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Les Amphibiens et les Reptiles du centre-ouest de la France

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Le présent ouvrage a deux objectifs principaux : permettre aux non initiés de s’intéresser à des groupes souvent méconnus et bien souvent victimes de préjugés ; favoriser un engouement auprès des naturalistes, pour la prospection herpétologique dans le centre-ouest de la France en vue de compléter ou d’élaborer des atlas départementaux ou régionaux de répartition. La réalisation de tels outils, le plus souvent coordonnés et animés par des associations de protection de la nature, est une étape nécessaire pour mener à bien des actions de conservation auprès des espèces les plus sensibles. C’est dans cette optique que les monographies de chaque espèce sont assorties d’un commentaire sur la distribution géographique et sur leur histoire à l’échelle du centre-ouest. Ainsi, à partir de cet ouvrage, il est possible de définir les axes prioritaires pour tenter de combler au mieux les lacunes existant encore dans la connaissance chorologique des différentes espèces. Il a par ailleurs été mis l’accent sur les possibilités de confusion (hélas encore nombreuses) d’espèces morphologiquement assez proches (par exemple : Grenouille rousse/Grenouille agile ; Grenouilles vertes ; Lézard agile/Lézard vert occidental ; Coronelle lisse/Coronelle girondine etc.). L’un des principaux intérêts d’un ouvrage traitant de la répartition des espèces, outre un aspect culturel (connaissance du patrimoine naturel du centre-ouest), naturaliste, pour ne pas dire ludique, est l’aide à la mise en place de mesures de conservation. Venue en France sur le tard, cette notion de prise en compte des Amphibiens et des Reptiles dans les actions de conservation (le mot «conservation» fait référence ici à la sauvegarde des espèces et de leurs habitats et non à la conservation des animaux en bocaux !) monte actuellement en puissance. Aussi, proposons-nous, vers la fin de l’ouvrage, une méthodologie utilisée pour l’élaboration d’une liste rouge régionale des Amphibiens et des Reptiles menacés, assortiede plusieurs exemples concrets d’actions ou de projets de protection ayant vu le jour ou en cours de réalisation dans la région Poitou-Charente.


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Sommaire

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Préface

La vaste région géographique constituée par le Centre-Ouest peut être considérée comme l’une des plus intéressantes en France pour la faune des Amphibiens et des Reptiles. C’est ainsi que l’on peut y trouver, par exemple, la « terra typica restricta» de la Vipère aspic ou la présence de quatre espèces méditerranéennes en limite nord de leur aire de répartition. L’extrême variété des milieux naturels dans le cadre géographique concerné permet d’y observer une remarquable biodiversité.

Dans cet ouvrage, les auteurs ont pris le parti de traiter ce sujet avec une vision beaucoup plus large qu’un guide d’identification et de répartition des espèces. La faune des Amphibiens et des Reptiles y est présentée, à la fois depuis son origine liée à l’histoire climatique, dans son statut actuel et dans celui qu’il est souhaitable de maintenir, à l’avenir, par les mesures de protection et de gestion appropriées. Tout ceci accompagné d’une iconographie de grande qualité et d’une importante bibliographie. L’ensemble offre ainsi une remarquable synthèse des données connues qui ne manquera pas de devenir la « bible » des naturalistes du centre-ouest de la France.

Docteur Raymond DUGUY

Préambule

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Le présent ouvrage a deux objectifs principaux : permettre aux non initiés de s’intéresser à des groupes souvent méconnus et bien souvent victimes de préjugés ; favoriser un engouement auprès des naturalistes, pour la prospection herpétologique dans le centre-ouest de la France en vue de compléter ou d’élaborer des atlas départementaux ou régionaux de répartition. La réalisation de tels outils, le plus souvent coordonnés et animés par des associations de protection de la nature, est une étape nécessaire pour mener à bien des actions de conservation auprès des espèces les plus sensibles. C’est dans cette optique que les monographies de chaque espèce sont assorties d’un commentaire sur la distribution géographique et sur leur histoire à l’échelle du Centre-Ouest. Ainsi, à partir de cet ouvrage, il est possible de définir les axes prioritaires pour tenter de combler au mieux les lacunes existant encore dans la connaissance chorologique des différentes espèces.

Il a par ailleurs été mis l’accent sur les possibilités de confusion (hélas encore nombreuses) d’espèces morphologiquement assez proches (par exemple : Grenouille rousse/Grenouille agile ; Grenouilles vertes ; Lézard agile/Lézard vert occidental ; Coronelle lisse/Coronelle girondine etc.).

L’un des principaux intérêts d’un ouvrage traitant de la répartition des espèces, outre un aspect culturel (connaissance du patrimoine naturel du Centre-Ouest), naturaliste, pour ne pas dire ludique, est l’aide à la mise en place de mesures de conservation. Venue en France sur le tard, cette notion de prise en compte des Amphibiens et des Reptiles dans les actions de conservation (le mot « conservation » fait référence ici à la sauvegarde des espèces et de leurs habitats et non à la conservation des animaux en bocaux !) monte actuellement en puissance. Aussi, proposons-nous, vers la fin de l’ouvrage, une méthodologie utilisée pour l’élaboration d’une liste rouge régionale des Amphibiens et des Reptiles menacés, assortie de plusieurs exemples concrets d’actions ou de projets de protection ayant vu le jour ou en cours de réalisation dans la région Poitou-Charentes.

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Les Directions Régionales de l’Environnement sont des services déconcentrés de l’État, placés sous l’autorité des préfets de Région et de Départements et exerçant des missions relevant des compétences du Ministère chargé de l’Environnement.

Ainsi, la DIREN Poitou-Charentes à pour mission essentielle de préserver les richesses du patrimoine naturel en instruisant des dossiers de protection réglementaire pour préserver les milieux écologiques (arrêté de protection de biotope, réserve naturelle, zones de protection spéciale et zones spéciales de conservation du réseau Natura 2 000) et les ensembles paysagers (sites inscrits ou classés). Elle veille à la prise en compte de l’environnement dans l’aménagement du territoire. Elle contribue aussi à la connaissance de l’environnement grâce au recueil quotidien de données sur l’eau (quantitatives et qualitatives) et par sa participation à la réalisation d’inventaires écologiques, floristiques, faunistiques et paysagers.

La DIREN coordonne et décline au niveau régional les grandes campagnes de sensibilisation (Journées de l’Environnement, Nettoyage de Printemps…), soutient des actions d’éducation à l’environnement et facilite l’accès à des informations de qualité à divers publics.

La région Poitou-Charentes, située à un véritable carrefour climatique, résulte du façonnage par l’homme de milieux très diversifiés à l’origine : bocages au nord, landes et tourbières en Vienne, vallées alluviales, rares massifs forestiers, marais de l’Ouest doux ou salés, îles et littoral de Charente-Maritime avec ses 460 kms de côtes.

Ce sont autant de biotopes qu’affectionnent reptiles et amphibiens, tel le Lézard ocellé, en limite nord de son aire de répartition, la tortue Cistude, en régression constante sur l’ensemble de son aire de répartition mais encore bien présente dans les marais charentais, ou le crapaud Sonneur à ventre jaune, inscrit à l’annexe II de la directive Habitat.

Dans ce contexte local, la DIREN subventionne de multiples actions : l’étude de leur identification et de leur répartition menée par de nombreux naturalistes locaux depuis une dizaine d’années, et qui doit se concrétiser par la réalisation d’un Atlas sur l’herpétofaune régionale, se situant en droite ligne avec le plan national d’action pour la conservation de la biodiversité ; l’édition d’une revue herpétologique de l’association Poitou-Charentes Nature « ZAMENIS » (deux numéros par an depuis 1998), permettant à chacun d’échanger des informations ; l’organisation annuelle (avril) depuis 1999, de nuits régionales des amphibiens qui proposent, dans chaque département, de poursuivre une soirée diaporama en explorant sur le terrain des mares à la lueur de lampes…

Les missions de la DIREN et la situation régionale trouvent donc une suite logique dans le soutien financier de cet ouvrage.

Sa rigueur scientifique, sa clarté pédagogique et sa qualité esthétique permettront à chacun de nous, naturaliste, gestionnaire de l’environnement ou simple promeneur, de découvrir la beauté cachée de ces espèces discrètes mais indispensables à l’équilibre de la biodiversité, afin que tous, nous respections leurs habitats et leur quiétude.

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Mieux connaître son environnement pour mieux l’aimer

La connaissance de notre univers naturel est aujourd’hui de plus en plus accessible grâce au travail des scientifiques qui nous font découvrir et apprécier cette magie qui nous entoure.

Pour nous, ce savoir doit être partagé en s’inscrivant dans une triple perspective : éclairer les décisions des politiques, sensibiliser et informer nos concitoyens.

L’édition de cet ouvrage répond à cette ambition. Il valorise le travail de grande qualité effectué par les naturalistes de notre région et offre un outil de vulgarisation sur un peuple méconnu : celui des amphibiens et des reptiles. Qu’ils soient remerciés de nous faire partager leur passion.

Notre soif de connaissance sera ici comblée. Que la lecture de cet ouvrage donne à tous l’envie d’aller à la rencontre de la nature et le sentiment de sa responsabilité à l’égard du monde animal, notamment vis-à-vis des espèces les plus fragiles.

La Région est heureuse d’avoir pu contribuer à la parution de cet ouvrage. Elle remercie les Editions Biotope pour cette initiative qui nous plonge dans un monde familier mais si singulier.

Le Président du Conseil Régional de Poitou-Charentes

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L'ONF Poitou-Charentes occupe dans le paysage forestier français une position atypique qui en fait localement un acteur important de la gestion durable et de la conservation de la biodiversité.

Il se trouve en effet que le taux de boisement atteint à peine 15 % du territoire en Poitou-Charentes (alors que la moyenne nationale dépasse 25 %) et que la part des forêts publiques n’y représente que 9% de l’espace forestier contre 30 % en moyenne nationale. Or ce patrimoine modeste compose des paysages variés dans des situations originales et contrastées : Brandes du Poitou, Terres rouges, Terres de Groies (plateaux charentais) et Dunes littorales, entre autres.

En conséquence, les habitants (promeneurs) et les naturalistes ont manifesté depuis longtemps des attentes très « protectionnistes » à l’égard de la gestion des forêts publiques, dont l’intérêt biologique et paysager est d’ailleurs fortement affirmé par l’empilement des statuts qui les concernent : sites inscrits ou classés, « espaces remarquables » du littoral, forêts de protection de La Coubre et d'Oléron, réserve naturelle du Pinail (forêt de Moulière), réseau Natura 2000 incluant tous nos principaux massifs, etc…

C’est ainsi que l’ONF élargit insensiblement sa gestion des peuplements forestiers à celle des habitats de la flore et de la faune... y compris les petites bêtes mal aimées. Avec les auteurs de cet ouvrage, nous espérons rendre leur légitime prospérité au Pélobate cultripède des arrière-dunes, au Lézard ocellé d’Oléron, au Sonneur à ventre jaune et au Triton crêté du Pinail, sans oublier les Couleuvres de Chizé (Couleuvres verte et jaune, d’Esculape, à collier etc…).

ONF - Agence du Poitou-Charentes
389, avenue de Nantes, BP 531
86020 POITIERS CEDEX

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Grenouilles, Serpents, Orvets et autres Crapauds sont plus ou moins discrets et appréciés de nos concitoyens.

Ils sont néanmoins un maillon essentiel de la chaîne écologique.

Cet ouvrage sur les amphibiens et les reptiles présents dans la région du Centre Ouest et plus particulièrement du Poitou-Charentes est donc un outil particulièrement intéressant puisqu'il constitue un excellent ouvrage de vulgarisation de ces espèces auprès d'un large public.

En effet, avec l'aide de ce document rigoureux et précis, que l'on soit simple promeneur, amateur passionné ou naturaliste averti, il sera plus aisé à chacun de faire plus ample connaissance avec ces espèces animales, discrètes, mystérieuses, parfois très belles ou originales.

Toujours soucieux de la protection et de la mise en valeur des milieux naturels, le Conseil Général des Deux-Sèvres a décidé de soutenir cette initiative en apportant sa contribution à la réalisation de cet ouvrage.

Puisse ce document, en nous apportant une meilleure connaissance sur tout ce monde encore bien étrange à nos yeux, contribuer à la préservation du fragile équilibre de la nature.

Jean-Marie MORISSET
Député des Deux-Sèvres
Président du Conseil Général

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Cadre géographique de l’ouvrage

Toutes les espèces présentées dans cet ouvrage sont connues dans le centre-ouest de la France. Cette région géographique, comprise entre 44°28’ et 47°47’ de latitude Nord, s’étend du sud du bassin d’Arcachon au nord du département du Maine et Loire et du littoral jusqu’aux contreforts du Massif Central, c'est-à-dire les régions administratives Pays de la Loire, Centre, Poitou-Charentes, Limousin et Aquitaine. Grossièrement, les limites Nord et Sud de cette zone sont marquées par deux grands bassins fluviaux : la Loire au Nord et la Garonne au Sud. Le Centre-Ouest est ancré principalement sur quatre grandes régions naturelles : le Massif Armoricain et le Massif Central, constitués de roches cristallines ; le Bassin Aquitain et le Bassin Parisien constitués de roches sédimentaires et reliés par le seuil du Poitou. Cette situation géographique, du littoral atlantique au Massif Central, et du Massif Armoricain aux portes de l'Aquitaine, explique la diversité des sols et des paysages rencontrés.

Au cœur du Centre-Ouest, la Région Poitou-Charentes regroupe quatre départements du domaine Atlantique : la Vienne, les Deux-Sèvres, la Charente et la Charente-Maritime.

Au Nord-Ouest, l'extrémité du Massif Armoricain recouvre une partie du département des Deux-Sèvres, au niveau de deux micro-régions de ce département : le Bocage et la Gâtine, tout deux pays de terres argileuses au sous-sol granitique.

Au Sud-Est, c'est la partie occidentale du Massif Central qui concerne le nord-est de la Charente (ou Charente limousine) et le sudest de la Vienne. Sur ces massifs anciens, on retrouve des paysages de bocage plus ou moins vallonnés où dominent la prairie et l'élevage. Ces paysages renferment encore un grand nombre de mares et d’étangs.

Une grande partie de la région était marquée par des paysages de landes, autrefois très répandus. Cette lande se développe plus particulièrement sur les terres de Brande (nom poitevin de la Bruyère à balais - Erica scoparia) et dont il ne reste aujourd'hui que quelques vestiges. Les surfaces les plus importantes se rencontrent dans la Vienne (terrain militaire de Montmorillon et Réserve Naturelle du Pinail), en Charente et en Charente-Maritime vers Cadeuil et Montendre. Ces landes, autrefois très répandues dans la région des Landes de Gascogne, ont été progressivement boisées au cours du XIXe siècle. Le terrain militaire du « Champ de tir de Captieux » en Gironde, constitue aujourd’hui un des derniers espaces ayant conservé le caractère originel des « Landes de Gascogne ».

Le centre de la région, où l'on retrouve les calcaires jurassiques, est marqué par un paysage totalement différent, beaucoup plus ouvert : la plaine. C'est le paysage des grandes cultures. Ces plaines sont entrecoupées de quelques vallées.

Enfin, la Charente-Maritime constitue la bordure septentrionale du bassin Aquitain à l'ouest de la région. Bordé par l'océan Atlantique et parsemé de dizaines de milliers d'hectares de marais, depuis le Marais Poitevin au Nord jusqu'aux marais des rives de Gironde (marais du Médoc, du Blayais et du Royannais) en passant par ceux de Rochefort, Brouage, la Seudre, Arvert, cette région bénéficie d'une influence méditerranéenne assez forte. En effet, le climat de la Charente-Maritime est caractérisé par une sécheresse estivale marquée et par un ensoleillement important. Les côtes du Centre-Ouest bénéficient d'une insolation importante (2500 heures à Chassiron sur l’île d’Oléron), ce qui fait du Centre-Ouest la zone la plus ensoleillée de France après la région méditerranéenne (pour comparaison, 2800 heures à Marignane – Bouches-du-Rhône). Ce département abrite 158 espèces végétales méditerranéennes (141 en Gironde et 91 en Vendée d’après LAHONDÈRE, 1996). En dehors du domaine méditerranéen, c'est le deuxième département après l'Aveyron hébergeant autant d'espèces méditerranéennes. Cette influence méditerranéenne se retrouve de façon plus atténuée le long du littoral au Nord, dans le département de la Vendée, et au sud au niveau de la bande littorale de la Gironde dans le Médoc.

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Départements et principales localités de la zone considérée

Le département de la Gironde prolonge la façade littorale du Centre-Ouest jusqu’au niveau du Bassin d’Arcachon. Les «milieux naturels » les plus marquants pour ce département, outre ceux liés à l’estuaire de la Gironde et le littoral dunaire, sont représentés par la « Chaîne des Lacs » qui s’inscrit dans un ensemble de zones humides en arrière du littoral où l’on retrouve des dunes anciennes boisées, des marais et des étangs, et par l’immense massif boisé des « Landes de Gascogne ».

Plus à l’Est, le département de la Dordogne représente une zone de transition géologique entre les plaines sédimentaires du Bassin Aquitain et le socle cristallin du Massif Central. Malgré la présence très forte de la forêt (plus de 50 % du territoire), on y rencontre des paysages très divers allant du Périgord vert au nord au Périgord noir dominant les vallées de la Vézère et de la Dordogne, en passant par le Périgord blanc et ses nombreux plateaux calcaires au centre du département. Plus au Nord, le département de la Haute-Vienne, dont la plus grande partie est composée de petits plateaux et collines sur sols acides et plus ou moins bocagers ; dans le sud de ce département, on peut rencontrer quelques formations végétales de pelouses sèches qui se développent à la faveur de la présence de roches d’origine volcanique (la serpentinite) et favorables à la présence d’espèces thermophiles. Les départements de l’Indre et de l’Indre-et-Loire présentent déjà des influences climatiques plus continentales par rapport au Poitou-Charentes. En Indre, les milieux bocagers du sud de ce département ainsi que les étangs de la Brenne à l’Ouest constituent des habitats attractifs pour les amphibiens comme pour les reptiles. L’Indre-et-Loire abrite des paysages bocagers et boisés au nord de la vallée de la Loire (terres argileuses de Gâtine) ainsi qu’un ensemble d’habitats alluviaux intéressants en bordure de la Loire. Enfin, le département du Maine-et-Loire, au nord du département des Deux-Sèvres et de la Vienne, possède encore de belles surfaces de prairies inondables, comme les Basses Vallées Angevines, localisées aux confluences de la Mayenne, de la Sarthe et du Loir, ainsi que des milieux bocagers comme ceux rencontrés dans les Mauges, au sud-ouest de ce département, et les habitats « naturels » liés aux bords de Loire et à la plaine de l’Authion, comme le bocage alluvial, les prairies de fauche, les berges et les bras morts.

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Carte des régions naturelles

Le département de la Vendée abrite également des « régions naturelles » de grande qualité comme une partie du Marais Poitevin au sud avec ses prolongements au niveau de la Baie de l’Aiguillon, le Marais Breton au nord-ouest et des paysages de bocage à l’intérieur.

Cette position géographique privilégiée, la diversité géologique et paysagère de même que les différentes tendances climatiques sont d'un grand intérêt pour appréhender correctement la répartition des reptiles et des amphibiens.

LES ÎLES DU CENTRE-OUEST DE LA FRANCE

Le long du littoral, entre la Loire et le Pays Basque, on rencontre six îles situées en Vendée et en Charente-Maritime. Du nord au sud, on découvre l’île de Noirmoutier, d’une superficie de 50 km2 et séparée de la côte par le goulet de Fromentine dont elle n’est distante que de 1 km. Néanmoins, cette île est reliée au continent par la passe du Gois qui peut être franchie à marée basse et par un pont qui assure une liaison permanente. Vingt kilomètres plus au sud, l’île d’Yeu est la plus isolée de toutes les îles du littoral atlantique français. D’une superficie de 23 km2, elle est distante d’environ 20 km du continent.

Séparée de la Vendée par le Pertuis breton, l’île de Ré n’est distante du continent que de trois kilomètres environ. D’une superficie de 85 km2, cette île autrefois séparée en quatre îlots distincts est aujourd’hui formée de deux blocs principaux reliés entre eux par l’étroit cordon dunaire (protégé par une digue) du Martray. Depuis 1988, l’île de Ré est reliée au continent par un pont.

Dans les Pertuis charentais, entre Ré et Oléron, l’île d’Aix, située au niveau de l’estuaire de la Charente et dans le prolongement de la Pointe de la Fumée, est séparée de 6 kilomètres du continent. L’île Madame, reliée au continent par la passe des Bœufs, ne dépasse pas un kilomètre de longueur et 600 m dans sa plus grande largeur. L’île d’Oléron est la plus grande des îles du littoral atlantique français avec une superficie de 175 km2 pour une longueur de 30 kilomètres et 10 kilomètres dans sa plus grande largeur. A moins d’un kilomètre de la presqu’île d’Arvert dont elle est séparée par le Pertuis de Maumusson, cette île est reliée au continent par un pont depuis 1966.

Plusieurs espèces d’origine ibérique et méditerranéenne occupent actuellement la façade atlantique française : Pélobate cultripède, Rainette méridionale, Seps strié et Lézard ocellé. La présence de ces espèces dans le Centre-Ouest est liée à l’histoire climatique de la région. Deux possibilités s’offrent pour expliquer la colonisation des espèces méditerranéennes vers le nord : soit, une colonisation pré-würmienne (Riss-Würm vers - 200 000 - 120 000 ans) et qui correspond à un épisode chaud pendant lequel un reptile méditerranéen comme la Tortue d’Hermann était présent en Charente à Fontéchevade ainsi qu’en Corrèze à Orgnac (CHEYLAN, 1995), mais qui implique une survie sur la côte atlantique durant le Würm, soit une colonisation postglaciaire, sans doute durant la phase chaude et humide de la période dite « atlantique ». La seconde hypothèse est la plus vraisemblable car il ne semble pas que des espèces méditerranéennes aient subsisté dans cette région durant le Würm. Ainsi, la Tortue d’Hermann s’est très probablement maintenue dans le midi de la France et en Espagne durant tout le Würm alors qu’elle ne semble pas avoir résisté aux épisodes glaciaires dans ses stations plus nordiques. Lors de la période würmienne, considérée comme l’une des plus rigoureuse sur le plan climatique, les faunes eurosibériennes semblent avoir été chassées des territoires qu’elles occupent aujourd’hui et s’être réfugiées plus au sud, voire à proximité des rivages méditerranéens, ce qui explique la présence relictuelle d’espèces plutôt septentrionales comme la Coronelle lisse, le Lézard des souches et le Lézard vivipare dans des secteurs géographiques aujourd’hui défavorables à ces espèces (CHEYLAN, 1995)

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