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Les détectives de l’étrange
Sous la direction de Lauric Guillaud et Jean-Pierre Picot
Les détectives de l’étrange
Domaine anglo-saxon
Tome I Colloque de Cerisy (21-31 juillet 1999) Cerisy / Thèmes Éditions Le Manuscrit
Couverture : © Droits Réservés © Éditions Le Manuscrit, 2007 www.manuscrit.com communication@manuscrit.com ISBN : 2-7481-9384-9 (livre imprimé) ISBN 13 : 9782748193848 (livre imprimé) ISBN : 2-7481-9385-7 (livre numérique) ISBN 13 : 9782748193855 (livre numérique)
Avant-propos
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Avant-propos
Avant-propos
LAURICGUILLAUD ETJEAN-PIERREPICOT
S’il est vrai, comme l’écrivait Maurice Lévy, qu’ « une histoire du fantastique pourrait se confondre, en partie du moins, avec une histoire du mal, c’est-à-dire de la transgression », l’on ne s’étonnera point que récit policier et récit fantastique aient dès l’origine partie liée. Enquête épistémologique sur ce qui « a eu lieu », et qui doit être « réécrit » par un détective, frère de l’écrivain, soumis à la double tentation du poétique et du mimétique, l’enquête sur un crime ou un délit oblige aussi à une interrogation, ontologique autant qu’existentielle, sur ce qui, chez l’humain, échappe à la lucide rationalité, semble émerger de quelque au-delà, soit originel, soit surnaturel – ce qui est peut-être la même chose. Il est dès lors inévitable que l’enquête épistémologique ait trouvé à se ressourcer chez une certaine science-fiction, aussi acharnée que la littérature fantastique à remettre en question la problématique du réel et de l’imaginaire. On l’a compris, derrière toute enquête il y a une quête, en laquelle le détective devient pèlerin passionné et parfois voué à lui-même expier la faute du coupable à la place du coupable. De Poe à Gaston Leroux, de Chesterton à Stanislas Lem, le colloque de Cerisy consacré aux Détectives de l’étrange (21-31 juillet 1999) s’est efforcé de cartographier ce
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Lauric Guillaud et Jean-Pierre Picot
carrefour étrange où se rejoignent les diverses littératures de l’imaginaire. Ce qui ressort avant tout du colloque est sa cohérence générale. La plupart des participants se sont livrés à une étude en profondeur d’auteurs marquants (Poe, Le Fanu, Machen, Blackwood, Seabury Quinn, Hodgson, A. C. Doyle, Chesterton, Shiel, Jean Ray, Maurice Leblanc), aboutissant à une typogénèse du personnage du détective. Le lecteur trouvera en fin de volume un tableau littéraire et historique aussi complet que possible d’un genre qui s’est manifesté de façon e périodique depuis le début duXIXsiècle. Peu à peu se sont assemblées les pièces d’un puzzle épistémologique. La problématique du genre était excellemment mise sur les rails : peu à peu s’enclenchait une véritable « synthèse de l’hétérogène ». Grâce à leurs exégèses des écrivains les plus représentatifs, plusieurs contributeurs montrent la vigueur du genre dans les pays anglo-saxons : que ce soit Gaïd Girard (Sheridan Le Fanu), Hélène Crignon-Machinal (Conan Doyle), Roger Bozzetto (Seabury Quinn et W. H. Hodgson), Gilles Ménégaldo (Arthur Machen), Jean-Louis Grillou (Algernon Blackwood), Fabienne-Claire Caland (Henry James et Richard Matheson), Jean-Luc Buard (J. D. Kerruish) ou Lauric Guillaud (M. P. Shiel). Ne nous étonnons pas de l’hybridité du genre, les brumes londoniennes recelant toutes sortes de créatures fantastiques qui menacent à nouveau le monde occidental. Ainsi arrive-t-il que les détectives affrontent les vampires légendaires, à moins qu’ils ne soient eux-mêmes, selon Jean Marigny, des « vampires-détectives ». Au-delà des espaces conven-tionnels, le détective se joue parfois du temps. Le fantastique peut ainsi céder la place à la science-fiction quand le détective est projeté dans un futur énigmatique, comme dans l’œuvre d’Asimov, et bien d’autres (R. Garrett, R. Goulart, M. McQuay, W. F. Nolan, etc.).
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