneur et bon heur de ceste tant heureuse et gracieuse assignation, nous portant certain présage de tout accroissement et bon succez. Et bien que je confesse qu’en dressant ce livret à l’exemple d’Ulysse. Isocrate, Lysie et autres philo patrides, ou amoureux de leur patrie, j’ay esté aucunement esmeu de la commune et naturelle affection dont [3] parle le poète :
Nescio qua natale solum dulcedine Cuntos Ducit et immemores non sinit esse sui.
Je ne sçay par quelle douceur Le lieu de sa naissance allie Chacun à luy porter honneur Et ne permette qu’on l’oublie,
Si puis-je protester, en saine conscience, que j’ay esté principalement incité du zèle et dévotion de vray et naturel François, mon intention n’ayant tous jours tendu à autre but, que de faire par ce moyen quelque monstre et preuve du service aggréable que je doy à la majesté de mon Roy ; et par conséquent m’estudie r de complaire à toute la race et famille très-loyale et Royalle de Valoys, et singulièrement (Madame) à vostre grandeur et dignité, qui avez un vray fleuron de ceste triple f leur de lys [V°] de France, enraciné naturellement en vostre cœur et qui, doit chasque jour, acroistre et fleurir par le moyen du sainct lien de vostre mariage, Dieu vous ayant f ait compagne et consorte d’un des plus généreux, beaux et sages princes Français qui se puissent souhaitter. Si quelqu’un m’objecte le dire du poète :
In tenui labor. C’est perdre son labeur en chose fort petite,
Je respondray de mesme :
at tennis non gloria, si quaNumina lœna sinant, auditque vocatus.Apollo, etc. Mais petite n’est pas la gloire qu’il mérite, Si désastre ou malheur n’empesche nostre cours, Et si nostre Apollon, prié, vient au secours.
1Marguerite de Valois, fille d’Henri II, mariée le 19 août 1572 au roi de Navarre, Henri de Béarn, instituée duchesse de Valois le 8 juillet 1583.