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Les Hiğra et les forteresses du savoir au Yémen

De
69 pages

Tout au long de la longue histoire du Yémen islamique, les savants ont trouvé en certaines localités, parfois désignées sous le nom de Hiğra, un lieu privilégié pour la transmission de leurs savoirs. Le présent texte, traduit de l'arabe, constitue l'introduction générale à la vaste encyclopédie en cinq volumes que le cadi Ismā‘īl b. ‘Alī al-Akwa‘ leur a consacrés.


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Couverture

Les Hiğra et les forteresses du savoir au Yémen

Ismā‘īl b. ‘Alī al-Akwa‘
Traducteur : Brigitte Marino
  • Éditeur : Centre français d’archéologie et de sciences sociales
  • Lieu d'édition : Sanaa
  • Année d'édition : 1996
  • Date de mise en ligne : 6 janvier 2016
  • Collection : Histoire et société de la péninsule Arabique
  • ISBN électronique : 9782909194530

OpenEdition Books

http://books.openedition.org

Édition imprimée
  • Date de publication : 1 janvier 1996
  • ISBN : 9782909194059
  • Nombre de pages : 69
 
Référence électronique

AL-AKWA‘, Ismā‘īl b. ‘Alī. Les Hiğra et les forteresses du savoir au Yémen. Nouvelle édition [en ligne]. Sanaa : Centre français d’archéologie et de sciences sociales, 1996 (généré le 08 janvier 2016). Disponible sur Internet : <http://books.openedition.org/cefas/1031>. ISBN : 9782909194530.

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© Centre français d’archéologie et de sciences sociales, 1996

Conditions d’utilisation :
http://www.openedition.org/6540

Tout au long de la longue histoire du Yémen islamique, les savants ont trouvé en certaines localités, parfois désignées sous le nom de Hiğra, un lieu privilégié pour la transmission de leurs savoirs. Le présent texte, traduit de l'arabe, constitue l'introduction générale à la vaste encyclopédie en cinq volumes que le cadi Ismā‘īl b. ‘Alī al-Akwa‘ leur a consacrés.

During the long history of Islamic Yemen, scholars have found in certain places, sometimes called Hiğra, a favorable environment  for teaching and learning. This book, translated from arabic, is the general introduction to the five-volumes encyclopaedia that has been devoted to theses "refuges of learning" by the late Yemeni scholar Cadi Ismā‘īl b. ‘Alī al-Akwa‘.

Ismā‘īl b. ‘Alī al-Akwa‘

Ismā‘īl b. ‘Alī al-Akwa‘ (1920-2008) a été directeur de l'Organisation générale des Antiquités et des musées du Yémen, et l'auteur de nombreux ouvrages consacrés à l'histoire du pays.

Sommaire
  1. Avant-propos

    Franck Mermier
  2. Introduction

    1. Forteresses du savoir (ma‘āqil al‑‘ilm)
    2. Hiğra
    3. Les moyens de subsistance des savants et des gens en quête de savoir
    4. Conventions de tahğīr (qawā‘id al‑tahğīr)
  3. Exemples de conventions fondatrices de hiğra (qawā‘id al-tahğīr)

    1. Première qā‘ida
    2. Deuxième qā‘ida
    3. Troisième qā‘ida
    4. Quatrième qā‘ida
    5. Cinquième qā‘ida
    6. Sixième qā‘ida
  4. L’apparition des hiğra au Yémen

    1. 1 ‑ Divergence entre la croyance du gouverneur et celle des gouvernés
    2. 2 ‑ La révolte contre l’oppresseur
    3. 3 ‑ La contestation du pouvoir de l’imam
    1. 4 ‑ La destitution de l’imam
    2. 5 ‑ Insécurité dans les villes
    3. 6 ‑ Diffusion de la conscience religieuse
    4. 7 ‑ L’isolement et la dévotion
  1. Les causes de la disparition des hiğra

  2. Les forteresses du savoir

  3. Conclusion

  4. Bibliographie

Avant-propos

Franck Mermier

1Ismā‘īl b. ‘Alī al‑Akwa‘ est né à Ḏamār le 1er mars 1920. Appartenant à une grande famille de lettrés, il reçut dans cette ville une éducation traditionnelle axée sur les sciences religieuses. Opposant au régime de l’imamat, il fut emprisonné sous les règnes de l’imam Yaḥyā (décédé en 1948) et de son fils, l’imam Aḥmad (décédé en 1962). Il séjourna en Égypte de 1954 à 1957 où il continua ses activités politiques à côté de Muḥammad al‑Zubayrī, chantre et martyre le plus célèbre de la Révolution yéménite. Il résida ensuite à Damas jusqu’en 1959. De retour au pays en 1960, l’imam Aḥmad le chargea d’ouvrir la représentation diplomatique du Yémen à Moscou. Après l’instauration du régime républicain, en 1962, il fut nommé vice‑ministre des Affaires étrangères mais les vicissitudes de la vie politique le contraignirent à retourner en Égypte de 1965 à 1967. Revenu au Yémen, il fit un bref passage au poste de ministre de l’Information (1968) et décida de rompre avec la vie politique et de se consacrer à la défense du patrimoine de son pays. En mars 1969, il fonda l’Organisation générale des Antiquités et des Bibliothèques dont il fut le président jusqu’en 1990.

2Ismā‘īl b. ‘Alī al‑Akwa‘ est aussi un historien réputé spécialisé dans la période islamique. Ses ouvrages constituent une source essentielle pour la connaissance du dogme et du pouvoir zaydites et de ses institutions d’enseignement. Sa dernière publication en cinq volumes Hiğar al‑‘ilm wa-ma‘āqilu‑hu fī al‑Yaman1, fruit d’une recherche de plus d’un quart de siècle, rassemble l’ensemble des données disponibles dans les sources arabes sur les hiğra et sur d’autres lieux d’enseignement religieux du Yémen. Si l’institution de la hiğra avait déjà fait l’objet de plusieurs études en langues européennes2, elle n’avait pas encore donné lieu à des recherches systématiques de la part des chercheurs yéménites. C’est maintenant chose faite avec l’ouvrage d’Ismā‘īl b. ‘Alī al‑Akwa‘, héritier de cette tradition savante, qui perpétue ainsi la mémoire de ces sanctuaires du savoir. L’introduction à cette étude qui s’apparente à une véritable encyclopédie, avait été publiée antérieurement3. Elle est aujourd’hui disponible en français grâce à la traduction fidèle et érudite de Brigitte Marino qui a réussi à résoudre avec brio les problèmes posés par les tournures dialectales des règlements de hiğra. Qu’elle en soit ici très chaleureusement remerciée.

Notes

1 Al‑Akwa‘, Ismā‘īl b. ‘Alī, Hiğar al‑‘ilm wa-ma‘āqilu‑hu fī‑l‑Yaman, Damas, Dār al‑fikr ; Beyrouth, Dār al‑fikr al‑mu‘āṣir, 1995.

2 Sur l’institution de la hiğra, voir entre autres : Albergoni, Gianni et Bedoucha, Geneviève, « Hiérarchie, médiation et tribalisme en Arabie du Sud : la hijra yéménite », L’Homme, n° 118, avril‑juin 1991, XXXI (2), p. 7‑36. Dresch, Paul, Tribes, Government and History in Yemen, Oxford, Clarendon Press, 1989. Gochenour, Thomas, « Towards a sociology of islamisation of Yemen », dans B. R. Pridham (éd.), Contemporary Yemen: Politics and Historical Background, Londres, Groom Helm, 1984, p. 1‑19. Gochenour, Thomas, The Penetration of Zaydi Islam into Early Medieval Yemen, Ph.D., Harvard University, 1984. Madelung, W. F., « The Origins of The Yemenite Hijra », dans Arabicus Felix‑Luminosus Britannicus: Essays in honour of A. F. L. Beeston on his eightieth birthday, Oxford, Ithaca Press (Oxford Oriental Institute Monographs; II), 1991, p. 25‑44. Puin, Gerd, « The Yemenite Hijrah Concept of Tribal Protection », dans Tarif Khalidi (éd.), Land Reform and Social Transformation in the Middle East, Beyrouth, American University, 1984, p. 483‑494. Serjeant, Robert B., « Ṣan‘ā’ the "Protected" hijrah », dans Robert B. Serjeant and Ronald Lewcock (éds), Ṣan‘ā’, an Arabian Islamic City, Londres, The World of Islam Festival Trust, 1983, p. 39‑43. Weir, Shelagh, « Tribe, hijrah and madinah in North‑West Yemen », dans Kenneth Brown, Michèle Jolé, Peter Sluglett and Sami Zubaida (éds), Middle Eastern Cities in Comparative perspective. Points de vue sur les villes du Maghreb et du Machrek, Londres, Ithaca Press, 1986, p. 225‑239.

3 Al‑Akwa‘, Ismā‘īl b. ‘Alī, Al‑madḫal ilā ma‘rifat hiğar al‑‘ilm wa-ma‘āqili‑hi fī al‑Yaman, Damas, Dār al‑fikr ; Beyrouth, Dār al‑fikr al‑mu‘āṣir, 1995.

Auteur
Franck Mermier

Directeur du Centre français d'études yéménites entre 1991 et 1997.

Introduction

1Le Yémen se singularise, à l’époque musulmane, par l’apparition des hiğra et des forteresses du savoir. Ces institutions ont eu, sans discontinuer, une grande influence sur la pérennité et l’épanouissement des sciences et des connaissances au Yémen car elles étaient éloignées des lieux de contestation du pouvoir. Les villes, quant à elles, étaient, de temps à autre, pillées et détruites par les invasions armées et les attaques tribales ; leurs établissements scientifiques et leurs écoles subissaient ainsi de nombreuses épreuves qui paralysaient leur dynamisme et interrompaient leurs activités.

Yémen

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2Dans une certaine mesure, les hiğra constituent un phénomène étrange. Dès leur création, elles se distinguaient par des spécificités qui demeuraient par la suite, même si leur caractère scientifique s’estompait ou si elles se transformaient en villages inhabités. Ces particularités n’étaient pas celles de n’importe quelle institution ou centre de diffusion de la culture et de l’enseignement dans le monde musulman et il ne semble pas qu’une autre région musulmane ait bénéficié, comme le Yémen, de la présence de hiğra ou d’institutions semblables ou similaires, quel que soit le nom qu’on leur donne.

3Dans le nord du Yémen, les tribus insoumises se chargeaient de la protection des hiğra et de leurs habitants – savants, hommes de mérite et gens en quête de savoir. Ainsi, elles étaient épargnées par ce qui se produisait dans d’autres villages ou d’autres lieux habités par une population ordinaire. Ceci en faisait de véritables forteresses et elles devenaient des lieux protégés où régnait la sécurité. Les soldats de l’État n’y pénétraient pas, on y respectait les choses sacrées et personne n’y menaçait personne. Si parfois cela se produisait, la punition y était quatre fois plus sévère qu’ailleurs afin de dissuader celui qui songeait à salir leur caractère sacré en commettant une faute, petite ou grande.

4On ne demandait ni aux habitants des hiğra de participer, avec les hommes des tribus, aux charges financières, ni à leurs jeunes hommes de participer aux activités militaires. Et il en était ainsi pour toute chose imposée aux tribus. Si la situation l’exigeait, et que les habitants des hiğra étaient tenus par une obligation envers l’État, les tribus s’en chargeaient à leur place par bonté, par vénération pour les savants et considération pour leur position sociale, car ils étaient les héritiers des prophètes1 et bénéficiaient du respect des gens où qu’ils soient et où qu’ils aillent.

5Les tribus souhaitaient vivement conserver les savants parmi eux ; elles supportaient donc l’entretien des habitants des hiğra, de leurs parents et de leurs proches, et de toute personne en quête de savoir en provenance d’autres régions. Comme nous le détaillerons plus loin, l’impôt religieux (zakāt)des villages voisins ou proches de leur hiğra leur était consacré : on prenait ce dont on avait besoin et l’on attribuait le reste, selon les règles de cet impôt, aux ayants droit afin que ceux‑ci puissent se consacrer à leurs propres activités, notamment l’enseignement, la prononciation de décrets religieux (fatwā)et la rédaction d’ouvrages, ainsi que la résolution des différends tribaux et le partage des héritages. Aucun problème matériel ne les préoccupait et aucun souci ne les troublait.

6L’institution de ces garanties pour les hiğra est sans doute née de la nécessité de protéger le savant qui se rendait dans les régions des tribus insoumises avec l’ambition de revendiquer l’imamat. Celui‑ci avait en effet besoin d’un protecteur et d’un défenseur face aux attaques du gouverneur en place. Ainsi, la tribu parmi laquelle il s’installait était obligée d’accorder le statut de hiğra (tahğīr)à sa personne, à sa maison et à tout individu qui, parmi ses disciples et ses assistants, l’accompagnait ou le rejoignait. Ceci devait être annoncé publiquement afin que les présents informent les absents et que la route soit coupée devant les mal intentionnés. Il pouvait ainsi vivre dans la sécurité et la stabilité jusqu’au moment de sa victoire ou de son échec.

7Malgré les spécificités qui les caractérisent – depuis leur apparition jusqu’à une époque récente que nous avons connue – les hiğra n’ont pas donné lieu aux études qu’elles méritent sur le contexte de leur création, les raisons de leur institution et la définition de leurs fonctions, études permettant de les appréhender comme un phénomène social singulier dans l’histoire politique et culturelle du Yémen. Elles n’ont en fait suscité l’intérêt d’aucun chercheur yéménite. À travers mes nombreuses visites dans différentes régions du Yémen, j’ai remarqué que de nombreux villages portaient le nom de Hiğrat… ; ceci m’a poussé à étudier les raisons de leur création et les facteurs de leur développement. Sans quoi elles seraient restées dans l’ombre. Leur quantité a attiré mon attention et suscité mon intérêt, et j’ai commencé à rechercher, il y a près de vingt ans, les conditions de leur apparition au Yémen et la raison de leur dénomination à travers les mentions qui en sont faites dans les sources sur l’histoire du Yémen et dans les dictionnaires biographiques de ses savants, manuscrits et imprimés. J’ai ainsi trouvé de nombreuses mentions de hiğra dans les chroniques (un tel a habité dans telle hiğra, tel imam a lancé son appel de telle hiğra), dans les biographies de nombreux savants zaydites (un tel est né dans telle hiğra, y a habité, y a séjourné un certain temps, y a vécu la fin de sa vie ou y est mort) et dans la biographie de certains savants (un tel a étudié ou enseigné dans telle hiğra). Tout ceci m’a poussé à rechercher plus d’informations à leur sujet.

8J’ai consigné les données concernant les hiğra dans mon ouvrage Hiğar al‑‘ilm wa-ma‘āqilu‑hu fī‑l‑Yaman en mentionnant la localisation des hiğra, leur situation par rapport aux villes célèbres, la distance qui les en sépare, leur état présent et passé, leur fondateur s’il est connu, les jurisconsultes, les savants et les chefs qui y sont liés, les personnes qui y ont étudié ou enseigné, qui y ont habité ou vécu, et qui y ont séjourné pour une courte période. J’ai établi leur biographie, indiqué leur date de naissance et de mort, évoqué leurs activités et mentionné leurs ouvrages s’ils en ont composé. Dans la présentation de la hiğra, j’ai par ailleurs évoqué le type de tahğīr. Il existe ainsi des hiğra pour lesquelles le tahğīr concerne à la fois les habitants, les terres cultivées et les pâturages sur l’ensemble d’un territoire ; elles sont appelées hiğra muhağğara et ce sont les moins nombreuses. Pour d’autres, le tahğīr concerne seulement les habitants ; ce sont les plus nombreuses. On trouve enfin des hiğra sans tahğīr et qui, malgré cela, sont dénommées Hiğrat…

9J’ai également établi une distinction entre les hiğra qui existent toujours et celles qui sont en ruine. Certaines d’entre elles, qui ont disparu et dont on ignore la localisation, sont tombées dans l’oubli. D’autres, pour lesquelles le tahğīr est révolu, sont devenues de simples villages et ne jouissent plus de la protection des tribus car elles ont perdu leur fonction d’enseignement, soit en raison de la mort de leurs savants, soit en raison du départ de ceux‑ci vers d’autres lieux. Mais cette évolution est sans doute aussi liée à d’autres causes qui nous sont inconnues. J’ai par ailleurs mentionné les savants vivant encore dans quelques hiğra, ceux qui enseignent toujours – même si cela est rare – et j’ai établi leur biographie.

Forteresses du savoir (ma‘āqil al‑‘ilm)

10Je ne me suis pas seulement intéressé aux hiğra liées à l’école zaydite mais à celles de toutes les régions du Yémen. Dans les sources sur l’histoire du Yémen et les dictionnaires biographiques de ses savants, j’ai trouvé des descriptions de nombreux villages dispersés dans les plaines, les montagnes et les vallées. C’étaient des forteresses du savoir qui jouèrent un rôle important dans l’épanouissement de la vie intellectuelle et la formation de nombreux grands savants chaféites2 : à l’époque rassoulide, ceux‑ci œuvrèrent pour la diffusion et l’enseignement du savoir et laissèrent sous leur plume, au Yémen, une richesse impressionnante dans toutes les sciences islamiques comme le fiqh, les farā‘iḍ, le ḥadīṯ, le tafsīr, les uṣūl, les ma‘ānī et le bayān. Leurs ouvrages se répandirent dans le monde musulman et les historiens de ces contrées les mentionnèrent dans les dictionnaires biographiques consacrés à leurs savants en établissant leur louange.

11Les forteresses du savoir se trouvent dans toutes les circonscriptions administratives du Yémen – miḫlāf, ‘uzla, mi‘šār 3 mais je n’ai mentionné que les plus célèbres d’entre elles et celles qui sont le plus fréquemment évoquées dans les livres d’histoire et les dictionnaires biographiques, celles qui abritaient de nombreux savants et personnes en quête de savoir. Les habitants de toutes ces régions, plus que les autres, s’intéressaient – et s’intéressent toujours – au savoir et à la religion et ce, en vertu des propos du Prophète :

« Si Dieu veut du bien à quelqu’un, il lui enseigne la religion »

ou encore :

« La quête du savoir est une obligation pour tout musulman ».

12Pour cela, les forteresses du savoir s’y sont largement répandu et je leur ai consacré la place et le rang qu’elles méritent dans mon ouvrage Hiğar al‑‘ilm wa-ma‘āqilu‑hu fī‑l‑Yaman.

13Les moyens de subsistance des savants et des personnes en quête de savoir leur étaient assurés par les revenus des nombreux waqf que constituaient les gens pieux afin d’obtenir la récompense de Dieu.

14Comme je l’ai fait pour les hiğra, je les ai décrites et j’ai indiqué leur localisation par rapport aux villes proches les plus célèbres en précisant la distance qui les en sépare. J’ai établi une distinction entre celles qui existent toujours et celles qui ont disparu, et j’ai mentionné les personnes qui y sont rattachées, y ont étudié ou leur sont liées de quelque manière que ce soit. J’ai établi la biographie de leurs savants, mis en valeur leurs activités les plus importantes et mentionné leurs ouvrages. J’y ai ajouté les villages propres aux représentants de l’école hanafite de la région de Zabīd et d’ailleurs.

15Mais je ne me suis pas contenté de décrire les hiğra et les forteresses du savoir d’après ce que j’ai lu ou entendu à leur sujet : j’ai visité plusieurs d’entre elles et je les ai photographiées afin d’illustrer mon ouvrage.

16Pour la citation des textes relatifs au tahğīr et l’explication de certains termes techniques qui y sont mentionnés, je suis redevable au cheikh ‘Abd Allāh b. Ḥusayn al‑Aḥmar, cheikh suprême des Ḥāšid, qui m’a procuré certains de ces textes, ainsi qu’au ‘amīd ‘Abd Allāh b. Nāğī, un des membres les plus importants de la tribu des Ḏū Muḥammad, qui m’a permis d’accéder à de nombreuses informations...