//img.uscri.be/pth/d31e32244a4fbb54c732ff4c6c8a2f28f3c3537e
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 9,75 € Lire un extrait

Lecture en ligne (cet ouvrage ne se télécharge pas)

Les effets placebo

De
120 pages
Les facteurs psychologiques, dont l''effet Placebo jouent un rôle considérable dans l'effet de tout traitement. Préciser leurs rôles à côté des effets thérapeutiques spécifiques nécessite une méthodologie rigoureuse rarement réalisée. Les revues internationales montrent que les zones d'ombre sont immenses et que nombre de traitements ne sont que des placebo-thérapies. A l'inverse des croyances erronées, par effet nocebo, créent et entretiennent des pathologies chroniques. Nous vivons d'espoir.
Voir plus Voir moins

Les effets placebo
Des relations entre croyances et médecines
L’eff et placebo est, au sens strict, l’améliorat on induite par la seule idée de
bénéfi cier d’un traitement bénéfi que. Il n’y a aucun mystère : ce livre en
présente les part cularités cliniques et la mécanique cérébrale mise en jeu. Alain Autret
Nous montrons aussi que le condit onnement créé par la répét t on des
traitements et la qualité du contact avec le thérapeute sont d’autres facteurs
psychologiques qui jouent un rôle considérable. Les effets placeboMais démêler les parts respect ves des eff ets propres des traitements et de
ces facteurs psychologiques nécessite une méthodologie rigoureuse qui est
erarement réalisée. Dans notre médecine du XXI siècle fondée sur des preuves, Des relations entre croyances et médecinesles zones d’ombre sont immenses. Il est clairement démontré que certaines
thérapeut ques n’agissent que comme de placebo-thérapies. Nous proposons
au lecteur d’y voir plus clair à part r des revues internat onales disponibles.
L’eff et inverse est appelé nocebo, avec sa biologie spécifi que. Nous expliquons
comment des croyances erronées créent et entret ennent certaines
pathologies chroniques.
Nous avons besoin de croire. Recevoir ce que l’on at end crée un état de
l’ordre de la récompense et du plaisir. Peut-on résister ?
Alain Autret, neuropsychiatre, est professeur émérite à l’université François
Rabelais de Tours. Après une format on d’interne à Paris et de chef de clinique
à La Salpêtrière, il a été chef du service de neurologie du CHU de Tours pendant
trente ans. Il a animé plusieurs sociétés savantes et part cipé, à divers t tres,
à de mult ples act ons d’organisat on de l’act vité médicale et universitaire.
ISBN : 978-2-343-00222-4
13 €
Les effets placebo Alain Autret







Les effets placebo

























Alain Autret






Les effets placebo

Des relations entre croyance s et médecine s







































© L'Harmattan, 2013
5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-343-00222-4
EAN : 9782343002224

À Alain Castaigne †










Je remercie amis, proches, et anciens collaborateurs
qui m’ont aimablement aidé dans la réalisation de
cet essai par leurs critiques et leurs avis, et en
particulier Hervé Claude, Axel et le Dr Chantal
Clévenot, les Drs Annick Cardinne et Brigitte
Lucas, et mesdames Sylvie Rancher et Marianella
Sanchez, et pour la partie scientifique initiale, les
Drs Séverine Debiais et Dominique Valade.


Ce livre, destiné au grand public, aimerait
passionner tous les lecteurs curieux de l’origine des
comportements humains, tous les malades pour
qu’ils se posent les vrais problèmes, et tous les
médecins, étudiants en médecine ou en psychologie
et les acteurs dans le domaine des thérapeutiques et
de la santé, pour qu’ils connaissent mieux leur rôle.

Avant-propos
Dans cet essai, nous voudrions montrer comment la survenue
d’une annonce bénéfique correspondant à ce que nous attendons,
c'est-à-dire à une croyance préalable, induit une modification très
particulière de notre fonctionnement cérébral et de notre
comportement. Ainsi, dans le domaine du traitement des
maladies, les croyances que nous pouvons avoir lorsque nous
recevons une thérapeutique peuvent apporter une contribution
importante à l’amélioration de nos symptômes, voire, à la
guérison de nos maladies. Cet effet positif, lié à l’idée de recevoir
un traitement bénéfique a été nommé effet placebo.
Un simple regard sur les millénaires et les siècles passés
montre que les croyances étaient une composante majeure des
actions des thérapeutes. Le mot placebo est entré dans le
vocabulaire médical beaucoup plus récemment. Son utilisation
actuelle dans le langage courant est associée à une connotation
peu valorisante de tromperie, de duperie et de suggestibilité.
Pourtant, l’effet placebo est un événement psychologique
d’importance.
Une meilleure connaissance de ce phénomène et des autres
facteurs psychologiques qui participent aux effets de tout
traitement nous a semblé nécessaire dans notre univers
excessivement centré sur les réalités biologiques. Nous
détaillerons ainsi les études psychologiques qui ont permis
d’approfondir les caractéristiques cliniques de l’effet placebo.
Les études neuroscientifiques mettent en évidence que cet effet
est associé à un fonctionnement cérébral très particulier que nous
tenterons d’expliquer. Cette analyse amène à découvrir qu’à côté
de l’effet placebo lié à l’attente, existent d’autres facteurs

psychologiques qui, à côté des actions biologiques propres des
traitements, concourent à la guérison des patients. Une revue
critique des travaux scientifiques permet de quantifier sur des
données objectives ces facteurs et en démontre l’importance. Ces
études sont, malheureusement, en nombre limité : persistent de
vastes incertitudes sur l’ampleur des facteurs psychologiques qui
sont associés à tout traitement, dans de nombreux domaines de la
pathologie. Cette analyse montre aussi que, même en ce début de
eXXI siècle, des pans entiers des thérapeutiques actuellement
disponibles ne reposent que sur des preuves scientifiques bien
ténues. Nous verrons que la place des placebos-thérapies,
pourtant largement utilisées, n’est pas suffisamment réfléchie.
L’effet associé à une annonce n’est pas toujours bénéfique. Le
phénomène inverse est appelé nocebo. Il est bien mis en évidence
par la survenue de symptômes négatifs chez certains patients
pourtant traités par placebo lors des études thérapeutiques
contrôlées. L’application – au-delà de la thérapeutique – de ce
phénomène amène à penser qu’un certain nombre de douleurs et
de mal-être chroniques peuvent être expliqués par des croyances
délétères. La pratique médicale nous a enseigné que les prendre
en compte et les rectifier représentent parfois les clés d’une
accession à la guérison.
Ces considérations sur le rôle des annonces et des attentes
dépassent le domaine de la médecine et sont applicables aux
comportements humains en général. Nous tentons de montrer,
qu’à l’évidence, nos croyances dans nos sociétés, supposées
évoluées, dictent encore nos pensées, nos comportements et notre
économie. Il est important que cela soit compris de tout un
chacun, postulant que la connaissance vaut mieux que
l’ignorance. Dans la vie quotidienne, les annonces correspondant
à nos croyances et à nos espoirs peuvent amener à des
satisfactions, voire du plaisir. La répétition de ces situations peut
être une voie d’accès à un mieux-être, à un état de l’ordre du
bonheur. En fait, nous vivons de croyances. Faut-il croire pour
être heureux ? Comment concilier cette démarche avec la
certitude que nous avons, au moins depuis Descartes, que le
doute est la raison de l’être ? Quels sont les déterminants de cette
10
propension, dont les bases sont biologiques et intellectuelles, à
anticiper ou à ne pas anticiper une attente bénéfique ?

Il n’échappera pas au lecteur que cet essai associe une
vulgarisation de connaissances incontestées et des
développements de conceptions, sinon nouvelles au moins
inhabituelles, constructives mais parfois dérangeantes. La
présentation des données expérimentales sur l’effet placebo a
pour objectif de pallier un manque cruel de connaissances sur ce
thème qui dépasse très largement le monde médical, et qui
pourtant nous concerne tous. Plus innovante est la claire
définition des différents facteurs psychologiques qui participent à
l’effet de tout traitement, et en particulier celui que nous avons
dénommé l’effet psychologique non spécifique. Cette conception
est implicitement dans l’esprit de tous, mais sa formulation et
cette simple classification permettent de progresser. Franchement
contrariante pourrait être la mise en lumière de la
méconnaissance de l’amplitude de ces facteurs psychologiques
dans certaines grandes disciplines médicales et pour certaines
pratiques thérapeutiques. Cette carence s’avère être plus liée à un
manque de recherche qu’aux contraintes méthodologiques ou
éthiques généralement avancées pour l’expliquer. Plus gênante
encore est la constatation que certaines techniques thérapeutiques
n’agissent que par des effets psychologiques ; ceci pose le
problème des placebos - thérapies, qu’elles soient effectuées par
des médecins ou par des non-médecins. Nous critiquons
franchement l’attitude officielle actuelle qui laisse en place, sans
réflexion aboutie et sans évaluation, des pratiques placebos
parfois dangereuses dans tous les domaines de la thérapeutique.
Bien que formulée déjà depuis longtemps, la présentation de
l’origine psychogène des syndromes de mal-être et de douleurs
chroniques non liés à des lésions, selon le modèle des effets
nocebos, pourra heurter nombre de praticiens et de malades ;
nous espérons simplement que de cette dialectique pourra
émerger une meilleure prise en charge de ces patients.
Enfin, nous sollicitons l’indulgence du lecteur pour le dernier
chapitre qui sort de notre domaine de compétence de médecin
clinicien-chercheur, pour entrer dans celui des interactions entre
11