Le vrai coût du Sida

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De plus en plus, le SIDA devient une cause, aussi bien qu'un symptôme de pauvreté et d'inégalité. D'autres maladies affectent beaucoup plus de gens, mais aucune ne dispose de la même capacité à se développer aussi implacablement que le SIDA. Et à cause de la longue période d'incubation du VIH, c'est seulement quand le virus s'est profondément enraciné que l'on se rend compte des coûts humains et économiques de l'épidémie. Cette caractéristique fait qu'il est difficile de convaincre les individus et les Gouvernements de prendre des mesures préventives. Le VIH et le SIDA ont deux autres caractéristiques mortelles. Ils s'attaquent à la partie la plus productive de toutes les populations : les individus âgés de 20 à 45 ans, et ils se nourrissent de la pauvreté. Environ 80% des cas identifiés à ce jour le sont dans des pays en développement. Et les habitants, les plus pauvres de ces pays - notamment le femmes - figurent en bonne place parmi les personnes les plus exposées au risque d'infection. Quels sont les facteurs sociaux et physiques qui permettent au virus de se propager si rapidement ? Quel sera l'impact sur la main d'oeuvre et la production industrielle d'un pays ? Quelles conséquences l'épidémie entraînera-t-elle pour l'agriculture et la capacité de nourrir la population d'un pays ? Quel est le coût potentiel de la pandémie ? Quel est le coût de la prévention ?
Publié le : vendredi 1 janvier 1993
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EAN13 : 9782296279971
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LE VRAI COÛT DU SIDA

OUVRAGES PUBLIÉS PAR PANOS PARIS :

Sida l'épidémie raciste, Renée Sabatier, PanosL'Harmattan, 1989, 223p. Ça presse au Sahel, PANOS-UJAO, 1990, 37P. L'état de la presse en Afrique de l'Ouest francophone, Panos-UJAO, 1990, 125p. Presse francophone d'Afrique: vers le pluralisme, PanosUJAO/SEP, L'Harmattan, 1991, 280p. Libérer la parole paysmme au Sahel, Françoise Havelange, Panos-L'Harmattan, 1991, 126p. L'agroforesterie en Afrique, Paul Kerkof, PanosL'Harmattan, 1991, 254p. Sida, une triple menace pour les femmes, PanosL'Harmattan, 175p. Quand les pauvres du Sud s'autofinancent, PanosL'Harmattan, 1991, 157p. Le Tchad réel, Panos/UJT/Cefod, N'Djamena, 1992, 125p. Les el~fants du Sahel, Sophie Bessis, Panos-UnicefL'Harmattan, 1992, 175p.

@ L'Harmattan/Panos, 1993 ISBN: 2-7384-2035-4

LE VRAI COÛT DU SIDA
UN NO UVJEA U D JÉJFJ[ AU DJÉVJELOPPJEMJENT

Institut Panos

Editions L'Harmattan
5-7, rue de l'Ecole-Polytechnique 75005 Paris

REMERCIEMENTS L'institut Panos tient à remercier les nombreuses personnes et organisations à travers le monde qui l'ont aidé à réaliser ce dossier. De nombreuses personnes citées dans ce livre nous ont communiqué de précieuses informations, ou nous ont aidé à retravailler le texte initial. La place nous manque pour les remercier tous nommément, mais nous tenons à citer: Martha Ainsworth, Maxime Ankrah, Mike Bailey, Tony Barnett, Patrick Brenny, Rodolfo Bulatao, Simon Burne, Charles Cameron, Ian Campbell, Michel Carael, James Deane, Monica Dolan, Don Edwards, Steven Forsythe, Susan Foster, Geoff Garnett, Bob Grose, Pamela Hartigan, Barbara Heinzen, Sue Lucas, Claudia Garcia Moreno, Daniel Nelson, Elizabeth Ngugi, David Norse, Maura ODonohue, Mead Over, Jane Rowley, Peer Sieben, Alan Whiteside, ainsi que des membres des organisations suivantes: l'association brésilienne inter-disciplinaire de lutte contre le SIDA, ACORD, Care, Concern, Global AIDS Policy Coalition, Save The Children Fund, la Banque Mondiale, l'OMS et World Vision.

La presse et les organisations à but non lucratif sont autorisées à produire gracieusement des extraits de ce texte sans obligation d'en faire référence. Panos apprécierait néanmoins de recevoir les coupures de documents se référant à Le vrai coût du SIDA. Le vrai coût du SIDA a été publié grâce au soutien du ministère danois des Affaires étrangères, de la Coopération suisse pour le développement (DDA), de CAFOD et de Redd Barna (Save the Children Norvège). L'unité SIDA et Développement de Panos est également soutenue financièrement par l'autorité suédoise pour le développement international et la fondation Ford. Cette unité délivre une information indépendante et accessible sur les implications du VIH et du SIDA sur le développement et travaille avec d'autres partenaires, notamment dans les pays en développement en vue d'accroître leur capacité à témoigner sur la maladie.

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Les opinions exprimées dans ce document n'engagent aucunement les agences donatrices. De même, les articles signés ne reflètent aucunement les points de vue de Panos ou des agences donatrices. A moins que ce ne soit spécifié, aucune des personnes mentionnées dans ce texte n'est supposée être séropositive. Ce document a été élaboré grâce aux recherches documentaires de Martin Foreman et Fiona Belton. Il a été écrit par Martin Foreman et Olivia Bennett, avec Michele Karam. Les autres auteurs sont cités lorsque leurs contributions apparaissent dans le texte. Traduit de l'anglais par Karim Miské et le Dr Bernard Topuz

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L'INSTITUT

PANOS PARIS

1°) L'institut Panos est une organisation internationale non gouvernementale. Il a été fondé en 1986 par le biologiste et journaliste Jon Tinker. La mission de Panos est de renforcer, notamment au Sud, les capacités d'information et de débat démocratique pour le développement soutenable. Pour ce faire Panos développe des programmes géographiques, (en Afrique, Asie et Amérique latine), des programmes thématiques (Environnement, Sida, etc.). En outre Panos réalise et diffuse des produits d'information (revues, livres, dossiers de presse, sons radio). Chaque institut Panos (Londres, Washington, Paris, et bientôt Tokyo) a ses propres statuts, son conseil d'administration et son budget. Chaque institut adhère à Panos international qui est essentiellement une instance de coordination, d'échanges et de recherche de synergies entre des aires géoculturelles différentes. 2°) Panos Paris a été créé en 1988. Il fonctionne sous le régime de la loi française 1901 sur les associations. a) Le programme géographique de Panos Paris s'est d'abord concentré sur la région sahélienne. Il s'étend progressivement à d'autres pays d'Mrique de l'Ouest. Ce programme comporte deux volets: un volet information environnement et un volet pluralisme de l'information. Ces deux volets sont inséparables. Dans la région considérée, et s'agissant d'environnement, l'information et les débats publics indispensables à la prise de conscience sont fortement hypothéqués, et par la faiblesse des medias existants, et par leur dépendance du pouvoir politique. Jusqu'à un passé récent, à de rares exceptions près, il n'y avait de journaux que gouvernementaux et les journalistes étaient des fonctionnaires. Les activités peuvent être d'ampleur nationale ou régionale. Pour l'essentiel, elles sont conçues et réalisées avec des journalistes

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(correspondants), professionnelles.

des entreprises

de presse et des associations

Elles peuvent concerner l'ensemble des medias. Avec, dans une première phase, une prédilection pour la presse écrite et, dans un deuxième temps, une préoccupation particulière pour la radio. Animation, formation, recherche et appui institutionnel constituent les quatre volets des activités réalisées et en cours. b) Intitulé "Migrations et coopération internationale", le principal programme thématique de Panos Paris a débuté en 1990.
Il s'inscrit dans l'espace Nord-Sud. Espace traversé par de profondes inégalités socio-économiques et différences culturelles. Beaucoup estiment que pour faire baisser la menace de la pression migratoire, il faudrait du plus et du mieux en matière de coopération.

Il se trouve que, par le biais, les immigrés du Sud en Europe apportent déjà une contribution au développement de leur pays d'origine. Cette contribution mérite d'être valorisée, prise en compte et au Nord et au Sud, par les autres acteurs de la coopération,(villes, collectivités territoriales, ONG, pouvoirs publics) et plus largement, par les opinions publiques. En lien notamment avec ses homologues de Londres et de Washington, Panos Paris réalise quelques activités relatives à la prévention du SIDA par l'information, la formation, et les publications. c) Enfin Panos Paris réalise et diffuse des produits d'information. A de rares exceptions près (par exemple, un court métrage en français et en anglais de 13 minutes sur l'émergence du pluralisme dans la presse africaine, co-produit avec AITV et largement diffusé sur les écrans africains), il s'agit de coproduction. Les produits sont écrits ou sonores (radio). Panos Paris réalise et diffuse divers rapports d'activités et comptes rendus. Surtout, Panos Paris encourage par divers biais la production/diffusion d'informations par la presse africaine. Rubriques et suppléments:

Panos Paris fournit un appui (financier) à des journaux indépendants africains désireux de réaliser une rubrique mensuelle, des supplémenrts ou des numéros spéciaux environnement (avec spécialisation d'un de leurs journalistes). 7

Huit journaux indépendants reçoivent des appuis de ce genre dans six pays (Bénin, Sénégal, Mauritanie, Mali, Niger, Burkina Faso). Radio: Panas Paris a mis en place un réseau de 25 journalistes africains (surtout au Sallel, en Afrique de l'Ouest, mais aussi en Afrique centrale et du Sud). Ces journalistes environnement. produisent des sons et des émissions

Ces éléments sont diffusés par divers biais: * Sur les radios africaines locales; * Sur RFI : une rubrique hebdomadaire Panas est diffusée en français auprès de 24 stations de radio africaines (publiques et privées). * Enfin, depuis février 1993, Panas diffuse une partie de ces éléments sur divers réseaux des radios associatives du Nord francophone. * A la même date, un magazine mensuel de 20 minutes, réalisé avec les immigrés originaires de Kayes (Mali) sera diffusé par la radio rurale de Kayes.

INSTITlIT PANOS 53, rue de Turbigo 75003 PARIS tél : 42 71 2021 Fax: 42 71 21 55 Antenne de Dakar 20, rue Mohamed V B.P. 21132 DAKAR-PONTY Tél: (221) 22 1666 Fax: (221) 22 17 61

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Introduction
En mars 1987, l'institut Panas a organisé une réunion à Talloires, en France, à laquelle ont participé des dirigeants d'agences d'aide au développement. Objectif de la rencontre: les persuader de prendre le SIDA plus au sérieux [1]. A leur arrivée, la plupart de ces chefs d'agences ne voyaient le SIDA que comme un problème sanitaire parmi d'autres: une maladie qui accaparait les gros titres de la presse et semblait se répandre rapidement dans certaines parties de l'Afrique et des Caraïbes. A leur départ, la plupart d'entre eux étaient convaincus que le SIDA était à même de mettre à mal une bonne partie des résultats obtenus dans le domaine du développement du Tiers-Monde. Cinq ans après Talloires, le SIDA commence à mettre ses menaces à exécution. Une fois encore, il y a urgence à attirer l'attention sur le versant développement de la maladie, plutôt que sur ses aspects plus strictement sanitaires. Mais pourquoi faire tant de bruit autour du SIDA? Après tout, il ne tue qu'environ 100 000 personnes par an à travers le monde. Ce qui est vraiment peu comparé au million de décès annuel causé par le paludisme, aux 3 millions de la tuberculose, aux 4 millions des maladies diarrhéiques, aux 5 millions du cancer et aux 12 millions environ dus aux maladies cardiaques et cardio-vasculaires [2]. Alors, pourquoi devrait-on ressentir le SIDA comme une telle menace ? Il Y a de nombreuses raisons à cela. Premièrement, la nature du VIR - le virus responsable du SIDA - est particulière: le SIDA est principalement transmis lors des rapports sexuels. Etant donné que peu de sociétés parlent ouvertement et de façon sincère du sexe, il est difficile de discuter du SIDA. Et vu que le sexe est une activité très privée, la transmission du VIR est difficile à contrôler. Le VIR ne cause en lui-même aucune maladie. Au lieu de cela, ce virus réduit progressivement les capacités de résistance de l'organisme aux autres agents infectieux. Et ce sont ces autres infections qui provoquent la maladie et la mort. Beaucoup de cas de SIDA sont

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officiellement enregistrés comme pneumonie, tuberculose ou diarrhée. C'est comme si l'on disait qu'une personne renversée par une voiture est morte d'bémoffilgie ou de commotion cérébrale. La médecine s'est jusqu'à présent montrée singulièrement incapable de nous défendre contre le VIR. Il n'existe aucun vaccin protégeant contre l'infection, et aucun traitement pouvant soigner les personnes infectées, bien que certains médicaments très chers puissent, au prix de nombreux effets secondaires, ralentir les progrès de la maladie. Et, une fois que le SIDA est déclaré, il semble qu'il soit invariablement fatal. La deuxième raison de prendre le SIDA tellement au sérieux, c'est son extraordinaire capacité à se répandre. En 1992, environ 100000 personnes sont probablement mortes du SIDA dans le monde entier, et d'ici la fin du siècle, on s'attend à ce que le nombre de morts annuel dépasse les 400 000. Qu'il s'agisse du paludisme, de la tuberculose, des troubles cardiaques ou du cancer, aucune autre maladie ne connaît ou n'est susceptible de connaitre une croissance aussi rapide. D'ici l'an 2000, on pense qu'au moins 40 millions (et peut-être jusqu'à 100 millions) de personnes seront infectées par le VIH. La troisième raison de prendre le SIDA tellement au sérieux est la longue période d'incubation qui sépare l'infection de la maladie. En moyenne, il faut compter dix ans pour qu'une personne infectée par le VIH développe le SIDA. Durant l'incubation, elle ou il montrera peu ou pas du tout de symptÔmes, mais pourra infecter d'autres personnes. Une aussi longue période d'incubation s'observe rarement dans d'autres maladies humaines, et elle signifie que des changements dans les taux de transmission du VIH n'auront pas de conséquences visibles avant dix ans. L'intervalle entre la cause et l'effet est tellement grand qu'il est extrêmement difficile de persuader les individus ou les gouvernements de prendre la pandémie au sérieux. Les gens qui meurent aujourd'hui sont ceux qui ont été infectés voici dix ans. Les résultats de quelque action que nous entreprenons maintenant pour réduire la transmission ne seront pas visibles avant le siècle prochain. Quatrième raison pour laquelle le SIDA est plus dangereux que bien des affections plus répandues: il s'attaque à la population active. Certaines maladies - les oreillons ou la diarrhée, par exemple frappent surtout les nourrissons et les enfants; d'autres, comme les troubles cardiaques et le cancer, affectent principalement les personnes âgées. Mais, comme le VIH est essentiellement transmis par voie sexuelle, le SIDA tue surtout des gens âgés de 20 à 49 ans. Un accroissement majeur du nombre de morts dans ces classes d'âge, les plus productives de la société, entraînera des conséquences économiques et sociales bien plus importantes que des morts d'enfants ou de personnes âgées.

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Dans le Tiers-Monde plus qu'ailleurs, il est devenu de plus en plus clair au cours des cinq dernières années que le SIDA ébranle les fondements mêmes du développement. Quasiment tous les secteurs des économies nationales en seront affectés - selon des modalités que l'on ne peut à l'heure actuelle pas toujours prévoir. Ce dossier cherche à faire la lumière sur ce que seront les effets du SIDA, sur les moyens d'en réduire la portée, et sur la manière de se préparer à affronter ceux des effets qui sont inévitables.

Le coût pour le développement
La diminution de l'incidence des maladies, y compris dans les pays les plus pauvres, a été l'une des grandes réussites des quatre dernières décennies. La pandémie du SIDA risque non seulement d'arrêter ce progrès, mais également d'inverser la tendance. L'espérance de vie pourrait ainsi se mettre à chuter dans certains pays. La plupart des épidémies, de la grippe à la peste noire, tuent surtout les plus fragiles - particulièrement les plus jeunes et les plus vieux. Le VIH n'est nullement respectueux de la survie des individus en meilleure santé. En fait, ce virus qui frappe le plus durement les jeunes adultes actifs pourrait être décrit comme l'assassin des individus les plus en forme. Le VIH laisse derrière lui une population dont les chances de s'en sortir sont diminuées, car elle a perdu ses couches les plus productives. L'éducation est à la fois une pierre angulaire du développement et une manière de mesurer son succès. Particulièrement dans les premières phases de l'épidémie, le SIDA tend à affecter de façon disproportionnée les personnes les plus qualifiées et les mieux éduquées. Ainsi, ne serait-ce que pour maintenir les effectifs existants d'infirmières ou d'ingénieurs, par exemple, il faudra dépenser de plus en plus d'argent. Alors que l'épidémie de SIDA se développe, elle a tendance à s'attaquer de préférence aux personnes les plus pauvres et désavantagées. Là encore, l'éducation souffre: les enfants qui doivent s'occuper de parents malades ou dont la famille n'a plus les moyens de payer la scolarité ne vont plus à l'école. N'importe quelle communauté a besoin d'avoir confiance en elle pour se développer. Le SIDA, grave épidémie qui sème le désespoir et la pauvreté, peut saper le processus de développement. D'autre part, des communautés déjà pauvres sont souvent trop préoccupées par la satisfaction de leurs besoins immédiats pour s'inquiéter sérieusement d'une maladie dont les effets sont prévus pour dans dix ans. Dans les zones rurales du Tiers-Monde, il est probable que l'augmentation des

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taux d'infection s'accompagnera d'une baisse de la production alimentaire. Les niveaux de couverture nutritionnelle seront probablement amenés à chuter et les quantités de nourriture fournies aux villes risquent de décliner. Les productions de cultures de rente sont également susceptibles d'être affectées, réduisant la capacité des gouvernements à financer les importations de nourriture. L'industrie aussi est menacée. Des pénuries de personnel peuvent entraîner une augmentation des coûts salariaux, et les employeurs risquent de devoir faire face à une augmentation vertigineuse des frais médicaux, ainsi qu'aux coûts de formation des nouveaux employés. Le témoignage fourni par ce dossier suggère que les conséquences du SIDA seront bien plus complexes qu'on ne l'imaginait auparavant. Le tableau est incomplet, et continue à reposer trop fortement sur des études effectuées en Afrique centrale et orientale. Néanmoins, si les mesures prises pour contenir l'épidémie sont insuffisantes, il est possible que le SIDA affecte d'autres parties du monde aussi gravement que l'Afrique. Certains pourraient trouver ce tableau déprimant et démotivant. Il serait insensé et peu perspicace d'avoir ce genre de réaction. Il y a au moins trois raisons d'estimer qu'il est nécessaire de mieux comprendre quels sont les effets du SIDA sur le développement. Première raison: une mesure des coûts réels d'une grave épidémie de SIDA fournit le meilleur argument pour tenter de la freiner. La médecine ne nous a pas encore donné les outils permettant d'arrêter la diffusion du VIH, mais nous savons comment la ralentir essentiellement en transformant le comportement sexuel. Les bénéfices financiers à retirer du combat contre le SIDA sont considérables. Il a été calculé que 100 millions de dollars dépensés dans des activités de lutte contre le SIDA en 1991/92 en Thaïlande pourraient finalement aboutir à éviter la contamination de 3,5 millions de personnes, et à économiser 5,1 milliards de dollars. Dépenser I dollar aujourd'hui pour en économiser 51 plus tard semble plutôt être un bon investissement [3]. Second argument: porter un regard réaliste sur les conséquences probables du SIDA nous permettra de prendre, dans les domaines de la santé et du développement, des mesures contre les facteurs favorisant la propagation du VIH. Nous pouvons tenter de mettre l'accent sur le développement rural et réduire l'exode vers les villes; de renforcer les mécanismes d'entraide communautaire; de s'assurer que l'éducation sanitaire aborde de front les sujets sensibles concernant les maladies sexuellement transmises; de réduire la pauvreté et l'inégalité sur lesquelles le virus prospère; de réduire le manque de contrôle qu'ont de nombreuses femmes sur leur propre vie sexuelle, de façon à ce qu'elles puissent réellement choisir des rapports sexuels sûrs.

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Troisième argument: connaître les effets probables de la pandémie nous permettra de prendre des mesures pour en alléger la charge ou apprendre à vivre avec. Nous pouvons élaborer une politique agricole qui prenne en compte la diminution du temps disponible pour le travail et la réduction de la main-d'oeuvre qui affecteront les fermiers. Pour pallier ces problèmes, on peut par exemple adopter des variétés de cultures demandant un travail moins intensif. Nous pouvons nous préparer aux bouleversements sociaux causés par le SIDA; particulièrement en étant attentifs aux effets de l'épidémie sur les enfants - dont beaucoup seront orphelins - et procéder à des ajustements du système scolaire, de façon à ce que les enfants qui devront s'occuper de parents mourants puissent avoir du temps libre. Réfléchir aux effets probables sur le développement du SIDA ne va pas les faire disparaître. Mais cela devrait nous permettre d'améliorer notre manière d'y faire face. Le prix à payer pour le SIDA est très élevé, et jusqu'à présent il est resté en grande partie caché. Ce dossier est destiné à faire largement connaître les coûts cachés du SIDA. Il existe des moyens de réduire ces coûts, si nous agissons à temps. Et si nous connaissons le montant à l'avance, nous trouverons peut-être plus facilement des moyens pour régler l'addition. Jon Tinker président de l'institut Panos

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CHAPITRE 1

La pandémie du VIH
La rapide diffusion du virus d'immuno-déficience humaine (VIR) à travers le globe au cours de la dernière décennie est inextricablement liée à la pauvreté et à l'impuissance qui sont le lot commun de la majorité de la population mondiale. Les aiguilles non stériles et le sang contaminé jouant un rôle mineur dans la propagation du SIDA, la diffusion du VIR se fait essentiellement par voie sexuelle. La présence généralisée de maladies sexuellement transmises (MSn non soignées facilite la transmission du VIR et peut constituer un facteur accélérant le développement du Syndrome d'Immuno-Déficience Acquise (SIDA). Changer fréquemment de partenaire sexuel - attitude qui est pour beaucoup de femmes la conséquence d'un bas statut social et économique, plutôt qu'un choix -accroît les risques de contracter le virus. Les pays les plus touchés - pour la plupart situés dans le TiersMonde - sont ceux qui disposent des ressources les plus restreintes pour faire face aux effets de l'épidémie du SIDA ou pour en limiter l'extension.

Que

mesure-t-on?

Pour évaluer l'ampleur de la pandémie, on a généralement procédé à l'addition des statistiques sur le SIDA fournies par les ministères de la santé à l'Organisation Mondiale de la santé (OMS). Cette méthode est trompeuse, d'une part car les chiffres utilisés sont cumulatifs et incluent non seulement les malades d'aujourd'hui, mais aussi ceux qui sont morts du SIDA depuis que la maladie a été identifiée pour la première fois [1], et d'autre part car tous les cas de SIDA ne sont pas déclarés. En effet, les médecins n'examinent pas tous les malades du SIDA, Hleur anive de ne pas diagnostiquer le mal et les moyens administratifs et financiers nécessaires à l'enregistrement de tous les cas diagnostiqués peuvent faire défaut. L'OMS estime donc 15

qu'l,? million d'adultes ont développé un SIDA, ou en sont morts avant juillet 1992. Ce chiffre semble plus réaliste à l'organisation que les 500000 déclarés officiellement [2]. Même en tenant compte de ces facteurs, il est trompeur de décrire la pandémie en se contentant de compter les cas de SIDA. En se concentrant sur les personnes qui sont tombées malades, on ne tient pas compte de celles qui, bien qu'infectées n'ont pas encore développé des symptômes définissables comme ceux du SIDA. A travers le monde, il y a peut -être dix fois plus de personnes séropositives que de gens ayant développé le SIDA, et en Asie du sud et du sud-est, où le virus est répandu depuis moins longtemps qu'ailleurs, on compte au moins cent fois plus de séropositifs que de malades du SIDA. Chaque porteur du VIH est infecté en permanence, peut infecter d'autres personnes et peut-être quasiment certain dedévelopper des symptômes du SIDA puis d'en mourir. A cause de l'intervalle - évalué en moyenne à dix ans - qui s'écoule entre la contamination par le VIH et l'apparition de la maladie, définir la pandémie en se limitant au SIDA déclaré revient à décrire une situation passée et donne une faible idée de l'extension connue aujourd'hui par le mal. Le seul moyen de déterminer l'ampleur de l'épidémie est d'estimer le nombre de personnes infectées actuellement.

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L'état

de la pandémie

dans le monde

Les autorités s'accordent à dire que c'est le VIH et non le SIDA qui constitue une véritable pandémie. On estime que jusqu'à 12 millions d'adultes (plus de 6 millions d'hommes et 5 millions de femmes) sont contaminés par le VIH à travers le monde. Cela représente un adulte sur deux cent cinquante dans le monde entier. 1 million d'enfants avaient contracté le virus au début de l'année 1992. A la même date, plus de 80% de tous les cas recensés l'étaient dans les PVD [3], avec des taux d'infection atteignant un adulte sur dix dans certaines communautés. La voie sexuelle étant la plus courante pour la transmission du VIH, la grande majorité des personnes 17

séropositives sont âgées de 15 à 44 ans. Du fait de la transmission de la mère à l'enfant, le nombre de femmes contaminées a d'importantes répercussions sur le nombre d'enfants qui naissent séropositifs. Actuellement, les taux de séropositivité et le rapport entre le nombre de femmes et d'hommes infectés varient considérablement d'une région du monde à une autre (voir la carte).

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En 1992, on considérait que 70% à 75% des contaminations par le VIH dans le monde entier s'étaient produites lors de rapp011s sexuels homme-femme. Les autres formes de transmission étaient estimées comme suit: 5% à 10% par les rapports sexuels entre hommes; 3% à 5% par les u'ansfusions sanguines; 5% à 10% par l'injection de drogues et 5% à 10% par la transmission de la mère à l'enfant [4]. Ces chiffres ne sont pas figés. La proportion de cas dus à la transmission hétérosexuelle continue à augmenter alors que celle des contaminations causées par le sang contaminé ou les produits sanguins continue à décliner.

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Différents

types de contagion

Bien qu'à travers le monde, la transmission du VIH se fasse principalement par voie hétérosexuelle, la manière dont l'épidémie s'est développée fait que l'on constate des variations régionales. Dans les pays industrialisés d'Océanie, d'Amérique du nord et d'Europe occidentale, le SIDA touche surtout les hommes qui ont des rapports sexuels avec d'autres hommes et les personnes qui s'injectent des drogues. Le taux de contamination par voie homosexuelle a diminué de façon significative depuis le début des années quatre-vingt, alors que la transmission hétérosexuelle augmente lentement [5].

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Nombre de cas d'infection 100000 adultes (approx.) :

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Amérique du Nord: 425 AmériquelatineetCarllibes:470 Europe et Eurasie: 100 Maghreb et Moyen-orient: 33 Afrique sub-saharienne : 2725 Asie orientale et Pacifique (y compris la Chine): 3 Asie du sud-est et du sud: 120 Océanie: 210

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En Afrique sub-saharienne, depuis que l'on a identifié l'épidémie, le VIR s'est essentiellement ttansmis par voie hétérosexuelle; on atttibue plus de 80% des cas à ce mode de contagion. Comme c'est le cas pour les auttes MST, les femmes sont plus nombreuses que les hommes à avoir conttacté le VIR; on compte environ 1,2 femme contaminée pour 1 homme. En 1992, on estimait qu'au moins 750000 enfants étaient nés séropositifs depuis le début de l'épidémie. En Amérique latine et dans les Caraïbes, où l'on estime qu'un million de personnes ont été contaminées, le VIR s'est d'abord répandu chez les hommes qui ont des rapports sexuels avec d'auttes hommes et chez les toxicomanes utilisateurs de seringues. Dans les années quatrevingt, la ttansmission hétérosexuelle du virus est devenue de plus en plus fréquente, et peut-être prédominante. Conséquence de cette évolution: on estime que 10 000 enfants sont nés séropositifs dans la région. Le VIR se répand rapidement en Asie du sud et du sud-est, particulièrement en Inde et en Thai1ande. Dans la capitale thai1andaise, Bangkok et dans l'Etat indien de Manipur, on a détecté des niveaux de séropositivité de 50% chez les toxicomanes utilisateurs de seringues; dans la capitale birmane, Rangoon, ce taux atteint 30%. Environ 250 000 personnes ont été contaminées par voie hétérosexuelle dans les méttopoles indiennes. En Thaïlande, 70% des infections récemment signalées concernent des hommes et des femmes hétérosexuels âgés de 15 à 29 ans [6].
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On possède moins d'infonnations sur les taux de séroprévalence au Maghreb et au Moyen-Orient, mais on sait que les rapports sexuels homme-femme ainsi que l'injection de stupéfiants y sont responsables de la transmission du VIH. On a ainsi découvert des taux de séropositivité de 40% chez les prostituées d'un pays d'Afrique du nord, et de 14% parmi les toxicomanes utilisateurs de seringues dans un Etat du Golfe. En Europe centrale et orientale, ainsi que dans l'ex-URSS, on estime qu'un nombre relativement faible d'individus - environ 50 000 - sont infectés. Les groupes les plus touchés varient d'un pays à l'autre, incluant des hommes hétérosexuels et homosexuels, ainsi que des toxicomanes utilisateurs de seringues. A la fin des années quatre24

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