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Les deux Carole

De
44 pages

Carole est une jeune fille effacée et timide. Sa vie bascule quand, un soir, elle surprend deux cambrioleurs dans la maison où elle travaille. Contrainte de céder aux caprices des deux inconnus pour ne pas perdre son emploi, elle cède avec délice au plaisir de la luxure et se métamorphose en un volcan de désir. Elle va éveiller une autre femme en elle, une alter ego Elle va bousculer tous les tabous, bouleverser les codes de l’érotisme et de la pornographie traditionnelle.


Texte pour un public majeur et averti.

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Gina Monte-Corges

 

 

 

Les deux Carole

 

 

 

 

Illustration : Néro

 

 

 

 

Publié dans laCollection Indécente,

Dirigée parEva Adams

 

 

 

 

Image

 

 

 

 

© Evidence Editions 2017

 

 

 

Avertissement

 

 

 

 

 

Texte réservé à un public averti et majeur.

 

Prologue

 

 

 

Je suis l’auteure de cet ouvrage, je suis celle qui a donné vie à Carole. Celle-ci est sortie de ma chair, plus encore que de mon esprit. Je lui ai prêté mes sens, pour qu’elle puisse jouer de son insatiable appétence. Comme mon héroïne, je partage l’envie pour une femme de pouvoir assumer tous ses désirs sans avoir à en subir de jugement. Jugement tellement imprégné dans l’imaginaire collectif, qu’il en devient une croyance pour toute femme. Carole, dans l’esprit d’un macho est une salope, dans celui de la féministe, un objet avili qui dégrade l’image de la femme. Elle ne peut trouver de soutien dans aucun courant dogmatique.

Si j’ai choisi d’écrire ce roman sous le couvert d’anonymat, c’est simplement parce que contrairement à Carole, je n’ai pas le courage de revendiquer à visage découvert cette liberté d’assumer ma sexualité. Parce que je ne veux pas que mes enfants deviennent, au regard de leurs copains de classe, la fille et le fils de la « Putain » qui écrit des livres cochons. Je ne revendiquerai pas d’ailleurs la moitié du quart de l’expérience de Carole, la majeure partie des faits sont nés dans mon imagination, que j’espère vous trouverez fertile. Dans la vraie vie, je suis fidèle à un mari très jaloux, mais qui sait me satisfaire.

Je voudrais enfin dans ce petit ouvrage, rendre un vibrant hommage aux actrices et acteurs français du cinéma porno des années 70/80, ces actrices dont, je me sens si proche, qui dans leur combat de femme, ont assumé ce courage, devant une caméra, de prendre sur elles, le droit de bousculer tous les tabous ! Brigitte Lahaie, Maryline Jess, Cathy Menard… toutes ces muses sublimes et surtout tellement naturelles. Vous êtes les pionnières d’un combat qui a su révélé toutes vos contemporaines, leur donner le droit de jouer avec leurs fantasmes comme bon leur semble, c’est sur leur corps à elles que vous avez levé une vraie censure. Dans une production, qui était, à l’époque, familiale, avec des acteurs qui savaient valoriser leurs alter ego féminine du X, loin de leurs successeurs des années 90 et 2000, dont le narcissisme les incitait surtout à aimer leur propre bite, la partenaire devenant l’accessoire qui mettait en avant leur puissance phallique. Je remercierai donc aussi les Alban Ceray, Jean Pierre Armand et autres Richard Lemieuvre. J’adorais cette ambiance improvisée, ce jeu approximatif, ce petit artisanat qui nous donnait une sensation d’humanité et de proximité. J’avoue que dans ma bataille féministe, je me sens tellement proche de l’extraordinaire Brigitte Lahaie.

Je dirais enfin, avant de vous laisser avec Carole, qu’il très difficile de vous dire si cet ouvrage est érotique ou pornographique, tant cette frontière m’exaspère, autant qu’elle aie un sens juridique, notamment dans la protection des mineurs est essentielle, mais que pour des adultes bien informés, on puisse encore faire une distinction entre les deux me hérisse le poil (que comme Carole, j’aime avoir bien fournis dans la culotte). Pour certains, l’érotisme c’est ennuyeux, pour d’autres le porno, c’est vulgaire, j’aimerais avec l’histoire de Carole mettre terme à ces deux postulats.

 

 

 

 

1)

Monte-en-l’air au septième ciel

 

 

 

Carole, on m’a donné ce prénom, il y a 19 ans. Gracile brune aux yeux noirs, mais aux courbes accortes, je ne pouvais pas cacher mes origines méditerranéennes, d’ailleurs je n’y tenais pas, une mère Espagnole, ombrageuse à souhait. Elle avait croisé dans les jardins de l’Alhambra, celui qui allait devenir mon père, Jean Michel Garnerin, coup de foudre, amour durable, mariage et deux enfants, dont la petite Carole, qui tenait tellement de sa maman… Étudiante en sciences sociales, je filai des jours heureux avec mon petit copain : David, unique relation de ma courte expérience amoureuse. Nous nous sommes connus, j’avais 15 ans et depuis, c’est l’amour fou, le feu ardent, l’extase d’une romance inassouvie. Nous logeons dans une chambre minuscule, vivants de peu ou à peine plus. Il fallait donc que je cherche ces petits boulots qui permettent de mettre un atome de beurre dans nos épinards bon marché. Dans mes savoir-faire polyvalents j’étais, entre autre, baby-sitter, et c’est bien grâce, où à cause de ce job qu’un jour, mon identité tout entière s’éveilla.

Tout a commencé un jeudi soir de juin. La lune flottait énigmatique sur le petit lotissement, chargeant les ténèbres d’une ambiance lugubre. Quelques aboiements de chiens couvraient le silence inquiétant. Il faut dire qu’ici, nous étions dans un quartier chic… que dis-je, un ghetto de nantis, et dans cette petite ville de province, avoir une maison dans cet endroit, c’était un aboutissement certain. C’est là que tout a commencé, chez les Matouret : une famille de la grande bourgeoisie pour qui j’œuvrais. Je venais chez eux très souvent, mais toujours à reculons, tant la garde de leurs rejetons devenait un supplice. Ils étaient insupportables, insolents, imbuvables et disons-le, imbéciles. Je sais qu’il n’est jamais de bon ton de tenir des propos aussi durs pour des marmots, mais l’angélisme ambiant qui interdit de considérer un enfant comme un adulte, n’existe que chez ceux qui n’ont jamais eu à travailler avec, un enfant peut être aussi con qu’un adulte, ou presque. Baptiste 11 ans et Thomas 7 ans en étaient de parfais exemples… mais ce soir-là, les pestes s’étaient endormies relativement tôt, et les parents ne rentraient que tard dans la nuit, aussi j’étais obligée de découcher. Il planait une moiteur dans la grande demeure des Matouret, une de ces ambiances caniculaires où tout devient insupportable, le contact même des vêtements, je n’avais pas manqué de me mettre à l’aise, affalée dans le canapé, j’étais simplement vêtue de mon long teeshirt qui meurt à mi-cuisse et de ma petite culotte de coton… et oui, j’ai le sous-vêtement sage, pas que je sois réticente à l’idée de porter de la lingerie fine, mais mon budget m’obligeait à rester raisonnable. De surcroît, David fantasmait aussi facilement sur le « petit bateau » que sur la guêpière provocante. Le calme s’était posé sur la maison, chose rare tant j’étais habituée aux deux terreurs et à leurs sempiternels beuglements. Le grand écran plat diffusait un flux d’images inarticulées que je suivais dans une attention vaporeuse.

Il était à peu près 23 h, quand je fus surprise par des petits bruits venant d’en haut, je pensai d’abord qu’ils provenaient de la chambre des enfants, mais en tendant une oreille plus attentive, je m’aperçus que ça provenaitplus sûrement de celle des parents. Des craquements furtifs, il s’agissait sans aucun doute de ce brave Baptiste, qui avait dû se lever pour fouiller dans la collection de revues pornographiques que ses parents gardent mal caché. Je montai l’escalier et fis irruption dans la chambre conjugale :

— Baptiste, retourne te coucher !

Je restais bouche bée. Ce n’était pas l’ainé des garnements. Non, il y avait 2 types en train de vider, dans un sac de sport, les objets de valeur de mes employeurs. L’un était grand et paraissait plutôt costaud, l’autre, plus petit était assez enrobé. Décrire leur visage me fut totalement impossible pour la bonne raison qu’ils portaient, tous deux, une cagoule.

— Mais que faites-vous là ?

Je me surpris de garder un tel sang-froid Le grand me répondit :

— À ton avis ? On a vu de la lumière on est rentré.

Je jetais un coup d’œil, la fenêtre de la chambre était restait ouverte, ils avaient dû grimper le long de la façade jusqu’au petit balcon. Je me précipitai vers le couloir pour donner l’alerte, le grand se jeta sur moi et m’immobilisa au sol. Je suppliai :

— Écoutez, je garde les gamins ici… mais si vous déconnez, je suis virée, les patrons sont de vraies têtes de cons… s’il vous plait, il y a plein d’autres bourgeois à dépouiller dans le quartier. Le gros objecta :

— Tu es gentille, tu nous laisses travailler.

— De grâce ! J’ai besoin de ce job.

J’étais au bord des larmes, perdue entre rage et impuissance. J’aurais aimé leur casser la gueule, les mettre en fuite, et en même temps, je me disais que tout ça n’était que pour défendre les biens de cette famille de cons. Le grand se raidit, il semblait réfléchi. Il lâcha son étreinte sur ma personne et se tourna vers son acolyte.

— Au fond elle a raison cette petite ! Tu n’es pas humain mon grand !

— Pourquoi ?

— Et bien moi, je n’ai pas envie de la foutre dans la panade ! Je crois qu’on va tout remettre à sa place…

— Mais enfin, on n’a pas fait tout ça pour……

— Tais-toi ! Elle est si mignonne que ça me fendrait le cœur de la voir pleurer. Je ne pus me contenir :

— Merci monsieur ! Vraiment vous me….

Il m’interrompit d’un ton péremptoire.

— Je n’ai pas fini ! Je...

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