Les Cultural Studies

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Le monde et les sociétés témoignent des changements qui ont été mis à jour par les Cultural Studies. En particulier, on constate que le monde est traversé par une effervescence politique qui manifeste une réelle "résistance culturelle". Les Cultural Studies ont justement tenté de comprendre les nouvelles catégories politiques qui animent cette effervescence depuis les années soixante, et d'en dégager la logique, à savoir favoriser une organisation sociale respectant l'égalité et l'autonomie des citoyens.
Publié le : samedi 15 août 2015
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EAN13 : 9782336388137
Nombre de pages : 286
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Michel Bourse et Halime Yücel
Les Cultural Studies
Essai
POUR COMPRENDRE POUR COMPRENDRE 05/07/15 14:13
Les Cultural Studies
Pour comprendre Collection dirigée par Jean-Paul Chagnollaud L’objectif de cette collectionPour Comprendreest de présenter en un nombre restreint de pages (176 à 192 pages) une question contemporaine qui relève des différents domaines de la vie sociale. L’idée étant de donner une synthèse du sujet tout en offrant au lecteur les moyens d’aller plus loin, notamment par une bibliographie sélectionnée. Cette collection est dirigée par un comité éditorial composé de professeurs d’université de différentes disciplines. Ils ont pour tâche de choisir les thèmes qui feront l’objet de ces publications et de solliciter les spécialistes susceptibles, dans un langage simple et clair, de faire des synthèses. Le comité éditorial est composé de : Maguy Albet, Jean-Paul Chagnollaud, Dominique Château, Jacques Fontanel, Gérard Marcou, Pierre Muller, Bruno Péquignot, Denis Rolland. Dernières parutions Aimé FAY,Le Capital en quelques mots. De Platon à nos jours, 2015. Dominique JOSSE,L’avenir de l’homme postmoderne. L’urgence de retrouver nos racines, 2015. Gérard PETITPRÉ,La Constitution du 4 octobre 1958 de A à X, 2014. Charlotte GRÉ,Street Art et droit d’auteur.À qui appartiennent les oeuvres de la rue ?,2014.Patrice VIVANCOS,De la Culture en Europe. De quoi est-il question quand nous agitons ce mot « culture » ?, 2014. Traoré MODIBO,L’économie de développement. Trajectoire, analyse et stratégie de développement, 2014. Gilbert ANDRIEU,Hera reine du ciel. Suivi d’un essai sur le divin, 2014. e Gérard PETITPRÉ,République (1988-2014)Les années folles de la V , 2014. Walter AMEDZRO ST-HILAIRE,Fondements et méthodes en gestion appliquée, 2014. Jean-Marie GILLIG,Histoire de l’école laïque en France, 2014. Jean-Baptiste ESAÜ,Les élections présidentielles Aux États-Unis,2014. e Gérard PETITPRÉ,République (1958-1988)Les trente Glorieuses de la V , 2014. Xavier BOLOT,Les Trois Réalités. Physique, perçue, représentée ici, maintenant, évolutions, 2014. Alain DULOT,Ce que penser veut dire. Essai, 2013.
Michel BOURSE,HalimeYÜCELLes Cultural Studies
Essai
Michel BOURSE
Du même auteur
Réussir un parcours pour l’embauche : (se) former aux techniques de recherche d’emploi, Éditions Chronique Sociale, Presses Universitaires du Québec, 1998
Eloge du métissage. Pour une théorie politique de la communication, Éditions l’Harmattan, 2007
Halime YÜCEL
L’analyse de l’image, Éditions Ayrinti (Istanbul), 2013
Ouvrage commun
Iletisim Bilimlerinin Serüveni (L’aventure des Sciences de la communication), Éditions Eyrinti (Istanbul), 2012
© L’Harmattan, 2015 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris
http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-343-06720-9 EAN : 9782343067209
"…à l’ère de laglobalisation, diasporiques" Stuart Hall
nous
devenons
tous
In Stuart Hall interviewed byOsborne and L Peter ynne Segal, traduit de l’anglaispar Olivier Ruchet,Revue des Livres n 1 et 2, 2007. "Culture and power", Stuart Hall interviewed by Peter Osborne and Lynne Segal,RP 86, Nov/Dec 1997.
"Pour le subalterne, parler implique non pas simplement de résister à la violence duperformatif hégémonique, mais surtout d’imaginer des théâtres dissidents où soitpossible la production d’une autreforceperformative. Inventer une nouvelle scène de l’énonciation, dirait Jacques Rancière".
Beatriz Preciado (philosophe, directrice du Programme d’études indépendantes musée d’Art contemporain de Barcelone(Macba). Libération-Chroniques du 29 août 2014
Introduction Une histoire intellectuelle singulière
Cet ouvrage sepropose d’analyser et de comprendre un courant de recherchesqu’on regroupegénéralement autour des Cultural Studies en mettant l’accent sur son histoire et ses bases théoriques tant anglaises qu’américaines ou françaises. Il examinera aussi son impact aujourd’hui : par exemple, lesquestions dugenre et la sexualité ou encore lesquestions liées à la multiculturalité des sociétés contemporaines.
La définition des Cultural Studies reste assez large ! En 1999, unportail 1 internet de l’éditeur anglais Blackwellproposait une définition très extensive : les Cultural Studies concernent la manière dont "les sujets humains sont modelés ou expérimentent leurs vies dans un contexte culturel et social". Les Cultural Studiess’appuient sur les méthodes "de l’économie, des sciencespolitiques, des études sur la communication et les médias, de la sociologie, de la littérature, de l’éducation, du droit, des études sur la science et la technologie, de l’anthropologie et de l’histoire avec une attentionparticulière augenre, aux races, aux classes et à la sexualité dans la viequotidienne".En conséquence, elles représentent" la combinaison des théories textuelles et sociales,placée sous le signe de l’engagementpour le changement social."Enfin les Cultural Studiesontpour objet "l’étude des sous-cultures, des médiaspopulaires, de la musique, du vêtement et du sport".Plus particulièrement, les Cultural Studiesétudientla façon dont"la culture est utilisée et transforméepar desgroupes sociaux « ordinaires » et « marginaux »".Dans cette optique, les Cultural Studies considèrentces groupes sociauxplus simplement comme des consommateurs, mais "non comme desproducteurspotentiels de nouvelles valeurs et de langages culturels".
Mais ce qui caractérise principalement les Cultural Studies – et qui fera leur succès - c’est le faitqu’elles donnent un droit de cité aux formes culturelles jugées à l’époque "non-légitimes", c’est-à-dire les formes culturelles exclues de la définition traditionnelle de la culture : la culture populaire, mais aussi la culture des minorités(sociales, ethniques, degenre ou sexuelles, notamment) et la culture médiatique de la culture de masse. Cette ouverture
1 www.blackwellpublishing.com/cultural. Voir aussi : C. Barker,The SAGE dictionary of Cultural Studies, London, SAGE Publications Ldt. 2004
culturelle, mise en œuvre par les premiers chercheurs anglais des études culturelles,peut s’expliquer à l’originepar des motifspolitiques - le souci de promouvoir sur la scènepolitique et culturelle la "culturepopulaire" et de briser l’exclusion de la culture populaire du champ de la recherche – mais aussipar l’idéeque la culture se définit moins en termes matérielsqu’en termes symboliques. Cette symbolisation est créatrice etproductive et donc ne reflètepas, comme l’expriment les théories marxistes traditionnelles de la culture, de simples rapports économiques. La culture est au contraire une structure relativement autonome,quipermet de façonner une certaine perception de la vie et de la société. Plus concrètement, la culture cesse ainsi d’être définie en termes d’objets" (œuvres, auteurs, événements), pour se définir en termes de "vécu" ou d’"expérience". Ce sont lespremiers théoriciens britanniques des Cultural Studies, comme Richard Hoggart et Raymond Williams, qui introduiront la notion de culture comme "manière de vivre"("wayofliving"). Lespratiquespopulaires sont ainsi caractériséespar des attitudes, des usages, des tactiques, despositions négociéesquijustement caractérisent un "style de vie"que R. Hoggart décriera dans son ouvrage sur 1 la classe ouvrière comme la "consommation nonchalante", l'"attention oblique", la "valeur accordée au collectif", ou encore la "distancepratique" qui fontque "les représentationspopulaires s’inscrivent dans un espace d’altéritéqui n’estjamais entièrement, ni celui de la soumission aveugle au pouvoir des "autres" – et l’intériorisation de leur légitimité - ni nonplus celui de leur totale indépendance symbolique d’une culture dominée,qui 2 rendrait concevable la pure et simple inversion de la légitimité dominante". Ces "styles de vie" définissent ainsi une même capacité à réinterpréter les messages venus des médias, à acculturer les objets et lespratiques, et donc aussi à résister aux significations dominantes. Ce tournant épistémologique, quipeut se lire aussi comme un manifestepolitique, vapermettre de redéfinir la culture : d’unepart, la cultureprend forme et sens dans des situations concrètes et d’autrepart, elle est aussi le moyen dont se servent les individus pour décider de la meilleure façon de réagir et de vivre dans telle ou telle situation.
C’est dans cette perspective que les Cultural Studiesse sont données pour objectif initial d’étudier les culturespopulaires et d’analyser, dans une perspective critique et transversale, leurs implications sociales etpolitiques. De fait, lespremières recherches des Cultural Studies seront liées avant tout aux cultures populaires : puis elles vont, dans les années 1990, s’élargir, par exemple aux "Visual Studies" (études visuelles), aux "Postcolonial Studies"
1  R. Hoggart,La culture du pauvre. Etude sur le style de vie des classes populaires en Angleterre.Traduction de F. Garcias F et J.C. Passeron, Paris, Editions de Minuit, 1970. 2  J.C. Passeron,Richard Hoggart en France, sous la direction de J.C. Passeron, Paris, BPI Centre Georges Pompidou, 1999, p. 58
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(études post-coloniales) ou encore, aux "Gender studies" (études sur le genre), domainesqui sont apparus et se sont développés suite à un ensemble de réorientations sociales et culturelles dans les sociétés mais aussi dans les sciences humaines et sociales. Fondamentalement, il s’agit d’un courant théoriquequi met enjeu à la fois une compréhension sémiologique des productions culturelles, une analyse sociologique des sociétés de masse, et une réflexion anthropologiquesur la domination sociale via une redéfinition de la réception des messages. C’est dans cette triple logique que les Cultural Studiesont contribué à réhabiliter la notion de "culture" observée en tantque "pratique culturelle" significative. Par exemple dans un texte fondateur 1 intitulé "Codage et décodage", S. Hall soulignera qu’en dépit du fait que les messages sont leplus souvent(maispas toujours)conformément à codés l’ordre dominant, il ne s’ensuitpas nécessairementqu’ils sont reçus conformément à cet ordre. Il distingue alors trois types de lecture possible : "dominante"(le message est reçu de façon naturelle, évidente), "oppositionnelle"(le message est compris mais lu selon un autre code) ou "gociée"(lecture à la fois conforme et oppositionnelle). La culture résiste donc, elle peut s’opposer au formatage des catégories médiatiques et du marketing! Mais, comme leur nom l’indique, les Cultural Studies ne constituent 2 cependantpas une discipline , même si l’on trouve - mais essentiellement dans lespays anglo-saxons - de nombreux départements au sein des universités. Bien au contraire, ses membres, dès l’origine, ont souvent revendiqué l’étiquette d'"antidiscipline"pour ce courantqui a supuiser au sein des divers domaines de savoirsqui émergent dès la fin des années cinquante (sociologie, analyse Iittéraire, sémiotique, anthropologie, histoire, etc.)pourproposer des analyses originales des diverses formes de "cultures" 3 et pour en faire un objet digne de recherche ; mais aussi pour proposer, dès 1 Partiellement traduit dans le n° 68 de la revueRéseaux, novembre-décembre 1996. 2 "Il s’est certainement passé quelque chose de très particulier lors du moment inaugural des cultural studies, dans les années 1960. Mais, même durant cette période, lorsque tout ou presque avait lieu à Birmingham, le champ a connu plusieurs reconfigurations majeures ; il se passait toujours différentes choses à un moment donné. La structure du Centre de Birmingham permet en partie d’expliquer cela. Chaque groupe de recherche suivait sa propre trajectoire, ce n’était donc pas un champ uniforme. Depuis lors, chaque appropriation, chaque élargissement a apporté du nouveau."Stuart Hall interviewed by Peter Osborne and Lynne Segal, traduit de l’anglais par Olivier Ruchet InRevue des Livres n. 1 et 2, 2007. "Culture and power",Stuart Hall interviewed by Peter Osborne and Lynne Segal,RP 86, Nov/Dec 1997. 3 Ce "nomadisme" thématique a pour conséquence une recomposition permanente des limites et des objets que recouvrent les Cultural Studiescar elles se définissent avant tout comme une "anti-discipline". Sur le portail internet de l’éditeur anglais Blackwell on trouve un exemple d'une cartographie de ces champs de recherche, des revues, des méta-sites et des éditeurs concernés par les Cultural Studies. Les aires de recherche regroupent six rubriques :art, architecture, musique, culture et muséum ; politique culturelle ; Science Studies ; « Gender,
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