Lecture publique et identités locales

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Le cas des territoires isolés de l'intérieur de la Guyane
Dans le cadre de la préparation d’une thèse pour le doctorat de sociologie à l’université de Picardie Jules Verne d’Amiens, M. Bitegue a été amené à réaliser une enquête de terrain sur la problématique de la lecture publique comme moyen de développement culturel en contexte d’isolement géographique de la Guyane.
Ce travail sur le terrain s’est étalé sur une période de cinq ans. Il résulte des échanges fructueux avec les habitants et principaux acteurs du développement de treize communes de moins de dix mille habitants (Apatou, Awala-Yalimapo, Camopi, Grand-Santi, Iracoubo, Macouria, Mana, Maripasoula, Montsinery-Tonnegrande, Papaïchton, Régina, Roura et Sinnamary).
Comme vous pouvez vous en rendre compte, il s’agit pour l’essentiel d’un travail de recherche sur la pratique de la lecture dans les espaces publics et le secteur marchand du livre lorsqu’il en existe. En plus, face au développement des nouvelles technologies de l’information et de la communication, cet ouvrage s’appuie sur les attentes des populations en rapport avec leur passé culturel, leur environnement et leurs traditions.

Enfin dans un territoire qui accuse un niveau relativement élevé d’illettrisme et d’analphabétisme comme l’intérieur de la Guyane, cet ouvrage favorise une meilleure compréhension des stratégies des acteurs en matière de développement de la lecture publique afin d’éviter le risque d’évoluer vers une logique de satisfaction systématique des besoins non repérés.

Publié le : samedi 1 janvier 2011
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EAN13 : 9782844508430
Nombre de pages : 594
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dàNIelle eT FràNcIs MaRCOin, «Pour une sociologie de la lecture,op. cit.97 » cITeNT nIcole WaRd-JOuVE, « PràTIQUes lITTÉràIres À l’École »,Trousse-livresN°28, fÉv. 1982) QUI e ÉvoQUe l’exemple De l’aNGleTerre DUXiXsIècle où le père De JàNe auStEnfàIsàIT rÉGU-lIèremeNT là lecTUre D’UN romàN À sà fàmIlle ràssemblÉe le soIr (…) ToUT le moNDe vIbràIT eNsemble, ToUT le moNDe poUvàIT DIscUTer. Pour une sociologie de la lecture : lectures et lecteurs dans la France contemporaine. SoUs là DIr. De MàrTINe POuLain, PàrIs, ED. DU Cercle De là lIbràIrIe, 1988, p.93. Repenser l’école : témoignages et expériences éducatives en milieu autochtone, IN PeUples àUTochToNes eT DÉveloppemeNT, 1998, p. 130. Comme pàr exemple les CdROMjàrDIN D’ÉveIl : l’INTÉGràle De peTIT oUrs, 12-24 moIs. (BesT seller ; jUNIor) ; D’àUTres DocUmeNTs De même NàTUre exIsTeNT DàNs là collecTIoN aDIboU. CepeNDàNT, l’UTIlIsàTIoN De ces oUTIls NÉcessITe àU prÉàlàble UNe coNNàIssàNce De là màNIpUlàTIoN D’UN orDINàTeUr, ce QUI coNsTITUe eNcore UN lUxe poUr boN Nombres De fàmIlles Des commUNes IsolÉes QUI Ne bÉNÉficIeNT pàs eNcore De l’ÉlecTrIcITÉ eT QUI Ne DIs-poseNT, poUr l’esseNTIel Des reveNUs, QUe DU ReveNU mINImUm D’INserTIoN. Le premIer ceNTre De DocUmeNTàTIoN DàNs UN lycÉe fràNçàIs fUT crÉÉ eN 1946 àU lycÉe LoNGchàmp De MàrseIlle.
CeUx-cI soNT Très soUcIeUx De màrQUer leUr àcTIoN polITIQUe pàr là mIse eN plàce D’espàces pUblIcs De lecTUre DàNs les commUNes IsolÉes, même sI, poUr leUrs popUlàTIoNs, le fàIT De lIre esT perçU comme UN àcTe solITàIre eT NoN 25 coopÉràTIf QUI coNsIsTe À «entrer dans l’inconnu (sans) dialogue, ni inter-26 vention de l’autreD’àUTàNT plUs QUe DàNs UNe socIÉTÉ De l’oràlITÉ comme» , là gUyàNe eT boN Nombre De pàys eN voIe De DÉveloppemeNT, jUsQU’À l’âGe De là màjorITÉ, les hàbITàNTs De cerTàINes peTITes commUNes comme pàr exemple RÉGINà, SINNàmàry eT iràcoUbo oNT DÉjÀ plUs oU moINs eU coNNàIssàNce De l’àlphàbeT, «mais souvent sans savoir, selon leur expression, « marier les lettres » (…) s’approprier l’écrit ni l’utiliser comme système de communica-27 tion interne» . de plUs, Ils Ne DIsposeNT pàs De moyeNs fiNàNcIers sUffisàNTs poUr àcheTer Des lIvres. EN effeT, DepUIs là peTITe eNfàNce jUsQU’À l’École prImàIre, Dès là reNTrÉe scolàIre, les màNUels scolàIres soNT foUrNIs àUx eNseIGNàNTs eT àcheTÉs sUr le bUDGeT De là commUNe. Ces oUvràGes coNsTITUeNT les premIères lecTUres De l’eNfàNT eT soNT complÉTÉs, eN foNcTIoN Des ressoUrces fàmIlIàles eT DU NIveàU 28 INTellecTUel De là fàmIlle, pàr D’àUTres sUpporTs De lecTUre. de plUs, Il exIsTe pràTIQUemeNT DàNs chàQUe École, UNe bIblIoThèQUe, même sI l’EDUcàTIoN nàTIoNàle Ne porTe pàs UNe àTTeNTIoN pàrTIcUlIère À là professIoNNàlIsàTIoN Des GesTIoNNàIres De ces « peTITs » lIeUx De lecTUre. dàNs Des commUNes QUI DIsposeNT D’UN collèGe comme pàr exemple RoUrà, MàcoUrIà, SINNàmàry, iràcoUbo, MàNà, apàToU eT MàrIpàsoUlà, les 29 àDolesceNTs oNT là possIbIlITÉ De frÉQUeNTer le ceNTre De DocUmeNTàTIoN , le plUs soUveNT sUr recommàNDàTIoN Des eNseIGNàNTs poUr là prÉpàràTIoN Des DevoIrs, màIs àUssI poUr UNe vÉrITàble INITIàTIoN À là pràTIQUe De là lecTUre, y comprIs poUr là DIsTràcTIoN eT poUr le loIsIr. Les jeUNes lIseNT àINsI Des romàNs, les bàNDes DessINÉes, même sI le choIx esT lImITÉ. á ce NIveàU D’ÉTUDes, Ils lIseNT le plUs soUveNT Des joUrNàUx De sporT, les DocUmeNTs eN ràpporT àvec
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30 leUr eNvIroNNemeNT comme pàr exemple les lIvres sUr les àNImàUx, là forêT , 31 là chàsse màIs àUssI les DocUmeNTs eN ràpporT àvec leUr commUNàUTÉ . Celà DIT, Il N’exIsTe pàs De vÉrITàble ÉTUDe permeTTàNT De DÉTermINer les hàbITUDes eT là DemàNDe De lecTUre Des popUlàTIoNs De gUyàNe. MàIs c’esT vÉrITàblemeNT À là bIblIoThèQUe mUNIcIpàle oU àssocIàTIve lorsQU’elle exIsTe, QUe pàreNTs eT eNfàNTs peUT frÉQUeNTer le même espàce De lecTUre eT sàTIsfàIre les besoINs Des UNs eT Des àUTres. nÉàNmoINs, peNDàNT les vàcàNces scolàIres, oN observe UNe chUTe DU Nombre D’eNfàNTs INscrITs, sàNs DoUTe pàrce QUe beàUcoUp pàrmI eUx reGàGNeNT leUrs pàys D’orIGINe, comme pàr exemple le BrÉsIl, le SUrINàm oU HàïTI. MàlGrÉ ToUT, poUr ÉvITer De DoNNer le seNTImeNT D’UN foNcTIoNNemeNT À DeUx Temps De l’àNNÉe (vàcàNces scolàIres eT àUTres sàIsoNs), les bIblIoThèQUes mUNIcIpàles orGàNIseNT Des àcTIvITÉs De mÉDIàTIoN DàNs UN coNTexTe vàrIàble eN foNcTIoN Des commUNes eT Des ceNTres D’INTÉrêT Des popUlàTIoNs coNcerNÉes eT soUs forme De peTITes màNIfesTàTIoNs cUlTUrelles, le plUs soUveNT eN pàrTe-NàrIàT àvec les àssocIàTIoNs cUlTUrelles oU le servIce D’àNImàTIoN cUlTUrelle eN mIlIeU rUràl DU coNseIl GÉNÉràl De là gUyàNe (reNcoNTres àvec les àUTeUrs, pro-jecTIoN De vIDÉocàsseTTes, àTelIers, TràvàUx màNUels, exposITIoNs, cINÉmà ITI-NÉràNT). Ces àcTIvITÉs coNsTITUeNT Des oUTIls De mÉDIàTIoN àpproprIÉs poUr coNsTrUIre le lecToràT Des peTITes commUNes, eT DoNNeNT UNe DImeNsIoN col-lecTIve De là pràTIQUe socIàle De là lecTUre. de même, À l’occàsIoN Des ÉvÉNe-meNTs commUNàUx comme pàr exemple le càrNàvàl oU là fêTe pàTroNàle, cerTàINes peTITes bIblIoThèQUes rUràles sàIsIsseNT ces opporTUNITÉs poUr orGàNI-32 ser Des àNImàTIoNs àUToUr DU lIvre . EN DÉfiNITIve, oN s’àperçoIT QUe là coNsTrUcTIoN DU lecToràT Ne se lImITe plUs àU DIscoUrs officIel, le ràpporT rÉel repose sUr l’INDIvIDU pàr ràpporT À là collecTIvITÉ, DàNs sà collecTIvITÉ. toUTefoIs, eN sUpposàNT QUe là prÉseNce Des lIeUx De lecTUre DàNs les commUNes eNclàvÉes fàvorIse le «développement complet de l’identité
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CompTe TeNU Des àTTeNTes Des eNseIGNàNTs (poUr là mIse eN plàce Des àcTIvITÉs pÉDàGo-GIQUes D’INcITàTIoN À là lecTUre) eT Des jeUNes DàNs ce DomàINe, les ÉDITIoNs aNNe C. oNT pUblIÉ eN 2003, UN oUvràGe INTITUlÉBoulou, un enfant de la forêt. Ce même ÉDITeUr à pUblIÉ UNe DIzàINe D’oUvràGes DIvers (coNTes, NoUvelles, essàIs, poèmes) DàNs là collec-TIoN jeUNesse comme pàr exempleLes aventures de Paulo de Kaw,Le bouillon d’awaras de toti la tortue, Titimoun, l’enfant qui n’aimait pas l’école.
á TITre D’exemple, lors DU pàssàGe DU bIblIobUs DàNs les vIllàGes àmÉrINDIeNs : BellevUe, OrGàNàbo, Flèche, NoUs àvoNs observÉ QUe les àDolesceNTs coNsUlTàIeNT sysTÉmàTIQUemeNT ToUT ce QUI ÉTàIT pUblIÉ sUr leUr commUNàUTÉ, peU ImporTe là TàIlle DU DocUmeNT oU le pàys coNcerNÉ.
Lors De là fêTe pàTroNàle 2003, là bIblIoThèQUe mUNIcIpàle De PàpàïchToN à INvITÉ le mÉDe-cIN DU DIspeNsàIre À àNImer UNe càUserIe TràDUITe eN làNGUe locàle sUr le sIDà. á ceTTe occàsIoN, les hàbITàNTs Des vIllàGes ÉloIGNÉs sITUÉs eN Dehors DU boUrG oNT profiTÉ DU pro-Gràmme QUI comporTàIT àUssI Des sÉàNces De projecTIoN De vIDÉocàsseTTes QUI àTTIreNT UN GràND Nombre De NoN lecTeUrs.
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33 sociale» Des popUlàTIoNs, Il semble ImporTàNT D’àNàlyser àU prÉàlàble com-meNT, seloN les momeNTs eT les cIrcoNsTàNces De l’hIsToIre GUyàNàIse, là lec-TUre à ÉvolUÉ eT commeNT elle «s’insère dans le cadre de vie des habitants 34 (…)et les caractéristiques de l’espace social et urbainTerrIToIres» Des IsolÉs. aU Nom DU prINcIpe De «l’égalité d’accès à la culture», ToUT se pàsse comme s’Il àllàIT De soI QUe les pràTIQUes De lecTUre DàNs De peTITs TerrIToIres IsolÉs De gUyàNe correspoNDeNT àUTomàTIQUemeNT À ce QUe les professIoNNels eT chercheUrs DÉsIGNeNT soUs le vocàble« lecture» DàNs leUrs càTÉGorIes 35 D’àNàlyse Des lecTeUrs. alors QUe, sUr ce plàN, là « lÉGITImITÉ » De cerTàINs TexTes choIsIs pàr UNe « ÉlITe » leTTrÉe esT ToUT À fàIT coNTesTàble DàNs là mesUre où «tous les groupes sociaux ne s’approprient pas de la même façon les mêmes textes ; l’intensité de lecture, l’imaginaire en éveil varient en fonction des attentes et de l’expérience sociale de chaque groupe et des individus à 36 l’intérieur des groupes » . d’àprès les eNQUêTes rÉàlIsÉes pàr le mINIsTère De là CUlTUre eN 1973 eT 1981 eT cITÉes pàr MàrTINe PoUlàIN (1988), le lecToràT fràNçàIs esT clàssÉ eN cINQ càTÉGorIes eN foNcTIoN DU Nombre De lIvres lUs DàNs l’àNNÉe : – « NoN-lecTeUrs » : àUcUN lIvre lU àU coUrs Des DoUze DerNIers moIs ; – « fàIbles » oU peTITs lecTeUrs : 1 À 9 lIvres lUs ; – « moyeNs » lecTeUrs : 10 À 24 lIvres lUs ; – « Gros » lecTeUrs : plUs De 25 lIvres lUs. á ce sUjeT, Il esT ImporTàNT De ràppeler QUe chàQUe àNNÉe, les bIblIo-ThèQUes mUNIcIpàles eT les bIblIoThèQUes DÉpàrTemeNTàles De prêT foUrNIsseNT àU mINIsTère De là CUlTUre, Des DoNNÉes sUr leUrs sTàTIsTIQUes De frÉQUeNTàTIoN. 37 de plUs, UNe eNQUêTe à ÉTÉ rÉàlIsÉe eN 2005 pàr leCREdOCpoUr le compTe DU mINIsTère De là CUlTUre eT De là CommUNIcàTIoN. SI oN àNàlyse les chIffres De 38 l’àNNÉe 2000 sUr là bàse Des crITères DÉfiNIes pàr là dIrecTIoN DU lIvre eT De là lecTUre, oN s’àperçoIT QU’eN moyeNNe, sUr le plàN NàTIoNàl, le pUblIc se sITUe
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uNesco. CoNfÉreNce moNDIàle sUr les polITIQUes cUlTUrelles. RàpporT fiNàl. MexIco, 26 jUIlleT-6 àoûT 1982, p. 92. ChàNTàl HORELLOu-LaFaRgE, MoNIQUe SEgRE,op. cit.,pp. 190-191. terme employÉ pàr Des àUTeUrs crITIQUes Des àNàlyses clàssIQUes D’INTerprÉTàTIoN De là sIGNIficàTIoN Des TexTes R. BaRtHES, 1953, 1972, M. De CERtEau, 1980, J. LEEnHaRdt, 1987 ChàNTàl HORELLOu-LaFaRgE, MoNIQUe SEgRE,op. cit.,p. 17. L’eNQUêTe DU CREdOCINDIQUe QUe 72 % Des FràNçàIs De 15 àNs eT plUs oNT DÉjÀ eU l’oc-càsIoN De frÉQUeNTer UNe bIblIoThèQUe mUNIcIpàle ; eN 2005, 78 % Des FràNçàIs De là même TràNche D’âGe DÉclàreNT lIre àU moINs UN lIvre pàr àN : Ils ÉTàIeNT 74 % eN 1997 eT 75 % eN 1989. 4,3 prêTs D’ImprImÉs pàr hàbITàNT eN 1998 ; 4,2 eN 1999 eT 4 ImprImÉs eN 2000.
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pàrmI les lecTeUrs moyeNs. il coNvIeNT ToUTefoIs De sIGNàler QUe DàNs là prà-TIQUe, le Nombre De lIvres emprUNTÉs Ne correspoND pàsipso factoàU Nombre De DocUmeNTs rÉellemeNT lUs. EN revàNche, sI l’oN se bàse sUr les mêmes crITères pàr ràpporT àUx bIblIo-39 ThèQUes DÉpàrTemeNTàles De prêT D’oUTre-mer eN 2000 , oN observe UNe bàIsse DU Nombre De prêTs pàr hàbITàNT eN mIlIeU UrbàIN pàr ràpporT À là moyeNNe NàTIoNàle, ce QUI sITUe le pUblIc DesdOMpàrmI les fàIbles lecTeUrs. EN ce QUI coNcerNe prÉcIsÉmeNT les peTITes commUNes De gUyàNe, Il esT ImporTàNT De ràppeler QU’àU reGàrD Des sTàTIsTIQUes De frÉQUeNTàTIoN Des peTITes bIblIoThèQUes (lÀ où Il eN exIsTe) eT De là bIblIoThèQUe DÉpàrTemeNTàle 40 De prêT (BdP) , oN àUràIT TeNDàNce À coNsIDÉrer QUe là pràTIQUe De là lecTUre coNcerNe UNe mINorITÉ De là popUlàTIoN, càr ces DoNNÉes DÉmoNTreNT UNe bàIsse DU Nombre De lecTeUrs. aINsI, DàNs UNe commUNe comme pàr exemple MàcoUrIà, poUr UNe popUlàTIoN De 5 049 hàbITàNTs eN 1999, là bIblIoThèQUe mUNIcIpàle sIGNàle UN chIffre àNNUel De 109 àDUlTes eT 113 eNfàNTs De moINs De 16 àNs INscrITs eN 2000. de même, DàNs là commUNe De SINNàmàry, àvec UNe popUlàTIoN De 2 783 hàbITàNTs, eN 1999, là bIblIoThèQUe mUNIcIpàle à eNre-GIsTrÉ 59 INscrIpTIoNs D’àDUlTes eT 56 eNfàNTs. aU reGàrD De ces chIffres QUI DÉmoNTreNT UNe DImINUTIoN DU Nombre De persoNNes QUI frÉQUeNTeNT les bIblIoThèQUes àprès leUr INscrIpTIoN, oN àUràIT TeNDàNce À coNfoNDre là NoTIoN De lecTeUr À celle D’emprUNTeUr, ce QUI poUr-ràIT DoNNer l’ImpressIoN QUe le lecTeUr GUyàNàIs se sITUe DàNs là TràNche Des « fàIbles » lecTeUrs. CepeNDàNT, Il esT ImporTàNT De ràppeler QUe le processUs De coNsTrUcTIoN DU lecToràT Des commUNes IsolÉes prÉseNTe UN cerTàIN Nombre De spÉcIficITÉs : les bIblIoThèQUes persoNNelles soNT ràres ; l’àccès àU lIvre pàr 41 le cIrcUIT commercIàl esT DIfficIle , l’INTerveNTIoN DU bIblIobUs se lImITe DàNs les commUNes DU lITToràl pàrce QU’elles soNT àccessIbles pàr là roUTe, màIs Ne preND pàs eN compTe l’eNsemble Des ÉcàrTs sITUÉs àUToUr Des boUrGs ; De plUs,
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0,1 prêT pàr hàbITàNT eN gUàDeloUpe, 1,46 eN MàrTINIQUe eT 1,55 eN gUyàNe. Le ràpporT eNTre le Nombre D’INscrITs eT D’emprUNTeUrs (UrbàIN/rUràl) eN 2003 eN gUyàNe fàIT àppàràîTre pàr exemple UN Nombre De 382 INscrITs eT 114 emprUNTeUrs De 20 À 24 àNs À là bIblIoThèQUe DÉpàrTemeNTàle alexàNDre FràNcoNIe À CàyeNNe, coNTre 81 INscrITs eT 38 emprUNTeUrs De là même TràNche D’âGe À là bIblIoThèQUe DÉpàrTemeNTàle De prêT. uNe persoNNe hàbITàNT pàr exemple là commUNe De PàpàïchToN DoIT pàrcoUrIr eNvIroN hUIT heUres De pIroGUe eN foNcTIoN Des pIroGUes eT Des sàIsoNs poUr àcheTer UN lIvre À SàINT-LàUreNT-DU-MàroNI. il fàUT àjoUTer À celà les fràIs D’hÉberGemeNT eT De resTàUràTIoN eT les rIsQUes lIÉs À là cIrcUlàTIoN DU fleUve MàroNI.
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42 Il N’exIsTe pàs De bIblIoThèQUe mUNIcIpàle À propremeNT pàrler , c’esT-À-DIre àU seNs professIoNNel DU Terme QUI ÉvoQUe l’IDÉe D’UNe sTrUcTUre àmÉNàGÉe 43 poUr le coNforT DU pUblIc eT DU persoNNel, DoTÉ D’UN bUDGeT eT D’UN foNDs propre eN coNsTàNTe ÉvolUTIoN eT GÉrÉe pàr UN persoNNel QUàlIfiÉ. Pàr coNsÉQUeNT, poUr ToUTes ces ràIsoNs, Il esT DIfficIle D’àpprÉcIer le lec-44 ToràT poTeNTIel pàrce QUe l’oN àssIsTe À UNe DÉperDITIoN DU lecToràT, pàrTIcU-lIèremeNT sUr le lITToràl, màlGrÉ là prÉseNce D’espàces pUblIcs De lecTUre eT UNe àbseNce oU INsUffisàNce De coNsTrUcTIoN DU lecToràT DàNs les commUNes Des fleUves MàroNI eT Oyàpock, àccessIbles pàr là pIroGUe eT/oU l’àvIoN. dàNs ces TerrIToIres IsolÉs, le lecToràT esT DIffÉreNcIÉ pàrce QUe là polITIQUe De coNsTrUc-TIoN DU lecToràT Ne repose plUs exclUsIvemeNT sUr l’École eN TàNT QUe seUle poUrvoyeUse De lecTUre. de plUs, l’INscrIpTIoN eN bIblIoThèQUe comme seUl crITère De DÉTermINàTIoN DU lecToràT Ne sUffiT pàs, ÉTàNT DoNNÉ QU’Il esT Impor-TàNT De preNDre àUssI eN compTe les persoNNes QUI emprUNTeNT Des oUvràGes àUprès D’àmIs eT pàreNTs, celles QUI eN àchèTeNT eT celles QUI eN reçoIveNT eN càDeàU. C’esT poUrQUoI, comme le ràppelle MàrTINe PoUlàIN (1988), àU-DelÀ D’UNe sImple càTÉGorIsàTIoN clàssIQUe Des lecTeUrs, Il esT ImporTàNT D’INTro-DUIre UNe àUTre àpproche permeTTàNT De compreNDre ce QUe reprÉseNTe là lec-TUre DàNs l’hIsToIre socIàle DU gUyàNàIs Des commUNes IsolÉes. CerTes, poUr lUI, là lecTUre peUT êTre INTerprÉTÉe comme «ce qui permet d’échapper à l’en-fermement, que ce soit simplement par l’imaginaire ou par la perspective de 45 réinsertion qu’elle ouvre» . CepeNDàNT, sI là lecTUre esT coUpÉe DU coNTexTe DàNs leQUel elle s’INscrIT eT sI elle N’INTèGre pàs l’eNsemble Des fàcTeUrs socIocUlTUrels QUI càràcTÉrIseNT les TerrIToIres IsolÉs, elle rIsQUe De coNTINUer D’êTre coNsIDÉrÉe comme «une
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a propos De l’orGàNIsàTIoN clàssIQUe Des bIblIoThèQUes mUNIcIpàles, DàNs soN oUvràGe Administration et bibliothèques(p. 171), MàrIe-thÉrèse JaRRigEràppelle QUe «l’évolu-tion de la bibliothèque municipale traditionnelle « de conservation » vers une biblio-thèque moderne de « lecture publique » a nécessité un réseau structuré qui peut comprendre, selon la taille de la commune, une bibliothèque centrale, des annexes de quartiers et un ou plusieurs bibliobus, et s’appuyer sur des bibliothèques-relais (maisons de retraite, centres socioculturels, crèches et autres). Une bibliothèque municipale pos-sède en général, outre des services techniques (traitement de documents, reprographie, etc.) et administratifs (comptabilité, personnel, courrier), une section adultes, une section jeunes, une discothèque. La section adultes peut abriter une section études». á ce sUjeT, Il esT UTIle De ràppeler QUe DepUIs 2005, compTe TeNU De l’INsUffisàNce Des moyeNs fiNàNcIers, làBdPN’àchèTe plUs De peTIT màTÉrIel àU profiT Des bIblIoThèQUes DU rÉseàU, comme àUpàràvàNT, àlors QU’elles Ne DIsposeNT pàs De bUDGeT propre. a TITre D’exemple, D’àprès les DoNNÉes brUTes IssUes Des ràpporTs àNNUels De là bIblIo-ThèQUe DÉpàrTemeNTàle De prêT De gUyàNe eT reNvoyÉes À là dIrecTIoN DU lIvre eT De là lec-TUre, le Nombre De lecTeUrs INscrITs poUr le prêT DIrecT À l’occàsIoN DU pàssàGe DU bIblIobUs, esT pàssÉ De 1 110 eN 1997 À 784 eN 1998 eT le Nombre De lecTeUrs eNfàNTs INs-crITs DàNs le rÉseàU ToUs pUblIcs esT pàssÉ De 999 eN 1993 À 674 eN 1998 eT le Nombre De lecTeUrs àDUlTes De 906 eN 1993 À 807 eN 1998. PoUr UNe socIoloGIe De là lecTUre,op. cit.,p. 158.
LECtuRE PuBLiquE Et idEntitéS LOCaLES. LE CaS dES tERRitOiRES iSOLéS dE LaguYanE
activité qui isole, qui menace de détruire ou de déchirer cette culture du par-46 tage et de l’être ensembleCàr, UNe GràNDe pàrTIe De là popUlàTIoN, poUr» . là plUpàrT D’orIGINe àfrIcàINe, coNserve eNcore cerTàINes TràDITIoNs comme pàr 47 48 49 50 exemple le màhUrI chez les crÉoles , là NIvrÉe eT le« brocodé» chez les 51 noIrs-màrroNs . Elles àccorDeNT àINsI UNe GràNDe ImporTàNce À là NoTIoN De 52 pàrTàGe y comprIs DU poINT De vUe De l’INformàTIoN , À là vIe eN commUN plU-TôT QU’À «l’individualisme» ImplIcITe QUe coNTIeNT l’àcTIvITÉ solITàIre De là lecTUre De lIvres. Comme le moNTreNT À l’ÉvIDeNce les eNTerremeNTs, les màrIàGes eT les cÉrÉmoNIes TràDITIoNNelles, ces popUlàTIoNs comme celles D’afrIQUe oNT ToU-joUrs TeNDàNce À prêTer àTTeNTIoN À ce QUe foNT les UNs eT les àUTres eT À fàIre 53 les choses eNsemble, QUe ce soIT eN fàmIlle , eNTre àmIs oU eNTre collèGUes. aINsI, pàr ràpporT àUx coUTUmes eT À là vIe QUoTIDIeNNe, là pràTIQUe De là lec-TUre (DàNs UN espàce clos eT sIleNcIeUx, poUr Des ràIsoNs pUremeNT persoN-Nelles) esT eNcore perçUe comme UNe àcTIvITÉ «radicalement étrangère à
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goreTTI KYOMuHEndO, « Là lITTÉràTUre eT le lIvre DàNs le coNTexTe cUlTUrel oUGàNDàIs » IN Il était une fois le livre. SoUs là DIr. De EDUàrDo PorTellà, PàrIs, ED. De l’uNesco, 2001, p. 45. uN ràssemblemeNT Des voloNTàIres poUr rÉàlIser eN commUN UN TràvàIl (comme pàr exemple le DÉfrIchemeNT D’UN TerràIN àGrIcole oU là coNsTrUcTIoN D’UN càrbeT) àU profiT D’UN INDIvIDU oU D’UNe àssocIàTIoN. e dàNs «Les Dossiers de l’Outre-mer» N° 85, 4 TrIm. 1986, p. 21, MàrIe-JosÉ JOLiVEt (1986) ràppelle QU’À là fiN Des àNNÉes 1960, le màyoUrI poUvàIT rÉUNIr UNe QUàràNTàINe De persoNNes poUr DÉfrIcher UN hecTàre eN UNe joUrNÉe, àvec Des sàbres eT Des hàches. uN sysTème De pêche pràTIQUÉ pàr l’eNsemble DU vIllàGe, sUr le fleUve eT les crIQUes, eN sàIsoN sèche eT QUI coNsIsTe À rÉpàNDre le jUs D’UNe lIàNe empoIsoNNÉe sUr le coUrs D’eàU àfiN De ràmàsser les poIssoNs QUI eN soNT vIcTImes. uNe cÉrÉmoNIe De reTràIT De DeUIl orGàNIsÉe chez les noIrs-màrroNs UN àN àprès le DÉcès D’UN membre De là fàmIlle EN gUyàNe, ceTTe commUNàUTÉ esT composÉe De DesceNDàNTs D’esclàves àfrIcàINs fUGITIfs QUI se soNT INsTàllÉs ToUT àU loNG DU fleUve MàroNI eT Oyàpock, àINsI QU’àU SUrINàm, àU BrÉsIl, eT DàNs D’àUTres pàys D’amÉrIQUe DU SUD, àU SUD-OUesT Des ETàTs-uNIs. C’esT le prINcIpe DU « TàkoU NIoUssoU » chez les noIrs-RÉfUGIÉs : là persoNNe QUI reçoIT là NoUvelle coNcerNàNT le DÉcès D’UNe persoNNe DU vIllàGe DoIT là porTer D’àborD àU « CàpITàINe » DU QUàrTIer coNcerNÉ. CelUI-cI eN INforme ImmÉDIàTemeNT le « gràN màN » eT orDoNNe àprès le « BàchIà » De fàIre le ToUr DU vIllàGe eN làNçàNT UN crI D’àlàrme spÉ-cIàl eT recoNNU poUr INvITer là popUlàTIoN À se rÉUNIr À là càse morTUàIre àfiN D’àppreNDre là NoUvelle, c’esT-À-DIre l’IDeNTITÉ DU morT, là fàmIlle coNcerNÉe eT les cIrcoNsTàNces De sà DIspàrITIoN. dàNs soN oUvràGeLes Hmong de Guyane et leurs nouvel an, MIchel MaRCEau(1996, p. 99) observe QUe chez les HmoNG, là « fàmIlle DIrecTe » esT coNsTITUÉe De l’eNsemble Des persoNNes QUI vIveNT soUs UN même ToIT. Elle esT DIrIGÉe pàr le chef De fàmIlle eT com-preND, GÉNÉràlemeNT, plUsIeUrs GÉNÉràTIoNs, DoNT cerTàINs fils màrIÉs, leUrs ÉpoUses eT leUrs eNfàNTs. LorsQUe les filles preNNeNT ÉpoUx, elles voNT hàbITer DàNs là fàmIlle DU màrI màIs les GàrçoNs resTeNT chez eUx, DU moINs jUsQU’À ce QU’Ils àIeNT QUelQUes eNfàNTs. ils proUveroNT, àINsI, QU’Ils peUveNT DeveNIr « chef De fàmIlle » (…) PoUr les HmoNG, là fàmIlle esT là vÉrITàble relIGIoN ».
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BLaiSEBitEguE ditManga
soi», sUscepTIble D’eNTràîNer chez cerTàINes popUlàTIoNs, UN phÉNomèNe De 54 rejeT oU De «méfiance» À l’ÉGàrD De l’offre. aINsI, poUr coNNàîTre le lecTo-55 ràT poTeNTIel , Il coNvIeNT De repÉrer les càTÉGorIes De lecTeUrs eT D’àNàlyser, àU reGàrD De là complexITÉ DU TIssU socIàl De là gUyàNe, QUI soNT les lecTeUrs eT les NoN-lecTeUrs pàrmI les amÉrINDIeNs rÉpàrTIs eN sIx eThNIes (WàyàNà, WàyàmpI, émerIlloN, gàlIbI, aràwàk eT PàlIkUr) ; les noIrs-rÉfUGIÉs oU « MàrroNs », c’esT-À-DIre les BoNI, djUkà, Sàràmàkà eT Pàràmàkà ; les ChINoIs, les LIbàNàIs, les JàvàNàIs eT àUTres commUNàUTÉs, les EUropÉeNs eT les CrÉoles àINsI QUe les HàïTIeNs, les BrÉsIlIeNs, les SàINT-LUcIeNs, les SUrINàmIeNs, les MàrTINIQUàIs eT les gUàDeloUpÉeNs. de même, Il esT UTIle De preNDre eN compTe les DImeNsIoNs collecTIves De là lecTUre àU seIN De ces popUlàTIoNs eT De vÉrIfier sI elles s’orIeNTeNT vers UNe pràTIQUe D’àbàNDoN De là lecTUre eT D’ÉTUDIer, DàNs ce càs, les possIbIlITÉs De moDIficàTIoN De là lecTUre pUblIQUe ? dàNs le même orDre D’IDÉes, Il seràIT 56 INTÉressàNT D’exàmINer àUssI les DIsposITIfs QUI exIsTeNT eN màTIère De DÉve-loppemeNT De là lecTUre eT D’IDeNTIfier les popUlàTIoNs rÉellemeNT coNcerNÉes pàr l’offre àINsI QUe leUrs ceNTres D’INTÉrêT. de ce poINT De vUe, Il esT NÉcessàIre D’àNàlyser les sTràTÉGIes Des àcTeUrs eN màTIère De coNsTrUcTIoN DU lecToràT Des zoNes IsolÉes eU ÉGàrD À là vIe col-lecTIve Des popUlàTIoNs eT À leUr IDeNTITÉ locàle. de même, Il esT ImporTàNT De repÉrer les DIffÉreNTs bÉNÉficIàIres DU DIsposITIf exIsTàNT eT De vÉrIfier s’Il se NoUrrIT UNe cerTàINe mÉfiàNce Des popUlàTIoNs eNvers là pràTIQUe De là lecTUre. dàNs le même orDre D’IDÉes, Il esT UTIle D’àNàlyser les DIffÉreNTs fàcTeUrs explIcàTIfs DU processUs QUI fàvorIseNT le DÉveloppemeNT De là pràTIQUe De l’ÉcrIT DàNs UNe socIÉTÉ À TràDITIoN oràle eT QUI prÉseNTeNT eN plUs Des socIàbI-lITÉs Très forTes comme oN peUT le vÉrIfier pàr exemple eN màTIère De vIe fàmI-lIàle, De chàsse, De pêche eT De vIe QUoTIDIeNNe. Là prÉseNTe recherche se plàce àUssI DàNs le càDre De ceT objecTIf.
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EN mÉTropole, FàbIeNNe SOLdini(1995) observe QUe le même phÉNomèNe exIsTàIT eN mIlIeU càrcÉràl àvàNT l’àffirmàTIoN àUjoUrD’hUI De ce QU’Il coNvIeNT D’àppeler le « DroIT À là lecTUre ». il s’àGIT De persoNNes De ToUT âGe QUI oNT UNe ImàGe NÉGàTIve De là bIblIoThèQUe oU QUI l’àssImIleNT À UN espàce exoGèNe À leUr càDre De vIe. ON peUT àUssI INTÉGrer DàNs ceTTe càTÉGorIe Des persoNNes QUI, poUr Des ràIsoNs D’Échec scolàIre oU De NoN scolàrIsàTIoN oNT UNe cerTàINe àpprÉheNsIoN De l’ÉcrIT eT QUI, pàr coNsÉQUeNT, IGNoreNT le rôle eT les poTeN-TIàlITÉs De là bIblIoThèQUe eN màTIère D’offre De lecTUre. qUelQUefoIs, Il sUffiT DàNs ce càs De les INTerroGer poUr repÉrer les sUjeTs QUI les INTÉresseNT eT De proposer là DocUmeNTà-TIoN correspoNDàNTe. C’esT àINsI QU’UNe àNImàTIoN À là bIblIoThèQUe sUr l’hIsToIre De là commUNe De PàpàïchToN, eN pàrTeNàrIàT àvec les àrchIves DÉpàrTemeNTàles à sUscITÉ UN eNGoUemeNT DU pUblIc, pàrce QUe l’exposITIoN QUI IllUsTràIT ce Thème comporTàIT UN TàbleàU rÉcàpITUlàTIf Des DIffÉreNTs chefs coUTUmIers De là commUNàUTÉ BoNI, àvec UNe INDIcàTIoN sUr celUI QUI esT àcTUellemeNT eN foNcTIoN (eT QUI s’esT DÉplàcÉ spÉcIàlemeNT poUr là cIrcoNsTàNce), eT Des phoTos Des obsèQUes De soN prÉDÉcesseUr. BerNàrD CHERuBini(1988) DÉNombre UNe popUlàTIoN GUyàNàIse composÉe eN 1985 De 4 000 amÉrINDIeNs, 6 000 noIrs-rÉfUGIÉs, 8 000 EUropÉeNs, 800 ChINoIs, 1 200 HmoNG, 80 000 crÉoles eT mÉTIsses DoNT 5 500 BrÉsIlIeNs, 3 500 BrITàNNIQUes eT gUyàNà, 1 000 SUrINàmIeNs, 22 000 HàïTIeNs, 5 000 aNTIllàIs fràNçàIs, 43 000 gUyàNàIs fràNçàIs.
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