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Les images en sophrologie

211 pages
Les différentes techniques de relaxation, qui composent la pratique de la Sophrologie, ont pour principal intérêt d'ouvrir l'accès à un imaginaire, que nous avons progressivement désappris. L'image représente ce que le psychisme humain comporte de plus complexe et de plus prometteur, à la jonction entre le corps et l'esprit. Cet ouvrage montre que les progrès de la Sophrologie lui viennent de son travail avec les images, leurs significations et leurs métamorphoses, à la recherche d'un pouvoir dont nous sommes loin aujourd'hui d'avoir fait le tour.
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LES IMAGES EN SOPHROLOGIE
Du corps propre au fantasll1e

@L'Hannatlan,2004 ISBN: 2-7475-7648-5 EAN:9782747576482

XXXVIIèmeCongrès de la Société Française de Sophrologie

LES IMAGES EN SOPHROLOGIE
Du corps propre au fantasIne

Michèle

sous la direction de Declerck et Alain Donnars

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris FRANCE

Harmattan Konyvesbolt 1053 Budapest, Kossuth L. u. 14-16 HONGRIE

L'Harmattan Italla Via Degli Artisti 15 10214 Torino ITALIE

SYNTHESE DU CONGRÈS

Michèle Declerck Le congrès est ouvert par Alain Donnars, Président de la Société Française de Sophrologie qui insiste d'emblée sur la richesse et la complexité du sujet retenu pour ce 37ème congrès, s'agissant des images en sophrologie. 4 thèmes avaient été successivement proposés aux participants, correspondant chacun à une demi-journée. « Présence du corps vécu à travers les différentes techniques» « Le pouvoir moteur des images» « L'image entre symbolique et imaginaire» « Images, direction de sens, fantasmes» soit une gradation qui a été scrupuleusement respectée par les intervenants et que nous nous efforcerons de restituer dans cette synthèse. 1) Présence du corps vécu à travers les différentes techniques Première à intervenir, Agnès Cayrouse traite précisément du corps dans sa réalité vécue, nous exposant comment, au cours d'une séance de relaxation dynamique on accède d'abord à la découverte puis à la conquête de la corporalité, via le schéma corporel, pour aboutir à ce qu'elle a appelé une expérience de la globalité de l'être libéré de ses a Pliori. Odile Dorkel qui se présente comme onirothérapeute dans la ligne d'André Virel entreprend de nous montrer comment l'imaginaire représente un aspect central de l'être, dans la mesure où il constitue le fondement même, nous dit-elle, de notre présence au monde. Elle insiste par ailleurs sur le fait que l'image, dans sa fonction poétique ou poiétique, n'est jamais achevée. Michèle Declerck s'intéresse au corps de l'hypocondriaque, cherchant à expliquer pourquoi, contrairement à ce que nous pouvions attendre, l'hypocondrie, qui se trouve à la jonction du

corps et de l'esprit se révèle particulièrement rebelle à nos techniques de médiation corporelle: c'est que le corps de l'hypocondriaque est un corps introuvable, qu'il est un corps sans images, et que par conséquent, la seule issue consiste à psychiser le symptôme, à condition, ajoute-t-elle, que l'hypocondriaque veuille bien renoncer à son refus de guérir. Mariama Guillard, à partir du cas d'une malade cancéreuse qu'elle a accompagnée en phase terminale, évoque un travail très intéressant de sophromnésie où nous voyons la malade s'enfoncer en quelque sorte dans une mare de goudron, mare de goudron qui se trouve liée à la perspective d'une chimiothérapie palliative, qu'elle ad' ailleurs assez mal acceptée, acceptée uniquement, comme elle l'a exprimé, par hypocrisie envers l'entourage. La mare de goudron va se trouver balayée progressivement par les vagues d'une enfance bretonne, avec la sensation de l'eau de mer sur le corps, tandis que la patiente devient de plus en plus claire dans sa décision de refuser cette chimiothérapie qui ne servait, selon elle, à rien. Cet exemple déjà très intéressant sur le plan sophrologique, a permis par ailleurs à Mariama Guillard, et cela aussi, est apparu très important, d'insister sur le besoin d'information des malades et leur droit de participer à la décision qui les concerne. 2) Le pouvoir moteur des images Sous un titre très évocateur, « lmagin' Action », Claudine Denner, se sert de son expérience en formation professionnelle pour mettre en évidence, à partir de cas vécus, le rôle médiateur de ces 3 vecteurs d'images que sont la sophrologie, les contes et l'art-thérapie, dans la mesure où ils contribuent à une recentration sur l'unité corporelle, qui apparaît elle-même comme la condition nécessaire et essentielle à la réinsertion sociale. Bénédicte de Montenay définit la force motrice des images comme des impulsions d'actes pour nous montrer, dans un exposé particulièrement riche d'exemples, comment les techniques de la sophrologie mobilisent ces images-ressources, qu'il s'agisse de l'approche sophro-onirique, à travers un travail de visualisation et de réactivation, de la sophroanamnèse dans sa capacité de faire éclater les traumas enkystés, de la sophro-acceptation progressive ou des méthodes d'activation sophroniques.
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Claude Camilli s'intéresse aux images du rêve, sous un angle tout à fait personnel, qui laisse place à la polysémie de l'interprétation: il refuse de se laisser enfermer dans une interprétation freudienne, jungienne, ou adlérienne, considérant que toutes les interprétations du rêve sont valables, qu'on s'attache à explorer le contenu manifeste ou ce qu'il en reste, que l'on considère que le rêve révèle une problématique survenue dans la vie du patient, lui laissant le loisir d'en choisir l'issue ou que l'on se réfère à la définition freudienne, selon laquelle tout rêve est conçu comme l'expression d'un désir inconscient. Quelle que soit l'option retenue, il faut se rappeler et Claude Camilli reprend ici une phrase de Roland Cahen, que l'inconscient, donc le produit de nos rêves, « est la moitié du monde ».

Claude Chatillon aborde « l'emprise de l'image» sous un nouveau jour intéressant: alors qu'on nous avait plutôt accoutumés à voir l'image comme quelque chose de positif, quelque chose qui nous aidait à y voir clair et à progresser, elle nous avertit qu'on peut être prisonnier de ses images et que cet emprisonnement peut être à l'origine d'une pathologie. Il peut s'agir d'une image fascinante, et elle nous donne l'exemple de cette poupée qui était si belle, telle que le patient l'avait conçue dans son enfance, qu'elle rendait toutes les autres femmes y compris sa mère et sa sœur et grosses et laides et répugnantes. Ou bien il peut s'agir d'une image effrayante et elle cite le cas de cette patiente qui voyait un bout de bois minéralisé à l'intérieur de son corps, et qui allait terriblement en souffrir, même si ce bout de bois n'était qu'une image. Il faudra tout un travail qu'elle appelle d'imagination active, qu'elle décrit, pour faire bouger l'image, au point que les patients s'étonnent "Mais c'est très étonnant, ces images qui bougent." Tout se passe comme si, en faisant bouger les images, on rendait sa fluidité au psychisme.
La table ronde organisée autour du dernier livre de François Roustang « Il suffit d'un geste» se présente dans sa 1repartie comme une interview à 3 voix où François Roustang ne semble pas franchement à l'aise entre celle qui tient le rôle de l'ange blond, Véronique Rousseau, et le diable noir joué par Benoît Fouché qui, de façon provocatrice, mais tout à fait pertinente, démonte ce qui lui semble être les faiblesses de l'ouvrage. .. à ce point d'ailleurs qu'avec franchise

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et une grande amabilité, l'auteur finit par reconnaître qu'il a écrit son livre « beaucoup pour lui», et que finalement, les pratiques qu'il y énonce et dont il s'inspire ne sont peut-être pas transposables à d'autres que lui-même. Il reste que cette table ronde devient ensuite le prétexte d'échanges animés avec la salle sur des sujets aussi importants que la place du transfert et du contre transfert, l'intentionnalité du thérapeute, le rôle des concepts et la place du silence en thérapie. 3) L'image entre symbolique et imaginaire thème fournit à Claudine Terk-Chalanset l'occasion d'opérer Ce 3èrnc en quelque sorte un retour à Lacan, dont elle évoque les concepts fondamentaux, avant de s'arrêter plus précisément sur le stade du miroir, appelant notre attention sur le fait que ce stade que traverse traditionnellement l'enfant aux environs de onze mois, se trouve répété à plusieurs époques de la vie, à l'adolescence, chez l'adulte en difficulté, mais surtout dans la thérapie. On le rencontre prioritairement en psychanalyse, l'analyste prenant la place de l'Idéal du Moi, place dont il doit déchoir si on veut que l'analyse se termine un jour, afin de ne pas tomber pas dans le piège de « l'egopsychologie ». Ce stade du miroir est présent aussi en sophrologie, mais d'une façon différente de la psychanalyse, la différence essentielle tenant à ce que la sophrologie s'appuie sur la notion de contrat, qui instaure la relation dans un temps et sur un mode différent de la relation psychanalytique. Un jeu de miroir intervient entre le patient à la recherche de lui-même et le regard bienveillant du sophrologue, le thérapeute prenant ici une fonction matemante, qui rejoindrait le rôle de la mère au stade du miroir dont on sait, comme le précise Françoise Dolto, qu'il est nécessaire à la construction de l'image du corps. Danièle Raynal, dans une perspective beaucoup plus caycedienne, après avoir invité la salle à une relaxation dynamique du second degré, rappelle qu'en sophrologie, peuvent surgir plusieurs sortes d'images, en fonction des degrés de relaxation dynamique..., le 1er degré, s'accompagnant de « flashs », puisqu'on reste à un niveau d très sensoriel, le 2èrneegré s'enrichissant de ce qu'elle a appelé les

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traces mnésiques jusqu'à nous donner l'intuition de ce que pourrait degré ajoutant de nouvelles images être « la chair du monde », le 3ème sensorielles aux images déjà acquises, et permettant dès lors une vivance beaucoup plus totale, qui n'est pas faite pour donner une image du corps en tant que telle, mais pour permettre la mise en place de la réduction phénoménologique. Et à ce propos, Danièle Raynal nous incite à faire la différence entre le Dasein propre, pour la vie, et le Dasein impropre, pour la mort, suggérant que les fantasmes en tant que mémoire émotionnelle du passé peuvent nous aider à trouver le chemin de notre Dasein propre. Marc- Alain Descamps, après une revue historique des grandes étapes de la psychologie du corps, entend nous prouver que nous sommes totalement tributaires des fantasmes collectifs en ce qui concerne le cotps, le vêtement, les parties du corps qu'il faut montrer ou cacher pour déboucher sur l'idée que, derrière cette dichotomie, il yale drame de l'Occident, soit le drame du manichéisme, évoquant à ce propos sans nommer personne l'axe du Mal versus l'axe du Bien. Il présente à l'appui de sa thèse une série de diapositives destinées à illustrer les fantasmes les plus communs sur le corps: fantasme de l'oie, de la morue, de l'échassier, et d'autres encore où chacun pourrait plus ou moins se reconnaître, même s'il s'agit de fantasmes collectifs. Elisabeth Leblanc décrit un travail très original sur l'image en relaxothérapie, qui met en scène cette fois non seulement l'image, mais le dessin. Elle explique comment, après une séance de relaxothérapie, elle invite les participants à dessiner ce qui leur vient avant toute verbalisation, étant entendu que ce qu'ils vont dessiner ne sera pas nécessairement leur image du corps, mais une projection d'euxmêmes dans cette fin de relaxation. Elle insiste sur le fait qu'il ne s'agit pas d'artthérapie, qu'il n'est pas besoin de savoir dessiner pour se livrer à cette pratique, mais que la méthode, compte tenu des commentaires qu'elle appelle des participants, à partir de leur dessin et au-delà de leur dessin, se révèle extrêmement enrichissante sur le plan de l'analyse, précisant même que ce sont souvent les ratés du dessin qui sont pour elle significatifs, puisqu'ils laissent passer quelque chose du sujet au-delà de la censure.
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Norbert Chatillon choisit de traiter de la dialectique de l'image à travers les 4 fonctions selon Jung: la fonction-sensation, la fonction-pensée, la fonction-sentiment, la fonction-intuition, parmi lesquelles on remarque que la pensée n'est qu'une fonction parmi d'autres, ce qui remet la rationalité en quelque sorte à sa juste place. La même démonstration s'applique au maniement des concepts - il y a une savoureuse anecdote de Desproges sur Duras, aux lapsus: « ouvrir des portes enfoncées» au lieu d'enfoncer des portes ouvertes », aux traumatismes, si ce n'est que sous l'effet de la panique, l'une des fonctions peut faire défaut, comme en témoigne le souvenir d'un mitraillage en Angola. L'exemple le plus saisissant et le plus émouvant concerne cette histoire de coquelicot, où nous voyons comment l'enfant qui cueillait un coquelicot pour le rapporter à sa mère et qui s'apercevait, au moment d'offrir le coquelicot, que le coquelicot avait fané, pouvait en voir changer à la fois la vision qu'il avait du coquelicot, la vision qu'il avait de sa mère, la vision qu'il avait de lui-même, et la vision qu'il avait du monde. 4) Images, directions de sens, fantasmes Gérard Thouraille inaugure ce thème avec sa communication « Image du corps et corps de l'image », insistant sur le fait qu'on ne saurait séparer l'être et l'apparence, qu'il faut qu'il y ait de l'être pour qu'il y ait de l'apparence, et de l'apparence pour qu'il y ait de l'être-ce qui l'a amené à une réflexion sur l'image du corps, qui le fait s'insurger contre cette façon que nous avons de distinguer le corps et son image, car, dit-il, à la racine de la corporalité, il y a l'image, et à la racine de l'image, il y la corporalité, elles sont directement et étroitement enchevêtrées. Alain Donnars s'intéresse aux directions de sens en imagerie mentale, pour nous faire remarquer que les directions de sens, qui sont un concept lié à la phénoménologie, peuvent aussi s'interpréter à la lumière de l'imagerie mentale, et qu'à cette occasion, il devient possible d'établir un rapprochement entre des explications qui relèvent de la neuro-physiologie et des interprétations qui regardent la sophrologie.

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Anne Van Eiszner pose une question déroutante: Y a-t-il enfin un corps dans la chair? C'est une façon d'introduire une recherche tout à fait originale qui relève plus de ce qu'elle nomme la neuro-végétothérapie que de la sophrologie, mais dans lequel nous pouvons nous retrouver, où elle nous démontre comment, en partant de sensations, et en partant de sensations sur des points très particuliers du corps, les yeux, la bouche, les épaules, le dos, on parvient à déclencher des manifestations neuro-végétatives, qui elles-mêmes donnent accès des images, voire à des souvenirs extrêmement anciens. Dans le cas qu'elle expose, d'un patient qu'elle appelle Marc, elle a pu remonter jusqu'à la naissance, et même en deçà de la naissance aux conditions mêmes de sa naissance, dont il semble bien qu'elles aient quelque chose à voir avec les tourments futurs de Marc et en particulier avec son impuissance. Enfin, Philippe Court-Payen, après être revenu sur un thème qui lui tient à cœur, « la loi des 5 éléments », développe le sujet qu'il a plus particulièrement choisi pour le congrès, à savoir l'irruption de l'image mentale, et la manière dont cette irruption peut jouer un rôle décisif dans la compréhension du patient. Il raconte avec bonheur des histoires vécues au cours de sa longue expérience de médecin et de thérapeute, dont il résulte qu'il n'y a pas la pensée d'un côté, et le corps de l'autre. La conclusion se veut tonique: "Nous sonl1nes faits pour vivre, et non pas pour penser". Et de nous inviter à nous pencher sur un monde dont les concepts nous échappent et qui est le monde de notre pratique.

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PRESENCE DU CORPS VECU A TRAVERS LES DIFFERENTES TECHNIQUES

LE CORPS, REALITE VECUE EN SOPHROLOGIE

Agnès Cayrouse
Rappel: la 1ère découverte de notre être passe par le corps. .. et les 5 sens.

Souvent dans notre fonction de « Sophrologue cette phrase:

» nous entendons

"Je suis n'LaI ans n'La d peau" ou "Je suis n'LaI ans n'Loncorps". d Alors au-delà des mots, de la terminologie, de la sémantique et des acteurs que nous sommes tous en thérapie, je vais essayer de partager avec vous ce que je ressens du corps, réalité vécue en sophrologie, avec mon expérience dans ce domaine. Ainsi, dès le début, les pratiques de relaxation dynamique vont permettre d'aborder le processus de transformation de l'être en partant du corps biologique pour cheminer vers le schéma corporel (et ses images) puis la corporalité (projection du corps dans la conscience) jusqu'au moi corporel et enfin au moi présentiel. Nous pourrons redéfinir ensemble ces termes connus mais parfois chargés de sens différents. La sophronisation ou état sophronique en relâchant le corps va laisser remonter à la conscience les images positives qui vont renforcer l'énergie des cellules. La conscience phronique se recentre et s'oriente aussi vers le corps, créant la notion de corporalité = "Le corps dans la conscience, la conscience dans le corps". La redécouverte de la force de notre souffle, de notre énergie invite au rassemblement du corps et de l'esprit. Toutes les techniques commencent par la prise de conscience de l'action de respirer et de ses effets sur le corps.

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Dans le processus herméneutique va s'opérer le dévoilement de l'être dans sa globalité qui passe tout d'abord par le corps et c'est là que se trouve sa réalité. Pour aborder la nuance: schéma corporel et corporalité, voici un exemple: Une photo de nous il y a quelques années, 2 remarques ou constats: 1) Conscience que le corps que je vois est le mien mais il a pu changer de forme, d'aspect avec le temps (notion de schéma corporel) . 2) Conscience que c'est toujours mon être, son essence, indépendamment du temps (notion de corporalité). La valeur est portée sur les images (les phénomènes) mais aussi sur le corps vivant... Nous sommes peut-être dans cette projection du corps dans la conscience. .. N'est-ce pas là l'idée de la réalité du corps vécu? 1) Le schéma corporel C'est la représentation que chacun se fait de son corps incluant le contenu physiologique auquel nous pouvons rajouter l'affect, l'émotion, les facteurs sociaux, le corps sexué, les jugements, les valeurs. En sophrologie, à cette représentation nous allons rajouter le sentiment que l'on a de son corps. Le corps véhicule aussi notre vie et notre histoire. Le vécu au niveau sophroliminal nous permet de vivre cette représentation pour peu à peu transiter vers l'étape de conquête de notre corporalité. Pour les pratiquants de la méthodologie, il s'agit très souvent d'une redécouverte stupéfiante du corps, de ses représentations et de ses images qui apparaissent très nettement au moment des pauses d'intégration ou « silences ».
Le schéma corporel est également le corps que l'on sent et ressent. Il est vivant et davantage présent avec la conscience claire de

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l'énergie vécue dans l'instant. C'est donc le début de la présence à soi-même. C'est au moment du vécu sophroliminal, pendant les séances, que va se rajouter peu à peu le sentiment que l'on a de son corps. Ce qui fait dire aux participants, lors de la phéno-description, parfois dès la 1re séance, et c'est très fort, je crois: "j'ai pris conscience de mon corps" ou "j'ai vu, senti n10ncorps comme ceci ou cela". 2) La corporalité La transformationprogressive transite du corps « anatomique» au début des pratiques, vers le schéma corporel puis vers la corporalité et ensuite vers le moi corporel en interaction avec l'univers. Tout passe par le corps qui est construit et programmé de façon parfaite ou presque. Il est le vase récepteur de notre conscience et de l'amour de nous-même, c'est pour cette raison que nous l'appelons corporalité.

Le suffIXe« ité » signifiant projection et intentionnalité vers... Ici
corps vers la conscience. Après la découverte du schéma corporel, la répétition des exercices, au cours des entraînements, de façon très pragmatique, va permettre de vivre sa réalité corporelle puis de conquérir sa corporalité

= processus

de transformation.

Dans ces moments peuvent arriver une foule d'impressions subtiles. Le corps va communiquer, nous parler même sous forme d'images. En effet, plus nous nous rapprochons de notre corporalité dans les exercices de sophrologie, plus nous la vivons et l'acceptons, plus elle nous conduit à la voie du bien-être (corps) puis du mieux-être, étage au-dessus (rencontre corps-esplit). A noter: Conscience ordinaire: perception vague pleine de représentations et d'images floues. Conscience sophronique: dans l'intimité, retour vers soi, vers sa propre mouvance. La Inodification s'opère dès la 1re séance. Le processus du changement se crée au niveau du percevoir et du

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senti. La façon de se regarder change aussi avec parfois envie de dessiner son corps. . . 3) Pratique des techniques au service de la conquête du corps

Ce corps que je « mets au repos» je peux le décrire mentalement
avec des images, le dessiner comme un plan. La prise de conscience de la respiration « abdominale» ample et douce nous rapproche tout naturellement de notre corps. La sophronisation vécue après le relâchement musculaire de toutes les parties du corps prépare déjà la transformation de l'être, cette façon nouvelle d'appréhender le corps. Lors des moments de synchronisation de la respiration, va s'effectuer une profonde communication, comme un dialogue du corps vers la
conSCIence.

A l'occasion des instants de « pause», d'activation de l'énergie, le corps intègre la conscience et la conscience intègre le corps: se dessine alors tout simplement le chemin de l'harmonie. Dans l'apprentissage des différentes méthodes, à force de répétition, la concentration sur le corps est mise à contribution par la maîtrise du souffle, les mouvements, les changements de position (assis et debout).
Ex: les "je 111elève, je m'assieds, j'avance, je recule ou je change de position" permettent très vite de laisser remonter à la conscience les phénomènes vécus. Au cours des premières techniques corporelles nous découvrons donc: la concentration sur le volume, les mouvements, le poids et

- la forme, la position, l'ancrage au sol. la contemplation

ou constatation,

- du corps, de ses contours, de l'attraction et de la gravitation terrestre et la participation de la conscience « illimitée qui veille». l'énergie, ou présence de cette force de vie en nous, par la stimulation vitale des cellules (prise de conscience de leur existence), augmentation de la température, des sensations etc.

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4) Exemples de phénodescriptions, vécues et orientées vers le corps, après les séances: - Un comédien qui accepte de se regarder plus facilement, il se
retrouve et me dit:
«

Je me reconnais enfin physiquen1ent, tel que je

suis»

.

- Une personne qui souffre de douleurs physiques énormes et qui déclare: "Eh bien,finalen1ent, ma souffrance m'a aidée à retrouver mon corps lors des sophronisations dans les relaxations dynan1iques. Cette expérience nI'a permis aussi d'accepter puis d'aimer mon corps tel qu'il est". - Un sportif de haut niveau: "Ça y est, je crois que je me suis réconcilié avec n10nimage". De ce fait il devient plus efficace, plus confiant lors de ses matchs de tennis qu'il remporte comme il se doit. - Une jeune fille anorexique qui commence doucement à accepter les modifications corporelles occasionnées par son état, après une dizaine de séances. Conclusion La rencontre corps-esprit, cette attention à soi-même, se développe au moment de la sophronisation et des phénomènes vécus qui s'intègrent dans toutes les cellules. La communication physique et mentale permet une transformation profonde et durable de l'être après les 2 étapes passées de découverte et de conquête du corps. (schéma corporel, puis corporalité). Cette dernière va nous conduire jusqu'au Moi présentiel et à la globalité de l'Être. Le « travail» sur la globalité représente tout l'intérêt de l'expérimentation des entraînements en sophrologie. Avant de pratiquer la sophrologie et donc de nous transformer, notre corps est plutôt imaginé ou représenté, donc fantasmé. C'est souvent un corps objet ou corps matière. Arrive ensuite avec la pratique, l'expérience de vivre en conscience son corps libéré des conditionnements, des jugements, et surtout des anciens schémas et a priori le plus souvent négatifs. En participant peu à peu au dévoilement de notre conscience, nous cheminons vers la présence vécue de notre corps au-delà de la seule vie biologique. Nous cheminons vers nous-mêmes, de façon holistique, il s'agit alors d'une véritable rencontre. 21