Les 50 ans de la Politique agricole commune et du Comité européen de droit rural

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Lors du 24e Congrès du Comité européen de droit rural, la question de la politique agricole commune a été abordée sous l'angle de l'Organisation Mondiale du Commerce et des équilibres régionaux et sous l'angle purement communautaire avec un bilan de l'application du régime du droit au paiement unique par les administrations et les tribunaux nationaux. Enfin, la réflexion s'est portée sur l'accès à la justice et aux modes alternatifs de résolution des conflits en matière agricole.
Publié le : mercredi 1 octobre 2008
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EAN13 : 9782296207110
Nombre de pages : 555
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Les 50 ans de la Politique agricole commune et du Comité européen de droit rural

Un droit rural évolué en Europe

Droit et Espace Rural Collection dirigée par Joseph Hudault
A l'aube du XXle siècle, le droit rural n'est plus seulement le droit de l'agriculture et des filières agro-alimentaires, mais le droit de l'espace rural et de ses utilisateurs. C'est parce que l'agriculteur se voit attribuer par les législateurs européen et nationaux une nouvelle fonction écologique d'entretien et de protection de cet espace que les Editions L' Harmattan ont ouvert cette collection. Dans celle-ci, elles se proposent d'accueillir tous les travaux de réflexion intégrant ces nouvelles données et la problématique de la jonction du droit de l'environnement et du droit rural. Déjà parus

Comité Européen de Droit Rural, Le droit à une alimentation
adéquate, 2006.

Carole HERMON (sous la dir.), La diversification de l'activité agricole, 2006. Philippe VELILLA, Les relations entre l'Union européenne et Israël, 2003. Luc BODIGUEL, L'entreprise rurale: entre activités économiques et territoire rural, 2002. European Council for Agricultural Law, Instruments juridiques du marché des produits agricoles, (tome 1), 2002. European Council for Agricultural Law, Viabilité et modalités de l'activité agricole, (tome 2), 2002. European Council for Agricultural Law, Adéquation de la législation et de la pratique des PECD, (tome 3), 2002. Valérie ADAM, La réforme de la politique agricole commune de l'Union Européenne ou l'évolutionnisme permanent du droit communautaire, 2001. Société Française d'Economie Rurale, Face au droit rural et à ses pratiques, 2001. Comité Européen de Droit Rural, L'Agriculture

multifonctionnelle, 1999.

European Council for Agricultural Law Comité Européen de Droit Rural Europaisches IZomitee für Agrarrecht

50 ans de la Politique agricole commune et du Comité européen de droit rural
Les

Un droit rural évolué en Europe

XXIV

Congrès et Colloque Européens de Droit Rura4 Caserta (Italie), 26-29 septembre 2007 Congress and Colloquium of Agricultural Law, Caserta (Italia), 26-29 September 2007 mit Kolloquium, September 2007

XXIV

European

XXIV.

EuroPiiischer Agrarrechtskongress Caserta, 26-29

L'Harmattan

édité par
Prof. Dr Paul RICHLI, Délégué général au nom du Comité européen de droit rural

Secrétariat scientifique:
Dr Luc BODIGUEL, sous la direction du Prof. Dr Paul RICHLI

@ L'Harmattan, 2008 5-7, rue de l'Ecole polytechnique; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan 1@wanadoo.fr

ISBN: 978-2-296-06438-6 EAN: 9782296064386

Contenu de cet ouvrage
Le présent ouvrage comprend les questionnaires, les rapports généraux, les conclusions des commissions, le rapport de synthèse réalisant le résumé des travaux du XXIV e congrès du CEDR, et les résumés de rapports nationaux. Les rapports nationaux comme tels sont publiés sur le site du CEDR : www.cedr.org This work comprises the Questionnaires, the General Reports, the Conclusions of the Commissions, the Synthesis Report which summarises and draws conclusions from the work of the XXIVth CEDR Congress, and the summaries of National Reports. The National Reports as such are published in on the CEDR website at: www.cedr.org Die vorliegende Publikation umfasst die Fragebogen, Generalberichte, die Schlussfolgerungen der Kommissionen, den Synthesebericht, der auf der Grundlage der Arbeiten des XXIV. Kongresses des CEDR erstellt worden ist, sowie Zusammenfassungen von Landerberichten. Die Landerberichte aIs solche sind auf der Website des CEDR publiziert: www.cedr.org

Preface - V orwort Prof. RICHLL Faculty of Law of the Universityof Lucerne, GeneralDelegateof European Committeefor Rural Law Universitéde LucerneDélégué Généraldu ComitéEuropéende Droit Rural, UniversitiitLuzern, Generaldelegierter es CornitéEuropéende Droit Rural d
Preface

--.:. d'ouverture

15

Préface Vorwort

----

19
21

Ouenine Address - Allocution EroffnunesansDrache

-

Prof. Dr. Dr. Erkki HOLLO Presidentof the EuropeanCommitteeforRuralLaw Président du ComitéEuropéende Droit Rural Priisidentdes ComitéEuropéende Droit Rural Opening address Allocution d' ouverture Era ffnungsansprache

25 29 33

The contribution of the CEDR to the development of european rurallaw La contribution du CEDR au developpement du droit rural en Europe Der beitrae des CEDR zur entwickIune des aerarrechts in Europa Prof. Dr. Joseph HUDAULT
University Panthéon-Sorbonne Council for Rural Law Université Panthéon-Sorbonne de Droit Rural Universitiit Panthéon-Sorbonne Droit Rural (paris), Honarary Présidentof the European (paris); Président d'honneur du Comité Européen (paris); Ehrenpriisident des Comité Européen de

English version - Version anglaise - Englische Version French version - Version française - Franzosische Version German version - Version allemande - Deutsche Version In memoriam Juan Francisco Deleado de Mieuel

37 47 53

AlbertoBALLARiN MARTIAL Notaire de Madrid retraité, Président d'honneur du Comité Européen de Droit Rural French version - Version française - Franzosische Version 63 In memoriam Juan Francisco Deleado de Mi2uel

Dr. iur. Marc HEYERICK Secrétaire général du Comité Européen de Droit Rural French version - Version française - Franzosische Version Le comité européen de droit rural de 1957 à nos iours Das europaische a2rarrechtskomitee von 1957 bis heute Dr. iur. Marc HEYERICK Secrétaire général du Comité Européen de Droit Rural Generalsekretar des Comité Européen de Droit Rural English version - Version anglaise - Englische Version French version - Version française - Franzosische Version German version - Version allemande - Deutsche Version

67

69 75 81

8

Le erandi tappe e linee della politica aericola comune Les erandes etapes et lienes de la politique aericole commune Die erossen etaDDen und linien der eemeinschaftlichen aerarDolitik Prof. Dr. Luigi COSTATO Università di Ferrara, Italia Président d'honneur du Comité Européen de Droit Rural, Ehrenpriisident des Comité Européen de Droit Rural Italian version - Version italienne - - Italienische Version French version - Version française - Franzosische Version German version - Version allemande - Deutsche Version

87 99 111 125

COMMISSION

1 - KOMMISSION

1

Président: Prof. Dr. Luigi COSTATO, Università di Ferrara, Italia Common agricultural policy, new rules ofWto and regional equilibrium Politique agricole commune, nouvelles règles de l'OMC et equilibre regional Gemeinsame Agrarpolitik, Neue Regeln der WTO und regionales Gleichgewicht I - COM. 1 : QUESTIONNAIRES
English questionnaire

- FRAGEBOGEN
anglais

-

Questionnaire

-

Englischer

Fragebogen French questionnaire - Questionnaire français - Franzosischer Fragebogen German questionnaire - Questionnaire allemand - Deutscher Fragebogen II - COM. 1 : GENERAL REPORT - RAPPORT GÉNÉRAL GENERALBERICHT Prof. Dr. Paolo BORGHI, Università di Ferrara, [talia English version - Version anglaise - Englische Version French version - Version française - Franzosische Version German version - Version allemande - Deutsche Version nI - COM. 1 : CONCLUSIONS

129 133 137

143 169 197

- SCHLUSSFOLGERUNGEN
227
229 231

Englishversion - Versionanglaise- EnglischeVersion
French version - Version française - Franzosische Version German version - Version allemande - Deutsche Version

9

COMMISSION 2 KOMMISSION

-

2

235

President: Prof. Dr. Rudy GOTZE~ Assistant Delegate GeneralofCEDR Jurisdiction and Alternative Dispute Resolution in Agriculture Juridictions et Reglements alternatifs des conflits EN agriculture Gerichtsbarkeit und alternative Streiterledigung in der Landwirtschaft I - COM. 2 : QUESTIONNAIRES
A B C

- FRAGEBOGEN
anglais français

- English - French - German

questionnaire questionnaire questionnaire

- Questionnaire - Questionnaire

- Englischer
239

Fragebogen

- Franzosischer
241

Fragebogen

- Questionnaire

allemand

- Deutscher
243

Fragebogen II - COM. 2 : GENERAL REPORT - RAPPORT GENERAL GENERALBERICHT Mr. Roderick E.O. MACKAY, Vice President CEDR, Arbitrator, United Kingdom English version - Version anglaise - Englische Version French version - Version française - Franzosische Version German version - Version allemande - Deutsche Version
III - COM. 2 : CONCLUSIONS

247 251 255 261

English version - Version anglaise - Englische Version

- SCHLUSSFOLGERUNGEN
263 265

French version - Versionfrançaise - FranzosischeVersion Germanversion - Version allemande- DeutscheVersion

10

COMMISSION 3 - KOMMISSION 3
President: Prof. Dr. Ana CARRETERO GARCIA, Universidad de Castilla-La Mancha, Espana The application of the single payment by national administrations and national courts Application du paiement unique par les administrations et les tribunaux nationaux Die Anwendung der einheitlichen Betriebspramie durch die nationalen Verwaltungen und Gerichte
I

267

- QUESTIONNAIRES
A

- FRAGEBOGEN
- Questionnaire
anglais - Englischer

- English

questionnaire

Fragebogen B - French questionnaire - Questionnaire français - Franzosischer Fragebo gen C - German questionnaire - Questionnaire allemand - Deutscher Fragebo gen-II - INTRODUCTION Prof. Dr. Ana CARRETERO GARCIA, Universidad de Castilla-La Mancha, Espana English version - Version anglaise - Englische Version French version - Version française - Franzosische Version German version - Version allemande - Deutsche Version

271 275 279

285 289 293

- GENERAL REPORT - RAPPORT GÉNÉRAL GENERALBERICHT Mr. Hugh MERCER, Barrister, Essex, United Kingdom Dr. Luc BODIGUEL, Chargé de recherche au CNRS, Université de Nantes, France English version - Version anglaise - Englische Version French version - Version française - Franzosische Version German version - Version allemande - Deutsche Version
nI
IV

-

299 331 361 DE

LA TABLE RONDE - SCHLUSSFOLGERUNGEN DES RUNDEN TISCHES Englishversion - Versionanglaise- EnglischeVersion 395
French version - Version française - Franzosische Version German version - Version allemande - Deutsche Version 397 399

- CONCLUSIONS

OF ROUND TABLE

- CONCLUSIONS

Il

SYNTHESIS REPORT - RAPPORT DE SYNTHÈSE SYNTHESEBERICHT Professor RICHLL University of Lucerne, Switzerland Delegate General of CEDR English version - Version anglaise - Englische Version French version - Version française - Franzosische Version German version - Version allemande -Deutsche Version

403 425 447

RAPPORTS NATIONAUX: SUMMARIES ZUSAMMENF ASSUN GEN
COMMISSION I - KOMMISSION 1

- RESUMES 471
473

Germany - Allemagne Deutschland

-

475

PD. Dr. Ines HARTEL Institute of Agricultural Law, The Faculty of Law at the GeorgAugust University Gottingen
Argentina

- Argentine

- Argentinien

479

Maria Adriana VICTORIA Myriam del Valle TOME Ana Maria MAUD Universidad Nacional de Santiago deI Estero
Austria

- Autriche

- Osterreich

481

Prof. Dr. iur. Roland NORER Bundesministerium für Land- und Forstwirtschaft, Umwelt und Wasserwirtschaft, Universittit Luzem
Belgium Spain

- Belgique

- Belgien

485 489

Maîtres Henry et Franz VAN MALLEGHEM

- Espagne - Spanien

Prof. Esther LOPEZ BARRERO Universidad Politecnica de Madrid, Espafia. United States - Etats-Unis - Vereinigte Staaten Prof. Dr Margaret ROSSO GROSSMAN Bock Chair in Agricultural Law University of Illinois, USA France - Frankreich ---------------------------------------------Prof. Alain REVEL IHEDREA, Université de Caen, Université de la Réunion Ingénieur Général Honoraire du Génie Rural, des Eaux et des Forets Hungary - Hongrie - Ungarn Dr. Janos Ede SZILAGYI
Italy

491

493

495
497

- Italie - Italien

Prof. Dr. Domenico VITI Università di Foggia 12

Netherlands

- Pays-Bas - Niederland

499

Ha Y0 Bronkhorst Councillor in the Court of Appeals in Amsterdam Poland - Pologne - Polen Prof. Dr Alina JURCEWICZ Marek Juchnicki, LLM Rumania - Roumanie - Rumanien Prof. Dr. MarHena ULIESCU Université Ecologique de Bucarest United-Kingdom - Royaume-Uni - Vereinigtes Konigreich Andrea NICHOLLS Solicitor COMMISSION fi - KOMMISSION ll Argentina - Argentine - Argentinien Maria Adriana VICTORIA Claudia Roxana ZEMAN UNSE. Santiago deI Estero Austria Autriche - Osterreich Mag. Christian STOLLMAYER Spain - Espagne - Spanien José Maria CABALLERO LOZANO Professeur Titulaire de Droit Civil, Université de Burgos United-States - Etats-Unis - Vereinigte Staaten Prof. John C. BECKER The Pennsylvania State University Hungary - Hongrie - Ungarn Éva ERDS, Nora JAKAB, Anik6 RAISZ University of Miskolc Italy - Italie - Italien Marianna GIUFFRIDA Facoltà di Giurisprudenza, Università degli studi di Messina Luxembourg - Luxemburg François JACQUES Avocat à la Cour Conseiller juridique de la Centrale Paysanne Luxembourgeoise Norway - Norvège - Norwegen Morten POULSSON Supreme Court Attorney Partner Advokatfmna DLA Piper Norway DA Pa ys-Bas - Nieder lande-------------------------------Prof. Gerard SNIJDERS, LL.M Rumania - Roumanie - Rumanien Prof. Univ. Dr. Smaranda ANGHENI Université Titu Maiorescu, Bucarest

501

503

505

507 509

-

511 513

515

517

519

521

523

525 527

13

Switzerland - Suisse - Schweiz Philippe HAYMOZ Institut agricole de l'Etat de Fribourg COMMISSION nI - KOMMISSION ill Germany - Allemagne - Deutschland RD Ralph SCHMIDT Bundesministerium für Emahrung, Landwirtschaft und \!erbraucherschutz Austria - Autriche - Osterreich Mag. Antonia MASSAUER Federal Ministry of Agriculture, Forestry, Environment and Watermanagement, \!ienna Spain - Espagne - Spanien Prof. Pablo AMAT LLOMBART Polytechnic University of\! alencia Finland - Finlande - Finland Senior Officer Matti VILANDER Finnish Agency for Rural Affairs France - Frankreich Maître Bernard PEIGNOT Avocat aux Conseil, Secrétaire Général de l'AFDR Professeur à l'IHEDREA Jean-Baptiste MILLIARD Avocat à la Cour Chargé d'enseignement à l'IHEDREA. Hungary - Hongrie - Ungarn Prof. Csilla csAK Prof. Istvan OLAJOS Université de Miskolc Italy Italie - Italien Fabio GENCARELLI Studio Legale Bonelli Erede Pappalardo, Bruxelles Rumania - Roumanie - Rumanien Prof. Mircea DUTU Prof. Lucian STAN GU Slovenia - Slovénie - Slowenien Franci AVSEC

529

531 533

537

539

543

545

547

-

549

551

553 der 555

List of national reports na tionalen berichte

-Liste des rapports

nationaux

- Liste

14

PREF ACE!
Prof. Paul RICHL! Faculty of Law of the University of Lucerne, General Delegate of CEDR
The XXIV European Congress of Agricultural Law and Colloquium, which were organized by the European Council for Agricultural Law (Comité Européen de Droit Rural (C.E.D.R.) - and held in Caserta (Italy) from 26 to 29 September 2007, was of a very special kind. The Congress and Colloquium were not dedicated entirely to academic activities as they also included an opening ceremony which celebrated the 50th anniversary of both the C.E.D.R. and the European Community. Under the direction of President Prof. Dr. Dr. Erkki Hollo, the Secretary General Dr. Marc Heyerick, and the former President, now Honorary President, Prof. Dr. Joseph Hudault, gave impressive commemorative speeches, highlighting the achievements of the C.E.D.R. in the field of agricultural and rural law. While Dr. Heyerick dedicated his speech to the exciting organisational history of the C.E.D.R., Prof. Hudault impressed the audience with his commemorations of the academic achievements of the C.E.D.R., the esteemed personalities, and the instructiveness of the congresses. Specific reference was made to the continuous academic achievements of Prof. Dr. Antonio Carrozza, who, in the early period of the C.E.D.R. activities developed strong dogmatic competencies in agriculturallaw. Prof. Dr. Luigi Costato, who spoke in honour of the European Community, emphasized the enormous accomplishments of the Community in the field ofagricultural and rurallaw. The following academic works were developed in three separate Commissions, each of which tackled a larger topic. The National Reports provided background information. All three Commissions completed their academic activities by making recommendations based on their conclusions. As is ordinarily the case, the host country launched the topic for Commission I. Italy chose "Common Agricultural Policy, new rules of WTO and regional equilibrium". While CAP, WTO, and their respective developments can be considered as consistently recurring topics, questions about regional equilibrium are new and introduce perspectives beyond the frequently discussed relationship between the EU and the WTO. The host country deserves gratitude for introducing this new topic that left the exclusive thematic focus on European questions. In having regard to the fact that the
Translation from German into English by Marcel Stüssi, MLaw, scientific assistant to prof. Paul Richli at the University of Lucerne. 15 1

competence to complete a trade contract is generally within the powers of the EU member states in other regional organisations is something that is uncommon. Despite that, regional organisations, which express their own interests on the level of the WTO, are numerous and important. The EU and its member states cannot be indifferent to the relations resulting from that interchange. Commission II dealt with a topic regarding the mechanisms of legal enforcements: "Jurisdiction and Alternative Dispute Resolution in Agriculture". Jurisdiction in agriculture was already the topic on the agenda of a symposium of the C.E.D.R. in 1985. Reports of that congress were published under the elegant title "La juridiction agricole". Since 1985 there have, however, been significant amendments to the judiciary - alternative dispute resolution in particular, and in this respect most notably, mediation gained on ground. It is thus more than justified to address this topic again. The topic explores whether agriculture and those involved in it can profit from such a trend. Alternative dispute resolution extends primarily to four basic practices: (1) arbitration before a specialised referee, or a reference under an Act of Parliament; (2) hearings before specialised tribunals; (3) decision taking by a single appointed expert; and (4) mediation. In order to ameliorate access to jurisdiction the European Commission published on 22 October 2004 a proposal for a Directive on certain aspects of mediation in civil and commercial matters [SEC(2004) 1314]. In light of this proposal Commission TI was primarily interested in the mechanisms and procedures of mediation that are applied in individual EU member states. And finally, Commission ill tackled difficulties in relation to the implementation of the single farm payment in EU member states. This topic is called "The application of the Single Payment by national administrations and national courts". The experiences of the administrations and other institutions of the public sector were highlighted. In this respect great heed has been given to the exercise of powers on payment applications, the subsequent allocation of single farm payments, and legal control requirements. Significant also were court judgments upon the single payment scheme. And particularly interesting was the rationes decidendi on the lawfulness of enforcement provisions, and the relationship between landlord and tenant, as well as the relationship between the public authority and the entitled farmer. The single payment scheme has already been the subject of discussions by Commission II on the occasion of the xxm European Congress of Agricultural Law in R0ros. At that time, however, there was little experience. In view of the extraordinary importance of the single payment scheme a renewed and thorough examination of the topic was more than justified. Caserta provided an extraordinary platform for the XXIV European Congress of Agricultural Law and Colloquium of the C.E.D.R. The opening ceremony was held in the impressive Royal Theatre of Reggia di Caserta; the 16

EU - which by itself can be viewed as regional organisation - participation of

Commissions' activities took place in San Leucio, the heart and centre of the uniquely situated faculty of political sciences for advanced European and Mediterranean studies, "Jean Monnet" of The Second University of Naples; and two excursions to the jewels of antiquity, the Campano Museum in Capua, and Pompeii, brought out the very best spirit for this conference.

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PRÉFACE1
Prof. Dr. iur. Paul RICHL! Université de Lucerne, Délégué Général du CEDR
Le XXN e Congrès et Colloque européens de droit agraire, que le comité européen de droit rural (C.E.D.R.) a mis sur pied du 26 au 29 septembre 2007 à Caserta (Italie), s'est révélé tout à fait particulier. La manifestation n'a pas seulement été consacrée - comme par le passé - à des travaux scientifiques dans le cadre de Commissions. La cérémonie d'ouverture était placée sous le signe de la célébration des 50 ans d'existence du C.E.D.R. d'une part et de la Communauté européenne d'autre part. Sous l'égide du président Prof. Dr. Erkki Hollo, le Secrétaire général, Dr. Marc Heyerick, ainsi que l'ancien président et actuel président d'honneur, le Prof. Dr. Joseph Hudault ont salué, lors d'impressionnants exposés de célébration, les bénéfices du C.E.D.R. dans le secteur du droit agraire et de l'espace agricole. Tandis que le Dr. Heyerick axait ses exposés sur les mises en œuvre de l'histoire du C.E.D.R. et sur les personnalités particulièrement marquantes, le Prof. Hudault a impressionné l'auditoire avec une appréciation des performances scientifiques du C.E.D.R., de ses personnalités et congrès. Le Prof. Dr. Antonio Carrozza a été particulièrement salué pour les bénéfices durables qu'il a apportés à la naisance du C.E.D.R., en ce qui concerne le développement du dogmatisme en droit agraire. Le Prof. Dr. Luigi Costato a traité dans son exposé d'anniversaire sur les honneurs de la Communauté européenne des performances énormes de la communauté pour le droit agraire et pour le droit de l'espace agricole. Les travaux scientifiques ultérieurs se sont déroulés au sein de trois Commissions, chacune d'elles traitant d'un thème spécifique. Les rapports nationaux ont constitué la base de ces travaux. Les trois Commissions ont achevé leurs travaux par des conclusions et des recommandations. Conformément à la tradition du C.E.D.R. le pays d'accueil, en l'occurrence l'Italie, a déterminé le thème de la Commission I: la "Politique agricole commune (P.A.C.), nouvelles règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) et équilibre régional". Avec ce thème, le pays d'accueil a dépassé le cadre traditionnellement européen des discussions du C.E.D.R. Comme l'Union européenne (UE) est compétente pour conclure les traités commerciaux et qu'elle constitue elle-même une organisation régionale, la participation des
1 Traduction de l'allemand en français par Stéphanie Hüsler, BLaw, aide-assistante du prof. Paul Richli à l'Université de Lucerne. 19

États membres à d'autres organisations régionales n'est pas très étendue. Cependant, dans le cadre de l'OMC, la présence d'autres organisations régionales, permet de développer de nouvelles relations particulièrement importantes pour lUE et à ses États membres. La Commission II a traité d'une thématique très importante en matière de transposition: "Juridiction et règlements alternatifs de conflits dans l'agriculture". La «juridiction agricole» avait déjà été au programme d'un congrès en 1985. Depuis 1985, des modifications considérables ont eu lieu. Ainsi, la résolution alternative des conflits, notamment la médiation, a connu un essor considérable. TIest donc plus que justifié de traiter et d'explorer à nouveau cette thématique afin de déterminer si l'agriculture et ses acteurs peuvent profiter de ces évolutions. La résolution alternative des conflits se concrétise en particulier selon quatre procédures fondamentales: (1) Procédure d'arbitrage devant un arbitre légal ou spécialisé; (2) Auditions devant des cours spécialisées; (3) Décision d'un expert nommé particulièrement ainsi que (4) Médiation. Pour améliorer l'accès à la justice, la Commission européenne a publié le 22 octobre 2004 un projet de directive2 concernant certains aspects de la médiation en matière civile et commerciale. Au regard de ce projet, la Commission Ils' est surtout intéressée aux systèmes et procédures de médiation dans les différents États membres de la CE. La Commission III a, quant à elle, traité des problèmes liés à «l'application du paiement unique par les administrations et les tribunaux nationaux". L'accent a été mis sur les expériences de l'administration et d'autres organes administratifs en charge des droits à paiement unique (DPU), ainsi que de leur contrôle. Certains jugements ont été examinés, notamment ceux portant sur la légalité des dispositions d'application, les relations entre les propriétaires fonciers et les exploitants fermiers ainsi les relations entre l'administration et les ayants-droit aux DPU. Ces aides directes faisaient déjà l'objet des discussions de la Commission TI lors du XXIIle Congrès européen de droit rural à R0ros ; toutefois, à l'époque, nous manquions de recul en ce domaine. Vu l'importance extraordinaire des DPU, l'approfondissement de la thématique était plus que justifié. Caserta a offert un cadre exceptionnel au XXIVe Congrès européen de droit agraire et Colloque du C.E.D.R. La cérémonie d'ouverture a pu être mise en œuvre dans le théâtre royal de la Reggia di Caserta, et les travaux des Commissions se sont déroulés à San Leucio, qui fût le centre de la faculté des sciences politiques pour les études avancées européennes et méditerranéennes "Jean Monnet" de la deuxième université de Naples. Grâce aux deux excursions au cœur de l'histoire antique -le musée Campana à Capua ainsi et Pompei - les travaux scientifiques se sont achevés dans le meilleur des sens.
2

SEK(2004)1314.

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VORWORT
Prof. Dr. iur. Paul RICHL! Universitiit Luzern, Generaldelegierter des CEDR
Der XXIV. Europaische Agrarrechtskongress und Kolloquium, den das Europaische Agrarrechtskomitee (C.E.D.R.) vom 26. bis 29. September 2007 in Caserta (Italien) durchführte, war von ganz besonderer Art. Die Veranstaltung war nicht nur - wie üblich - wissenschaftlichen Arbeiten im Rahmen von Kommissionen gewidmet. Die Erôffuungszeremonie stand ganz im Zeichen der Feier des fünfzigjahrigen Bestehens des Comité européen de droit rural (C.E.D.R.) einerseits und der Europaischen Gemeinschaft anderseits. Unter der Regie von Prasident Prof. Dr. Dr. Erkki Hollo würdigten der Generalsekretar, Dr. Marc Heyerick, und der frühere Prasident und heutige Ehrenprasident, Prof. Dr. Joseph Hudault, In eindrucksvollen Festreferaten die Verdienste des C.E.D.R. im Bereich des Agrarrechts bzw. des Rechts des landlichen Raums. Wahrend Dr. Heyerick den Schwerpunkt seiner Ausführungen der Geschichte des C.E.D.R. und besonders markanten Persônlichkeiten und Veranstaltungen widmete, beeindruckte Prof. Hudault die Zuhôrerschaft mit einer Würdigung der wissenschaftlichen Leistungen des C.E.D.R., seiner Personlichkeiten und Kongresse. Besonders ins Licht gerückt wurde Prof. Dr. Antonio Carrozza, der zu Beginn der Aktivitaten des C.E.D.R. bleibende Verdienste urn die Entwicklung der Dogmatik des Agrarrechts erwarb. Prof. Dr. Luigi Costato arbeitete in seinem JubiHiumsreferat zu Ehren der Europaischen Gemeinschaft die enormen Leistungen der Gemeinschaft fur das Agrarrecht bzw. das Recht des landlichen Raumes hervor. Die anschliessenden wissenschaftlichen Arbeiten wickelten sich in drei Kommissionen ab, die je ein grosseres Thema behandelten. Die Grundlage flir diese Arbeiten bildeten Landerberichte. Alle drei Kommissionen schlossen ihre Arbeiten mit Schlussfolgerungen und Empfehlungen ab. Entsprechend der Tradition des C.E.D.R. bestimmte das Gastland, Italien, das Thema von Kommission I. Es handelte sich urn die "Gemeinsame Agrarpolitik, neue Regeln der WTO und regionales Gleichgewicht". Neben dem Verhaltnis zwischen der Gemeinsamen Agrarpolitik (GAP) und der Welthandelsorganisation (WTO) kam die Frage des regionalen Gleichgewichts zur Sprache, welche neue Perspektiven über das genannte Verhâltnis hinaus eroffnet. Mit dieser Themensetzung sprengte das Gastland die Eurobezogenheit der Diskussionen des C.E.D.R. Da die Kompetenz zum Abschluss von Handelsvertragen an sich bei der Union liegt, die ihrerseits im Sinn der

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Fragestellung eine regionale Organisation darstellt, ist die Beteiligung der EUMitgliedstaaten in anderen regionalen Organisationen nicht weit verbreitet. Dennoch sind die regionalen Organisationen, die im Rahmen der WTO ihre Interessen einbringen, zahlreich und bedeutend. Die wechselseitigen Beziehungen, die daraus entstehen, kannen der EU und ihren Mitgliedstaaten nicht gleichgültig sein. Die Kommission II beschaftigte sich mit einer Thematik, die rur die Rechtsdurchsetzung von grosster Bedeutung ist: "Gerichtsbarkeit und alternative Streiterledigung in der Landwirtschaft". Die Gerichtsbarkeit in der Landwirtschaft stand bereits im Jahr 1985 auf einem Tagungsprogramm. Die Berichte jener Tagung sind seinerzeit unter dem Titel "La juridiction agricole" publiziert worden. Seit 1985 haben sich in der Judikative erhebliche Ânderungen ergeben. So hat die alternative Streiterledigung, namentlich die Mediation, einen beachtlichen Aufschwung erlebt. Es ist daher mehr aIs gerechtfertigt, die Thematik neu anzugehen und zu erkunden, ob die Landwirtschaft und ihre Akteure von den Entwicklungen profitieren kannen. Die alternative Streiterledigung erstreckt sich insbesondere auf vier grundlegende Verfahren: (1) Schiedsverfahren vor einem gesetzlichen oder einern spezialisierten Schiedsrichter; (2) Anharungen vor spezialisierten Gerichten; (3) Entscheid eines einzeln emannten Experten sowie (4) Mediation. Urn den Zugang zur Gerichtsbarkeit zu verbessem hat die Europaische Kommission am 22. Oktober 2004 den Entwurf einer Richtlinie über gewisse Aspekte der Mediation in Zivil- und Handelsangelegenheiten (SEK(2004) 1314) publiziert. 1m Hinblick auf diesen Entwurf interessierte sich die Kommission II vor allern rur die Systeme und Verfahren der Mediation in den einzelnen EUMitgliedstaaten. Die Kommission ill behandelte schliesslich ausgewahlte Probleme im Zusamrnenhang mit der Umsetzung der Einheitlichen Betriebspramie in den EU-Mitgliedstaaten. Ihr Thema lautete: "Die Anwendung der einheitlichen Betriebspramie durch die nationalen Verwaltungen und Gerichte". lm Zentrum des Interesses standen Erfahrungen der Verwaltung und anderer Administrativorgane, die mit der Behandlung von Beitragsgesuchen, mit der Gewahrung der einheitlichen Betriebspramie und mit der Kontrolle der Einhaltung der Bedingungen beschaftigt sind. Nicht zuletzt interessierten Gerichtsurteile im Kontext der Einheitlichen Betriebspramie, namentlich zu Fragen der Rechtmassigkeit von Vollzugsvorschriften, des Verhaltnisses zwischen Grundeigentümer und Bewirtschafter sowie des Verhaltnisses zwischen der Verwaltung und den Beitragsberechtigten. Die Einheitliche Betriebspramie war zwar bereits Gegenstand der Beratungen von Kommission TIanlasslich des XXIII. Europaischen Agrarrechtskongresses in Reros. DamaIs Iagen aber noch kaum Erfahrungen vor. Angesichts der ausserordentIichen Bedeutung der EinheitIichen Betriebspramie war die Vertiefung der Thematik mehr aIs gerechtfertigt.

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Caserta bot einen aussergewohnlichen Rahmen fùr den XXIV. Europaischen Agrarrechtskongress mit Kolloquium des C.E.D.R. Die Erôffnungszeremonie konnte im überwaltigenden koniglichen Theater der Reggia di Caserta durchgeführt werden, die Kommissionsarbeiten in San Leucio, dem einmalig gelegenen Zentrum der Fakultat rur politische Wissenschaften fur fortgeschrittene europaische und mediterrane Studien "Jean Monnet" der zweiten Universitat von Neapel. Zwei Ausf1üge in Juwelen der antiken Geschichte, das Campano Museum in Capua sowie nach Pompei, rundeten die wissenschaftlichen Arbeiten in bestem Sinne ab.

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OPENING ADDRESS
Prof. Dr. Dr. Erkki HOLLO President oj the European Committee Jor Rural Law
Honourable audience, Rector of the Second University of Napoli, Professore Rossi, Dean of the Faculty, Professore Piccinelli, President of the Italian Association Associazione Italiana Cultori di Diritto Agrario, Professore Massart, Ladies and Gentlemen, Dear Friends of Agricultural and Rurallaw, The half century of European history in agricultural law invites to thoughts about identity, identity in the sense of science, social reality and political acceptance. These three elements - science, reality and politics - are not - or at least should not be - separate from what legislators do and what authorities decide. Legislative and legal work in general should seriously consider the surrounding world, its needs, its realities and - what seems to be vital today the market. Our market is not local or national, it is regionally European and tends to be global. Therefore we here in Europe, also in our organisation, the European Council of Agriculturallaw, the CEDR, are so to speak in the middle. Our challenge is to improve agricultural and rural conditions in the different regions of our continent but at the same time to cope with global trends. One obvious difficulty is the diversity both in social, economic and climatic as well as geographic terms. Not many sub-regions in the world are equal in all these terms. On the other hand it seems vital to have an organised structure for the international or supra-national market. The market again does not allow, for instance, for national measures which could disturb competition on the market. One aspect therefore affects the next and the whole agricultural world is like a circle which tries to find balance or equity. It seems to me that exactly this is what it is about in the European Common Agricultural Policy: it is to find balance and equity, both between individuals and regions. Agriculturallaw, as we see it today, is not just a codification of agricultural practices. Agricultural law has developed to a broader scientific discipline of rurallaw. The political and economic change on the agricultural market affects the rural environment as a whole. Industrialisation of agricultural production opens new perspectives on new environmental and social needs. Also globalisation of the food chain opens important aspects on consumer protection and food safety. It is our common challenge to work for a viable and profitable rural economy.

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The history and methodology of agriculturallaw will be later in this opening session highlighted by eminent speakers. The professors Joseph Hudault and Luigi Costato are both honorary presidents of the CEDR and esteemed academics in agricultural law and agricultural scientific work in general. Their presentations will surely give the audience a welcome information but also a ground for the work in our commissions here in the Congress. I am also glad to state that the three commissions of our congress are in the hand of highly qualified and professional presidents and general rapporteurs. Since our organisation has modified the congress practices to become more open for discussions and interventions, the expectations for interesting sessions in all commissions go especially to the presidents, Professor Luigi Costato, Professor Rudy Gotzen and Professor Ana Carretero Garcia. I am also pleased to welcome the scientifically most important persons of this congress, Professor Paul Richli as the Delegate General of the CEDR, and the general rapporteurs in the commissions, Professor Paolo Borghi, Mr. Roderick Mackay as well as Mr. Hugh Mercer and Dr. Luc Bodiguel. The topics, the three themes of the Congress are all about the celebration of 50 years of European integration in agriculture. The first topic is oriented to the future, here we will discuss the need of global adaptation, especially within the WTO, but also the improvement of regional balance or equilibrium. The regulatory systems become continuously more complicated which again has the effect of bureaucratic institutions and procedures. The challenge of simplification needs to be responded but the development of mechanisms, both administrative and economic, seems to have the opposite effect. The expectations for reaching common sense and practical solutions, instead of additional control mechanisms, are high also in the European context. The second topic is dealing with jurisdiction in agricultural affairs. Here legal diversity flourishes a lot, from privatised arbitration systems to traditional jurisdiction in courts. Legal protection of farmers and producers under the regime of the Common Agricultural Policy is one, but perhaps not the only reason for the choice of this topic. Many substantial issues are here related to pure procedural approaches, for instance quality of products, standard of agricultural production or the influence of the regulation concerning genetically modified organisms in food.The third topic, the European Single Payment system, is - if one may say so - academic by nature. Still, the role of the European single payment system has very practical dimensions and the need of clarifying analyses as well as of comparative experiences is obvious. The single payment system is supposed to have, at least indirectly, a positive effect on the European agricultural market as a whole. The problem is that the system seems to be rather complicated in view of the fact that there is a need for additional litigation and corrections of the system. Agricultural or rurallaw is a most suitable topic for comparative studies. The methodology, developed since the 60s, was innovative in the sense that different

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aspects with relevance for agricultural activities were brought under the same scope. The objective was to strengthen but also to diversify the legal position of rural activities, the position of farmers and the whole circle of production. The economic and social problems in different countries were comparable which emphasised the importance of legal and also economic comparison and coordination. The regular congresses of our organisation, the CEDR, as well as its national member organisations and their members have influenced the agricultural climate, and hopefully enhanced the level of understanding of modem rural needs both individually and politically. The wish is that the scientific research and experience would in a rational way affect also the areas of legislation and administrative practices worldwide. For the realisation of the congress in this beautiful region of Caserta our thanks go especially to the Italian Association, its president Professor Alfredo Massart and the local members of the organisational committee, Professor Antonio Sciaudone and Dr. Paola Gravante. We look forward to have a useful and valuable congress, responding to the challenges of reform which the European agricultural market has to meet after 50 years of integration.

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ALLOCUTION

D'OUVERTURE1

Prof. Dr. Dr. Erkki HOLLO Président du Comité Européen de Droit Rural
Mesdames, Messieurs les participants, Monsieur le recteur de la seconde Université de Naples, Professeur Rossi, Monsieur le Doyen de la faculté, Professeur Piccinelli, Monsieur le Président de l'Association italienne de droit rural, Professeur Massart, Mesdames, Monsieur, Chers amis ruralistes, L'histoire européenne du droit rural des cinquante dernières années nous invite à réfléchir sur l'identité, identité au sens scientifique du terme, mais aussi au regard de la réalité sociale et politique. Ces trois éléments - science, réalité et politique - ne sont pas - ou ne devraient pas être - séparés de ce que les législateurs font et de ce que les autorités décident. En général, toute disposition légale et législative devrait tenir compte sérieusement du monde dans lequel elle s'inscrit, des besoins exprimés, des réalités et notamment - ce qui semble vital aujourd'hui - du marché. Notre marché n'est ni local, ni national; il est européen et devient mondial. Par conséquent, ici en Europe, nous et notre Organisation, le CEDR, devons être à même de considérer l'ensemble. Dans cet esprit, notre défit revient à analyser les problématiques rurales et agricoles des différentes régions de notre continent et, en, même temps, à les croiser avec les enjeux et le contexte mondiaux. L'une des difficultés les plus évidentes relève de la diversité des considérations sociales, économiques, climatiques et géographiques en Europe. Peu de sous-régions dans le monde offrent la même diversité. Malgré cela, il parait vital de maintenir une structure organisée pour le marché international et supranational. Le marché ne peut pas permettre, par exemple, des mesures nationales distorsives de concurrence. Dans ce contexte, pour le monde agricole et plus particulièrement pour la PAC, il me semble qu'il s'agit de trouver le juste équilibre et l'équité entre régions et individus. Comme nous pouvons le voir aujourd'hui, le droit rural n'est pas qu'une simple codification de pratiques agricoles. Il consiste en une large discipline scientifique. Les changements politiques et économiques du marché agricole affectent l'ensemble de l'environnement rural. L'industrialisation de la production agricole ouvre de nouvelles perspectives et favorise le développement de nouveaux besoins sociaux et environnementaux. De même,
1 Traduction de l'anglais en français par Dr. Luc Bodiguel, Université de Nantes. 29

la mondialisation de la chaine alimentaire a un impact direct dans les domaines de la protection du consommateur et de la sécurité alimentaire. D'où notre challenge: travailler pour une économie rurale viable et source de profits. La spécificité de l'histoire et de la méthodologie propres au droit rural sera soulignée dans cette session d'ouverture par d'éminents orateurs. Les Professeurs Joseph Hudault et Luigi Costato sont tous les deux Présidents honoraires du CEDR et d'estimés universitaires pour leurs travaux scientifiques en droit rural et sur l'agriculture en général. Leurs communications apporteront sûrement des informations bienvenues et couleront les fondations des travaux des différentes Commissions de ce Congrès. Je suis aussi heureux de constater que les trois Commissions de notre Congrès sont entre les mains de Présidents et rapporteurs généraux professionnels et hautement qualifiés. Depuis que notre Organisation a modifié les modalités de ses congrès pour s'ouvrir à plus de discussions et interventions, les Présidents des Commissions, aujourd'hui les Professeurs Luigi Costato, Rudy Gotzen et Ana Carretero Garcia, doivent développer leurs talents pour favoriser le débat lors des sessions. Je suis aussi heureux d'accueillir les personnes les plus importantes d'un point de vue scientifique, Professeur Paul Richli, Délégué général du CEDR et les rapporteurs généraux des Commissions, Ie Professeur Paolo Borghi, Maitre Roderick Mackay, ainsi que Maitre Hugh Mercer et le Docteur Luc Bodiguel. Les trois thèmes de ce Congrès ont été pensés dans la perspective de la célébration des cinquante ans de la PAC: Le premier sujet est orienté vers le futur; nous y parlerons des nécessaires adaptations globales, au sein de l'OMC, ainsi que de l'amélioration des équilibres régionaux. Les systèmes réglementaires deviennent toujours plus complexes, ce qui a pour effet la création de procédures et d'administration bureaucratiques. Le besoin de simplification est réel mais le développement de mécanismes administratifs et économiques semble avoir un effet contraire. Au niveau européen aussi, les attentes relèveraient plutôt de solutions pratiques conformes à l'intérêt commun au lieu de mécanismes de contrôle supplémentaires. Le second sujet traite des juridictions en matière agricole. Ici, la diversité légale est la règle; elle va des systèmes d'arbitrage privés aux tribunaux traditionnels. La protection juridique des exploitants agricoles du fait de la PAC n'est pas la seule raison pour laquelle le CEDR a choisi ce sujet. De nombreuses questions sont liées aux approches procédurales, par exemple la qualité des produits, les standards de production agricole, ou l'influence de la réglementation sur les OGM dans l'alimentation. Le troisième sujet, le système européen des droits à paiement unique, est s'il en est un - académique par nature. Cependant, il a aussi une véritable dimension pratique. S'impose alors le besoin d'analyses éclairantes et de comparaison des expériences. Le système européen des DPU est supposé avoir, 30

au moins indirectement, un effet positif sur le marché agricole européen dans son ensemble. Le problème vient de ce qu'il semble si compliqué qu'il exige aujourd'hui des corrections et est source de litiges. Le droit agricole ou rural est un sujet particulièrement adapté aux études comparatives. La méthodologie, développée depuis les années soixante, fut innovante puisqu'elle permettait de réunir les aspects essentiels des activités agricoles dans le même cadre. L'objectif était de renforcer mais aussi de diversifier les statuts légaux des activités rurales, la place des exploitants et de l'ensemble du cycle de production. Les problèmes sociaux et économiques des différents pays étaient équivalents, ce qui était mis en exergue par les approches comparatives économiques et juridiques. Les Congrès réguliers de notre Organisation, le CEDR, ainsi que les organisations nationales et leurs membres ont influencé le « climat» agricole et participé à la compréhension des besoins agricoles modernes individuels et politiques. Le souhait est que la recherche scientifique et l'expérience aient un impact sur la réglementation et la pratique. Pour la réalisation de ce congrès dans cette magnifique région de Caserta, nos remerciements vont tout spécialement à l'Association italienne, son Président le Professeur Alfredo Massart, les membres locaux du comité d'organisation, le Professeur Antonio Sciaudone et Madame la Docteure Paola Gravante. Nous espérons un congrès utile et riche, répondant aux défis que le marché agricole européen va devoir relever après 50 années d'intégration.

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EROFFNUNGSANSPRACHEt
Prof. Dr. Dr. Erkki HOLLO Priisident des Comité Européen de Droit Rural
Sehr geehrte Zuhorerinnen und Zuhorer, sehr geehrter Rektor der Zweiten Universitat von Napoli, Prof. Rossi, sehr geehrter Dekan der Fakultat, Prof. Piccinelli, sehr geehrter Prasident der Associazione Italiana Cultori di Diritto Agrario, Prof. Massart, liebe Freunde des Rechts des landlichen Raumes, Ein halbes Jahrhundert europaischer Geschichte des Agrarrechts ladt ein zum Nachdenken über Identitat, verstanden im Sinne von Wissenschaft, gesellschaftliche Realitat und politischer Akzeptanz. Diese drei Elemente Wissenschaft, Gesellschaft, Politik - sind untrennbar verbunden mit dem, was Gesetzgeber tun und Behorden entscheiden, oder sollten es zumindest. Gesetzgebung und juristisches Arbeiten im Allgemeinen sollten ihr Umfeld, die BedÜffnisse, die Gegebenheiten und - heutzutage offenbar unerlasslich - den Markt miteinbeziehen. Unser Markt ist nicht mehr lokal oder national beschrankt, sondem es ist die Region Europa, wenn nicht gar die ganze Welt. Deshalb sollten wir hier in Europa, in unserer Organisation, dem CEDR, aus der Mitte heraus sprechen. Unsere Aufgabe ist es, die Bedingungen der Landwirtschaft in den verschiedenen Regionen unseres Kontinentes zu verbessem und gIeichzeitig mit den globalen Trends übereinzustimmen. Die VieIfalt hinsichtlich sozialer, okonomischer, klimatischer wie auch geographischer Bedingungen stellt eine offensichtliche Schwierigkeit dar. Allerdings bestehen diesbezügIich in den meisten Gegenden Unterschiede. Andererseits scheint es entscheidend, dass der internationale oder supranationale Markt gut organisiert ist. Dieser Markt wiederum erlaubt keine Verzerrungen des Wettbewerbs, etwa durch nationale Massnahmen. Ein Aspekt beeinflusst den anderen, wahrend es im ganzen landwirtschaftlichen Bereich darum geht, das Gleichgewicht oder den Ausgleich zu finden. Genau das scheint mir das Ziel der Gemeinsamen Agrarpolitik zu sein: einen Ausgleich zwischen Regionen und Individuen zu finden. Agrarrecht, wie wir es heute kennen, ist nicht einfach eine Kodifikation der landwirtschaftlichen Gewohnheiten. Das Agrarrecht hat sich zu einer wissenschaftlichen Disziplin des Rechts des landlichen Raumes entwickelt. Der politische und okonomische Wandel des Landwirtschaftsmarktes beeinflusst die
1 Übersetzung aus dem Englischen ins Deutsche von Philipp Vonarburg, BLaw, Hilfsassistent von Prof. Paul Richli an der UniversiUit Luzem.. 33

Entwicklung des landlichen Raumes in alIen Bereichen. Die Industrialisierung der Landwirtschaft eroffnet neue Perspektiven auf neue Bedürfnisse der Umwelt und Gesellschaft. Die Globalisierung der Emahrungskette führt zu wichtigen Fragen bezüglich Konsumentenschutz und Lebensmittelsicherheit. Es ist unsere gemeinsame Herausforderung, an einer existenzfahigen und rentablen landIichen Wirtschaft zu arbeiten. Die Vergangenheit und Methodik des Agrarrechts wird spater in dieser Eroffnungsfeier von bedeutenden Rednem hervorgehoben. Die Professoren Joseph HudauIt und Luigi Costato, beides Ehrenprasidenten des CEDR und geschatzte Wissenschaftler im Agrarecht und den Agrarwissenschaften im AIIgemeinen, werden in ihren Referaten darauf eingehen, was uns aIs gute Grundlage für die Arbeit in den Kommissionen an diesem Kongress dienen wird. Es ist mir ebenso eine Freude, die drei Kommissionen dieses Kongresses in der Hand hochqualifizierter und erfahrener Prasidenten und GeneraIberichterstatter zu wissen. Seit unsere Organisation den Ablauf der Kongresse angepasst und die Diskussionen gestarkt hat, richten sich die Erwartungen interessanter Sitzungen besonders an die Prasidenten, Prof. Luigi Costato, Prof. Rudy Gotzen und Prof. Ana Carretero Garcia. Es freut mich auch, die wissenschaftlich wichtigsten Personen dieses Kongresses begrüssen zu dürfen: Prof. Paul Richli aIs General delegi erter des CEDR und aIs Generalberichterstatter in den Kommissionen Prof. Paolo Borghi, Hr. Roderick Mackay, Hr. Hugh Mercer und Dr. Luc Bodiguel. Die drei Themen sind aIIesamt mit der 50-Jahr-Feier der europaischen Integration in der Landwirtschaft verbunden. Das erste Thema ist in die Zukunft gerichtet: Es geht urn die Notwendigkeit weltweiter Anpassungen, vor allem innerhalb der WTO, aber auch urn die Verbesserung des regionalen GIeichgewichts. Die Regulierungssysteme werden immer kompIexer, was wiederum zur Bürokratisierung der Institutionen und AbIaufe flihrt. Die Herausforderung der Vereinfachung muss angegangen werden, aber die Entwicklung der administrativen und ôkonomischen Mechanismen scheint den gegenteiligen Effekt zu haben. Die Erwartungen, Einigkeit und praktische Losungen anstatt zusatzIicher KontrolImechanismen zu finden, sind auch irn europaischen Umfeld gross. Das zweite Therna behandelt die Gerichtsbarkeit in landwirtschaftIichen StreitfalIen. Die rechtliche VieIfaIt blüht kraftig, sie reicht von der privaten Schiedsgerichtsbarkeit bis zur herkommlichen Rechtsprechung der Gerichte. Für die Wahl dieses Themas ist der Rechtsschutz der Produzenten und Landwirte unter der GAP wohl ein Grund, wenn auch nicht der einzige. Viele wichtige Fragen sind hier mit rein prozeduralen Ansatzen verknüpft, etwa mit der Produktequalitat, landwirtschaftlichen Produktionsstandards oder mit dem Einfluss der Regulierung genveranderter Organismen in Lebensmitteln.

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Das dritte Thema, das europaische Direktzahlungssystem, ist - so konnte man sagen - von Natur aus akademisch. Dennoch hat das europaische
Direktzahlungssystem sehr direkte Auswirkungen auf die Praxis, und das Bedürfuis nach klarenden Analysen und dem Vergleich von Erfahrungen ist augenfallig. Das Direktzahlungssystem sollte auf den europaischen Agrarmarkt insgesamt mindestens indirekt einen positiven Einfluss haben. Problematisch ist, dass dieses System kompliziert ist und ein Bedarf rur weitere Anpassungen besteht. Das Agrarrecht oder das Recht des landlichen Raumes ist ein gut geeignetes Thema für rechtsvergleichende Studien. Die seit den 60er Jahren entwickelte Methodik war innovativ, weil verschiedenste Gesichtspunkte mit einer Bedeutung rur die landwirtschaftliche Tatigkeit gesamthaft betrachtet wurden. Das Ziel war, die rechtliche Stellung der landwirtschaftlichen Aktivitaten, der Landwirte und des ganzen Agrarbereichs zu starken und auszubauen. Die wirtschaftlichen und sozialen Herausforderungen waren in verschiedenen Landem vergleichbar, wodurch die juristische und auch okonomische Zusammenarbeit besonders bedeutend war. Die regelmassigen Kongresse des CEDR wie auch dessen nationale Organisationen und deren Mitglieder haben die Bedingungen für die Landwirtschaft positiv beeinflusst und sowohl auf individueller wie auch auf politischer Ebene das Verstandnis für die Bedürfuisse einer modemen Landwirtschaft gefordert. Wir hegen die Hoffuung, dass die wissenschaftliche Forschung und Erfahrung die Gesetzgebung und die Behordenpraxis weltweit voranbringen mage. Für die Realisierung des Kongresses in dieser wunderschanen Region von Caserta geht der Dank besonders an die nationale italienische Organisation und ihren Prasidenten, Prof. Alfredo Massart, und die lokalen Angehorigen des Organisationskomitees, Prof. Antonio Sciaudone und Dr. Paola Gravante. Wir freuen uns auf einen wertvollen, bereichernden Kongress, welcher die Herausforderung einer Reform des europaischen Agrarmarktes nach 50 Jahren Integration annimmt.

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THE CONTRIBUTION OF THE CEDR TO THE DEVELOPMENT OF EUROPEAN RURAL LAWl
Prof: Dr. Joseph HUDAULT

Honarary President of the European Council for Agricultural Law Professor of Law at the University Panthéon-Sorbonne, Paris Member of the Académie d'Agriculture de France
On this fiftieth anniversaryof the foundation of our organization - which is
also the fiftieth birthday of the Common Market of Europe (now the European Union) - our General Delegate, professor Paul RICHLI, asked me to give a short presentation on the contribution of the European Council for Agricultural Law to the development of rurallaw in Europe. Our Secretary general, Dr. Marc HEYERICK, has just facilitated the task to me by pointing out the premises of our Committee. Three names were mainly associated with the awakening of the need for agricultural lawyers to meet to

share their experiencesand their reflex ion - and to develop common principles
and positive solutions for the development of agriculture in the original six countries that were signatories of the Treaty of Rome. These three were Giangastone BOLLA, Jean MEGRET and Alberto BALLARIN MARCIAL, this last present today among us. I will not recall the merits of the ones' and others, which are known of all, nor will I evoke the memory of those that very quickly joined them, such as Alfred PIKALO or Kurt THEISINGER. Mr Marc HEYERICK has done so in his own address. I will point out however the original contribution of the CEDR, which joins together two concerns - the doctrinal concern and the practical concern - and joins two categories of lawyers - academics and experts (lawyers, magistrates, experts, civil servants of agriculture and European Union). I believe that the CEDR is the only international organization (having also the status of NGO) to bring together 4000 lawyers of 27 titular or individual Member States), representing these various horizons. I should also say that the doctrinal concern preceded the practical concern historically. This theoretical concern was born in Italy with BOLLA and the Institute for International and Comparative Agrarian Law of Florence in 1922,
1 Translation from French into English by Prof. Dr. Christopher P. Rodgers, University of Newcastle upon Tyne. 37

and the creation of the Rivista.2 His work justified the existence and the autonomy of rurallaw in the nomenclature of the disciplines and legal sciences. In short, in the academic world, BOLLA gave its letters ofnobility to rurallaw. This considerable work prepared the ground for the future. When the European Community was created, and the Common agricultural policy became the first policy of the Community, it appeared to Jean MEGRET, lawyer and ruralist in Paris, and who had been professor with the catholic University of Paris, that it was desirable to amalgamate the theory and the practice of rural law. It is this concern which one finds at the time of the problems raised "with the lawyers of rural law by the first European Congress of agricultural law", as indicated by the resolution voted by the Congress of Paris, October 30, 1957, evoked by Marc HEYERICK. By centring the creation of the CEDR from this point of view, MEGRET replicated what the Institute of Rural Law and Agricultural Economics (llIEDREA) had first done with its focus on the complementarities oftheory and practice. It is this complementarity which explains the great influence of the European Council for Agricultural Law on the development of rural law and which I would like to outline in this short synthesis. When one takes stock of the work achieved by our Committee since it's foundation in 1957, one observes, indeed, that it exerted an influence on the development of the legal thought (or, if you prefer it, on agrarian doctrine) at the same time as on the evolution of the substantive law. My thesis will thus advance two ideas: the influence of the European Council for Rural Law on legal thought; then the great influence of the CEDR on the evolution of the substantive law.

1. The influence of the European Council for Agricultural Law on legal thought
Once again historically, it is the doctrines that preceded the practice. In this direction rural lawyers became aware of legal constructs in a discipline that deviated from the conceptual bases of basic legal laws. The first observation which the doctrines made, it is that the rural law broke the traditional categorisation of legal concepts (for example the concept of product applied in agriculture, which does not have the same direction in the Treaty as in the continental Civil codes of France, the Spain, the Italy or Belgium..)3, and that it was necessary to interpret its rules in the light of its own principles. It is the
2 Rivista di diritto agrario, Giuffrè, éd., Milano. 3 J Hudault, Reflexions on the concept of fruits and products and on the passage of the agrarian law to the agroalimentary law, in "Prodotti agricoli E sicurezza alimentare", Acts of Vllème Congress UMAU, Rammed-Siena, (November 5-9, 2002), p. 79. Also: D. Bianchi, Common agricultural policy All the CAP, nothing D other than the CAP, Brussels, Bruylant, 2006, 639

-

pp., in particular n° 23.

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famous thesis of the autonomy of the law rural, initiated by BOLLA in 1922, and deepened with brilliance by professor Antonio CARROZZA. It is here, indeed, where we should remember CARROZZA's work and commemorate the 10th birthday of his death. This oeuvre was immense, in particular, its Lezioni di diritto agrario. CARROZZA took part in a great number of meetings of the CEDR. One of its claims to fame is to have theorised the concept of agrarieta and made it one of the primary bases of rurallaw, emphasising the importance of the vegetable and animal biological cycle. The French Council of State had in 1970 used this concept, by refusing the commercial qualification with the industrial stockbreeders of pigs as carrying on an agricultural activity by nature (v. will infra). CARROZZA set up this observation in theory and in drew all the possible legal conclusions. CARROZZA exerted its direct influence while initiating with professor Karl KREUZER (my predecessor as General Delegate) a remarkable Symposium (the first of the kind) with the University of Constance (FRG) in September 1982 on "the rural law in Europe: object, teaching and research". Finally, CARROZZA became aware and taught others of what he called the displacement of the first object of rural law. From the years 1970-1980, the rurallaw, in particular under the influence of the Common agricultural policy, widened its object. The agrarian law, which is the core originating in the rural law, became, the law which governs the agricultural produce from its birth to its consumption and which is concerned with the transformation and the marketing of this product after its initial production. Already BALLARIN MARCIAL, eminent member of the Spanish legal profession, had insisted on the agro-alimentary destination of the contemporary rurallaw. With Professor Louis LORVELLEC (who was one of his privileged interlocutors and which accepted it doctor honoris causa in his University of Nantes), CARROZZA exploited all the legal consequences of this transformation. CARROZZA still directed the attention of the CEDR to the specialized vegetable cultures, the specificity of the mode of water in agriculture in a report/ratio in XIIlth Congress of the CEDR in Tenerife in 1985, on the influence of the law of the environment on rurallaw etc... There would be still many things to say on the ideas of CARROZZA and their reception by the CEDR. The constraints of the schedule do not allow it. What it is important to say in a more general way, it is that the European Council for Rural Law, by synthesizing the many contributions of eminent authors, worked out doctrines that have structured the evolution of the discipline. These doctrines were expressed in the motions adopted by each of the congresses and in the many publications that resulted from them. It is also necessary to refer to the work of the CEDR to facilitate the integration in the national legal systems of the provisions of the Common agricultural policy. Since it's meeting in 1985 in Chartres, the CEDR has focussed on the problem of the application by the national judges of the Community legislation. Luigi COST ATO chaired these debates.

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In 1990, at the time of Nth Symposium that was held, thanks to our friend Wolfgang WINKLER, at the Institut für Landwirtschaftsrecht of the University of G6ttingen, the CEDR concentrated on the problems of the harmonization of agrarian laws in Europe. In that, it reflected the work of the XVth Congress of Ghent perfectly thanks to the intensive work of Dr. Marc HEYBRICK, who, in the first Commission on the movable legal statute and real estate of the agricultural company, had recommended a Community harmonization of the taxation of the transmission of the goods of agricultural companies. In G6ttingen, the work of the Symposium had been concluded by the observation that the agricultural Community legislation was not immune from the principle raised by the doctrines in national law, namely that agricultural legal matters must obey principles which have irreducible characteristics. With regard to the agrarian harmonization of laws in question, there was a prevalence of the special texts on agriculture compared to the general texts resulting from the European Single Act, and these resulted in the operation of the Council according to the rule of the majority qualified with a simple opinion not decisive of the European Parliament, i.e. without the need for the joint decision. With this occasion, it had been established that the Common agricultural policy was integrated into other Community policies, since at that time still, the agricultural budget of the Community accounted for 60% of the overall budget, at the same time as the texts regulating agriculture accounted for 60% of the Community normative mass, and agricultural disputes before the Court of Justice then represented in volume one third of the judgments delivered by the high jurisdiction.4 Luigi COSTATO, in one moment, will certainly say to you that that has since changed. What it is important to underline, is that the topics which have marked the evolution of the rurallaw on the European level, internal and international since 1957, were all approached by the CEDR and made its primary objectives, and a large share of this work. Did these conclusions have positive results or, in all the cases, exert an influence on the legislators? That is the second point of my talk.

2. The influence of the CE DR on the evolution of the law
If one first examines the list of the congresses and conferences held by the CEDR, one can observe that it is an exact reflection of the evolution of rurallaw as a discipline. They reflect the broad topics of relevance to agriculture and relate to the function of rurality in the economy and, more largely, the contemporary agricultural company. I will focus on three congresses, selected because they each reveal the direction traversed by the substantive law and the influence of the CEDR in the construction of the law.
4 Review of rural law, 1991, p. 112; and G6tz and Hudault, Harmonisierung of Agrarrechts in Europa, Books of the Institute flir Landwirtschaftsrechts of the Universite of Gottingen, T. 37. 40

The first is the Xmth European Congress of Ferrara, who was held in this city at May 1983. The topics retained for the reports/ratios and the debates related to the organization of the agricultural credit and the means of financing agricultural companies, on the one hand (the first subject), and, on the other hand, on the regulation of the new agricultural productions in the nationallaws and the Community legislation (the second subject). These two subjects had a bond that was due to the appearance of new breeding techniques in agricultural production and the revolution of what one called the "industrial" breeding. Was this really an agricultural activity and could it be financed as such? Hadn't the producer of battery chickens or pigs, confined in workshops and raised with food supplements, meant that agriculture had become a simple trade or industry? The influence of professor CARROZZA in the answer to this question was determining. With the exit of its work, this Xmth Congress voted, indeed, the following motion according to which "the identification of agriculture was to be founded on the concept of cycle biological, independently of the techniques and the instruments used, whether they are modem or traditional methods" . The question had not been invented by CARROZZA, but by the technological developments and also the tax department that claimed to tax the farmers' stockbreeders according to these techniques like tradesmen and industrialists. Seized of this problem in France, for example, the Council of State had given a decision against the tax department, and for the benefit of the industrial stockbreeders of pigs, in deciding in a celebrated decision that "the breeding of the pigs constitutes in him even an agricultural activity whose nature is not modified even when the food of these animals does not come on a

purely principal basis from a farmbelonging to the owner from the breeding".5
The merit of CARROZZA is to have set up in theory this solution of "agrarieta". The specific or intrinsic mode that the Law recognizes with the agriculture, and which constitutes the basis of the protective rules which surround this activity, draws its principle from the fact that it is exerted on live animals, the vegetable or animal biological cycle. It constitutes for CARROZZA a universal principle applied in the whole world to any agricultural activity. This is its central idea, which I think of not having deformed by thus exposing it. This universalist standpoint had consequences on the substantive law in various countries at the same time, and also at the level of the European Union (for example, with the many specific Community payments on the products qualified as the "agricultural ones" within the meaning of the Treaty, and with jurisprudence Societa Azienda avicola Sant' Anna (aff. 85/77), and on the level of the international negotiations within the framework of the Treaty of GATT and today of the WTO.

5

C.E. 8 févr. 1970, D. 1970, p. 591, N Lamarque. 41

In France, this idea of the agrarieta was adopted, as everyone knows, in the agricultural definition of the activity data by art. 2 of the famous law of December 30, 1988 (today it is the art.L. 311-1 of the rural Code), which expressly refers to the biological cycle of vegetable or animal nature and at the stages necessary to the course of this cycle. But this biological criterion, if it is withdrawn from its context, can have a perverse, pilot effect wrongly this stop of the French Supreme court of appeal which decided, seems to me it, that constituted an agricultural activity the breeding of mouse and rats intended for experiments of medical research laboratories.6 This is why the criterion of the agrarieta of professor CARROZZA, very fundamental that it is, is not sufficient. It is simply necessary. Alberto BALLARIN MARCIAL precisely wrote that "all that is agricultural is

necessarily biological, but all that is biological is not necessarily agricultural".7
This is why it proposed, in its legal definition of agriculture, to add the criterion of the alimentarity there, i.e. the prevalent food destination of the agricultural production and it thus justified the transformation of the agrarian law into agroalimentary law. This criterion itself is not sufficient today any more since the development of the agro-industrial productions, in particular that of the biocarburants. But this leads me to the second Congress that l would like to evoke from the point of view of the contribution of the CEDR in the development of the rural law in Europe. This XVIth Congress, which was held in Ghent in 1989, was very successful and produced a beautiful publication thanks to the intensive work of our Secretary-general, Marc HEYERICK. It jointly approached three topics, that of the legal statute of the movable and real inheritance of the undertaken agricultural, that of the legal statute of the woman within this company and the legal consequences of the freezing of the grounds instituted by the European regulation. This congress proposed, in particular, a European tax approach to develop the law of the undertaking. The desired consequences, were: first, to cause the civil servants of the Commission to reflect and, in particular our friend, Dr. Joachim-Friedrich HEINE, and his counterpart to the Council, Dr. Claudio Of ALLOYED, on the appropriateness ofthis approach. This topic was again discussed in Gottingen in 1990, at the time of the Nth Symposium on legal harmonization. During this last meeting, an Italian colleague, Mrs. VISCARDINI-DONA, magnificently showed that the harmonization - in particular tax - out of agricultural matter could be rather far being pressed only

6 Casso ploughshare, 18 févr. 1976, Bull civ., n° 96; Rev. Dr. rur., 1976, p. 151. 7 A. Ballarin Marcial, New realities of the Spanish rurallaw, in "Aspects of the private law at the end of XXème century" (Studies joined together in the honour of Michel de Juglart), Paris, LGDJ-éd. Montchrestien- éd. Technical, 1986, p. 200 and S.

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on the texts of the Treaty, but that it missed there, in this field, a sufficient political good-will. I do not insist for lack oftime. The third Congress that I would like to evoke is that which was held in Switzerland in Interlaken in 1993. This XVIIth Congress was particularly rich and, in my opinion, exerted a very great influence on the development of European agriculture policy. The CEDR is the fITst scientific organization to have approached, under the legal angle, the application of the concept of multifonctionnality. In that, it made in particular a pioneering contribution in encouraging the European legislator and the national legislators to take into account the environmental function of agriculture. It developed and gave credibility to the concept ofmultifonctionnality. And in that, it was followed by the Council of Europe in the drafting of its European Charter of the rural areas, to which your servant as well as professor POPP of Switzerland worked as experts during one year, and which was adopted by the assembled parliamentary of this regional international organization on April 29, 1996.8 This text, which has an international legal significance as from the moment when the Member States ratified it, recognizes with the rural areas triple function: economic, ecological and sociocultural. The French legislator took again almost literally this formulation, in the applying to the multifonctionnality of 1'agriculture in his law of agricultural orientation of July 9, 1999.9 The Congress at Interlaken also devoted its Round Table to the legal rules relating to the quality of the agricultural produce and agroalimentary. Professor Louis LORVELLEC took part there actively as general rapporteur, regrettably the last contribution he was able to make to the CEDR. Since this Congress of Interlaken, during which our colleague, professor RICH LI, attracted the attention of our Committee by the quality of his general report/ratio on the multifonctionnality, so much so that it became about it, some time after, our general delegate, all these topics were continued and deepened. The opening of the rural law on the law of the environment as well as the protection of the rural areas was taken again with the Congresses of Oxford (1995) and Bonn (1997). In Amsterdam (1999) then in Helsinki (2001), as it was the case in Strasbourg in 1992, the market and the prices, the reform of the CAP, the entry of the new members were treated successfully and contributed to the reflexion of the civil servants of the European Union. The internationalisation and the universalization of the trade of the agricultural produce, the Environment and the Alimentation, as well as the repercussions of the WTO over the CAP were approached in turn. Finally in
8 Parliamentary Parliament of the ordinary Council of Europe Session of 1996 Recommendation 1296 (1996) relating to the European Charter of the rural areas Il th meeting of April 23, 1996. 9 Law n° 99-574 of July 9, 1999, art. 1: lithe agricultural policy takes into account the functions economic, environmental and social of the agriculture and takes part in the regional planning for a durable development". 43

Roros in Norway in 2005, the connection was made between the agroalimentary law and the human rights law, thus giving a base jusnaturalist to our discipline. Very concretely also, the last reform of the CAP, with the institution of the single farm payment and the decoupling of the assistances was considered in its effects on the farm and the property. All this shows, and I would have liked to say of it to you more, that the great merit and the great interest of our organization are to know to join together the practical but so philosophical aspects of our discipline. From the point of view of the next reforms for the CAP and universalization of the exchanges, that made of the CEDR an essential tool with the evolution the law of rurality. Moreover the many non-European observers that come to take an active part in our Congresses show it amply. I thank you for your attention.

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LA CONTRIBUTION DU CEDR AU DEVELOPPEMENT DU DROIT RURAL EN EUROPE
Prof:Dr. Joseph HUDA DL T Président d'honneur du Comité Européen de Droit Rural Professeur à l'Université Panthéon-Sorbonne Membre de l'Académie d'Agriculture de France
En ce cinquantième anniversaire de la fondation de notre Organisation cinquantième anniversaire qui est aussi celui du Marché Commun de l'Europe devenu par la suite la Communauté Economique Européenne (CEE) puis aujourd'hui l'Union Européenne (UE), notre Délégué Général, le professeur Paul RICHLI, m'a demandé de vous présenter un court exposé sur la « Contribution du Comité Européen de Droit Rural (CEDR) au développement du droit rural en Europe ». Notre Secrétaire Général, le Dr. Marc HEYERICK, vient de me faciliter la tâche en rappelant les prémisses de notre Comité. Trois noms ont été principalement cités comme étant à l'origine de cette prise de conscience de la nécessité qu'il y avait pour les juristes du monde de l'agriculture et de la ruralité de se réunir pour mettre en commun leur expérience et leur réflexion pour dégager des principes communs et des solutions positives pour le développement de l'agriculture que s'étaient fixés, à l'origine, les six pays signataires du Traité de Rome (notre collègue et ami, Luigi COST ATO, le rappellera dans un instant): trois noms de grands juristes qui sont ceux de Giangastone BaLLA, de Jean MEGRET et d'Alberto BALLARIN MARCIAL, ce dernier présent aujourd'hui parmi nous. Je ne retracerai pas les mérites des uns et des autres, qui sont connus de tous, ni n'évoquerai la mémoire de ceux qui les ont très vite rejoints, tel Alfred PIKALO ou Kurt THEISINGER. Monsieur Marc HEYERICK vient de le faire. Je rappellerai cependant l'originalité, dès le départ, du CEDR, qui réunit deux préoccupations - la préoccupation doctrinale et la préoccupation pratique et deux catégories de juristes: des universitaires et des praticiens (avocats, magistrats, experts, fonctionnaires de l'agriculture ou de lUE). Je crois que le CEDR est la seule organisation internationale (ayant d'ailleurs le statut d'ONG) à réunir 4000 juristes de 27 pays membres (titulaires ou individuels), représentant ces divers horizons. Ce qu'il y a lieu de dire aussi, c'est que la préoccupation doctrinale a précédé historiquement la préoccupation pratique. Ce courant est né en Italie avec 45

BaLLA et l'Institut de droit agraire international et comparé (IDAlC) de Florence en 1922, et la création de la Rivista.1 TIs'est agi, pour ce fondateur, de justifier l'existence et l'autonomie du droit rural dans la nomenclature des disciplines et des sciences juridiques. En raccourci, je dirai que, dans le monde académique, BaLLA a donné ses lettres de noblesse au droit rural. Ce travail considérable a préparé le terrain pour le futur. Lorsque l'Europe communautaire a été créée, et que la Politique Agricole Commune (PAC) est devenue la première politique de la Communauté, il est apparu à Jean MEGRET, avocat ruraliste à Paris, qui avait été un temps professeur à l'Université catholique de Paris, qu'il fallait amalgamer la théorie et la pratique. C'est cette préoccupation que l'on retrouve à l'occasion des problèmes soulevés «aux juristes de droit rural par l'organisation européenne de l'agriculture », ainsi que l'indique la résolution votée par le Congrès de Paris, le 30 octobre 1957, évoquée par Marc HEYERICK. En axant la création du CEDR dans cette perspective, MEGRET reproduisait ce qu'il avait fait à l'intérieur de l'Institut de Droit Rural et d'Economie Agricole (llIEDREA) qu'il avait fondé à Paris et au sein duquel il avait mis en œuvre cette complémentarité. C'est cette complémentarité qui explique l'influence du CEDR sur le développement du droit rural et sur laquelle je voudrais construire cette courte synthèse. Lorsqu'on fait le bilan du travail accompli par notre Comité depuis sa fondation en 1957, on observe, en effet, qu'il a exercé une influence active à la fois sur l'élaboration et le développement de la pensée juridique (ou, si vous le préférez, de la doctrine agrariste) en même temps que sur l'évolution de notre droit positif. Mon propos comportera donc deux idées: d'abord l'influence du CEDR sur la pensée juridique; ensuite l'influence du CEDR sur l'évolution du droit positif.
1. L'influence du CEDR sur la pensée juridique
Encore une fois historiquement, c'est la doctrine qui a précédé la pratique, en ce sens qu'elle a fait prendre conscience aux juristes du droit rural en construction qu'ils œuvraient dans une discipline qui s'écartait des fondements conceptuels des droits fondamentaux. La première constatation qu'a faite la doctrine, c'est que le droit rural faisait éclater les concepts catégoriels traditionnels (par exemple la notion de produit appliqué à l'agriculture, qui n'a pas le même sens dans le Traité que dans les Codes civils continentaux de la France, de l'Espagne, de l'Italie ou de la Belgique. . .)2, et qu'il fallait interpréter ses règles à la lumière de ses propres principes. C'est la fameuse thèse de
1 Rivista di diritto agrario, Giuffrè, éd., Milano. 2 J. Hudault, Réflexions sur la notion de fruits et de produits et sur le passage du droit agraire au droit agroalimentaire, in « Prodotti agricoli e sicurezza alimentare », Actes du Vllème Congrès UMAU, Pisa-Siena, (5-9 novembre 2002), p. 79. Egalement: D. Bianchi, Politique Agricole Commune - Toute la PAC, rien d autre que la PAC, Bruxelles, Bruylant, 2006, 639 pp., notamment n° 23. 46

l'autonomie du droit rural, initiée par BOLLA en 1922, et approfondie avec brio par le professeur Antonio CARROZZA. C'est ici, en effet, qu'il convient de placer 1'œuvre de CARROZZA qui nous a quittés en 1997 et dont nous commémorons le 10èmeanniversaire de sa mort. Cette œuvre est immense, notamment, ses Lezioni di diritto agrario. CARROZZA a participé à un grand nombre de réunions du CEDR, dont il a alimenté utilement la réflexion. L'un de ses titres de gloire, c'est d'avoir théoricisé la notion d'agrarieta et fait prendre conscience que 1'un des fondements prioritaires du droit rural était son appartenance au cycle biologique végétal et animal. Le Conseil d'Etat français en 1970 avait mis en œuvre ce concept, en refusant la qualification commerciale aux éleveurs industriels de porcs comme exerçant une activité agricole par nature (v. infra). CARROZZA a érigé cette constatation en principe et en a tiré toutes les conséquences juridiques possibles. CARROZZA a exercé son influence directe en initiant avec le professeur Karl KREUZER, qui m'a précédé dans la charge de Délégué General, un remarquable Symposium (le premier du genre) à 1'Université de Constance (RFA) en septembre 1982 sur «le droit rural en Europe: objet, enseignement et recherche ». A partir delà, CARROZZA a pris conscience et fait prendre conscience aux autres de ce qu'il a appelé le déplacement de 1'objet du droit rural. A partir des années 19701980, le droit rural, notamment sous 1'influence de la PAC, a élargi son objet. Le droit agraire, qui est le noyau originaire du droit rural, est devenu, comme je 1'ai écrit, le droit qui régit le produit agricole depuis sa naissance jusqu'à sa consommation et qui se préoccupe autant de la transformation et de la commercialisation de ce produit que de sa production initiale. Déjà BALLARIN MARCIAL, membre éminent de la doctrine espagnole, avait insisté sur la destination agroalimentaire du droit rural contemporain. Avec le Français Louis LORVELLEC, qui fut 1'un de ses interlocuteurs privilégiés et qui le reçut docteur honoris causa dans son Université de Nantes, CARROZZA exploita toutes les conséquences juridiques de cette transformation. CARROZZA attira encore 1'attention du CEDR sur les cultures végétales spécialisées, sur la spécificité du régime des eaux en agriculture dans un rapport au XIIIème Congrès du CEDR à Ténériffe en 1985, sur l'influence du droit de 1'environnement sur le droit rural etc... Il y aurait encore beaucoup de choses à dire sur les idées de CARROZZA et leur réception par le CEDR. Les contraintes de l'horaire ne le permettent pas. Ce qu'il importe de dire de façon plus générale, c'est que le CEDR, en synthétisant les nombreuses contributions d'éminents auteurs, a élaboré une doctrine qui a structuré 1'évolution de la discipline. Cette doctrine s'est exprimée dans les motions adoptées à 1'issue de chacun de ses congrès et dans les nombreuses publications qui en ont résulté. TI faut d'abord reconnaître au CEDR le mérite d'avoir facilité l'intégration dans les systèmes juridiques nationaux des dispositions de la PAC. Dés 1985 à Chartres, le CEDR s'est penché au cours de son IIème Symposium sur le

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problème de l'application par les juges nationaux du droit communautaire. Luigi COSTATO s'en souvient; il en a présidé les débats. En 1990, lors du IVe Symposium qui s'est tenu, grâce à notre ami Wolfgang WINKLER, à l'Institut für Landwirtschaftsrecht de l'Université de Gottingen, le CEDR s'est penché - et c'est le seul à l'avoir fait - sur la problématique de 1'harmonisation du droit agraire en Europe. En cela, il a suivi les travaux du XVe Congrès de Gand parfaitement reussi grâce au travail intensif du Dr Marc HEYERICK, qui, dans sa première Commission sur le statut juridique mobilier et immobilier de l'entreprise agricole, avait préconisé une harmonisation communautaire de la fiscalité de la transmission des biens qui composaient cette entreprise, envisagée comme universum jus. A Gottingen, les travaux du Symposium s'étaient conclu par la constatation que le droit communautaire agricole n'échappait pas au principe relevé par la doctrine en droit interne, à savoir que la matière juridique agricole obéit à des principes qui lui sont propres et à des particularités irréductibles. En ce qui concerne l'harmonisation du droit agraire dont il était question, il y avait une prévalence des textes spéciaux sur l'agriculture par rapport aux textes généraux résultant de l'Acte Unique, ce qui se traduisait par le fonctionnement du Conseil selon la règle de la majorité qualifiée avec un simple avis non décisoire du Parlement européen, c'est-à-dire sans la nécessité de la codécision. A cette occasion, il avait encore été relevé que la PAC était la plus intégrée des politiques communautaires, puisqu'à cette époque encore, le budget agricole de la Communauté représentait 60% du budget total, en même temps que les textes réglementant l'agriculture représentaient 60% de la masse normative communautaire, et que le contentieux agricole examiné par la Cour de Justice représentait alors en volume le tiers des arrêts rendus par la haute juridiction.3 Luigi COST ATO, dans un instant, vous dira certainement que cela a changé. Ce qu'il est important de souligner, c'est que tous les thèmes qui ont marqué l'évolution du droit rural sur le plan européen, interne et international depuis 1957, ont été abordés par le CEDR et ont fait l'objet, de sa part, de conclusions et de vœux. Ces conclusions ont-elles eu des résultats positifs ou, en tous les cas, exercé une influence sur les législateurs? C'est ce à quoi je voudrais m'efforcer de répondre dans le deuxième point de mon exposé.

2. L'influence du CEDR sur l'évolution du droit
Si l'on examine la liste des congrès et colloques tenus par le CEDR, on peut observer que celle-ci est l'exact reflet de l'evolution du droit rural. Tous les grands thèmes, en effet, qui préoccupent l'agriculture et concernent la fonction de la ruralité dans l'économie et, plus largement, la société contemporaine ont été examinés. Sans reprendre cette liste de façon exhaustive, ce qui serait
3 Revue de droit rural, 1991, p. 112; et Gotz et Hudault, Harmonisierung des Agrarrechts in Europa, Cahiers de l'Institut flir Landwirtschaftsrecht de l'Université de Gottingen, 1.37. 48

fastidieux et non conforme au temps qui m'a été imparti, je mettrai l'éclairage sur trois congrès, sélectionnés parce qu'ils sont chacun révélateurs du chemin parcouru par le droit positif et de l'influence du CEDR dans la construction de ce droit. Le premier que j'évoquerai est le Xille Congrès européen de Ferrara, qui s'est tenu dans cette ville au mois de mai 1983. Les thèmes retenus pour les rapports et les débats portaient sur l'organisation du crédit agricole et les moyens de financement des entreprises agricoles, d'une part (c'était le premier sujet), et, d'autre part, sur la réglementation des nouvelles productions agricoles dans les droits nationaux et le droit communautaire (c'était le deuxième sujet). Ces deux sujets avaient un lien qui tenait à l'apparition de nouvelles techniques dans la production de l'élevage et la révolution que constituait dans cette production ce qu'on a appelé, à juste titre, l'élevage industriel. Etait-ce vraiment une activité agricole et pouvait-elle être financée comme telle? Le producteur de poulets en batterie ou de porcs confinés dans des ateliers et élevés avec des aliments achetés à l'exterieur à des industriels n'étaient-ils pas sortis de l'agriculture pour rentrer dans le commerce et l'industrie? L'influence du professeur CARROZZA dans la réponse à cette question a été déterminante. A l'issue de ses travaux, ce XIIIe Congrès a voté, en effet, la motion suivante selon laquelle « l'identification de l'agriculture devait être fondée sur la notion de cycle biologique, indépendamment des techniques et des instruments utilisés, qu'il s'agisse de méthodes modernes ou traditionnelles ». La question n'avait pas été inventée par CARROZZA, mais par l'évolution des techniques et aussi l'administration des impôts qui prétendait taxer les agriculteurs éleveurs selon ces techniques comme des commerçants et des industriels. Saisi de ce problème en France, par exemple, le Conseil d'Etat avait donné tort au fisc au bénéfice des éleveurs industriels de porcs en décidant, dans un considérant célèbre, que « l'élevage des porcs constitue en lui-même une activité agricole dont la nature n'est pas modifiée même lorsque l'alimentation de ces animaux ne provient pas à titre principal d'une exploitation agricole appartenant au propriétaire de l'élevage. »4 Le mérite de CARROZZA, c'est d'avoir érigé cette solution en principe ou en criterium d'agrarieta. Le régime spécifique ou intrinsèque que le Droit reconnaît à l'agriculture, et qui constitue le fondement des règles protectrices qui entourent cette activité, puise son principe dans le fait qu'elle s'exerce sur le vivant, le cycle biologique végétal ou animal. TIs'agit pour CARROZZA d'un principe universel appliqué dans le monde entier à toute activité agricole. Voilà son idée que je pense ne pas avoir déformée en l'exposant ainsi.

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C.E. 8 févr. 1970, D. 1970, p. 591, n. Lamarque. 49

Cette prise de position universaliste a eu des conséquences sur le droit positif dans différents pays en même temps qu'au niveau de l'UE5 et des négociations internationales du GATT, aujourd'hui de l'OMC. Je ne fais qu'évoquer ces prolongements que je ne peux développer faute de temps. En France, cette idée de l'agrarieta a été adoptée, comme chacun le sait, dans la définition de l'activité agricole donnée par l'article 2 de la fameuse loi dite d'adaptation du 30 décembre 19886, qui fait expressément référence au cycle biologique de caractère végétal ou animal et aux étapes nécessaires au déroulement de ce cycle. Mais ce critère biologique, s'il est retiré de son contexte, peut avoir un effet pervers, témoin cet arrêt de la Cour de Cassation française qui a décidé, à tort me semble-t-il, que constituait une activité agricole l'élevage de souris et de rats destinés à des expériences de laboratoires de recherche médicale.7 C'est pourquoi le critère de l'agrarieta de notre regretté ami, le professeur CARROZZA, tout fondamental qu'il soit, n'est pas suffisant. TIest simplement nécessaire. Alberto BALLARIN MARCIAL, qui fut notre brillant président pendant quatre années, a justement écrit que «tout ce qui est agricole est nécessairement biologique, mais tout ce qui est biologique n'est pas nécessairement agricole ».8 C'est pourquoi il a proposé, dans sa définition juridique de l'agriculture, d'y rajouter le critère de l'alimentarité, c'est-à-dire la destination alimentaire prédominante de la production agricole et il a justifié ainsi la transformation du droit agraire en droit agroalimentaire. Ce critère luimême n'est plus aujourd'hui suffisant depuis le développement des productions agro-industrielles, notamment celle des biocarburants. Mais ceci me conduit au deuxième Congrès que je voudrais évoquer dans la perspective de la contribution du CEDR dans le développement du droit rural en Europe. Ce XVIe Congrès, qui fut un grand congrès qui s'est tenu à Gand en 1989, a été parfaitement réussi et a fait l'objet d'une belle publication grâce au travail intensif de notre Secrétaire Général, Marc HEYERICK. Il a abordé concurremment trois thèmes, celui du statut juridique du patrimoine mobilier et immobilier de l'entreprise agricole, celui du statut juridique de la femme au sein de cette entreprise et les conséquences juridiques du gel des terres institué par la réglementation européenne. Ce congrès a proposé, notamment, une approche fiscale européenne pour faire évoluer le droit de l'entreprise, mais il n'a pas eu
Par ex., avec les nombreux règlements communautaires spécifiques sur les produits qualifiés d'« agricoles» au sens du Traité, et avec la jurisprudence Societa Azienda avicola Sant'Anna, aff. 85/77. 6 Aujourd'hui: art.L. 311-1 du Code rural. 7 Casso soc., 18 févr. 1976, Bull. civ., n° 96; Rev. dr. rur., 1976, p. 151. 8 A. Ballarin Marcial, Nouvelles realités du droit rural espagnol, in « Aspects du droit privé en fin de XXème siècle» (Etudes réunies en l'honneur de Michel de Juglart), Paris, LGDJ-éd. Montchrestien- éd. Techniques, 1986, p. 200 et s. 50 5

toutes les conséquences souhaitées, mais il en a eu certaines: la première, c'est de susciter la réflexion des fonctionnaires de la Commission, notamment de notre ami, le Dr. Joachim-Friedrich HEINE, et de son homologue au Conseil, le Dr. Claudio D'ALOY A, sur l'opportunité de cette approche. Ce thème a été repris à Gottingen en 1990, lors du IVe Symposium sur l'harmonisation. Au cours de cette dernière réunion, une collègue italienne, Mme VISCARDINIDaNA, a magnifiquement démontré que 1'harmonisation - notamment fiscale en matière agricole pouvait aller assez loin en s'appuyant seulement sur les textes du Traité, mais qu'il y manquait, dans ce domaine, une volonté politique suffisante. Je n'insiste pas faute de temps. Le troisième Congrès que je voudrais évoquer est celui qui s'est tenu en Suisse à Interlaken en 1993. Ce XVlle Congrès a été particulièrement riche et, à mon avis, exercé une très grande influence sur la suite. Le CEDR est la première organisation scientifique à avoir abordé, sous l'angle juridique, l'application du concept de multifonctionnalité. En cela, il a fait œuvre de pionnier en entraînant le législateur européen et les législateurs nationaux à prendre en compte la fonction environnementale de l'agriculture. Il a passablement valorisé et crédibilisé ce concept de multifonctionnalité. Et en cela, il a été suivi par le Conseil de l'Europe dans la rédaction de sa Charte européenne de l'espace rural, à laquelle votre serviteur ainsi que le professeur popp de Suisse ont travaillé en tant qu'experts pendant un an, et qui a été adoptée par l'assemblée parlementaire de cette organisation internationale régionale le 29 avril 1996.9 Ce texte, qui a une valeur juridique internationale à partir du moment où les Etats membres l'ont ratifié (ce qui est déjà le cas de plusieurs d'entre eux), reconnaît à l'espace rural une triple fonction: économique, écologique et socio-culturelle. Le législateur français a repris presque littéralement cette formulation, en l'appliquant à la multifonctionnalité de l'agriculture dans sa loi d'orientation agricole du 9 juillet 1999. 10 Ce Congrès d'Interlaken a aussi posé les jalons d'une évolution qui s'est confirmée, en consacrant sa Table Ronde aux règles juridiques concernant la qualité des produits agricoles et agroalimentaires. Le professeur Louis LORVELLEC y a participé activement comme rapporteur général. C'est la dernière manifestation du CEDR, hélas, à laquelle il lui a été permis d'assister. Depuis ce Congrès d'Interlaken, au cours duquel notre collègue, le professeur RICHLI, a attiré l'attention de notre Comité par la qualité de son rapport général sur la multifonctionnalité, au point qu'il en est devenu, quelque temps après, notre délégué général, tous ces thèmes ont été poursuivis et approfondis.
Assemblée Parlementaire du Conseil de l'Europe- Session ordinaire de 1996 -Recommandation 296 (1996) relative à la Charte européenne de l'espace rural-llème séance du 23 avril 1996. 10 Loi n° 99-574 du 9 juillet 1999, art. 1: « La politique agricole prend en compte les fonctions économique, environnementale et sociale de l'agriculture et participe à l'aménagement du territoire en vue d'un développement durable », 51 9

L'ouverture du droit rural sur le droit de l'environnement ainsi que la protection de l'espace rural ont été repris au Congrès d'Oxford (1995) et de Bonn (1997). A Amsterdam (1999) puis à Helsinki (2001), comme ce fut le cas à Strasbourg en 1992, le marché et les prix, la réforme de la PAC, l'adhésion

des nouveaux membres ont été traités avec succès et ont contribué à la réflexion
des fonctionnaires de 1Union Européenne. L'internationalisation et la mondialisation du commerce des produits agricoles, l'environnement et l'alimentation, ainsi que les répercussions de 1'OMC sur la PAC ont tour à tour été abordés. Enfin à Roros en Norvège en 2005, la liaison a été faite entre le droit agroalimentaire et les droits de l'homme, donnant ainsi un fondement jusnaturaliste à notre discipline. Très concrètement aussi, la dernière réforme- de la PAC, avec l'institution des DPU et le découplage des aides, a été envisagée dans ses conséquences sur l'exploitation et la propriété agricoles. Tout ceci montre, et j'aurais voulu vous en dire plus, que le grand mérite et le grand intérêt de notre organisation est de savoir réunir les aspects pratiques mais aussi philosophiques de notre discipline. Dans la perspective des prochaines réformes de la PAC et de la mondialisation des échanges, cela fait du CEDR un outil indispensable à l'évolution du droit de la ruralité. D'ailleurs les nombreux observateurs non européens qui viennent participer activement à nos Congrès le démontrent amplement. Je vous remercie de votre attention.

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DER BEITRAG DES CEDR ZUR ENTWICKLUNG DES AGRARRECHTS EUROPAl

IN

Prof: Dr. JosephHUDAUL T Ehrenprasident des Comité Européen de Droit Rural Professor an der Universitat Panthéon-Sorbonne Mitglied der Académie d'Agriculture de France
Zu diesem ftinfzigsten Jahrestag der Gründung unserer Organisation, der auch der flinfzigste Jahrestag der Vertrage von Rom ist, welche inzwischen zur Europaischen Union geworden sind, hat mich unser Generaldelegierter, Professor Paul Richli, gebeten, ein kurzes Referat zum <<Beitragdes CEDR zur Entwicklung des Agrarrechts in Europa» zu halten. Unser Generalsekretar, Dr. Marc Heyerick, hat mir die Aufgabe erleichtert, indem er uns soeben die Geschichte unseres Komitees in Erinnerung gerufen hat. Hauptsachlich drei Namen wurden von ihm genannt, welche die Notwendigkeit einer Vereinigung rur Juristen mit den Fachgebieten Agrarrecht und Recht des landlichen Raumes erkannt hatten. Das Ziel einer solchen Vereinigung lag darin, die Erfahrungen und Überlegungen ihrer Mitglieder zu bündeln, urn gerneinsarne Prinzipien und Losungen fur die Entwicklung der Landwirtschaft zu tinden, wie sie irn Vertrag von Rom, über weIchen unser geschatzter Kollege Luigi Costato noch sprechen wird, von den sechs Gründerstaaten vorgesehen waren. Die Namen dieser drei grossen Juristen lauten: Giangastone Bolla, Jean Mégret und Alberto Ballarin Marcial, welcher heute unter uns weilt. Ich mochte allerdings nicht die Verdienste der einen oder anderen, welche uns alIen bekannt sind, wiederholen oder an diejenigen erinnern, welche bald zur ersten Gruppe stiessen, wie Alfred Pikalo oder Kurt Theisinger. Herr Marc Heyerick hat dies ja soeben getan. Ich mochte vielmehr die Einzigartigkeit des CEDR in Erinnerung rofen, welches einerseits zwei Tatigkeitsfelder, die dogmatische und die praktische Arbeit, und andererseits zwei Arten von Juristen vereint, namlich Personen aus dem universitaren Bereich und Praktiker (Anwalte, Magistraten, Experten, Funktionare aus Landwirtschaft und Europaischer Union). Ich glaube, dass das CEDR die einzige internationale Organisation mit dem Status einer NGO ist, welche 4000 Juristen aus 27 Mitgliedstaaten vereint und diese verschiedenen Hintergründe reprasentiert.
1 Übersetzung aus dem Franzosischen ins Deutsche von Philipp Vonarburg, BLaw, Hilfsassistent von Prof. Paul Richli an der UniversiUit Luzem. 53

Erwahnt werden sollte auch, dass die dogmatische Tatigkeit zeitlich vor der praktischen Arbeit aufgenommen wurde. Diese Entwicklung begann 1922 in Italien mit Bolla und dem Institut für internationales und vergleichendes Agrarrecht in Florenz und mit der Gründung der Rivista.2 Es ging dieser Gründerpersônlichkeit darum, die Existenz und Unabhangigkeit des Agrarrechts aIs selbstandiger juristischer Disziplin zu rechtfertigen. Abgekürzt môchte ich festhalten, dass Bolla das Agrarrecht in der akademischen Sphare etabliert hat. Diese betrachtliche Arbeit hat dem zukünftigen Schaffen das Terrain bereitet. Mit der Gründung der EWG und der Gemeinsamen Agrarpolitik, welche der erste Politikbereich der Gemeinschaft war, ist die Aufgabe, Theorie und Praxis zu verbinden, Jean Mégret, einem Agrarrechts-Anwalt aus Paris und zeitweise Professor an der katholischen Universitat in Paris, zugefallen. Es ist dieses Anliegen, welches sich «aux juristes de droit rural par l'organisation européenne de l'agriculture» stellte, wie es auch in der Resolution, welche am 30. Oktober 1957 in Paris beschlossen wurde, anklingt, welche Marc Heyerick erwahnt hat. Wenn man die Gründung des CEDR auf diese Perspektive ausrichtet, hat Mégret das wiederholt, was er im Institut de Droit Rural et d'Economie Agricole (lliEDREA), getan hat, welches er in Paris gegründet hatte und in welchem er diese Komplementaritat umsetzte. Aus dieser Komplementaritat erklart sich der Einfluss des CEDR auf die Entwicklung des Agrarrechts, und daraus môchte ich nun meine Synthese herleiten. Wenn man eine Bilanz der Arbeit zieht, welche unser Komitee seit seiner Gründung 1957 geleistet hat, kann man beobachten, dass es einen bestimmenden Einfluss auf die Ausarbeitung und die Entwicklung des juristischen Denkens (oder, wenn man dies bevorzugt, auf die Agrarrechtsdoktrin) ausgeübt hat, wie auch auf das positive Recht. Mein Referat ist deshalb in zwei Kapitel aufgeteilt: 1. Der Einfluss des CEDR auf das juristische Denken, 2. Der Einfluss des CEDR auf die Weiterentwicklung des Rechts.

1. Der Einfluss des CE DR auf das juristische Denken
Wenn man noch einmal die zeitliche Abfolge betrachtet, trat die Doktrin vor der praktischen Arbeit auf, in dem Sinne, dass erstere den mit dem Agrarrecht beschaftigten Juristen bewusst machte, dass sie in einer am Entstehen begriffenen eigenstandigen Disziplin arbeiteten, welche sich von den konzeptuellen Grundlagen der Grundrechte entfemte. Die erste Feststellung aus der Doktrin war, dass das Agrarrecht die herkômmliche Terminologie sprengte. Zum Beispiel hat der im EG-Vertrag verwendete Begriff des Produktes der Landwirtschaft eine andere Bedeutung aIs in den ZiviIrechtskodifikationen von

2

Rivista di diritto agrario, Giuffrè, éd., Milano.

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Frankreich, Spanien, Italien oder Belgien.. .).3 Seine Normen mussten daher in einem eigenen Zusammenhang interpretiert werden. Dies ist die bekannte Theorie der Autonomie des Agrarrechts, welche von Balla im Jahre 1922 eingeführt wurde und von Professor Antonio Carrozza brillant vertieft wurde. Das Schaffen von Carrozza, welcher 1997 verstarb, gilt es hier einzureihen. Dabei handelt es sich urn ein immenses Werk, nicht zuletzt urn seine Lezioni di diritto agrario. Carrozza hat an einer Vielzahl der Treffen des CEDR teilgenommen und die Diskussionen befruchtet. Eine seiner wissenschaftlichen Leistungen war, den Begriff der agrarieta theoretisch verankert zu haben und bewusst gernacht zu haben, dass eine der hauptsachlichen Verankerungen des Agrarrechts darin besteht, dass sie auf dem biologischen Kreislauf van Pflanzen und Tieren basiert. Der franzosische Conseil d'Etat hat 1970 dieses Konzept angewendet, aIs er die berufliche Tatigkeit der industriellen Schweinezüchter nicht aIs kaufmannisch, sondem aIs «activité agricole par nature» bezeichnete (dazu auch spater). Carrozza hat seinen direkten Einfluss ausgeübt, urn zusammen mit Professor Karl Kreuzer, welcher vor mir die Aufgabe des Generaldelegierten erfülIte, im September 1982 ein bemerkenswertes Symposium, das erste dieser Art, an der Universitat Konstanz zum Thema <<.Ledroit rural en Europe: objet} enseignement et recherche» abzuhalten. Von da an war sich Carrozza darüber im Klaren, dass sich der Gegenstand des Rechts des landlichen Raumes verschob, und dies führte er auch anderen vor Augen. Seit Beginn der 1970er Jahre hat sich das Feld des Agrarrechts - auch unter dem Einfluss der Gemeinsamen Agrarpolitik - vergrossert. Das Agrarrecht, welches den ursprünglichen Kern des Rechts des landlichen Raumes bildet, ist, wie ich es seIber beschrieben habe, das Recht, welchem die landwirtschaftlichen Produkte von ihrer Herstellung bis zum Verbrauch unterstellt sind und welches sich sowohl mit der Verarbeitung und dem Verkauf dieser Produkte aIs auch mit der ursprünglichen Produktion beschaftigt. Schon Ballarin Marcial, ein prominenter Vertre ter der spanischen Doktrin, hat auf die landwirtschaftliche und emahrungsspezifische Ausrichtung des gegenwartigen Rechts des landlichen Raumes Wert gelegt. Mit dem Franzosen Louis Lorvellec, welcher einer seiner bevorzugten Gesprachspartner war und ibm den Ehrendoktortitel der Universitat Nantes verlieh, hat Carrozza samtliche juristischen Folgen dieser Entwicklung ausgewertet. Carrozza hat das CEDR schon früh auf viele Themen aufmerksam gemacht, etwa auf die spezialisierten Pflanzenkulturen, auf die Besonderheiten der Wasserfrage in der Landwirtschaft (in einem Bericht rur den Xli. Kongress auf Teneriffa 1985), auf den Einfluss des Umweltrechts auf das Recht des
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1. Hudault, Réflexions sur la notion de fruits et de produits et sur le passage du droit agraire au droit agroalimentaire, in «Prodotti agricoli e sicurezza aliment are », Actes du Vllème Congrès UMAU, Pisa-Siena, (5-9 novembre 2002), p. 79. Siehe auch: D. Bianchi, Politique Agricole
Commune - Toute la PAC, rien d autre que la PAC, Bruxelles, besonders n° 23. Bruylant, 2006, 639 pp.,

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Hindlichen Raumes und so weiter. Es gabe noch vieles anzumerken über die Ideen Carrozzas und deren Einfluss auf das CEDR, doch die knappe Zeit lasst dies leider nicht zu. Wichtig ist es, in allgemeiner Art festzuhalten, dass das CEDR durch die Synthese vieler Beitrage bedeutender Autoren eine Doktrin herausgearbeitet hat, welche die Entwicklung der Disziplin strukturierte. Diese Doktrin fand Ausdruck in den Motionen, welche an den Kongressen jeweils verabschiedet wurden, und in den zahlreichen Publikationen, welche daraus resultierten. Man muss dem CEDR auch das Verdienst zurechnen, die Integration der Gemeinsamen Agrarpolitik in die nationalen Rechtssysteme bedeutend erleichtert zu haben. Von 1985 bis Chartres hat sich das CEDR im Rahmen seines II. Symposiums mit dem Problem der Anwendung des Gemeinschaftsrechts durch nationale Richter vertieft auseinandergesetzt. Luigi Costato wird sich bestimmt daran erinnem, hat er doch die Debatten prasidiert. Anlasslich des IV. Symposiums im Jahre 1990, welches dank unserem Freund Wolfgang Winkler am Institut für Landwirtschaftsrecht der Universitat Gottingen stattfand, hat sich das CEDR aIs einzige Institution mit der Problematik der Harmonisierung des Agrarrechts in Europa befasst. Dabei konnten die Arbeiten des xv. Kongresses in Gand, welcher dank der intensiven Arbeit von Dr. Marc Heyerick reibungslos verlief, fortgesetzt werden. Heyerick setzte sich in der ersten Kommission über die Rechtsform von Agraruntemehmen für eine Hannonisierung der gemeinschaftlichen Steuersysteme bezüglich des Übergangs der Güter dieser Agraruntemehmen, was aIs universum jus berücksichtigt werden musste. Die Arbeiten des Symposiums in Gottingen wurden durch die Feststellung abgeschlossen, dass sich das Agrarrecht der Gemeinschaft nicht den Prinzipien entziehen konnte, welche aus der Doktrin des nationalen Rechts stammen, im Bewusstsein, dass das Agrarrecht eigenen Prinzipien gehorcht und unveITÜckbare Besonderheiten aufweist. Bezüglich der Harmonisierung des Agrarrechts bestand zum damaligen Zeitpunkt ein Vorrang von agrarrechtlichen Normen gegenüber den allgemeinen Bestimmungen, welche aus der Einheitlichen Europaischen Akte resultierten. Dies erklarte sich nicht zuletzt daraus, dass der Rat nach dem Prinzip der qualifizierten Mehrheit nach Anhorung des Europaischen Parlaments entscheiden konnte. Bei dieser Gelegenheit wurde auch noch einmal betont, dass die Gemeinsame Agrarpolitik die auf Gemeinschaftsebene am starksten integrierte Politik war, was sich auch am damaligen Budget zeigte: Der Anteil der Landwirtschaft lag bei 60 % des Gesamthaushaltes. Gleichzeitig bestand das Gemeinschaftsrecht zu 60 % aus Agrarrecht und ein Drittel der FaJle, welche vom Europaischen Gerichtshof behandelt wurden, hatten einen agrarrechtlichen Inhalt.4 Luigi Costato wird spater sicherlich noch daraufhinweisen, dass sich dies inzwischen geandert hat.
4 Revue de droit rural, 1991, p. 112; und Gotz und Hudault, Harmonisierung des Agrarrechts in Europa, Zeitschrift des Instituts flir Landwirtschaftsrecht der Universitat Gottingen, S. 37. 56

Wie ich im zweiten TeiI meines Referates zeigen werde, ist es wichtig hervorheben, dass aIle Themen seit 1957, welche eine Weiterentwicldung des Rechts des landlichen Raumes auf der Ebene der Gemeinschaft bedeuteten, ob national oder international, vom CEDR behandelt und Gegenstand von Schlussfolgerungen wurden. Haben diese Schlussfolgerungen ein positives Echo gefunden oder in alIen Fallen den Gesetzgeber beeinflusst? Dazu werde ich mich nun im zweiten Teil aussem.

2. Der Einfluss des CEDR auf die Weiterentwicklung des Rechts
Wenn man die Liste der Kongresse und der Kolloquien ansieht, welche durch das CEDR veranstaltet wurden, kann man beobachten, dass sich darin die Entwicklung des Rechts des Iandlichen Raumes gut abbildet. Alle wichtigen Themen, welche heute die Landwirtschaft und die Stellung des landlichen Raumes in der Gesamtwirtschaft betreffen, und im grosseren Zusammenhang auch die ganze Gesellschaft angehen, wurden untersucht. Qhne die Liste erschôpfend durchzugehen, was weder interessant noch der zur Verfügung stehenden Zeit angemessen ware, mochte ich drei Kongresse hervorheben, welche ich ausgewahlt habe, weil ein jeder von ihnen, und damit letztendIich das CEDR, den Weg rur das positive Recht vorgezeichnet hat. Den ersten Kongress, den ich erwahnen mochte, ist der XIII. europaische Kongress in Ferrara, welcher im Mai 1983 stattfand. Es wurden zwei Themen behandelt: Erstens die Organisation landwirtschaftlicher Darlehen und die Finanzinstrumente für Agraruntemehmen, zweitens die Regelung der neuen landwirtschaftlichen Produktionsweise im nationalen Recht und im Gemeinschaftsrecht. Die Verbindung zwischen diesen beiden Themen bestand im Auftauchen neuer Methoden der Aufzucht, welche zu Recht aIs industrielle Tierhaltung bezeichnet wurden, und den dadurch erfoIgten UmwaIzungen. War dies noch eine landwirtschaftliche Tatigkeit, und konnte man sie auch noch aIs solche finanzieren? Hatten die Halter von Batteriehühnem oder die Schweinezüchter, welche ihre Tiere mit zugekauftem Futter versorgten, das Feld der Landwirtschaft verlassen und musste man sie nicht dem Handel und der Industrie zuordnen? Der Einfluss von Professor Carrozza in der Beantwortung dieser Frage war eminent. Aufgrund seiner Arbeiten hat der Xill. Kongress eine Motion verabschiedet, nach der « l'identification de l'agriculture devait être fondée sur la notion de cycle biologique, indépendamment des techniques et des instruments utilisés, qu'il s'agisse de méthodes modernes ou traditionnelles ». Diese Frage hatte sich Carrozza nicht einfach ausgedacht, sondem sie steIlte sich aufgrund der technischen Entwicklung und der Praxis der Steuerbehorden, welche die Züchter nicht mehr nach den landwirtschaftlichen Tarifen, sondem nach den Bestimmungen für Industrie und Handel besteuem wollten. Ein Beispiel: In Franlcreich hat der Conseil d'Etat in der Frage der Besteuerung der industrielIen Schweinezüchter - entgegen der Ansicht der Steuerbehorden - in 57

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