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Les adolescents africains et leurs projets d'avenir

De
413 pages
Après un examen critique des principaux modèles et concepts appliqués à l'étude des représentations d'avenir des adolescents, ce livre s'attache à mettre en lumière les variables contextuelles qui participent de la construction des projets des adolescents burkinabè. Il s'inscrit dans une perspective sociale utile en vue de faire évoluer les politiques d'orientation au Burkina Faso.
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Préface de Jean GUICHARD
Issa Abdou MOUMOULA
Les adolescents africains et leurs projets d’avenir
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            LES ADOLESCENTS AFRICAINS
ET LEURS PROJETS D'AVENIR  
                       
 
 
 
Issa Abdou MOUMOULA            LES ADOLESCENTS AFRICAINS ET LEURS PROJETS DAVENIR                     LHarmattan  
 
 
                                   © L'Harmattan, 2013 5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Paris   http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr  ISBN : 978-2-343-00719-9   EAN :  9782343007199   
    P REFACE  
  Au milieu des années 1990, le gouvernement du Burkina Faso sinterrogea sur la contribution que des interventions daccompagnement en orientation scolaire pourraient apporter au développement du pays. Un accord fut signé avec la France, afin que plusieurs promotions de conseillers dorientation soient formés à lInstitut National dÉtude du Travail et dOrientation Professionnelle du Conservatoire National des Arts et Métiers à Paris. Issa Abdou Moumoula fut lun deux. Très vite, les enseignants et formateurs remarquèrent la finesse de ses analyses et son intense engagement dans le travail. Il rédigea un mémoire de recherche dune qualité telle que je lui suggérai de préparer une thèse. Il accepta cette proposition avec enthousiasme et se mit au travail avec acharnement dans des conditions devenues plus difficiles. Rentré au Burkina Faso, il exerçait en effet son nouveau métier à temps plein et était  de fait  éloigné des ressources et soutiens normalement offerts à un doctorant. En dépit de cet obstacle, Issa Abdou Moumoula réalisa une étude de grande ampleur puisquil put analyser les réponses à un long questionnaire de 510 lycéens de terminale, originaires de cinq provinces différentes (soit environ 7% de la population des élèves en classe terminale cette année-là au Burkina Faso !). Il vint néanmoins rapidement à bout de cette entreprise et la thèse quil soutint lui valut les félicitations du jury à lunanimité. Louvrage quIssa Abdou Moumoula publie aujourdhui est issu de cette thèse. La question qui en constitue le fil rouge est celle de la manière daider au mieux les lycéens burkinabé à faire face à la transition du lycée à lenseignement supérieur. Pour y répondre, Issa Abdou Moumoula sattache à décrire, dune part, les intentions davenir « spontanées » de ces lycéens (ainsi que les facteurs  notamment sociologiques  qui semblent les déterminer) et, dautre part, leurs représentations sociales des séries de baccalauréat, des filières denseignement supérieur et des professions. Il sinterroge sur le statut « médiateur » que pourraient avoir ces représentations entre les intentions davenir (scolaire et professionnel) et les facteurs dordre sociologiques et scolaires auxquels elles pourraient être liées. Les lycéens burkinabé sont scolarisés dans une école dont lorganisation ressemble au système scolaire français (un système qui différencie  au lycée  5
 
 des filières littéraires, scientifiques, administratives, etc.). Néanmoins, à la différence de ce qui se passe en France, il existe au Burkina Faso une sélection systématique à lentrée de toutes les formations supérieures. Celle-ci prend en compte la compatibilité supposée entre la série du baccalauréat et la filière supérieure souhaitée par le candidat, son âge et ses notes dans certaines disciplines. Au total, moins de 1% des jeunes de la tranche dâge de 17 à 20 ans entraient dans lenseignement supérieur quand lenquête fut réalisée. En 19961997 ; les ¾ étaient des garçons. Compte tenu de la prise en compte du critère dâge, on peut penser que, de plus, les étudiants entrant dans le supérieur étaient essentiellement issus de milieux économiquement, socialement ou culturellement privilégiés. Dans ces conditions, les observations faites par Issa Abdou Moumoula ne sont pas surprenantes. Dun côté, elles corroborent lhypothèse de la chercheuse américaine, Linda Gottfredson, dont Issa Abdou Moumoula résume les travaux avec précision : les lycéens construisent leurs intentions davenir en se fondant sur deux considérations principales. La première est celle de la convenance supposée des professions (et donc des études qui sont censées y préparer) à leur sexe. La seconde considération combine le prestige social attribué à telle ou telle profession avec son accessibilité perçue (compte tenu des résultats scolaires actuels du lycéen et de sa perception de la sélectivité des études qui y préparent). Cette seconde considération relie ainsi une représentation du prestige social des professions à une évaluation par le jeune de ses propres performances scolaires. La formation des intentions davenir des lycéens burkinabé met ainsi en jeu ce que Bernadette Dumora a nommé un processus de « réflexion probabiliste ». Dun autre côté, Issa Abdou Moumoula montre les limites du modèle de Linda Gottfredson. Contrairement à ce quaffirme cette dernière, ce nest pas parce que les deux dimensions  prestige et convenance quant au sexe  jouent un rôle déterminant dans la représentation sociale des professions que chacun les combine de la même manière dans son esprit. Gottfredson postule en effet que ces deux dimensions seraient indépendantes et quelles constitueraient ainsi une sorte de repère cartésien  une carte cognitive  sur laquelle chacun, dans une société donnée, situerait les professions de la même manière les unes par rapport aux autres (par exemple, tout le monde verrait le « médecin » comme une profession très prestigieuse et relativement neutre quant au sexe, alors que « maçon » serait considéré comme masculin et peu prestigieux). Contrairement à cette hypothèse, Issa Abdou Moumoula montre quau Burkina Faso  comme dans dautres sociétés où de telles études ont été réalisées (Argentine, Finlande, France, Islande, etc.)  les lycéens construisent des cartes cognitives qui diffèrent en fonction notamment de leur sexe et de la position que chacun deux occupe dans le système scolaire (en particulier : de la série du BAC quil prépare).  6
 
Tous les lycéens burkinabé ne perçoivent donc pas les rapports sociaux entre les professions de la même manière, bien que tous accordent un poids important au sexe et au prestige social dans cette représentation. Dans ce domaine, deux des nombreuses observations dIssa Abdou Moumoula sont dun intérêt majeur. La première est relative à la corrélation élevée entre les estimations des jeunes relatives à la valeur sociale des différentes séries de baccalauréat et leur degré de masculinité : pour un lycéen burkinabé, plus une série de baccalauréat est masculine, plus elle tend à être prestigieuse. La seconde est relative aux différences de jugements de filles et des garçons. Certes, lycéens et lycéennes saccordent pour différencier les métiers et les professions en fonction du degré de réussite scolaire et des aptitudes quelles requièrent pour sy préparer. Cependant, les garçons accordent plus de poids que les filles aux jugements en termes de prestige et différencient avec plus de force les emplois selon la dimension « masculin  féminin ». Par ailleurs, garçons et filles ne semblent pas concevoir de la même manière le prestige des professions : les premiers considèrent quune fonction professionnelle est dautant plus prestigieuse quelle est masculine, alors que les filles estiment que le degré prestige est fonction du caractère altruiste de la profession et des contacts quelle offre. A la suite de cet état des lieux, Issa Abdou Moumoula propose des conclusions de deux ordres. Les premières sont relatives à la mise en place dinterventions déducation en orientation destinées aux lycéens. Celles-ci auraient pour objectifs fondamentaux de favoriser leur connaissance du monde du travail et des systèmes de formation. Il sagirait de leur permettre davoir une vue exacte et précise des fonctions professionnelles daujourdhui (une vue analytique différente de lapproche des professions en fonction des grands stéréotypes sociaux relatifs à leur prestige ou à leur masculinité-féminité). Il sagirait aussi de les aider à devenir plus autonomes en ce domaine : notamment, en leur apprenant à chercher et à sélectionner par eux-mêmes des informations avérées  sur les formations, le travail et lemploi  qui soient aussi pertinentes pour eux. Il sagirait enfin de les accompagner dans leur réflexion sur ce qui compte fondamentalement dans leur vie et sur ce quils souhaitent réaliser dans leur existence, en vue de mener une vie ayant un sens à leurs yeux. La seconde conclusion majeure est relative à lorganisation de lécole burkinabé. Citant le responsable dune organisation pour le développement communautaire, Issa Abdou Moumoula note que « les ambitieux objectifs assignés à lécole burkinabé par les autorités sont loin dêtre atteints. La plupart des indicateurs du système éducatif sont au rouge. Lécole burkinabé ne remplit plus ses missions. Elle éloigne les enfants des préoccupations des communautés agricoles. Pourtant, lécole est un mal nécessaire pour former des villageois améliorés ». On peut en effet se demander si un système scolaire dont lorganisation est voisine de celle existant en France peut  7
 
contribuer à aider le Burkina Faso à faire face à ses enjeux de développement. Comme on le sait, le système denseignement français connaît une grave crise quont révélée les différentes comparaisons internationales de cette dernière décennie : dun côté, les jeunes français y apparaissent tout juste « moyens », quant à leurs connaissances de base en français et en mathématiques. De lautre, ce système savère amplifier les inégalités sociales en les transformant en de massives inégalités de réussite scolaire. Par ailleurs, il ne dote pas la majorité des jeunes du capital de compétences aujourdhui requis pour orienter son parcours professionnel et sorienter dans la vie. Ne pourrait-on pas tirer des conclusions analogues à propos de lorganisation burkinabé, où, encore aujourdhui, seulement un élève sur deux termine lécole primaire ? En conséquence, ne conviendrait-il pas dengager au Burkina Faso une réflexion en matière déducation analogue à celle qui fut conduite dans les années 80 en Finlande et en Suède (des pays qui se distinguent aujourdhui par les excellentes performances scolaires de leurs élèves) ? Un élément parmi dautres semble avoir joué un rôle majeur dans les réformes de léducation dans ces deux pays : la diffusion dune idéologie positive relative aux jeunes. A savoir lidée selon laquelle chaque jeune (quels que soient son origine, son sexe, ses croyances, etc.) était une personne créative susceptible de tirer le meilleur parti dune éducation partout dexcellence, offerte à chacun. En conséquence, lécole ne devait plus être conçue comme une institution visant fondamentalement à sélectionner une élite. Ne conviendrait-il pas de réfléchir à un mode dorganisation de léducation (et pas seulement de lécole) burkinabé qui se fonderait sur un principe analogue ? Cela pourrait signifier la mise en place progressive dun dispositif général déducation des jeunes qui articulerait lapprentissage de savoirs scolaires de base enseignés à tous et à toutes (notamment : la lecture, lécriture, le calcul, etc.) avec toutes leurs autres expériences de formation (liées aux activités familiales, communautaires, de loisirs, associatives, etc.) : un dispositif qui reconnaitrait et accréditerait toutes les compétences formées à loccasion de ces différentes expériences dapprentissage : celles effectuées dans une école réformée et les autres ?  Jean Guichard        
 
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S OMMAIRE  
    Preface ................................................................................................... 5  Liste des abréviations ..........................................................................13  Liste des annexes.................................................................................15  Introduction générale...........................................................................17  Première partie Cadre de référence théorique et contextuel..............................................23  Chapitre 1 Cadre de référence théorique...............................................................25  Chapitre 2 Spécificité de la situation économique, sociale et scolaire du Burkina Faso ..................................................................................51  Deuxième partie Problématique et choix méthodologiques................................................83  Chapitre 3 Problématique ...................................................................................... 85  Chapitre 4 Méthodologie ......................................................................................99  Troisième partie Représentations davenir des lycéens ....................................................129  Chapitre 5 Les indices de tendance centrale et de dispersion .............................131     
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