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Les cours d’eau français
Approche quantitative © L’Harmattan, 2012
5-7, rue de l’École polytechnique, 75005 Paris
http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-296-96556-0
EAN : 9782296965560 Alain GIRET
Les cours d’eau français
Approche quantitative
L’HarmattanDu même auteur
Géographie de l’écoulement fluvial, L’Harmattan, 2007
Le Quaternaire : climats et environnements, L’Harmattan, 2009
Histoire de la biodiversité, L’Harmattan, 2011



Introduction
Peu d’ouvrages synthétiques ont été consacrés à l’hydrologie des fleuves
métropolitains. Certes il existe une foule d’analyses régionales et locales,
réalisées sur des cours d’eau très précis, soit à l’occasion de travaux de thèses
ou de simples mémoires de maîtrises et de master, soit à l’occasion de
commandes effectuées auprès des bureaux d’études, soit enfin établies par
des organismes publics, Directions de l’Agriculture, de l’Équipement et de
l’Environnement, Agences de Bassin, Voies Navigables de France,
Électricité de France, et le CEMAGREF. Certains de ces travaux furent
publiés par leurs auteurs dans des revues spécialisées, notamment dans la
« Houille Blanche », revue de la Société Hydrotechnique de France, mais la
plupart de ces travaux dorment dans les bibliothèques universitaires et les
bibliothèques d’instituts, ou constituent de la « littérature grise » réservée à
l’usage des administrations. Des monographies concernant des fleuves
particuliers furent publiées, et, parmi elles, la monumentale « Contributions à
l'étude de l'hydrologie fluviale », que Maurice Pardé publia en 1947. La
synthèse la plus récente reste l’ouvrage de Pierre Pagney : « Climats et cours
d’eau de France », édité chez Masson, collection Géographie, en 1988.
Nous-mêmes avons publié deux ouvrages d’Hydrologie en 2006 et 2007,
mais le poids de la potamologie de la France n’y excède pas celui d’un
chapitre.
L’idée d’écrire cet ouvrage nous est venue de la découverte des milliers
de jaugeages que la Banque Hydro a collectés et mis en ligne sur son site
Internet. Les cours d’eau français ont fait l’objet de mesures hydrométriques
e edepuis le milieu du XIX siècle et surtout au XX siècle. Ces mesures ont été
effectuées à différentes périodes de l’aménagement du territoire, mais toutes
avaient un objectif concret : mieux connaître les disponibilités en eau de
surface, et mieux appréhender les dangers encourus par les populations au
cours des extrêmes hydrologiques. Nous avons pu analyser 2 922 jaugeages
commencés entre 1863 pour les plus anciens : la Loire à Blois et à Montjean,
et 1997 pour les plus récents (18 au total) dont le Rhin à Lauterbourg (49 300
2 2km ) et le Serain à Beaumont dans l’Yonne (1 337 km ) pour les plus
importants. L’ensemble des données n’est pas d’une grande fiabilité ;
certaines sont incertaines, voire incomplètes, d’autres ne portent que sur une
période trop restreinte. Mais il en reste un très grand nombre autorisant le
traitement statistique des débits annuels moyens et des régimes saisonniers.
Les plus anciennes de ces données permettent la prise en compte des
e egrandes crues du milieu du XIX et du début du XX siècle, notamment sur la

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Loire, la Seine, le Rhône et la Garonne. D’autres doivent être associées à la
epolitique énergétique de la première moitié du XX siècle, quand la houille
blanche devait pallier le manque de ressources en énergies fossiles. C’est
ainsi que la chronologie des jaugeages traduit la succession des politiques
hydrauliques des administrations et des entreprises, préoccupées des
disponibilités en eaux courantes. C’est ainsi qu’on repère les périodes de
prédilections dans les aménagements hydroélectriques, l’alimentation des
villes, et le développement de l’irrigation au nord de son aire naturelle le Sud
méditerranéen et aquitain. Par exemple, la plupart des petits et moyens
2bassins versants (moins de 500 km ) n’attirèrent l’attention qu’à la fin des
années 1960.
Au moment où nous mettons en pages, trois grandes orientations
président au jaugeage des cours d’eau : le recensement d’une ressource, la
protection des individus et de leurs activités, et la protection de
l’environnement. Mais on peut y ajouter une spéculation purement
scientifique, visant à comprendre les mécanismes de l’écoulement fluvial.
C’est principalement ce qui nous a attiré, sachant que cette recherche
fondamentale est indispensable avant toute recherche appliquée et toute
spéculation économique et écologique. Les données que nous avons pu
consulter portent sur des relevés journaliers plus ou moins continus du fait
des pannes dont les matériels peuvent faire l’objet. À partir de ces relevés,
nous nous sommes imposé de retenir plusieurs dimensions.
La plus simple est le débit annuel moyen calculé sur la plus longue durée
possible et qui donne une idée globale des ressources en eau au point de
jaugeage. Nous expliquerons ci-dessous pourquoi nous avons retenu le
module spécifique, valeur adimensionnelle qui permet de comparer des
bassins de tailles différentes. Cette valeur n’a d’intérêt que si elle est relevée
en des milliers de points assez bien répartis sur le territoire ; et c’est le cas.
En effet, près de 3 000 jaugeages effectués couvrent la quasi-totalité du
territoire métropolitain selon une densité assez homogène. La répartition
géographique des modules et des extrêmes (traduits par les coefficients de
pondération mensuels) offre une photographie de la répartition des
disponibilités annuelles et saisonnières en eaux courantes, sur l’ensemble du
territoire, par régions et par grands bassins versants. Nous n’avons pas voulu
réécrire une Géographie de l’écoulement fluvial, comme celle publiée en
2007. Toutefois, la compréhension des conditions extrêmes imposera la
courte réalisation d’une géographie des régimes, même si notre territoire est
essentiellement soumis à l’influence pluviale et océanique.
La seconde dimension est chronologique. Il existe des séries quasi
continues de relevés journaliers sur les grands fleuves, mais aussi sur des

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cours d’eau de moindre importance. À une époque où la question du
dérèglement climatique est de mise, il apparaît utile de traiter les longues
séries de données hydrologiques, car, l’écoulement est toujours le reflet des
données climatiques, et surtout pluviométriques. Mais du fait de l’inertie des
bassins versants, cet écoulement tend à lisser les variations pluviométriques
brutales. Le traitement des modules moyens (annuels mais pourquoi pas
saisonniers) rend compte des pulsations de l’écoulement lui-même, liées à de
pseudo-cycles pluviométriques. On écrit pseudo-cycles, car leur périodicité
n’est pas celle d’une horloge, et leur durée peut varier au cours du temps,
mais ils n’en marquent pas moins une notion de répétitivité.
La comparaison de ces résultats a permis de cartographier les
disponibilités en eau fluviale utile, mais aussi les risques que constituent les
hauts débits, générateurs d’inondations, et les basses eaux souvent
synonymes de sécheresses. On s’est alors aperçu que dans les années 1960-
1970, les autorités se sont de plus en plus intéressées aux bassins de petites
2tailles (40 à 700 km ). Auparavant, seuls les grands bassins montagnards,
producteurs d’hydro-électricité et d’inondations en plaines, semblaient
dignes d’intérêt, mais à partir de ces décennies, on a compris l’intérêt
économique et écologique de l’ensemble du réseau hydrographique.

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Premier chapitre :
Le système hydrographique français
D’après les données de la Banque Hydro, on peut estimer que le
développement total du drain principal des cours d’eau de la France
métropolitaine avoisine 45 550 km. Si on ne retient que les 530 plus
importants d’entre eux ; le plus long est la Loire avec un développement de
1 020 km entre le Mont Gerbier-de-Jonc et Saint-Nazaire, le plus court serait
le Thiou avec 3,5 km seulement, et qui se jette dans le Fier, affluent du lac
d’Annecy.
Ces drains, quelle que soit leur longueur, s’organisent logiquement en
convergeant les uns vers les autres jusqu’à constituer des réseaux
hydrographiques parfaitement hiérarchisés dont le drain principal gagne
l’océan. En effet, du fait du relief et du fait du climat de la France,
l’exoréisme est général (à l’exception de quelques cours d’eau se dirigeant
vers de minuscules cuvettes endoréiques en Languedoc-Roussillon). Ces
réseaux s’inscrivent dans un bassin versant (ou bassin hydrographique), sorte
de cuvette en entonnoir qui, après réception des averses, concentre celles-ci
dans les drains du réseau et les conduit en direction de la mer.
L’Atlantique et la Manche sont les exutoires des principaux bassins
entièrement métropolitains. Le Bassin Parisien est principalement drainé par
2la Seine (776 km et 78 650 km ) et quelques fleuves côtiers normands et
picards, dont la Somme. Mais une grande partie des eaux issues du Massif
Central, et gagnant le Bassin Parisien, est capturée par la Loire (1 020 km et
2117 480 km ) et gagne l’Atlantique. Une autre partie des eaux du Massif
Central est drainée par les bassins versants aquitains. Les plus importants
2sont les tributaires de la Gironde : la Dordogne (490 km et 23 870 km ) qui
draine la partie occidentale du Massif Central, et la Garonne (647 km et
255 000 km ) qui en draine la partie Sud-ouest ainsi que la partie centrale des
Pyrénées. Entre Loire et Dordogne, le drainage est modeste avec les rivières
2côtières de Vendée et du marais Poitevin. La Charente (381 km et 4 630 km )
est une exception ; ce n’est pas un bassin négligeable et il mérite son surnom
2de fleuve côtier, à l’image de l’Adour (335 km et 16 880 km ). À l’inverse, le
réseau landais est modeste et parfois à la limite de l’endoréisme, voire de
l’aréisme.
La Méditerranée attire à elle les eaux issues des Pyrénées orientales
(Agly), des Corbières et des Cévennes (Aude, Hérault) et des Alpes du Sud
(Argens, Var). Mais la plus grande partie des eaux est apportée par un

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2allogène, le Rhône (812 km et 95 500 km ) né au Saint-Gothard, dans les
Alpes suisses. Dans sa partie française, il rassemble des eaux venues de l’est
2du Bassin Parisien avec la Saône (480 km et 29 950 km ), du Jura avec le
2 2Doubs (453 km et 7 710 km ), des Alpes avec l’Isère (286 km et 11 800 km )
2et la Durance (324 km et 14 225 km ), mais aussi de l’est du Massif Central
2dont le Gard (127 km et 2 200 km ). Mais une grande partie des eaux du
fleuve vient aussi des Alpes suisses, où il est alimenté par la fonte des
glaciers.
La France possède donc un système assez original, puisque les eaux
semblent se disperser à partir d’un point central, situé dans le Massif Central.
En effet, l’Espagne est divisée en grands ensembles zonaux : les bassins de
l’Èbre, du Douro, du Tage, du Guadiana et du Guadalquivir. À l’inverse,
l’Allemagne, la Pologne, la Russie, l’Ukraine, sont drainées de façon
méridienne : Rhin, Oder, Vistule vers la Baltique, ; Dniepr, Volga vers la
Mer Noire.
Mais la difficulté d’établir une frontière naturelle au nord fait que la
plupart des eaux issues des Flandres, du Plateau Lorrain et des Vosges sont
exogènes et gagnent la Mer du Nord par l’intermédiaire de l’Escaut, de la
Meuse et surtout du Rhin. De la même manière, le hasard de la définition des
frontières a fait que si la Garonne prend sa source en Espagne, le Sègre
(affluent de l’Èbre), naît en Cerdagne, dans les Pyrénées-Orientales, et
l’Orbe, affluent de l’Aar puis du Rhin, naît près des Rousses, dans le Jura
français.
I - Le concept de bassin versant
Le document 1.1.a rend compte de ce concept ; une goutte d’eau tombant
sur une région aléatoire (C) se met en mouvement par la force de gravité et,
si elle n’est pas retenue sur son chemin ou ne s’est pas évaporée, elle se
rendra jusqu’à un cours d’eau, un lac ou la mer (B). Au cours de ce
cheminement, la goutte d’eau va rapidement rejoindre un chenal du réseau
hydrographique (A) ; on dit alors que C appartient au bassin versant de A.
Ainsi définie, il est évident que la limite d’un bassin est le lieu
géométrique des points les plus élevés, appelé généralement ligne de partage
des eaux (D). Aussi, le tracé de la limite d’un bassin versant se fait-il en
commençant par l’embouchure et en suivant les points les plus élevés jusqu’à
la fermeture complète du circuit. De la même façon, on peut tracer les sous-
bassins des tributaires principaux dont les caractéristiques comparées avec
celles du bassin principal offrent une idée sur l’homogénéité des différents
phénomènes hydrologiques.

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Compte tenu de la nappe phréatique, il se peut que la limite d’un bassin
versant ne soit pas la ligne de crête séparant deux bassins, mais plutôt celle
qui est définie par les plus hautes élévations de la nappe (document 1.1.b). Il
faut alors opposer un bassin phréatique ou extension géographique de la
nappe la plus importante, à un bassin versant topographique limité à la ligne
de partage des eaux de surface.

a) Cadre topographique d’un bassin versant idéal

b) Bassin versant topographique et phréatique
Document 1.1 – Le concept du bassin versant
C’est une situation à prendre en considération dans les régions karstiques.
Par exemple, en Charente, la source vauclusienne de la Touvre semble ne
2drainer qu’un bassin de quelques dizaines de km , qui n’expliquerait en rien
le débit de la deuxième résurgence de France. Dans la réalité, elle restitue les
eaux du karst jurassique de La Rochefoucauld, et d’une grande partie des
eaux du Bandiat et de la Tardoire, qui, en été, ne parviennent pas à atteindre
leur embouchure avec la haute Charente.
II - Les grands bassins versants autochtones
On définirait ainsi les bassins hydrographiques entièrement inscrits dans
le territoire métropolitain, qui, pour la plupart, ont leur partie amont dans le
Massif Central et dans les Pyrénées et dont le rôle de châteaux d’eau de

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l’hydrographie française est confirmé (documents 1.2 et 1.3). Quatre grands
bassins versants sont autochtones : la Loire, la Seine, la Garonne et la
2Dordogne. D’une superficie cumulée de 275 000 km , ils drainent 50 % du
territoire métropolitain.

Document 1.2 – Le réseau hydrographique de la France apparaît comme un
exemple de dispersion à partir des massifs montagneux : bassins de la Loire, de la
Charente, la Dordogne et de la Garonne à partir du Massif Central, bassins de la
Garonne, de l’Adour à partir des Pyrénées, Bassins du Rhône à partir des Alpes. Mais
à l’inverse, le Bassin de Paris est un pôle de concentration conforme au pendage de
l’auréole sédimentaire ordonnant les drains du bassin de la Seine
A - La Loire est le plus vaste
2Ce bassin couvre 117 480 km , mais son originalité porte plutôt sur
l’organisation du réseau hydrographique. Le fleuve se divise en plusieurs
ensembles, qui, on le verra ci-dessous, jouèrent un rôle fondamental dans le

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déclenchement des grandes inondations qui affectèrent le Val de Loire du
e eXVI au XIX siècle.
L’amont du bassin est intrinsèquement auvergnat au sens topographique
du terme. Cette partie se divise en deux sous-bassins parallèles et de direction
2méridienne : la Loire au sens strict et l’Allier (14 310 km ). Ils prennent
naissance sur le revers septentrional des Cévennes, et, sur 250 km, ils
drainent les fossés effondrés des Limagnes, du Forez et du bassin de Roanne,
encadrés par les sommets des volcans du Velay, du Cantal et de l’Auvergne,
ainsi que par les blocs soulevés du Vivarais, de la Margeride, du Forez et du
Livradois. Les deux cours d’eau se rejoignent pour entrer dans le Bassin
Parisien.
Jusqu’au Miocène, le fleuve gagnait le bassin de la Seine selon un axe
actuellement parcouru par le Loing. Mais la subsidence qui attira la
transgression de la Mer de Faluns détourna le tracé du fleuve vers sa
direction actuelle : le sud du Massif Armoricain. C’est la partie médiane de la
Loire, laquelle décrit un grand arc de cercle entre Nevers et Saumur, et dont
le sommet se trouve à Orléans. Ce détournement cénozoïque a engendré une
originalité hydrographique ; entre Nevers et les Ponts-de-Cé (Angers), la
Loire ne reçoit guère d’affluents importants sur sa rive droite, car le drainage
y est rapidement orienté vers la Seine. Le seul affluent majeur, le Loir, reste
parallèle au fleuve et ne le rejoint qu’en Anjou, après sa confluence avec la
Sarthe. À l’inverse, les affluents sont nombreux en rive gauche. En dehors
des cours d’eau solognots : Sauldre, Beuvron et Cosson, venus du Sancerrois,
2 2les affluents majeurs : Cher (13 920 km ) et Vienne (21 105 km prennent
naissance sur les sommets très arrosés de la Montagne Limousine,
confirmant le rôle joué par le Massif Central.
La troisième partie du bassin se situe en aval des Ponts-de-Cé, quand le
fleuve traverse le sud du Massif Armoricain. Il reçoit alors ses derniers
2 2affluents : le Thouet (3 396 km ) et la Sèvre Nantaise (2 356 km ), sur la rive
droite, issus des collines vendéennes, la Maine sur la rive gauche, produit de
la convergence de trois cours d’eau issus de collines du Perche et de
2 2Normandie : la Sarthe (16 374 km ), la Mayenne (5 820 km ) et le Loir
2(7 920 km ).
En dehors du Loir (venu des confins de la Beauce) et des cours d’eau
solognots, l’ensemble du bassin versant relève de massifs anciens :
Cévennes, Vivarais, Velay, Auvergne, Limousin, Bocage Vendéen, Collines
du Perche et de Normandie. Ces régions sont très arrosées de l’automne
jusqu’au printemps, et la Loire connaît alors de longues périodes de hautes
eaux agrémentées parfois d’inondations. Mais les réserves phréatiques y sont
ténues, ce qui se traduit par des étiages très rigoureux, dont les bancs de
sables du Val de Loire sont les témoins visibles. C’est dommage pour ce

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fleuve qui pénètre jusqu’au coeur du pays et qui fut longtemps l’artère
majeure de circulation.
B - La Seine serait le deuxième bassin versant français
2En effet, sa superficie est de 78 650 km , mais c’est surtout le drain
majeur du Bassin Parisien, facilement relié à la Loire, à la Saône et surtout à
la Flandre par un important système de canaux. Les bateliers ont l’habitude
de distinguer une Seine amont d’une Seine aval, distinction que nous
conserverons en partie.

Document 1.3 – Le relief et la dispersion du réseau hydrographique. On notera le
rôle majeur du Massif Central, des Pyrénées et des Alpes. Toutefois d’autres pôles de
dispersion apparaissent : le Massif Armoricain, le Bocage Vendéen et surtout les
collines d’Artois, l’Ardenne et le Plateau Lorrain sur la frontière nord
La plus grande partie du réseau séquanien amont prend naissance sur les
revers des cuestas jurassiques du sud-est du Bassin de Paris, en Châtillonnais,

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et plus exactement sur le Plateau de Langres. La Seine au sens strict prend
2naissance près de Châtillon-sur-Seine ; plus au nord, l’Aube (4 660 km ) et la
2Marne (12 920 km) suivent une direction parallèle, une direction sud-
armoricaine conforme au pendage naturel des terrains jurassiques et crétacés
vers le centre du Bassin de Paris. Au sud, la même direction est suivie par le
2Loing (né sur les collines de Puisaye couvrant 4 150 km ) et l’Yonne
2(10 887 km ), seul bassin secondaire venu du Massif Central, puisque né sur
le Morvan. Puis ces cinq cours d’eau se rapprochent et convergent entre
Montereau et Paris, où se concentre l’écoulement. Ce dessin du réseau fut
longtemps présenté comme exemple pédagogique de géomorphologie
structurale avec des cours d’eau cataclinaux, ouvrant de la large percée
cataclinale dans le front des cuestas à Joigny pour l’Yonne, à Bar-sur-Seine
et à Troyes pour la Seine, à Bar-sur-Aube et Arcis-sur-Aube pour l’Aube, et
à Vitry-le-François et Épernay pour la Marne. Il est reconnu comme
favorable à la concentration des inondations et explique, en partie, les
e egrandes crues que connut la capitale entre le XVI et le XX siècle.
En aval de Paris, le réseau devient dissymétrique, à l’image de celui de la
Loire en aval de Nevers. La Seine reçoit assez peu d’affluents sur sa rive
droite. Le rôle hydrologique de l’Essonne et de l’Orge est négligeable, et le
seul cours d’eau important reste l’Eure, issue des collines du Perche.
Inversement le drainage est plus développé sur la rive droite, dans la moitié
septentrionale du Bassin de Paris, avec le vaste bassin de l’Oise
2(16 667 km ). Si la source est en Belgique, dans les roches anciennes de la
Fagne, l’essentiel du bassin occupe la couverture crétacée et cénozoïque du
2centre du Bassin Parisien. Son affluent majeur, l’Aisne (7 920 km ), est
original. Avec son affluent l’Aire, et avec la Meuse, ils appartiennent à ces
réseaux aberrants, qui coulent sur le revers des Côtes de Meuse et d’Argonne
en direction de la Mer du Nord, L’Aisne se dirigeait vers la Meuse, mais elle
fut capturée par un affluent de l’Oise, pour grossir les eaux de la Seine. C’est
par le truchement de l’Oise et de l’Aisne que Paris put facilement être relié
par canaux au réseau de la Meuse et à celui de l’Escaut. Mais les apports,
importants en périodes de crue, ont souvent ralenti l’écoulement du flux
arrivant sur la capitale et aggravé les grandes inondations de 1740 et de 1910.
Après Conflans-Sainte-Honorine, la rive droite entre en concurrence avec
le drainage de la Somme, et sans l’apport de l’Epte, venue de la boutonnière
du Bray, le drainage serait comparable à celui de la Loire en aval d’Orléans.
Dans son ensemble, l’hydrologie profonde du bassin de la Seine relèvera
des terrains sédimentaires et de leurs aquifères, dont le drainage se fait dans
le même sens que l’écoulement de surface. Mieux alimentés en été, la Seine
et ses affluents ont bénéficié de basses eaux moins creusées, ce qui rendait la
navigation plus aisée. C’est en cela que ce fleuve joua un rôle économique
qui dépassa celui de la Loire, trop immodérée.

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C - La Dordogne
2 Si la Dordogne (23 870 km ) partage la ria de la Gironde avec la
Garonne, elle n’en constitue pas moins un fleuve original.
L’amont est situé dans le Massif Central, et il pourrait être
géologiquement divisé en deux. En effet, la Dordogne proprement dite, et ses
affluents, la Maronne et la Cère, sont issus des massifs volcaniques
démantelés des Monts Dore et du Cantal, vastes châteaux d’eau situés à une
altitude comprise entre 1 500 et 1 900 m. Plus au nord, la Vézère
2 2 2(3 636 km ), l’Auvezère (900 km ) et l’Isle (7 510 km ) naissent sur le
plateau limousin, moins élevé et surtout moins riche en eau souterraine.
Puis ces cours d’eau, à l’image de la Seine, se dirigent vers un point de
convergence, situé à Libourne après avoir traversé par des percées
cataclinales les Causses du Périgord et leurs cuestas bordières. Mais,
l’originalité par rapport à la Seine et surtout à la Loire, est l’ampleur de
l’incision. Les plateaux calcaires dénudés des interfluves ont été creusés de
véritables gorges dont la luxuriance des plaines alluviales contraste avec les
modestes taillis de chêne des plateaux.
C’est déjà l’Aquitaine, cet « autre midi » du professeur J.P. Vigneau.
D - La Garonne
2Avec un drainage de 55 000 km , elle rassemble des eaux venues du
Massif Central et des Pyrénées Centrales ; ce qui fait toute son originalité.
Du fait du basculement du Massif Central vers l’ouest, la Garonne va
chercher ses affluents rive droite, jusqu’en Margeride et dans les Cévennes :
2 2 2le Lot (11 254 km ), l’Aveyron (5 300 km ), le Tarn (15 700 km ) et l’Agout
2(3 740 km ). C’est, en plus vaste, le dispositif de la Dordogne. Les sources
2sont en montagne : la Truyère (3 280 km ) au Truc de Randon (Margeride),
le Lot et le Tarn aux Monts Lozère et Aigoual, l’Agout et le Thoré dans les
monts de l’Espinouse (sur les confins méditerranéens). Comme les affluents
de la Dordogne, ces cours d’eau ont creusé des gorges, voire des cañons, tant
dans le socle du Rouergue et des Ségala (Truyère et Lot)) que dans les
Grands Causses (Tarn et Jonte) et dans les causses du Quercy (Lot et
Aveyron). Mais, ici pas de convergence, les vallées restent parallèles et
rejoignent la Garonne entre Toulouse et Marmande.
Les Pyrénées Centrales voient naître la Garonne (issue du Val d’Aran en
Espagne malgré le traité de 1659) et l’Ariège, venue du Carlitte. Avec leurs
2 2affluents, l’Hers (1 350 km ), le Lèze et le Salat (1 570 km ), ils dessinent un
réseau convergent vers Toulouse. Les sources se situent entre 2 000 et 3 000
m, ce qui évoque le rôle de la neige, mais les Pyrénées dessinent une muraille
qui regarde vers le nord ; les pentes sont plus importantes que les altitudes, et
ces cours d’eau conservent un aspect torrentiel jusqu’à Toulouse. Enfin,
l’érosion et le remblaiement glaciaire quaternaire ont dessiné des vallées en

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auge accidentées de verrous. Associée à l’abondance nivale, cette
géomorphologie a largement favorisé les installations hydro-électriques,
notamment dans le Massif de Néouvielle, sur la Neste de Cap de Long.
La troisième partie du bassin de la Garonne concerne le réseau divergent
des collines de Gascogne. La Garonne en occupe la moitié orientale de la
2Baïse (2 910 km) à l’ouest à la Louge à l’est. Issu du plateau du
Lannemezan, ce réseau draine des terres froides suivant un éventail qui
s’achève entre Toulouse et Tonneins. Le démantèlement rapide des Pyrénées
combla l’avant-pays aquitain de débris arrachés à la montagne et connus sous
le nom de molasses (un grès argileux plus ou moins tendre) à peine
recouvertes de débris torrentiels quaternaires. Il en résulte un cône
topographique (qui n’est pas un cône de déjection) sur lequel le réseau
hydrographique divergea depuis le Nebouzan. Ce réseau de l’Armagnac
incisa les molasses en ligne droite (traduction de sa jeunesse et de
l’homogénéité du sous-sol), aussi les eaux gagnent-elles rapidement la
Garonne et l’Armagnac manque-t-il d’eau en été, dans un paysage de vallées
dissymétriques chères au professeur Taillefer.
En aval de Marmande, la Garonne ne reçoit plus que des affluents
secondaires : le Ciron sur la rive gauche et le Dropt sur la rive droite. Mais
c’est un cours d’eau encore tumultueux qui se présente en Bordelais.
E - La Charente
Ce bassin appartient déjà à la définition de « fleuve côtier » du fait de
2l’exiguïté de son drainage : 4 630 km. L’amont du bassin charentais
appartient au Limousin. Mais la grande originalité du bassin réside dans
l’importance du karst.
Le cours d’eau fait une boucle qui prend en écharpe le karst jurassique de
La Rochefoucauld. Deux affluents rive gauche, le Bandiat et la Tardoire,
apportent des eaux puisées en Limousin, dans le Périgord vert de Nontron.
Mais dans la traversée du karst, la quasi-totalité des eaux se perd dans les
fissures du calcaire, et en été l’écoulement des deux rivière n’atteint plus leur
confluence avec la Charente. Ce n’est pas une perte réelle mais un simple
transfert, car il a été établi que les eaux du karst sont entièrement restituées
par la source vauclusienne de la Touvre (à l’est d’Angoulême), avec un
certain retard et surtout une grande pondération.
Le reste du bassin versant reste soumis à l’influence néfaste des
2infiltrations dans le calcaire. En été, une partie des eaux du Né (550 km ) se
perd dans les nappes profondes des calcaires crétacés alors que celle de la
2Boutonne (1 320 km ) s’enfoncent dans les calcaires jurassiques. Mais, du
fait des restitutions, la Charente est globalement assez abondante et
pondérée : elle fut navigable aux temps modernes et subit même des
eaménagements au XIX siècle. Si aujourd’hui elle paraît manquer d’eau (ce

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qui justifia les barrages de soutien de Mas Chaban et de Lavaud en
Limousin), cela tient à une consommation supérieure aux ressources.
Enfin, il ne faut pas ignorer que la Charente en amont de Civray s’écoule
de façon anormale vers le nord. On estime que ce bras fut à l’origine l’amont
du Clain (vers la Loire) mais qu’il fut capturé ou déversé vers le sud sur le
versant méridional du seuil du Poitou.
F - L’Adour
2Avec un drainage de 16 880 km seulement, c’est aussi un fleuve côtier.
On estima longtemps qu’une partie du réseau de l’Adour gagnait la région du
Bassin d’Arcachon.
En effet, l’ensemble du fleuve et de ses affluents dessine un arc de cercle
dont l’amont se dirige vers le nord-ouest, sur le flanc occidental de
l’Armagnac, pour ensuite s’infléchir vers l’ouest et le sud-ouest et passer
d’un réseau divergent à un réseau convergent à Bayonne. Le fonctionnement
d’une subsidence à la fin du Tertiaire est incontestable, et elle attira le réseau
hydrographique (comme la subsidence de la Mer de Faluns avait attiré la
Loire).
Mais il reste des points à éclaircir, comme l’indépendance de
l’embouchure de l’Adour et du Gouf de Cap-Breton (un cañon sous-marin).
La Doulouze et la Midouze furent-elles des affluents de la Leyre ? Quelles
furent les parts respectives de la subsidence basque et de la progression
dunaire au Quaternaire ? Aujourd’hui existe néanmoins un bassin original,
qui tient des collines de l’Armagnac dans son aval, mais inscrit dans un relief
glaciaire à l’amont qui fut largement utilisé par la production hydro-
électrique.
En conclusion, on notera le rôle dominant du Massif Central dont
2dépendent 180 000 km (1/3 du territoire) de bassins versants ; en outre près
2 2de 50 000 km (10 %) relèvent des Pyrénées, mais les quelque 80 000 km de
la Seine sont irrigués à partir de l’Ardenne et des revers de cuesta du Plateau
Lorrain. Contrairement à une idée reçue, le Massif Central n’est pas le
principal château d’eau de la métropole
II – Le Rhône est le principal fleuve allogène
Le Rhône prend sa source au Saint-Gothard dans les Alpes suisses pour
terminer son cours dans la mer Méditerranée par l’intermédiaire d’un delta :
2 la Camargue. Le bassin versant couvre 95 500 km dont 5 000 km en Suisse.
Pour ce qui concerne la France, le fleuve est issu du lac Léman, mais il
draine 17 % du territoire national. Pour l’essentiel, c’est un cours d’eau alpin,
mais cette dimension ne concerne que la rive gauche ave les vastes bassins de
l’Isère dans les Alpes du Nord, et de la Durance, dans les Alpes du Sud, deux

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bassins fortement influencés par la fonte de glaces et surtout des neiges.
Toutefois, dans son parcours français, les eaux issues de la rive droite jouent
aussi un rôle important, notamment celles qui sont venues du Jura (forte
influence du karst), de Bourgogne et du Massif Central, forte influence des
pluies hivernales.
Le Rhône est d’ailleurs le type assez parfait du cours d’eau à régime
complexe.
A - Le Rhône alpin peut être subdivisé en trois ensembles
En amont, dans son parcours suisse, le bassin versant se trouve resserré
entre les Alpes Bernoises et Valaisannes et réduit à la vallée glaciaire du
Valais, sur toutefois près de 300 km. Mais c’est en France que le rôle des
Alpes devient majeur.
2 En effet, dès la frontière, parviennent les eaux de l’Arve (2 060 km ) et du
2Fier (1 380 km ), issues des Alpes de Savoie, dont le Massif du Mont Blanc.
Mais la principale source se trouve dans les eaux de l’Isère et de ses
affluents, l’Arc et la Romanche dont l’ensemble du bassin couvre
211 800 km . Le rôle hydrologique de cet ensemble est considérable car c’est
le drain principal de la zone intra-alpine : Beaufortin, Vanoise, Pelvoux,
Champsaur, mais aussi du Belledonne et des Préalpes de la Grande
Chartreuse et du Vercors. Les têtes de bassins sont toujours à plus de 2 000
m d’altitude, et parfois à près de 4 000 m. Plus au sud, le relais est pris par la
2Durance et ses affluents (dont le Verdon) qui, avec 14 225 km de bassin
versant, sont les drains naturels des Alpes du Sud, certes plus
méditerranéennes et moins arrosées, mais dont les fortes altitudes au sud du
Champsaur, dans l’Ubaye et le Mercantour (2 à 3 000 m d’altitude) assurent
un fort tapis neigeux, pourvoyeur d’eau printanière. Il ne faudrait pas non
2plus ignorer le rôle de la Drôme (1 640 km de bassin versant), drain naturel
des Préalpes du Sud.
Globalement, les Alpes couvrent la moitié du bassin du Rhône.
2B - La Saône (29 950 km ) et la Franche-Comté
Cet ensemble couvre le 1/3 de la surface du bassin. La Saône vient des
monts Faucilles dans le département des Vosges, et elle se trouve être la plus
vaste rivière de France par la taille de son bassin versant : 5,5 % du territoire
métropolitain. C’est ainsi le principal affluent de la rive droite.
La Saône est une rivière de plaine, drain majeur de la Bresse, des plateaux
bourguignons et du pays de Gray au nord, ce qui en fait un ensemble très
différent des autres affluents du Rhône : des eaux d’origine pluviale
océanique, un écoulement lent, qui n’est pas sans rappeler celui de la Seine

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(dont elle possède le même type de crues). D’ailleurs, Seine et Saône sont
des mots issus chacun du préceltique « Séquana ».
Mais une autre partie des eaux de cette rive droite vient des plateaux
calcaires du Jura, dont principalement par l’intermédiaire du Doubs
(11 500 km en amont de sa confluence avec la Saône à Verdun-sur-le-
Doubs). Ce curieux cours d’eau prend sa source à Mouthe (département du ), et s'écoule d'abord vers le nord-est. Il traverse plusieurs lacs : Lac de
Saint-Point, Lac de Chaillexon, Lac des Brenets, il est coupé de rapides, dont
le célèbre saut du Doubs. Il marque même la frontière entre la Suisse et la
France sur quelques dizaines de kilomètres pour pénétrer ene, en
direction du Rhin. Puis il change brutalement de direction et s'écoule vers
l'ouest. Mais à la confluence avec le Dessoubre, il reprend une direction
rhénane jusqu’au voisinage de Montbéliard, où il prend une direction NW-
SE, dans une vallée encaissée creusée dans le plateau du Jura parallèle aux
chaînons. C’est à Besançon que le Doubs s'écoule dans la plaine de la Saône
jusqu’à Verdun où il rejoint le fleuve.
La grande originalité du Doubs et de ses affluents est l’importance de la
circulation karstique dans les calcaires du Jura. Notamment, l’un de ses
affluents, la Loue, qui le rejoint en aval de Dole, n’est que la résurgence
d’une de ses nombreuses pertes dans sa traversée nord-sud du Jura.
On verra que le rôle hydrologique de la Saône et de son puissant affluent,
exerce un impact considérable sur la régulation naturelle de l’écoulement du
Rhône alpestre.
C - Le rôle du Massif Central
Il se fait surtout ressentir en aval de Lyon. Du fait d’une tectonique
cassante nord-sud, les eaux sont principalement attirées vers la Loire, et les
affluents rive droite du Rhône sont très courts, mais ils dévalent rapidement
et directement les rebords escarpés du Vivarais : le Giers, la Cance, la Doux,
2et des Cévennes : l’Eyrieux (865 km) et surtout le Gard ou Gardon
2(2 200 km ). Le caractère torrentiel et méditerranéen joue (comme avec la
Durance) un rôle essentiel dans la dégradation du régime à l’entrée du delta.
Car l’originalité de ce grand fleuve (à l’inverse de la Loire, de la Seine et de
la Garonne) est de se terminer par une plaine deltaïque.
Le rôle des Alpes restera tout de même essentiel dans l’hydrologie du
Rhône. Mais, d’un point de vue humain, il faut aussi rappeler le rôle de
l’histoire. Le Rhône mit un certain temps à devenir français. Au Traité de
Verdun, en 843, la vallée du Rhône fut attribuée à Lothaire, le fils aîné de
e eLouis le Pieux, dans le cadre de la Lotharingie. Ce n’est qu’aux XIV et XV
siècles, que les rois de France acquièrent le Valentinois (Valence), puis le
Dauphiné, le Delta du Rhône et enfin le Duché de Bourgogne. Mais la

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e e Franche-Comté n’est acquise qu’au XVII siècle, Avignon à la fin du XVIII
siècle, et la Savoie en 1861.
En fait, ces avatars annoncent l’indécision de la répartition des bassins
hydrographiques sur les frontières flamandes et allemandes.
III – Les bassins exogènes du Nord et de l’Est
Ici, les eaux se partagent entre la Manche : bassin de la Seine, et la
Méditerranée : bassin du Rhône, d’une part, et la Mer du Nord, bassins de
l’Escaut, de la Meuse et du Rhin d’autre part. De la Mer du Nord à la Suisse,
la ligne de partage des eaux est d’abord WNW-ESE ; très mal dessinée, elle
suit les collines de l’Artois puis du Cambrésis, avant de gagner les Fagnes
belges avec les sources de l’Oise. Puis la limite des bassins de la Seine et de
la Meuse suit de façon aussi indécise le revers de la Côte de Meuse, à l’est de
l’Argonne jusqu’en Bassigny, aux confins du plateau de Langres. Elle
oblique à nouveau vers le nord-est, par la Porte de Bourgogne, le sud des
Vosges et la Porte d’Alsace, le Territoire de Belfort partageant ses eaux entre
le Rhin et le Rhône.
Cette ligne partage des eaux est donc loin de suivre la frontière politique
fixée en 1815 entre la mer et la Moselle et en 1919 entre la Moselle et la
Suisse, pour faire simple.
A - La Meuse joue un rôle d’interface
En effet, nous admettons son autonomie vis-à-vis du Rhin, comme nous
avons reconnu celle de la Dordogne face à la Garonne. Le delta est en effet
commun aux deux fleuves, et les voies naturelles de Rotterdam sont
nommées Oude Maas ou Vieille Meuse.
Pour ce qui concerne la France, la Meuse sépare les eaux du Rhin et de
l’Escaut. Cette disposition avait-elle été prise en compte par les signataires
du Traité de Verdun ? La réponse est difficile, mais on remarquera que le
royaume de Lothaire s’appuyait sur le Rhône, le Rhin et la Meuse, alors que
le royaume de Charles le Chauve comportait la Garonne, la Loire, la Seine et
le bassin de l’Escaut (la Flandre). On pourrait ajouter que 1 000 ans plus tard,
la perte de l’Alsace-Lorraine amena la France à réaliser le Canal de l’Est de
la Meuse à la Saône en 1882.
Aussi, dans sa partie française, la Meuse apparaît comme un drain étroit de
300 km de long sur quelques dizaines de km de large seulement. La Meuse
(mais aussi la Moselle et la Sarre) s’adapta à une surface d’abrasion inclinée
vers la Mer du Nord, au début du Cénozoïque. Plus tard, un changement
climatique associé surtout à l’ouverture du rift alsacien a favorisé l’incision
et le dégagement de cuestas lorraine. Mais les drains majeurs, Meuse et
Moselle, se sont encaissés sur place en vallées épigéniques conservant leur

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direction. Les captures et les déversements furent en fait mineurs : captures
de l’Aire et de l’Aisne par l’Oise, de la Haute-Marne par la Seine, mais aussi
d’un ancien affluent de la Meuse à Toul, capturé par la Moselle et devenu la
haute-Moselle.
C’est en cela que la Meuse est une interface. Toutefois, autre hasard du
tracé de la frontière, la Sambre, affluent rive gauche de la Meuse, prend sa
source dans le département du Nord, en Hainaut.
B - Le Rhin et la Moselle
Le Rhin ne fait qu’effleurer la France (et c’est une longue histoire). Il
prend sa source non loin du Rhône, au Saint-Gothard, en Suisse, et sur les
225 000 km que couvre son bassin versant, la France n’en possède que
30 000 km répartis entre la Moselle et ses principaux affluents, la Meurthe et
la Sarre, sur le versant occidental des Vosges, et les courts affluents alsaciens
du versant oriental. Ils ont attiré les autres cours d’eau lorrains.
Au Tertiaire, le Rhin s’écoula un temps vers la plaine de la Saône, mais
l’ouverture du fossé rhénan lui ouvrit la voie de la Mer du Nord. Le rift
avorta, mais la voie héroïque se poursuivit, et le Rhin finit par attirer à lui
autant des affluents venus du bassin de Souabe-Franconie : le Neckar et le
Main, que du Plateau Lorrain : la Moselle. C’est cette dernière qui intéresse
l’hydrographie française. Elle prend sa source à Bussang, dans les Vosges, et
2draine un bassin de 28 286 km . C’est le principal drain du Plateau Lorrain,
qui, adapté à la même surface d’aplanissement que la Meuse, s’écoule vers le
nord, en toute indépendance par rapport au pendage des couches
sédimentaires du plateau. Le drainage cataclinal du plateau est lui-même
2indécis au travers des tracés de la Meurthe (3 085 km ), de la Vologne
2 2 2(369 km ), et de la Nied (1 370 km ) ; quant à la Sarre (7 431 km ), elle lui
est parallèle dans sa partie française. En matière d’aménagement fluvial,
cette inadaptation eut des conséquences vitales : les bassins houiller et
sidérurgique, à l’heure de leur splendeur, étaient plus faciles d’accès par
Rotterdam que Dunkerque et le Havre. Ni les canaux (canal des houillères,
canal de la marne au Rhin), ni les voies ferrées (ligne Valencienne-
Thionville) ne sont venues à bout de ce handicap. Quant à la solution
méditerranéenne de la branche sud du Canal de l’Est et du Canal Rhin-
Rhône, elle avorta avec la fin des industries lourdes. Pourtant, il s’agissait là
d’un axe majeur de l’Europe des Six, de 1957.
Le Rhin alsacien n’est qu’un fleuve allogène et n’a d’intérêt que par les
aménagements qui y furent réalisés après 1919. Son eau est essentiellement
2d’origine suisse où il est à la fois alimenté par 1 000 km de glaciers, et
pondéré par la traversée de nombreux lacs, dont le Bodensee. Les affluents
issus des Vosges (Doller, Thur, Liepvrette, Moder, Lauter) sont trop courts
pour avoir un rôle hydrologique ; seule l’Ill, qui prend sa source à Winkel

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2dans le Jura pour drainer 4 760,5 km de bassin versant, joue un certain rôle,
c’est le véritable drain de la plaine d’Alsace, et de la ville de Strasbourg.
Pour terminer, mais c’est un hasard du tracé des frontières, la Joux,
affluent du lac de Neuchâtel et de l’Aar, prend sa source en France et fait que
cette petite part du Jura, le Val d’Orbe à Morez, appartient au bassin du Rhin.
C - Les tributaires flamands de la mer du Nord
Ils sont très secondaires car la France ne possède que la tête des bassins
versants, sur le versant nord des collines de l’Artois. Le principal organisme
fluvial est bien sur l’Escaut. L’Escaut prend sa source en amont du village de
Gouy dans le Département de l’Aisne. Mais il gagne très vite la frontière et la
2 2plupart de ses affluents français : la Lys (3 910 km ), la Deûle (1 071 km ), la
2Scarpe (1 322 km ) ne le retrouvent qu’en Belgique. Plus à l’ouest, l'Aa
2 2(392 km ), et l’Yser (381 km ) sont des rivières côtières.
Pourtant, la modestie du relief flamand permit une utilisation originale de
ces cours d’eau avec une succession de canaux de jonction parallèles à la
frontière, dont le plus récent (devenu avec le temps le plus inutile) fut le
canal Dunkerque-Valenciennes ou liaison Dunkerque-Escaut, qui constituait
l’artère à grand gabarit essentielle du réseau navigable du Nord et du Pas-de-
Calais. Constitué d'abord d’une liaison Dunkerque-Denain de 1950 à 1962,
ce canal fut poursuivi jusqu’à Valenciennes en 1968. Avec le canal du Nord,
il ouvrait la Seine au Port de Dunkerque, mais aussi au réseau belge à grand
gabarit. Mais c’était au temps des industries lourdes.
IV – Les fleuves « dits côtiers »
La France possède 3 500 km de littoral (dont 500 km sur la
Méditerranée) et une multitude de cours d’eau, auxquels il ne faut pas
accorder le titre de « fleuves côtiers » (terme attribué de manière abusive) qui
gagnent la mer ou l’océan après quelques dizaines de km seulement.
Toutefois, leur nombre fait qu’ils ne peuvent être laissés sous silence.
A - La façade de la Manche et de l’Atlantique
Le réseau côtier est très riche en Picardie, en Normandie, en Vendée,
dans les Landes et surtout dans le Massif Armoricain.
1°) Le Massif Armoricain en est le principal pourvoyeur. Les hauteurs
concernées par l’origine de l’écoulement ont été marquées par les directions
hercyniennes et varisques où l’érosion dégagea un relief appalachien : Monts
d’Arrée et Montagne Noire, Plateau de Rohan, Landes de Lanvaux, Sillon de
Bretagne, Bocage Breton, collines de Normandie, collines du Perche, nord du

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Cotentin. Beaucoup de ces cours d’eau gagnent la mer depuis le Goen en
Pointe du Raz, jusqu’à l’Orne sur les confins normands.
Certes, quelques tracés rappellent ces directions : la Penfeld et l’Aulne
2aval, (1 875 km ), l’Oust, la Clave et l’Arz dans les Landes de Lanvaux, la
2haute Vilaine, la Sélune (1 038 km ).
Mais la plupart courent droit à la mer, recoupant les axes appalachiens en
2 2gorges épigéniques : Guer, Trieux (417 km ), Arguenon, Rance (1 195 km ),
2 2Couesnon, Vire (1 240 km ), Drome et Orne (2 932 km ), vers la Manche, et
2 2 2 2Odet (396 km ), Aven (184 km ), Blavet (1 951 km ), Vilaine (10 882 km )
vers l’Atlantique.
Le résultat est un ensemble de bassins versants étroits aux possibilités
hydrologiques réduites, ce qui est aujourd’hui un handicap dans
l’aménagement de la Bretagne et de la Basse-Normandie.
2La Vilaine constitue un bassin original. Avec une aire de 10 882 km ,
c’est le seul bassin breton de taille raisonnable. Il fut navigable et on le relia
à la Rance, et surtout à Nantes et à Brest. Il existe une raison
géomorphologique ; ce bassin occupe la place de la transgression pliocène de
la mer des faluns du Redonien.
2°) Une partie des eaux de la Normandie sédimentaire et de la Picardie
échappent à l’attraction de la Seine.
Entre l’Orne et la Basse Seine, la Dives et surtout la Touques drainent la
dépression anaclinale de la cuesta crétacée du Pays d’Auge.
Mais c’est surtout en Pays de Caux avec la Béthune et en Picardie, avec la
Somme, que se développe un réseau de direction sud-armoricaine,
apparemment adapté à des directions hercyniennes.
La vraie originalité de ces cours d‘eau côtiers résidera dans leur mode
d’écoulement. Sur les interfluves, une partie des eaux peut ruisseler sur les
limons, mais l’essentiel s’infiltre dans la craie pour ressortir sous la forme de
source dans le fond des vallées alluviales. C’est l’origine du mot Somme =
source. Ici on redoutera autant le ruissellement consécutif aux averses, que la
remontée de l’eau des nappes phréatiques en hiver, comme ce fut le cas de la
Somme en 2001.
Enfin, ces cours d’eau furent des affluents de la Seine, quand, au Würm,
le niveau des mers était 120 m plus bas.
3°) Entre Loire et Charente, quelques cours d’eau gagnent la mer
2d’Antioche : la Vie et la Jaunay, le Laye et la Vendée (675 km ), la Sèvre
2Niortaise (3 650 km ).
Au Quaternaire, ils gagnaient l’Atlantique, mais la transgression
flandrienne, suivie de la transgression dunkerquienne, ont envahi les vallées

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et créé des baies que l’alluvionnement a colmatées en marais maritimes :
Marais Breton, Marais Vendéen, Marais Poitevin, Marais de Rochefort.
Il en résulta un système original parfois à la limite de l’aréisme froid, et
eque l’homme aménagea en polders dés le XII siècle.
4°) Dans les Landes, le mécanisme fut associé à l’action du vent.
Les mêmes transgressions avaient creusé des baies ouvertes aux
2écoulements des Crastes, de la Leyre (1 700 km ), du Pontenx, du Vignac, du
Magescq. Mais les grandes houles apportaient le sable de l’estran, alors
qu’un courant de marée nord-sud y conduisait les alluvions de la Gironde.
Les baies furent obstruées (à l’exception du bassin d’Arcachon), les dunes
envahirent l’arrière-pays.
Dans cette topographie quasi horizontale, les cours d’eau ne gagnent plus
la mer, mais constituent une forme d’endoréisme vers les étangs qui occupent
les anciennes embouchures : Crastes des étangs d’Hourtin, de Lacanau, de
Biscarosse et de Parentis, Pontenx vers l’étang de Léon, Magescq vers
l’étang de Souston. Il s’agit d’un faux endoréisme : un écoulement se fait
vers la mer soit directement (souvent entretenu pas l’homme), soit par
inféroflux sous les dunes.
B - La façade méditerranéenne
Des Pyrénées orientales, des Corbières, des Cévennes, des Maures, de
l’Esterel et des Alpes provençales, de nombreux torrents méditerranéens
viennent affluer dans la Méditerranée.
1°) Le réseau catalan est original
Les Pyrénées se terminent vers la mer par un système de chaînons :
Albères, Aspres, Fenouillèdes, et de plaines d’effondrement : Conflens,
Capsir, Vallespir, Cerdagne.
Ces plaines constituent autant de bassins hydrographiques autonomes
2 2orientés de l’ouest vers l’est : Tech (750 km ), Têt (1 550 km ), Agly
2(1 045 km), qui reçoivent de courts torrents dévalant les versants des
chaînons. Ce système fut aussi à l’origine d’une petite hydraulique liée à des
cultures méditerranéennes.
On signalera une autre originalité du tracé de la frontière en 1659 : si la
Garonne prend sa source en Espagne, au Val d’Aran, le Sègre, affluent de
l’Èbre, prend naissance en Cerdagne, non loin de la Têt.
2°) Le réseau languedocien est surtout constitué de rivières torrentielles qui
prennent naissance dans le massif des Corbières, de la Montagne Noire, des
Monts de l’Espinouse et du Minervois, de la Sèrane et du sud des Cévennes :
2l’Orb, le Mosson, la Vidourle et surtout l’Hérault (2 550 km ), lequel prend
sa source au mont Aigoual, dans le sud du massif des Cévennes. Second

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drain naturel de la plaine du Languedoc, il finit son cours dans la mer
Méditerranée à Agde.
2 Avec un bassin versant de 6 074 km , l’Aude est aussi importante que la
Charente et mérite le statut de fleuve côtier. Elle prend naissance dans le
massif du Carlitte à 2 185 m d'altitude. Son cours suit d’abord l’exemple des
autres cours d’eau des Pyrénées centrales, en s’écoulant vers le nord,
contournant les Corbières par l’ouest, traversant les chaînons pré-pyrénéens
en gorges épigéniques. Aussi estime-t-on que l’Aude fut autrefois un affluent
de l’Hers et appartint au bassin de la Garonne.
Mais le surcreusement provoqué par la néotectonique qui affecte les
Pyrénées aurait favorisé sa capture par un cours d’eau du bassin
méditerranéen, et, à la hauteur de Carcassonne le fleuve suit le grand sillon
tectonique qui sépare les Corbières de la Montagne Noire. Il en reçoit des
affluents torrentiels dont l'Orbieu en rive droite, l'Argent-Double et la Cesse
en rive gauche. L’Aude finit son cours dans la plaine de Narbonne avant de
se jeter dans la Méditerranée.
3°) Le réseau provençal s’adapta aussi au relief. À l’ouest, la ligne de
partage des eaux avec le Rhône suit le front des nappes provençales des Plans
de Canjuer et de Caussols. Mais le massif des Maures oppose sa masse qui
divisa l’écoulement. Une partie gagne la mer par torrents sur le versant sud
du massif. Le plus important est le Gapeau entre Toulon et Hyères. Une autre
gagne l’étang de Berre, vers l’ouest (l’Arc). Mais l’essentiel du drainage est
2acquis à l’Argens (2 600 km ), qui circule dans la dépression permienne qui
sépare le front des nappes préalpines et les Maures. Plus à l’est, en dehors de
quelques torrents côtiers (Roya, Siagne, Reyran), le drainage est assuré par le
2bassin du Var (2 820 km) dont l’originalité historique est de couler
essentiellement dans les Alpes-Maritimes.
L’originalité du réseau hydrographique français restera sa divergence
autour du Massif Central qui affecte la Loire, la Dordogne, la Charente et une
partie des eaux de la Garonne du Rhône et des petits bassins méditerranéens.
Mais ce n’est pas la seule : les montagnes jeunes, souvent devenues des
frontières naturelles, sont des châteaux d’eau aussi importants que le Massif
Central. Les Pyrénées sont le château d’eau du sud-est avec la Garonne et
l’Adour ; les Alpes surtout sont le château d’eau du sud-est, avec le Rhône,
certes, mais aussi les petits bassins provençaux. Enfin, la partie nord du pays
échappe à l’écoulement montagnard : la Seine, mais aussi la Meuse et la
Moselle prennent naissance dans les calcaires du Bassin de Paris et du
Plateau Lorrain, ce qui, on le verra, influence beaucoup leur hydrologie. Une
autre partie du pays y échappe également ; c’est tout l’ouest armoricain,
soumis aux pluies abondantes venues de l’Atlantique.

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Deuxième chapitre
Présentation de l’hydrométrie
Cet ensemble hydrographique a fait l’objet d’une excellente hydrométrie
eau cours du XX siècle. En effet, les données de 2 422 stations de jaugeage
ont pu être collectées. Il est vrai que toutes ne sont pas fiables : certaines ne
concernent qu’une période trop brève, pour d’autres, le gestionnaire lui-
même admet le caractère hypothétique de certaines mesures ; d’autres
relèvent de séries malheureusement incomplètes. Mais la majorité appartient
à des stations avec signification hydrologique (selon les termes de la Banque
Hydro) ; et ces stations fournissent des relevés journaliers répartis sur
plusieurs années.
eCes 2 422 stations de jaugeage concernent l'ensemble du XX siècle : les
plus anciens jaugeages ont été effectués dés 1863 sur la Loire à Blois et à
Montjean (ce qui englobe la crue cataclysmale de 1866), et la plus récente
des stations a été installée sur le Serain à Beaumont (Yonne) en 1997. Au 31
décembre 2008, les relevés portent sur des durées théoriques (car il existe des
vides) comprises entre 145 ans (la Loire à Blois et à Montjean) et 3 ans
(l'Indre à Ardentes – 2000/2003). Ces jaugeages ont été effectués en aval
2d’un panel très varié de bassins versants compris entre les 117 480 km de
2bassin versant de la Loire à Saint-Nazaire, et les 0,85 km de bassin versant
du torrent de Malcros à Champoléon, dans les Hautes-Alpes.
Toutefois, les 2/3 des mesures ont été réalisées sur des bassins de 36 à
2750 km . Un peu plus de 50 % d’entre elles ne débutèrent qu’entre 1964 et
1975, et durèrent entre 10 et 50 ans mais 50 % des stations fonctionnèrent
entre 30 et 50 ans, ce qui signifie que de nombreux jaugeages commencés au
edébut du XX siècle ont été arrêtés bien avant la fin de celui-ci. Le nombre
élevé de données est ainsi tempéré par la relative incohérence de leur
distribution dans le temps.
I - Géographie de l’hydrométrie
Le document 2.1 rend compte de la distribution des stations de jaugeage
sur le territoire métropolitain, sans tenir compte de l’aire du bassin versant
considéré, de la date de mise en fonctionnement des instruments, et de la
durée théorique du jaugeage.
Si à la première observation, le territoire semble couvert régulièrement
(et c’est en partie vrai) un certain nombre de régions et de bassins versants

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