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Les français sous l'occupation en 100 questions

De
336 pages
Quel est l’état d’esprit des Français au moment de l’armistice ? Comment les Allemands sont-ils accueillis
en France ? Qu’apprend-on à l’école sous Vichy ? Comment fonctionnent les tickets de rationnement ? Comment s’habille-t-on ? Comment se déplace-t-on ?
Qui sont les premiers résistants ? Combien compte-t-on de réfractaires au STO ? Qui sont les Français engagés
au service de l’ennemi ? Comment les Français vivent-ils la Libération ?En 100 questions sur la vie quotidienne des Français pendant les heures sombres de l’Occupation, on est loin des clichés et des stéréotypes de Français « collabos contre résistants ». Inspiré par la série télévisée Un village français, qui raconte le quotidien des habitants d’une petite ville du Jura, proche de la ligne de démarcation, ce livre permet de mieux comprendre ce qu’ont vécu les Français, leurs souffrances, leurs engagements, et parfois leurs revirements.
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Introduction


Les années noires ont été, pour ceux qui les ont vécues, avant tout caractérisées par la faim, la peur, l’angoisse face à un danger omniprésent. La guerre, l’occupation allemande, l’instauration d’un régime autoritaire ont bouleversé le quotidien des Français, les plaçant devant des choix difficiles.

Au sortir de la guerre, la mémoire retient d’abord, au nom de la réconciliation et de la reconstruction, favorisant aussi une vision rassurante de la période, la joie d’une Libération effaçant la honte de la défaite et de l’Occupation. La Résistance est glorifiée, le courage des Français, leurs sacrifices mais aussi leurs souffrances sont mis en avant, tandis que l’on refoule la dimension traumatique de la défaite, les soutiens massifs apportés au maréchal Pétain après son arrivée au pouvoir, les différentes formes de collaboration avec le vainqueur qui ont pu se développer au sein de la société française. Par un effet de balancier, les années 1970 ont ensuite ouvert un deuxième moment, avec le passage de la représentation d’une France souffrante et valeureuse à celle, diamétralement opposée, d’une nation soumise, lâche, passive voire coupable. Depuis les années 1990, les travaux des historiens ont proposé une approche plus nuancée, insistant sur la complexité de la période, les ambivalences de l’opinion, la grande variété des expériences selon les situations, les nombreuses zones grises existant entre les deux catégories d’engagement auxquelles on a tendance à réduire l’attitude des Français entre 1940 et 1944, la Résistance et la collaboration.

Cette complexité, qui doit empêcher d’aborder ces « années noires » de façon trop simpliste et manichéenne, le public a pu la découvrir à travers la série télévisée Un village français1, qui s’efforce de montrer combien les contraintes ont pesé sur les comportements et attitudes, débouchant à des actions et des choix parfois contradictoires mais aussi à des basculements et revirements en fonction des événements. Depuis la diffusion de la première saison en 2009, les principaux personnages de la série sont devenus familiers des téléspectateurs, qui ont pu suivre, mois après mois, de la défaite de 1940 jusqu’à la Libération, leur évolution et leur destinée dans cette période trouble. Bien que fictives, les trajectoires des personnages d’Un village français n’en sont pas moins caractéristiques d’une période où les difficultés matérielles ont constitué l’une des préoccupations premières, où ont dominé les stratégies de contournement, d’évitement et de survie, où les motivations idéologiques ont pu se mélanger avec des motivations plus individuelles, où les gestes quotidiens les plus anodins pouvaient prendre un sens particulier. C’est pourquoi il est essentiel de prendre enfin en compte la chronologie et le contexte pour donner sens aux positionnements et engagements tels que les travaux des historiens qui ont travaillé à les décrypter. De très nombreux travaux ont été réalisés ces dernières années sur ces questions, notamment grâce à l’ouverture des archives qui permettent de saisir au plus près ce qu’a été la vie des Français au cours des « années noires » : les rapports mensuels de préfets sur l’évolution de la situation dans leur département, ainsi que l’ensemble de la documentation ayant permis leur rédaction, consultable dans les Archives départementales sous la côte 4 W, mais aussi les rapports de police, de gendarmerie et des Renseignements généraux, ceux de l’administration du Contrôle technique, instituée au début de la guerre pour connaître l’état d’esprit des Français à partir de l’analyse de leur correspondance et de leurs conversations téléphoniques, qui étaient lues et écoutées par des organismes de contrôle, ceux encore des différentes institutions chargées de réprimer les infractions à caractère économique (notamment l’administration du Contrôle économique).

L’objectif de ce livre est de fournir aux lecteurs les clés nécessaires pour comprendre la vie des Français de la défaite de 1940 jusqu’à la Libération. Il s’efforce, en tenant compte de la variété des situations géographiques et des évolutions et basculements, de montrer avec précision ce qu’ont été les différentes formes d’engagement, les rapports entre l’Occupant et les occupés, gouvernants et gouvernés, sans oublier les contraintes du quotidien.


1. Jean-Pierre Azéma a été le conseiller historique de la série Un village français.

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