Les jeunes et la mondialisation

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Un grand dossier sur les jeunes et la mondialisation : acteurs et victimes ; la mondialisation et la culture de participation ; la globalisation au service de l'éducation ; les jeunes maghrébins, entre rhétorique islamiste et contraintes de la mondialisation ; vers une culture mondialisée : rêve ou cauchemar ? ; Global ou local ? Identités nouvelles dans l'Europe unifiée.
D'autres articles sur les jeux de simulation, les professions sociales et les compétences et la place des étudiants adultes dans la famille.
Publié le : samedi 1 janvier 2000
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EAN13 : 9782296412941
Nombre de pages : 168
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1er

trimestre 2000

, 4 Editorial
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Les animateurs: professionnels et militants?
Tariq Ragi

7 Dossier "Les débats"
-

:

La mondialisation: un défi pour la nouvelle génération Jean-Charles Lagrée Lire page 7
Les jeunes et la mondialisation: acteurs et victimes

Willianz D. Angel L'auteur pose la problématique de la mondialisation et de ses effets sous l'angle des modes d'appropriation de ses vertus par certaines catégories, mais également au regard de la dynamique d'exclusion qu'elle peut entraîner. Lirepage17 La mondialisation et la culture de participation Irena Guidikova La mondialisation de la communication et de la culture favorise l'émergence de nouvelles conditions de participation des jeunes dans la vie politique. Des nouvelles communautés d'intérêt, de solidarité et de responsabilité
engendrent
La

des pratiques

politiques

inédites. Lirepage

31

globalisation au service de l'éducation Alya Saada Le développement et l'expansion des nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC) ont quasiment aboli les distances et les frontières et ont révolutionné les modes d'apprentissage et les méthodes de travail. Mais la répartition inégale des NTIC, est loin de réduire les disparités d'accès au savoir. Lirepage43
Les jeunes maghrébins, entre rhétorique islamiste et contraintes de la mondialisation Abderrahim Lalnchichi Au rebours de la rhétorique fondamentaliste en terre d'Islam, les signes et les symboles de la mondialisation semblent omniprésents à travers des canaux divers, à l'instar des médias, de l'internet, de la musique, etc. D'où découle une série de tentatives d'adaptation marquées par un effet d'attraction mais aussi
de répulsion. Lire page 57

-

2

- Vers une culture mondialisée : rêve ou cauchemar? Bart van Steenbergen La mondialisation peut être perçue comme une menace ou un challenge. Dans le débat actuel sur la mondialisation de la culture, le discours porte surtout sur l'aspect de la menace. Que penser réellement de "l'américanisation rampante" et du "choc des civilisations"...? Lirepage71

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50mrrld Ir

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Globalou local? Identitésnouvellesdansl'Europeunifiée
Juliana Rotb L'auteur montre que l'espoir nourri par certains de voir la mondialisation produire des attitudes, des pratiques et des institutions universelles, en somme la naissance d'une" culture globale" , se transforme en renforcement des identités culturelles locales à fondement" èthnique". Lire page81

Dossier "Points de vue" :
Renégocier sa place à l'âge des études supérieures

Vincenzo Cicchelli Cet article étudie la façon dont les étudiants renégocient leur place au sein des générations. Comment la revendication d'une définition de soi non réductible à la socialisation familiale - par la médiation d'un tiers externe au groupe - permet - elle aux jeunes de construire des relations plus satisfaisantes avec leurs parents? Lirepage93 La bataille de la compétence: les professions sociales sont-elles désarmées? Guido de Ridder Les professions sociales s'inscrivaient dans le marché d'emploi selon une logique de qualification. A ce modèle tend à se substituer une logique gestionnaire des compétences. Les enjeux de cette tendance dépassent de loin les questions de formation et touchent à llavenir même des professions sociales. Lire page 105
-

La diffusion des connaissances

dans les jeux de simulation

Laurent Trémel Llauteur slinterroge sur les aspects pédagogiques des "jeux de simulation" (jeux de rôles, jeux vidéo) : A llorigine de la diffusion de connaissances, ils sont aussi en lien avec des idéologies contemporaines

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à dominante néo-libérale. Lire page

121

Lire, f ai re lire

Carnet de champs Veille informative
@ L'Harmattan, 2000 ISBN: 2-7384-9203-7
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Aujourd 'hui, le processus de professionnalisation des animateurs est tellement avancé que l'on s'interroge de plus en plus sur la fin du militantisme. Or, tout examen approfondi de la situation des animateurs révèle d'une part que les rétributions financières ne constituent pas la seule et unique motivation de leur engagement, et d'autre part que la solidarité, l'amour du prochain, la curiosité, le besoin d'exister et la volonté d'élargir le champ de la conscience humaine restent des références incontournables. Il convient toutefois d'éviter tout angélisme qui consisterait à ne percevoir de l'implication des animateurs dans la notion de projet que l'expression d'un militantisme primaire coloré d'utopie. La réalité fournit quelques éléments de réflexion qui révèlent l'extrême complexité d'un rapport équivoque: l'animateur est-il un militant, un professionnel ou les deux simultanément? Cette question se pose avec d'autant plus d'acuité que l'exigence de qualité du travail réclamée par les demandeurs de services ne cesse de croître, et que les demandes d'intervention des animateurs atteignent un degré tel, à la fois en termes de fréquence et de spécialisation, que la professionnalisation semble marquer une étape nécessaire, inévitable.

Il paraît utile de situer à grands traits les enjeux liés à l'animation, qui, faut-HIe rappe1er, constitue une part de l'héritage du mouvement d'éducation populaire des années trente. Il semble, en effet, que le processus d'institutionnalisation débute dans les années soixante seulement, ce qui implique l'amélioration du statut des animateurs. De bénévoles, ils sont devenus des professionnels. Mais cette évolution n'ôte rien à leur mission, puisqu'H s'agit bien de cela et non d'un métier ordinaire: leur rôle consiste en l'accompagnement du changement social. Ils ont ainsi pour fonction d'en adoucir les secousses, d'en éclairer les ressorts et les finalités. Par conséquent, sont requis d'eux non seulement des qualités de pédagogues mais aussi et surtout une aptitude certaine au contact avec autrui, un sens particulièrement développé du relationnel, une capacité d'adaptation infinie. Ceci étant précisé, il importe de s'interroger sur la part de liberté dont jouissent les animateurs eu égard notamment à leur profil de contestataires: en d'autres termes, leur professionnalisation, leur statut de salariés, ne les transforment -ils pas en simples réduisant au silence certaines velléités de changement?

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Nombreux sont les animateurs qui considèrent que les aspects" professionnalisation" et "militantisme" se conjuguent, dans ce sens que l'on peut assurer correctelnent sa mission tout en défendant une cause. Si aujourd'hui la professionnalisation des animateurs entendue dans le sens de spécialisation et d'occupation pleine semble faire l'objet d'un quasi consensus, la question de leur statut de salarié pose quant à elle quelques problèmes: il s'agit en l'occurrence de savoir si la dépendance liée à la rémunération et à une carrière ne va pas restreindre leur autonomie, brimer leur inventivité, limiter leur potentiel d'adaptation, bref correspondre à un dispositif qui pourrait les museler. Cet écueil, certes réel, n'en demeure pas moins inopérant puisqu'en dépit de leur spécialisation croissante, les animateurs sont souvent sous-payés, ce qui fait que Illebénévolat existe encore" ...

En effet, des recherches empiriques montrent que les animateurs sont souvent maintenus dans une précarité relative, rémunérés à la vacation ou recrutés à mi-temps, alors même qu'ils travaillent à temps plein pour la structure employeur. Or, soit celle-ci ne dispose pas des ressources financières suffisantes afin de rémunérer correctement l'animateur, soit il s'agit - et ceci est moins fréquent - d'un procédé délibérément utilisé pour encadrer l'animateur, le maintenir dans une situation de sujétion tout en lui faisant miroiter la perspective attrayante de son recrutement à temps complet. En guise de conclusion, il apparaît que l' animateur n'est plus un professionnel du militantisme et qu'il nt est pas devenu un simple militant de la professionnalisation : il se situerait dans une voie moyenne entre le militant professionnel et le professionnel militant.

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La revue AGORA débats/jeunesses fête son cinquième anniversaire. Le choix de la thématique de l'animation pour l'éditorial de ce dix neuvième numéro s'inscrit non seulement dans le prolongement des anciennes publications de l'INJEP, en particulier des Cahiers de t animation, sans s'y réduire toutefois, mais aussi dans la volonté de l'Institut de constituer un pôle incontournable de réflexion, d'expérimentation et de suivi du secteur de l'animation. Dans cette optique, la collection débats/jeunesses, domiciliée à l'Unité de la recherche des études et de la formation (UREF) de l'INJEP, vient de publier un ouvrage intitulé "L'animation professionnelle - histoire, acteurs, enjeux", co écrit par Jean-Pierre Augustin et Jean-Claude Gillet de l'Université de Bordeaux. Dans la même perspective, l'UREF abrite l'Observatoire national des mémoires des animateurs professionnels. Hormis la question de l'animation, la revue Agora débats/jeunesses s'intéresse, comme l'indique l'éditorial des numéros 1 et 2, aux pro~ blématiques de la jeunesse au sens large du tiples compétences dans le sens de l'amélioration de chaque numéro. Le fondateur de la revue Agora débats/jeunesses et de la collection débats/jeunesses a veillé tout au long de ces cinq années au bon fonctionnement du comité de rédaction, en assurant la rédaction en chef et en permettant des rapports de confiance avec les partenaires de la revue,les auteurs et les lecteurs. Olivier Douard, aujourd 'hui appelé à d'autres fonctions, demeure membre du comité de rédaction de la revue et de la collection. Qu'il me soit permis de rendre hommage à la clairvoyance, au courage et à l'intelligence de ce collègue et ami. Tariq RAGI terme. Cette revue, inscrite sur le terrain de rencontre entre chercheurs et acteurs, sur le lieu de l'imbrication, de confluence et d'enchevêtrement des axes de la recherche et des modes

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d'action, offre par les témoignages recueillis un outil précieux de mise à disposition des connaissances scientifiques les plus pointues au service du lectorat, des utilisateurs. Cet effort constant est favorisé par la qualité des membres du comité de rédaction, originaires de milieux, de champs, de disciplines et de secteurs d'activité divers; cette hétérogénéité, loin de constituer un handicap, représente un élément d'originalité par le foisonnement des approches et les enrichissements mutuels, l'objectif consistant à associer les mul-

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La mondialisation: un défi pour la nouvelle génération
par Jean Charles

LA GRÉE

Jean Charles Lagrée, sociologue, de recherche chargé

humaine, certes, mais aussi sur tous les continents de la planète imposant sa loi et ses exigences aux pays, aux régions et aux hommes. La nouveauté est là. Stade avancé du capitalisme, le marché est partout, il est mondial. Mais alors que certains voient dans cet avènement le signe annonciateur de la fin de l'histoire, ne pourrait -on considérer, au contraire, que loin de ralentir ou même de s'arrêter, l'histoire s'accélère et que nous entrons à grands pas dans une nouvelle ère civilisationnelle, une nouvelle époque, un nouveau paysage socioéconomique, généré très directement par l'entrée dans un nouveau stade de développement du capitalisme. La mondialisation du règne du marché forge le contexte de vie et de socialisation de la nouvelle génération. Elle est l'enjeu auquel les jeunes ont à faire face. 1- L'espace fragmenté Aujourd'hui, cette mondialisation du marché s'inscrit dans la philosophie d'un néo-libéralisme exacerbé, caricatural même en bien des aspects. Au nom d'une exigence de " libre échange", elle entraîne la dérégulation et favorise le retrait de l'État. Aujourd'hui semble- t-il l'on assiste au retour du " capitalisme sauvage ". Mais" Fhistoire ne repassejatnais deux

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lagree@ext.jussieu.fr

Depuis au moins deux siècles, depuis la naissance, l'avancée, l'exposition du capitalisme, toutes les sociétés" développées" se sont vues prises dans le tourbillon du changement. Changement incessant, changement permanent, changement qui impose de renouveler perpétuellement les us et les coutumes, les manières de faire et d'apprendre, les idées et les savoirs les mieux établis, au gré des exigences du marché, de la productivité et de la compétitivité. Qu'y aurait-il en cela de nouveau sous le soleil de la planète? .. . Le changement est intrinsèquement lié au capitalisme et au marché. TIlui est consubstantiel. On est donc dans une continuité coutumière. Mais le marché est maintenant omniprésent, dans toutes les sphères de l'activité

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fois les mêmes plats. " Cette sauvagerie s'exerce par-dessus les pouvoirs constitués, par-dessus les États-nations, par-dessus les gouvernements. Elle impose la mobilité et la circulation des biens, des ressources et des personnes. Au nom d'une recherche de productivité incessante que requiert la sacro-sainte loi de la compétition, elle se joue des frontières et s'attaque au sein de chaque pays aux cadres mêmes de la régulation qui permettait aux individus, aux groupes, aux classes, de " faire société". La mondialisation est aujourd'hui un vaste processus de destruction de notre passé et de ce qui fait ou qui faisait notre présent. Un mot résume cette idée: fragmentation. Fragmenté, le social se dissout dans l'individuel. La mondialisation est le moteur de ce développement. Bien évidemment, l'on argumentera avec raison que ce processus n'est qu'une tendance. La marche destructrice de la mondialisation n'est en rien achevée. L'on peut également avancer qu'à des temps nouveaux, à situations nouvelles correspond nécessairement un nouveau régime de régulation mais que celui-ci est simplement encore en fabrication. Derrière chiffres et données de toutes natures, on découvrira seulement les signes avant -coureurs de son émergence prochaine. De manière plus politiquement prométhéenne, on peut plus simplement appeler de ses vœux l'existence d'un nouveau mode de régulation, mieux adapté aux temps nouveaux. Mais aujourd'hui, même si l'on tient compte du fait que les bouleversements en cours s'apparentent encore et toujours à un processus de décomposition! recomposition, les questions qui se posent aux jeunes, comme aux autres catégories de population, c'est bien de déterminer" dans quelle société nous vivons" ,

" Aujourd'hui, qu'est-ce qui fait " Comment apprendre à vivre ensemble? Processus permanent - qui connaît des ralentissements, parfois des accélérations la production sociale se ramène d'abord à un double mouvement de dérégulation/ re-régulation. En cela, le passage décrit par les termes

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" post" -modernité ou tout autre qualificatif connexe ne fait que s'inscrire dans la longue suite des changements de paradigmes sociétaux qui se sont produits depuis le haut Moyen Âge, la Renaissance, la montée des États-nations, les phases successives du développement du capitalisme tour à tour sauvage, pàtemaliste, monopoliste et aujourd'hui mondial et financier. Les sociétés sont aujourd'hui à la quête d'un nouveau mode de régulation, certes. Mais peut-on en rester au seul constat que si les temps changent, les temps nouveaux ne sont pas encore advenus et que bien des bribes de la vieille société sont encore là sur lesquelles se reconstruit ou pourrait se reconstruire le futur qui nous attend. Cette position est intéressante à plus d'un titre, notamment parce qu'elle nous renvoie à une vieille tradition philosophique largement fondée sur la dialectique du changement et de la continuité. Dire qu'à l'heure de l'économie du savoir, les sociétés développées sont en quête de nouveaux modes de régulation encore en gestation ou encore en projet, n'est -ce pas en adoptant une position frileuse, se voiler la face sur ce qu'il y a de profondément neuf dans la gestation en cours? À n'en pas douter, - indépendamment du contenu que l'on donne à ce terme - cette " nouveauté" radicale tient au processus de mondialisation que subissent les sociétés sur les divers continents du globe.

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Le moteur est économique. Il procède d'une transformation fondamentale du mode de produire et du mode de faire de l'argent. Les économies du monde vont produire moins de biens manufacturés et de services et plus de signes et de symboles. La plus value s'extrait du travail humain à hauteur de 10 ou 20 % guère plus. Elle se réalise à 80 % dans la circulation de masses monétaires d'une place financière à l'autre. Certes nul ne peut prédire la fin du travail ou même la fin du salariat. Mais sous l'effet de ces tendances fortes, lourdes, quasiment inexorables, tant elles sont liées à un capitalisme revigoré, c'est la place du travail dans la société qui se trouve bousculée et par là même la place de l'homme dans la société. 2 - Le temps de la gouvemance Qui rendra la mesure des bouleversements qu'un tel changement est susceptible de générer ? À défaut d'une telle évaluation ou d'un tel pronostic, il peut être prQfitable de poser quelques questions... et tout d'abord sur la pérennité des États-nations. L'on peut le déplorer ou s'en réjouir et les débats - contro-

tiques), si leur pouvoir d'intervention gestion des affaires du monde subit un mouvement de translation vers le super-national et vers le local, le régional, le provincial, alors que reste- t-il, que restera -t-il à terme de ces entités que sont les États nationaux? En nombre de lieux sur la planète, les frontières ne sont plus discernables. Or, l'idée d'Étatnation - à laquelle se trouve associée une conception traditionnelle de la société - est fondamentalement liée à une certaine conception des limites territoriales. Dès lors, qu'est ce . , , '. done quun E tat-natIon, qu est-ce qu un sys/

tème social conçu comme une totalité cohérente et unique, sans limite territoriale et donc sans territoire? La mondialisation met donc à mal cette représentation des États-nations comme totalité politique intégrée, identifiable sur des bases territoriales claires. Elle la met à mal également quant à sa fonction d'intégration du culturel, du culturel de l'économique qui participe de cette représentation de la société comme totalité unique. Le pouvoir de régulation économique échappe aux dirigeants politiques, comme il échappe aux responsables d'entreprises ou aux financiers. La culture, dans laquelle et par laquelle l'identité d'un pays se façonne, subit les coups de boutoirs de la

verses, prises de position...

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sur ce point se

multiplient mais dans tous les domaines qu'il s'agisse d'économie, de culture, de souveraineté politique, les États-nations sont mis à l'épreuve de la mondialisation, d'une part, de l'émergence de zones civilisationnelles d'autre part. Or si les États-nations ne sont plus que des éléments dans des conglomérats qui les dépassent et leur retirent la plus grande part de légitimité, si les règles du jeu sont fixées sans eux mais avec leur assentiment plus ou moins forcé par les acteurs internationaux (ONG, Institutions Internationales, entreprises multinationales, organisations économico-poli-

médiatisation mondiale - la culture monde mais aussi ceux qui sont portés par des groupes d'intérêts protestataires locaux, ou par des micro-nationalismes. Quant à la politique qui se développe au niveau national, elle devient si impuissante que de plus en plus de voix s'élèvent appelant à une gouvemance mondiale. Économie, culture, politique se déconnectent au niveau des États-nations... peut~être pour se retrouver à un niveau supra, dans la

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La mondialisation forge le contexte de vie et de socialisation de la nouvelle génération. Elle est l'enjeu auquel les jeunes ont à faire face.
recomposition de totalités de niveau supérieur. De moins en moins de sociétés enclavées dans des territoires, de moins en moins d'intégration des trois instances qui traditionnellement fondent la notion de système social... Qu'en est-il alors dans cet univers de flux, de réseaux, de circulation d'argent, de signes, de messages... Qu'en est-il des concepts de société, de système social, de pays, de nation? En Occident, l'époque moderne s'est constituée sur le morcellement des grands ensembles civilisationnels que les grandes religions avaient façonné. Sous l'effet de la dynamique engagée par la mondialisation - tout à la fois par la prégnance d'une économie mondialisée, la quête de régulation planétaire et des résistances de groupes d'intérêts locaux de plus en plus virulents -, n'assiste-t-on pas, à l'ère post-moderne, à une recomposition de ces aires civilisationnelles. En tout cas, l'on peut avancer l'hypothèse que seule l'émergence de telles aires civilisation:~~
::~~ ::<

3 La socialisation en débat Pour l'heure, c'est

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l'idée de société qui est prise en défaut. Car la désarticulation, le désemboîtement des trois instances du système social, la recomposi-

tion fondamentale du mode de production de l'existence et des richesses, la transformation radicale de la place du travail (et du travail salarié) ont trois conséquences majeures: - la transformation fondamentale des modes et cadres de socialisation;
- l'effritement des ensembles collectifs qui étaient tout à la fois vecteurs de socialisation, porteurs d'identités et acteurs potentiels de

mouvements protestataires; - une perte des identités nationales et recherche des identités collectives. La famille n'a sans doute jamais été autant prisée, valorisée, chérie depuis que dans les faits, elle est soumise à de fortes pressions. Disparition du " mariage institution", au profit du privatisation de la " mariage sentiment", sphère familiale au fur et à mesure que dans ses engagements, dans ses choix décisifs, dans sa vie elle-mêlne, elle devient une affaire " publique" liée aux marchés ou couverte par l'État providence, montée des divorces et surtout déclin du mariage de plus en plus délaissé au profit des unions libres, la famille reste une valeur refuge, un pôle de référence, un ancrage qui a fait ses preuves,. .. mais dont on cherche à limiter la trop forte emprise sur le cours de l'existence individuelle. 1
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nelles peut refonder l'idée de société ou de système social. Ce faisant, l'on se situe ~:.]ors une à échelle supérieure qui seule peut faire sens par rapport aux mécanismes, processus, tendances qui opèrent dans le monde d'aujourd'hui. C'est là, à n'en pas douter, un appel à construire une sorte de géo-sociologie, seule manière sans doute de sauver la sociologie" traditionnelle" avec ses concepts fondateurs de système d'intégration, de régulation, d'institution et de les mettre en phase avec les changements qui se produisent sous nos yeux.

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Sous des formes variées, la même tendance est observable en Europe mais aussi en Asie ou aux USA. Cf. J-Ch. Lagrée, Construction sociale de la question des jeunes. Les jeunes dans le discours de la post-modemité, Commissariat Général au Plan, Convention d'étude 17/1998,1999.

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L'école entre à reculons dans la société et l'économie du savoir. Elle est, certes, le lieu de la transmission des savoirs qui se sont constitués au cours du temps, mais est-elle le lieu de la dissémination des savoirs et de savoir-faire qui se constituent sous yeux avec le développement des nouvelles technologies, notamment celles qui ont trait à de l'information et à la communication? La société du savoir, c'est aussi la société de l'éphémère. Les savoirs n'ont jamais été aussi nécessaires. TIsn'ont jamais été aussi cruciaux. Mais leur valeur pratique n'a jamais été aussi brève. La société du savoir implique l'apprentissage tout au long de la vie. Elle rend surtout indispensable non pas tant d'acquérir des connaissances mais d'apprendre à apprendre. Ici, instruction, formation et éducation se rejoignent. Car c'est de la formation des aptitudes à se saisir du neuf dont il est fondamentalement question. Or sur ce terrain, là aussi l'école se trouve confrontée à un immense défi. L'apprentissage se réalise de moins en moins dans le cadre institutionnalisé de la salle de classe. La parole et le savoir du maître sont de plus en plus concurrencés par l'omnipotence du multimédia, la multiplication des techniques de dissémination de l'information, la prolifération des émetteurs de savoirs ou de symboles. Parallèlement les filières de formation et d'éducation se multiplient, dans la sphère privée comme dans le domaine public, venant remettre en question le monopole de l'institution scolaire. Famille et école subissent ainsi les assauts des temps" post" modernes. Consécutivement, c'est dans les groupes et réseaux que se met en œuvre le processus de socialisation et que se réalise l'apprentissage de nouveaux

modes d'acquisition des savoirs et savoir-faire. D'une manière quelque peu provocatrice, tant l'on a usé et abusé de cette idée, l'on pourrait dire que plus les institutions traditionnelles de socialisation se fissurent, plus la socialisation " spontanée" par les interactions aux fins de capter les" entéléchies" de l'époque prennent de l'importance. Derrière la provocation, soulignons simplement que les changements introduits par la mondialisation débouchent sur un horizon élargi de modes d'apprentissage et de nouveaux modes d'acquisition des savoirs. La tendance est que l'individu, le jeune - se forge son capital culturel, en dehors ou à côté des grandes institutions traditionnelles de socialisation, de régulation et de transmission des connaissances. L'on s'écarte donc de plus en plus d'un idéal d'égalité puisque le capital social prend de l'importance quant aux possibilités d'acquérir - dans les interactions informelles et spontanées - un capital culturel ayant une valeur marchande effective. Et alors même que les investissements institutionnels ou publics dans le domaine éducatif ne cessent de croître, la formation des aptitudes passe de
moins en moins par les institutions" ad hoc"

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4 -Questions d'identité Le second point de changement" fondamental", " paradigmatique " devrait -on dire, a trait à la fragmentation des grands ensembles collectifs, qui étaient tout à la fois vecteurs de socialisation, porteurs d'identité, et acteurs potentiels de mouvements protestataires. Là encore la transformation de l'économie, la transformation du mode de production fait sentir ses effets. Non seulement la stratification sociale s'en trouve toute bouleversée, mais, â l'heure de laflexibilisation de la mobilité et de la montée de de la les

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modes d'assignation sociale se transforment radicalement. Les grands collectifs se fragmentent: la classe ouvrière notamment mais aussi les classes moyennes, remises en cause dans leurs prérogatives par la montée des risques. L'on assiste donc à l'effritement progressif de ces corps constitués qui s'érigeaient en représentant et mandataire d'une partie de la population. En lieu et place, surgissent des groupes d'intérêts spécifiques, des mouvements revendicatifs particuliers, des collectifs qui se saisissent d'un dysfonctionnement précis de la machine sociale pour intervenir dans le débat politique. La société civile monte à l'assaut de la citadelle des partis et des agencements gouvernementaux pour prendre place dans le débat qui se déroule dans l'espace politique. Une nouvelle démocratie est en gestation, à moins que ce changement ne tourne à l'éclosion d'un nouveau/ancien régime de corporatismes. La réévaluation de la place et du rôle de la société civile impose une rénovation radicale des modes d'intervention de l'État. Les nouveaux acteurs de la société civile sont confrontés à cette dialectique: penser globalement, agir localement. Penser globalement les risques écologiques ou les effets de la mondialisation du commerce, agir localement pour la défense et la préservation des intérêts particuliers, situés hic et nunc. L'État, qu'il soit national, régional ou fédéral, ne saurait échapper à cette nouvelle donne. Impossible d'imposer effectivement des directives ou de procéder à des injonctions autoritaires face à des acteurs qui se saisissent de leurs intérêts spécifiques au nom d'intérêts ou d'idéaux à caractères universels. La gouvemance s'impose à tous les niveaux de prise de décision politique. Impossible de gouverner par décrets. L'on impulse, l'on mobilise,

l'on recueille les avis et les suggestions, l'on écoute, l'on coordonne, l'on négocie ou l'on passe contrat. Dans les localités comme dans les régions, au niveau de l'État national comme dans les grandes fédérations super-étatiques, dans les accords internationaux ou dans l'action des organismes de régulation mondiale, l'heure n'est plus à l'intervention directe mais à la gouvernance. Le quartier comme le monde avancent par négociation et compromis entre acteurs" locaux "2. Est en question, est en jeu dans cette réorganisation des modes de gestion de la chose publique, non seulement notre conception de la démocratie mais aussi du contrat qui nous lie ou qui est! était supposé nous lier à un collectif plus large qu'une" poignée " d'individus que l'on avait pris l'habitude d'appeler nation. Générée par le démantèlement progressif des grands collectifs qui dessinaient la mosaïque sociale des pays industrialisés, la recomposition du politique, la réévaluation de la société civile, la reconstruction du rôle des acteurs dans l'espace public font apparaître l'une des questions centrales, à mon sens, des prochaines décennies, à savoir la crise des identités collectives. Pour en faire le bilan, encore une fois il convient de repartir de ce qui en est la base, la crise ou la transformation du travail et de l'économie. Les métiers et les corporations du passé sont en passe de disparaître [quitte à renaître sous d'autres formes et dans d'autres contextes] mais surtout l'attachement durable sinon pérenne à un métier unique tout au long de la vie a fait long feu, la transmission donc
2 Terme que l'on peut accepter; à la condition da ne pas attribuer à ce local" une dimension territoriaJe qu'il revêt de moins en " moins puisque ce local" fonctionna de plus eo Mussur le mode " du réseau.

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d'une professionnalité qui assurait une certaine forme de continuité identitaire est aujourd'hui

5 - La dynamique nelIes

des aires

radicalement remise en cause - car nul ne sait
quels seront les emplois offerts d'ici à 20 ans et une large proportion des enfants d'aujourd'hui se préparent à occuper des emplois qui n'existent pas encore - mais enfin et surtout c'est la place du travail dans la société au moins dans

Mais le changement le plus évident, semblet-il a trait aux identités qui procèdent de l'Habiter, qui découlent du sentiment d'être chez soi, d'investir un lieu, un espace territorial et/ou social d'y être protégé et d'y déployer son existence. Difficile sans doute de se sentir citoyen du monde ou plus simplement de s'identifier et de se sentir appartenir à un collectif monde. Les différences sont patentes qui obèrent toute velléité d'identification à. un patchwork aussi vaste. Mais se développe rapidement la conscience d'appartenir à un univers dont les ensembles et sousensembles sont inextricablement interconnectés dans tous les domaines de l'existence. De plus en plus s'impose l'idée que le " chez soi" auquell' on appartient ou auquell' on prétend appartenir est en liaison directe et quasi immédiate avec les autres contrées de la planète. Le proche et le lointain n'ont jamais autant été articulés l'un à l'autre. Il s'agit là d'une appréhension symbolique de ce qui fait la dynamique planétaire. Mais cette inscription dans une réflexion symbolique n'a jamais été autant porteuse d'effets de restructuration. Au fur et à mesure que les pieds s'enfoncent dans le terroir, la conscience de ce qui se passe ailleurs ou de ce qui se passe globalement sur l'ensemble de la planète, devient de plus en plus vivace. Nul besoin d'exemplifier ce point avec T chemobyl ou la dévastation de la forêt amazonienne. La crise du Roquefort est en liaison directe avec l'échec des négociations de l'Organisation Mondiale du Commerce à Seattle. La dévastation des plages de Vendée ravive la protestation écologique et l'opposition aux multinationales du pétrole.

les sociétés européennes développées

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qui

subit une complète métamorphose. Diminution des temps de travail, transformation des rythmes de travail, recomposition du cycle d'activité, changement radical des modes de travail, notamment par le télétravail et la contractualisation, tous ces facteurs viennent briser les identités professionnelles héritées du passé alors même que de nouvelles identités cherchent à s'édifier dans un univers où la production de sa propre existence est devenue de plus en plus instable, incertaine, risquée. Les identités professionnelles se recomposent et se renouvellent sous le sceau de l'aléatoire, de l'incertitude et du risque. Les statuts sociaux sont également mis à mal, non seulement par le chômage et la flexibilisation de l'économie mais aussi par la complexification des parcours: formation et emploi, activité et inactivité, jeunesse et âge adulte, adultéité et vieillesse, célibat, mariage, cohabitation, etc., chacun de ces statuts est pris dans le tourbillon de l'éphémère. Aucun ne peut être porteur d'une identité forte, car chacun, dans ce changement global est soumis à réévaluation et à redéfinition. Les éléments les plus saillants, les caractéristiques les plus tangibles de ces statuts deviennent de plus en plus confus et imprécis laissant peu d'espoir que les individus ou les groupes puissent, sur cette base, construire des identités collectives clairement repérables.

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LE'SEtats nations sont mis à l'éprE'uvE' dE'
la mondialisation E't dE' l'émE'rgE'ncE' dE' lOnE'S civilisationnE'llE's.
La double annonce des plans de licenciement de Michelin et des gains importants réalisés par cette entreprise a fait prendre conscience que la fructification de la plus-value se fait par des systèmes de gestion financière planétaire, alors que la gestion des hommes est liée au bassin d'emploi. Le local conduit directement au mondial quand, dans le même temps, la prise de conscience d'une interconnexion planétaire des micro-éléments qui font le monde permet enfin de comprendre réellement quels sont les enjeux des contextes de proximité. Dans cette évolution, le politique occupe, là encore, une place décisive. L'Europe qui se construit, au nom même d'un principe de subsidiarité de plus en plus puissant, vient supplanter les États-nations. Combien de pays de la vieille Europe ont à faire face à un lent processus de dévolution. Édimbourg traite directement avec Bruxelles. De même en va-t-il de Barcelone. L'européanisation se présente comme la chance des régions. Mais l'Étatnation perd alors de sa pertinence. Quelles en seront les conséquences au plan de la formation des identités? La question fait sens sur ce vieux continent occidental. Débuté avec le traité de Westphalie qui mettait fin à la guerre de Trente Ans, le règne tout puissant des États- Nations, semble s'achever dans une union négociée avec l'Europe. Mais qu'en estil de la région de l'ASEAN, zone du Sud Est Asiatique bâtie sur des accords de coopération économique et technique, mais qui ne se cache pas de vouloir promouvoir et renforcer

une identité asiatique distincte de

l'Europe et des États-Unis? Qu'en est-il également de la zone MERCOSUR, en Amérique du Sud, qui s'oppose aux États-Unis, premier gen-

darme du monde, pour défendre les intérêts et les droits d'un pays qui revendique son appartenance à une aire civilisationnelle différente et à maints égards opposée au modèle promu par les Américains. Partout, sur la planète entre le terroir, le local, la communauté, la région et le monde émergent progressivement, avec plus ou moins de force et sous des formes plus ou moins institutionnelles, des aires civilisationnelles, qui, sur la base d'un fond commun partagé, regroupe les différences et reconstruit une relative unité, parfois au prix d'une invention hardie - car fondée en grande partie sur le recours à un passé mythique mais lesté d'une lourde charge symbolique. Que l'on pense par exemple à cette invocation des valeurs asiatiques qui sont supposées être le bien commun des Chinois communistes de la République Populaire, ceux de T aïwan largement sous influence américaine ou les musulmans de Malaisie. Sans doute, plus que jamais les identités sont fluctuantes. Plus que jamais elles sont diversifiées. Les sphères d'activité, dans lesquelles les individus s'engagent, se multiplient - en même temps qu'elles s'autonomisent - et les identités se superposent. Mais aujourd'hui la question clef est sans doute celle de l'intégration de ces différentes identités ou plus précisément de ces différents processus identitaires dans des configurations de sens relativement cohérentes. Réintégrer, le village, la région, la

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nation et l'aire civilisationnelle

par laquelle

l'individu ou le groupe participe réellement de la dynamique culturelle mondiale c'est sans doute l'un des enjeux les plus importants auquel dès aujourd'hui les jeunes générations ont à faire face. Sans doute, un tel enjeu n'est-il pas réservé aux jeunes. Encore moins, peut-il être l'apanage des jeunes européens. Tous les groupes d'âges dans toutes les parties du monde sont concernés par un processus et des enjeux qui, sans conteste, se situent à une échelle mondiale. Pourtant, en ce domaine aussi il existe une spécificité" jeunes". Elle porte sur deux points. Ce changement de paradigme, cette transformation radicale que promeut la mondialisation n'en est encore qu'à ses commencements. C'est d'ailleurs l'un des arguments les plus forts des tenants des approches traditionnelles. Certes les choses bougent, nous disent-ils, mais la société industrielle que nous connaissons bien est encore là. Et n'est pas prêt de disparaître. Dont acte! Le processus de mondialisation est en marche mais les transformations qu'il engendre ne se sont pas encore réalisées. Elles forment le futur des nouvelles générations. Un futur déjà présent, une réalité en devenir appelée à se développer au fur et à mesure que les nouvelles générations avancent en âge. Les nouvelles générations accompagnent la marche de la mondialisation. Mais dans le même temps, elles en sont aussi les promoteurs. Nouvelles valeurs, nouvelles postures, nouvelles adhésions, nouvelles appartenances, nouvelles causes et nouveaux engagements ou nouveaux modes d'engagement dans le débat public. .Les travaux d'Ingelhart et Abrahmson nous indiquent ainsi que sur tous les continents à des rythmes

variés et avec des intensités différentes, les valeurs changent par le jeu du processus de renouvellement des générations. Les aires 'civilisationnelles, mais aussi le monde, sont appelées à quitter une ère où les références étaient matérialistes pour entrer dans une époque post -matérialiste. Plus prosaïquement peutêtre, les enquêtes d'Euro-baromètres indiquent, année après année, que les jeunes soutiennent avec toujours plus d'entrain le processus de construction de l'Europe, chargeant avec toujours plus d'espoirs d'attentes, de confiance ce qui fut pendant longtemps un projet politico- technologico-élististe. Ainsi les nouvelles générations sont modelées, forgées, façonnées par les bouleversements que provoque le processus de mondialisation. Ils en sont aussi les acteurs ou les proto-acteurs. Les temps changent. TIschangent dans tous les domaines. En fait, ce sont les socles sur lesquels les sociétés se sont construites qui sont en train de se recomposer fondamentalement entraînant des changements radicaux en interne par exemple comme nous venons de le mentionner dans le domaine du travail, des modes de socialisation, de la formation des identités collectives, mais également, en externe par le biais de cette résurgence des " aires civilisationneIles " dans les rapports entre les blocs de sociétés. Les sociétés individuelles se fragmentent. De nouvelles unités, de nouveaux ensembles se recomposent sur cette nouvelle base. La mondialisation courante les met en interconnexion étroite. Ils sont pris dans des relations d'interdépendance et d'inter-influence réciproques inextricables. C'est dans ce filet, dans .ce réseau où tout est lié que se situe la question des" cruciales" des identités collectives.

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Appel à contribution. Consignes aux auteurs.
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aux auteurs impliqués et

concernés par le champ de la jeunesse (chercheurs en sciences sociales, experts, éducateurs, responsables enfance et jeunesse, animateurs, travailleurs
sociaux, enseignants...).

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nées en respectant la norme suivante, exemple: Livres:

Le comité de rédaction et le comité de lecture de la revue, s'engagent à donner leur accord pour la publication des textes, en fonction d'une appréciation commune sur le fond et la forme et peuvent être amenés à effectuer des corrections, afin d'harmoniser au mieux les thèmes de réflexion débattus pour les prochains numéros. Nous vous rappelons que le contenu des articles n'engage que les auteurs. Ainsi, si vous souhaitez nous faire part d'articles et si vous désirez publier vos textes, vos travaux de recherche et analyses relatifs à ce domaine, nous vous conseillons de suivre les principes de mise en forme détaillés ci-après, avant l'envoi définitif de votre contribution, au secrétariat de la revue. Consignes pour la présentation des textes: 1 - Les articles proposés doivent être remis sous forme dactylographiée en quatre exemplaires, avec une marge suffisante sur tous les côtés, à interligne 1,5 et mentionner les nom, prénom, adresse et qualité de l'auteur, ainsi que le nom de l'organisation à laquelle il est rattaché et le n° de téléphone et Fax où l'on peut le joindre. 2 - Joindre à cet envoi, vos textes sur disquette 3" 1/2 RD (format RTF, ou Word sous Macintosh de préférence) sans spécificité de caractères (titres et sous-titres en minuscules). 3 - La longueur des articles est arrêtée à 29 000 signes environ, (hors notes, références et graphiques), soit 9 pages de revue.

public avec usagers) élus et professionnels, mattan, Paris, 1994. Revues: DUBET F., « L'étudiant

en Université

de masse », Revue Française de Sociologie, n° XXXV4, oct-déc. 1994, pp. 511-532.

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Toutes les notes sont ramenées en bas de

page, et numérotées sur l'ensemble de l'article. Elles ne doivent comporter ni tableau, ni graphique, être le plus succinct possible, et ne pas dépasser 4lignes. 7 - Les tableaux et graphiques sont respectivement regroupés en fin d'article, numérotés séquentiellement en chiffres décimaux et appelés dans le texte à l'endroit où ils doivent être insérés. La légende des graphiques et les titres de tableaux doivent être clairement indiqués à l'aide de motifs distinctifs (hachures, quadrillage...). 8 - Expliciter les sigles, donner les citations en français dans le corps de l'article avec renvoi du texte en langue d'origine en note de bas de page, fournir les sources des données utilisées. 9 L'article devra être accompagné d'une notice bibliographique orientée qui permettra à la revue de rédiger un court texte de présentation de l'auteur; cette notice doit être contenue dans la disquette, 10 - Adresser vos contributions au secrétariat de la revue AGORA débats/jeunesses, à l'INJEP, Parc du Val Flory, 9-11, rue Paul Leplat, 78160 Marly-Le-Roi. Tél.: 0139 17 27 42. Fax: 013917 27 65. e-mail: agorf!@injep.fr

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