Lectures critiques en communication

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L'auteur analyse les différentes formes prises par la communication et les interactions tour à tour complexes et fécondes qui se nouent entre la communication, la culture, les technologies numériques et la société d'une façon plus générale. Ce livre propose un ample panorama des nombreuses thématiques de recherche qui se développent au sein des Sciences de l'Information et de la Communication en même temps qu'il pose un regard critique sur la nécessaire conformation de cette discipline par rapport à une demande sociale toujours plus en quête de sens.
Publié le : dimanche 1 mai 2016
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EAN13 : 9782140008733
Nombre de pages : 286
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Lectures criIques en communicaIon
mation et aractère s et de se ramifier dans de multiples directions sous l’influence conjuguée des (r)évolutions de la société, des progrès de la science et de la technologie ainsi que du renouvellement des pratiques d’accès aux tion. Ces différentes avancées ont favorisé le glissement progressif d’une nication. Alexandre Eyriès analyse dans cet ouvrage les différentes ur à tour ation, la culture, les technologies numériques et la société d’une façon plus générale. breuses s Sciences ps qu’il pose un regard critique sur la nécessaire conformation de cette discipline par rapport à une demande sociale toujours plus en de sens.
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Alexandre Eyries
Lectures criIques en communicaIon
Culture, technologies, société
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Lectures critiques en communication Culture, technologies, société
Collection Des Hauts et Débats Dirigée par Pascal LARDELLIER, Professeur à l’Université de Bourgogne Contact : pascal.lardellier@u-bourgogne.fr Titres parus ou à paraître Serge Chaumier,L’inculture pour tous. La nouvelle Utopie des politiques culturelles(2010) Sarah Finger et Michel Moatti,L’Effet-médias. Pour une sociologie critique de l’information(2010) Arnaud Sabatier,Critique de la rationalité administrative. Pour une pensée de l’accueil(2011) Claude Javeau,Trois éloges à contre-courant(2011) Christophe Dargère,Inconcevable critique du travail(2012) Anne Van Haecht,Crise de l’école, école de la crise(2012) Elise Müller,Une anthropologie du tatouagecontemporain. Parcours de porteurs d’encre(2013) Jacques Perriault,Dialogue autour d’une lanterne. Une brève histoire de la projection animée(2013) Loïc Drouallière,Orthographe en chute, orthographe en chiffres(2013) Alexandre Eyriès,communication politique, ou le mentir- La vrai(2013) Richard Delaye, Pascal Lardellier (co-dir),L’Engagement, de la société aux organisations(2013)Christophe Dargère, Stéphane Héas (co-dir.),Les porteurs de stigmates. Entre expériences intimes, contraintes institutionnelles et expressions collectives(2014) Anne Parizot,Le Bibendum Michelin et ses Bibs. Mystère et ministère d’un totem…sans tabous(2014) Daniel Moatti,Le Débat confisqué : l'école entre Pédagogues et Républicains(2014) Jean-Christophe Parisot de Bayard,Plus que la fraternité. Plaidoyer pour une re-croissance sociale et morale(2015). Alexandre Eyriès,La communication politweet(2015). Alexandre Eyriès,Lectures critiques en communication. Culture, technologies, société(2016).
Alexandre EYRIES
Lectures critiques en communication Culture, technologies, société
Du même auteurLa communication politweet,: collectionParis, L’Harmattan Des Hauts et Débats, 2014, 135 pages. La communication politique ou le mentir-vrai,Paris, L’Harmattan : collection Des Hauts et Débats, 2014, 130 pages. André Malraux et la communication : du récit littéraire au storytelling politique,: collectionParis, L’Harmattan Communication et Civilisation, avril 2013, 108 pages. Henri Meschonnic et la Bible. Passage du traduire,Paris, L’Harmattan : collection Espaces Littéraires, 2011, 260 pages. Henri Meschonnic. Théorie et éthique de la relation-langage, ie Paris, Alain Baudry et C : collection "Les voix du livre", 2011, 284 pages. L’imaginaire de la guerre dans l’œuvre de Joseph Kessel,Paris, Le Manuscrit, 2008, 284 pages. André Malraux, une ontologie de l’engagement,Paris, Connaissances et Savoirs, 2007, 160pages. Contact : alex.eyries@yahoo.fr© L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Paris www. harmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-09000-9 EAN : 9782343090009
Préface L’ouvrage que voici a le grand mérite de fournir un panorama des avancées les plus récentes des sciences de l’information et de la communication telles qu’elles ressortent d’une cinquantaine de recensions pratiquées par l’auteur, puisées dans des revues francophones. Y sont traitées les thématiques suivantes : politique, technologies, discours, dispositifs, cultures ainsi que médias et société. Je n’ai pas l’intention de faire une revue de ces textes, aux contenus très divers, mais je me contenterai d’émettre une série de réflexions que m’inspire leur lecture. Je suggèrerai des prolongements possibles des travaux présentés ainsi que des domaines émergents à aborder dans une édition ultérieure. J’en viens tout d’abord à ce qu’on entend par communication. On est loin aujourd’hui des définitions inspirées du téléphone, le triplet émetteur/message, récepteur et des travaux de Shannon et Weaver. Deux courants de pensée scientifique l’ont fertilisé. Un courant technologique sur lequel nous reviendrons. Ce n’est pas nouveau. Rappelons-nous que Marconi était télégraphiste à bord du Titanic et qu’il prit conscience lors de son naufrage (15 avril 1912) de la nécessité de pouvoir adresser un même message simultanément à plusieurs récepteurs. Le germe de la radiophonie était là. Le second courant de pensée était plus lié aux sciences humaines en général. Processus de partage, co-construction, espace public, délibération, conflit sociocognitif, controverses, délibérations, négociation, instrumentalisation de la confiance, articulation avec les théories de la connaissance entre autres, sont venus au fil des ans enrichir et compliquer le schéma télégraphique initial. On s’est aperçu aussi que l’information est un processus rapide et que la communication, en dépit des apparences, est un processus lent. La communication a été instrumentalisée dans de nombreux domaines, comme on le verra plus loin, depuis les conseillers en marketing jusqu’aux spin doctors et aux techniques de storytelling, présents aussi dans cet ouvrage.
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La question de l’interdiscipline Cette avalanche de notions fit penser à certains dans les années 1990 que les sciences de la communication (et de l’information) constituent une interdiscipline. On ne peut pas se contenter d’une pirouette terminologique pour résoudre le problème ainsi posé par l’évolution conjointe de la technologie et de la société. La question de l’identité de nos savoirs et de nos pratiques reste posée. A tout prendre, le terme de médiologie, créé et revendiqué par Régis Debray, m’aurait davantage convenu car il nous aurait épargné l’obésité de la panoplie conceptuelle des SIC qui augmente de jour en jour. Le champ scientifique de cette « discipline » est constamment travaillé par des interactions entre science, technique et société qui impose une réflexion épistémologique sur l’évolution de ce champ de savoirs. L’un des auteurs rappelle que chaque époque possède sa configuration communicationnelle. Posons-nous la question à propos des mutations de celle que nous sommes en train de vivre. Une bonne partie du présent ouvrage est consacrée au politique, qui apparaît comme un terrain de prédilection pour nos travaux. Les SIC en France ont été profondément influencées par les travaux de Jürgen Habermas, notamment avec la notion d’espace public, qui a servi de corridor entre nos « disciplines » et la science politique. L’ouvrage rafraîchit la réflexion à ce propos. Il montre des symbioses en cours sur le lobbying politique, sur le rapport entre politique et séduction – signe de faiblesse -, sur la parole politique de confrontation (Michel Rocard), sur les stratégies pour conquérir la confiance. Plusieurs contributions traitent de la fabrique du discours politique. Quand un outil de communication devient-il politique ? Lorsqu’il sert un projet de transformation de l’opinion notamment. On dispose de grands exemples, mais il faut aussi aller fouiller dans les recoins de l’Histoire. Quand, au ème 17 siècle, le Père Kircher utilise la lanterne magique pour peser sur la Propagation de la Foi n’écrit-il pas (en latin) dans sonArs Magna Lucis et Umbrae: «Si tu disposes de quelques plaques (pour projections) dans un lieu obscur, tu peux grâce à elles, démontrer ce que tu veux »? et d’ajouter « pour le plus
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grand ébahissement (summo stupore)des spectateurs » .Sous la Révolution, le projectionniste belge Etienne Gaspard Robertson, faisait ainsi revivre dans ses Fantasmagories, avec la crédulité de l’époque, Danton, Marat, mais refusait pour Louis XVI ! Autocensure obligeant déjà ! Nous touchons là un point faible de nos disciplines : le peu de cas accordé à la dimension historique, dont les travaux – à amplifier d’urgence - nous permettrait de mieux connaître leur phylogenèse. Communication, histoire et technologie Les rapports entre communication et technologie sont fortement éclairés par l’histoire des techniques. Comme nous venons de le ème rappeler avec l’œuvre du Père Kircher au 17 siècle, les rapports entre l’une et l’autre sont étroitement imbriqués. Tout ème ème au long des 18 et 19 siècles, les inventions se sont ème succédées, pour aboutir, à la fin du 19 , à la création du cinématographe par les frères Lumière. Les spectateurs s’enfuyaient de la salle de projection lorsque sur l’écran le train entrait en gare de La Ciotat. Déjà à l’époque, une notion était travaillée depuis très longtemps : celle de dispositif, l’art d’organiser les moyens en vue d’une fin, qui conduisit à ce qu’on appelle aujourd’hui les médias immersifs. Restons un moment sur cette notion. Le rêve de tout organisateur de spectacle audiovisuel a toujours été de mettre en situation d’immersion ceux à qui son message est destiné, C’est déjà chez Platon un des agencements du mythe de la caverne, inspiré des spectacles dravidiens, comme l’écrivit le philosophe Pierre 1 Maxime Schuhl , où l’on voit défiler la réalité. Un des premiers organisateurs de tels dispositifs qui mettait le spectateur en état d’immersion fut l’Abbé Suger, au onzième siècle, à qui l’on doit la basilique de Saint Denis. Quel était le projet de Suger ? : organiser un dispositif, ici la basilique, qui mette les fidèles en état de claritas. La claritas, est pour lui un état de grâce qui ouvre à la foi divine. Pour cela, Suger agence ce qu’on pourrait appeler aujourd’hui une panoplie technologique : 1 Pierre Maxime Schuhl,La fabulation platonicienne, Paris, P.U.F., 1947.
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