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LES MALADIES DE LA VOLONTÉ

De
187 pages
Dans cette étude du père de la « psychologie scientifique » française, la volition apparaît comme un ensemble où interviendront, en coordination hiérarchisée, les tendances à l’action (désirs, sentiments, représentations idéo-motrices, jugement pratique…) et à l’arrêt, ou inhibition. Il y a là comme la sublimation des éléments inférieurs d’états conscients propre à l’expression psychique.. L’abstraction philosophique de la Volonté sera par le biais de ses maladies, finalement réduite à la métaphore du Verdict d’un jury dont l’exécution appartiendra aux seules forces des affects, des tendances caractérielles et des images.
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Les maladies de la volonté

Collection Psychanalyse et Civilisations Série Trouvailles et Retrouvailles dirigée par Jacques Chazaud

Déjà parus

L'instinct et l'inconscient, W. H. R. RIVERS, 1999. Hallucinations et délire, Henri EY, 1999. La confusion mentale primitive, Philippe CHASLIN, 1999. La réception de Freud en France avant 1900, André BOLZINGER, 1999. Récits de vie et crises d'existence, Adolfo FERNANDEZ-ZOÏLA,1999. Psychanalyste, où es-tu ?, Georges FAVEZ, 1999. Psychopathologie psychanalytique de l'enfant, Jean-Louis LANG, 1999. La figure de l'autre, étranger, en psychopathologie clinique, Zhor
BENCHEMSI, Jacques FORTINEAU, Roland BEAUROY (eds), 1999.

De la folie, Etienne GEORGET, 1999. Les mariées sont toujours belles, Robert Michel PALEM, 1999. Lafolie hystérique, A. MAIRET, E SALAGER, 1999. Suicides et crimes étranges, MOREAU DE TOURS, 2000. Les altérations de la personnalité, A. BINET, 2000. Chagrins d'amour et psychoses, C PASCAL, 2000.

Théodule RIBOT

Les maladies de la volonté

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris FRANCE

L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest HONG~E

L'Harmattan Italia Via Bava, 37 10214 Torino ITAUE

cg L'Harmattan, 2002 ISBN: 2-7475-2879-0

NOTE EDITORIALE

Cette réédition des Maladies de la Volonté du fondateur de la «psychologie scientifique» ftançaise vient faire, dans notre Série, suite à celle de La logique des Sentiments et des Maladies de la Personnalité. Pour ne pas respecter l'ordre chronologique des parutions originales, ce rang ne fait pas entorse à la... volonté a priori « synchronique» de notre illustre auteur d'étudier systématiquement l'ensemble des Fonctions (relayant les anciennes « facultés ») de la vie mentale (antérieurement: de «l'âme »). Nous y retrouvons d'ailleurs ses constantes méthodiques: inspiration spencerojacksonienne quant à l'évolution intégrative et aux risques régressifs des phénomènes étudiés; principe « broussaisien» des pathologies par excès et par défaut. Nous aurons donc, dans cet ouvrage, après un rappel de la marche ascendante du réflexe au désir, du désir à l'activité idéo-motrice, au jugement pratique et au choix, un exposé de la gamme étendue des troubles psychiatriques afférents: aboulie, folie du doute, impulsions, idées fixes, paralysies psychiques; mais aussi extases et automatismes hypnotiques, etc... Au bout de l'étude, la volition se dévoilera comme un ensemble où interviendront tendances à l'action et à l'arrêt, appétit, sentiments, représentations, caractère, fonctionnant en coordination hiérarchique et subordination, comme par «sublimation» (sic!) des éléments inférieurs d'états conscients et inconscients propres à l'expression psy-

« accident à vrai dire heureux» - toujours prête à la décomposition, dont la dissolution subira une marche désinvolutive : du plus complexe au plus élémentaire. Au niveau suprême, le travail psychophysiologique de délibération où se fonde, selon RIBOT,la volition - apparaît comme le Verdict d'un jury, au terme d'une « instruction» très longue aux débats passionnés. L'exécution appartiendra, cependant, aux forces de l'ordre

chique

individuelle.

«Résultante»

toujours

instable,

..

-

I

que représente le pôle moteur des affects et des images. C'est en ce sens que notre auteur fera du « Je veux» un constat, plutôt qu'une cause. Pour ainsi dire, c'est une cause... entendue. .. Cet ouvrage, plein d'enseignements cliniques subtils si datés, n'est pas - pour vouloir les éviter - sans difficultés « métaphysiques» (rappelons que RIBOT était FondateurDirecteur de la Revue philosophique I). Il est symptomatique, qu'après avoir eu une influence décisive sur une génération d'élèves philosophes-psychiatres (P. JANET,G. DUMAS,entre autres) et de penseurs de la taille de F. NIETZSCHE, fait touil jours référence et retour obligé, objet d'étude nécessaire à toute reprise contemporaine de questionnement sur le sujet. Ni le philosophe P. RICOEUR,ni le psychiatre J. DELAY,ni la psychanalyste J. FAVEZ- OUTONNIER B n'ont pu, de nos jours, en faire l'impasse. C'est dire que, pour parler le jargon du temps, nous avons avec Les maladies de la Volonté un « incontournable»...

J. C.

II

LES MALADIES

DE LA VOLONTÉ

INTRODUCTION
Durant ces dernières années, plusieurs auteurs, surtout à l'étranger, ont exposé en détail certaines parties de la psychologie d'après le principe de l'évolution. Il m'a semblé qu'il y aurait quelque profit à traiter ces questions dans le même esprjt; lllais sous une autre forme celle de la dissolution. Je me propose donc dans ce travail d'essayer pour la volonté ce que j'ai fait précédelnment pour la n1émoire, d'en étudier les anomalies et de tirer de cette étude des conclusions sur 1'état norrnal. A beaucoup d'égards, la question est moins facile: le terme volonté désigne une chose plus vague que le terme mémoire. Que l'on considère la mémoire comme une foncRIBOT. Volonté. t

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tion, une propriété ou une faculté, elle n'en reste pas moins une manière d~être stable, une. disposition psychique sur laquelle tOl1tle monde peut s'entendre. La volonté, au contraire, se résout en volitions dont chacune est un moment) une forme instable de l'activité, une résultante variant au gré des causes qui la prodllisent. Outre cette première difficulté, il y en a une autre qui peut paraître encore plus grande, mais dont nous n'hésiterons pas à nous débarrasser sommairernent. Peut-on étudier la pathologie de la volonté, sans toucher à l'inextricable pro., blème du libre arbitre? - Cette abstention nous paraît possible et même nécessaire. Elle s'im~ pose non par timidité, mais par méthode. Comme toute autre science expérilne11tale, la psychologie doit rigoureusement s'int~rdire toute recherche relative aux causes premières. Le problème du libre arbitre est de cet ordre. L'un des grands services de la critique de KaI1 t et de ceux qlli l'ont continuée a été de montrer que le problème de la liberté se réd nit à savoir si l'on peut sortir de la chaîne des effets et des causes pour poser un commencement absolu. Ce pouvoir, « qui appelle, suspend ou bannit, ))
comme le définit un contemporain qui l'a profondément étudié 1, ne peut être affirmé qu'à la condition d'entrer dans la lllétaphysique.
1. Renouvier, Essai de critique génétale, 2e édition. Ij65-40 39.

INTRODUCTION

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Ici, nous n'avons rien de pareil à te11ter. L'ex.périe11ce interne et externe est notre seul objet; ses limites sont nos lilnites. NOllS prenaIlS les volitions à titre de faits, avec leurs causes inlmédiates, c'est-à-dire les motifs qui les produisent, sans rechercher si ces causes supposent des causes à l'infini ou s'il y a quelque spontanéité qui s'y ajoute. La question se trouve ainsi posée sous une forme également acceptable pour les déterministes et leurs adversaires, conciliabl~ avec l'U118et l'autre hypothèse. Nous espérons d'ailleurs conduire nos recherches de telle manière que l'absence de toute solution sur ce point ne sera pas même une seule fois rell1arqllée. J'essayerai de montrer all terme de cette étude que, d~ns tout acte volontaire, il y a deux éléments bierl distincts: l'état de conscience, le « Je veux, » qui constate une situation, Inais qui n'a par lui-même aucune efllcacité; et un mécanisme psychophysiologique très complexe, en qui seul réside le pouvoir d'agir ou d'empêcher. COlTImecette conclusion générale ne peut être ql18 le résultat de conclusions partielles fournies par la pathologie, j'écarterai provisoirement dans cette introduction toute vue systématique; je 111ebornerai à étudier la volonté dans son double mécanisme d'implllsion et d'arrêt, et le caractère individueJ, .dans sa source,
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DE LA VOLONTÉ

négligeant tous les détails qui 11'ill1portent pas à 110tre sujet t. I Le principe fondanlental qUI domine la psychologie de la volonté S011S forme il11pulsive, sa à l'état sain COlnn18à l~état morbide, c'est ql18 tout état de C011sciencea toujours une tendance à s'exprimer, à se traduire par un lnouvement, par un acte. Ce pri11cipe n'est qU'UI1cas particulier, propre à la psychologie, de cette loi fondan1entale : que le réflexe est le type unique de tOllte actiol1 l1erveus8, de toute .vie de relation. A proprement parler, l'activité dans l'animal n'est pas un comn1enC8111811t mais une fin, lIne cause mais un résultat, un déJJut mais une Sllite. C'est ]à le point le plus essentiel qll'il11e faut jamais perdre de vue et qui seul expliql18 la pllysiologie et la pathologie de la VOlOIlté,parce qlle cette tendanee de l'état de conscience à se dépenser en un acte psycllologiclue ou pllysiologique, conscient ou inconscient, est le fait
1. On trouvera dUJ1Sle livre récent de Schneider: Dei' JJzcnschliche T~lille vont Stanpunkte der neuel'cn Entwickelungslhcoi'ien, Berlin, 1882, une bonne 11lonographie de la volonté" à rétat noru1al et du point de vue de l'évolution. Nous regrettons de n'en avoir eu connaissance que qU(lud ce travail était il peu près achevé.

INTRODUCTION

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simple auquel se réduisent les cOD1binaisonset cornplications de l'activité volontaire la plus haute. Le nouveau-né n'est, COll1mel'a défini Virc110w, « qu'un être spinal. » Son activité est purement réflexe; elle se manifeste par une telle profusion de mouvements que le travail de l'éducation consistera pendant longtemps à en sllpprilner ou à en restreindre le plus grand nombre. Cette diffusion des réflexes, qui a sa raison dans des relations a11atomiques, traduit dans toute sa simplicité la transformation des excitations en mouvements. Qu'ils soient COllscieo.ts ou qll'ils éveillent un rudilnent de conscience, en aucun cas ils né représentent une activité volontaire; ils n'expriment proprement qlle l'activité de l'~spèce, ce qui a été acquis, orgaIlisé et fixé par l'hérédité; mais ce sont les matériallx avec lesquels la volonté sera construite. Le désir marque une étape ascendante de l~état réflexe à l'état .volontaire. NOllS entendons par désir les formes les plus é1émentair~s de la vie affective, les seules qui puissent se produire, tant que l'intelljgence n'est pas née. Physiologiquement, ils ne diffèrent pas des réflexes d'ordre complexe. Psychologiquement, ils en difIèrel1t par l'état de conscience, souvent très intense, qui les accompagne. Leur ten/

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da11cea se tradllire en actes est immédiate et irrésistible, comme celle des réflexes. A l'état naturel et tant qu'il est encore pur de tout alliage, le désir tend à se satisfaire imlnédiateInent; c'est là sa loi, elle est i11scritedans l'organisme. Les petits enfants, les sauva,ges e11 fournissent d'excellents exemples. Chezl'adll1te, le désir n'est plus à l'état naturel; l'éducation, l'habitude, la réflexion le n1l1tilent ou le refrènent. NIais souvent il reprend ses droits, et l'histoire nous montre 'qlle, chez les despotes que leur opinion et celle des autres placent audessus de toute loi, il les garde toujours. La pathologie nous fera voir que cette forme d'activité augmente quand la volonté faiblit, persiste quand elle disparaît. Elle marque cependant UIl progrès sur la première période, parce qu'elle dénote un commencement d'individualité. Sur le fond cornmun de l'activité spécifique, les désirs dessinent vaguement le caractère individuel; ils reflètent la façon de réagir d'un organisme particulier. Dès qu'une somme suffisante d'expériellces a permis à l'intelligence de naître, il se prodllit une nouvelle forIne d'activité, pour laquelle l'épithète d'idéo-motrice est la plus c.onveI1able, les idées éta11tcauses de mouvements. Elle a de plus l'avantage de montrer sa parenté avec les réflexes, dont elle 11'estqu'lln perfectionnement.

INTRODUCTION

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Comment U118 idée peut-elle prodllire Ull

Inouvement? C'est là une question qui en1barrassait fort l'ancienne psychologie, mais qui devient simple, qlland on considère les faits dans leur 'Traie nature. C'est une ,rérité maintenant courante dans la physiologie cérébrale que la base anatomiqlle de tous nos états mentaux comprend à .la fois des éléments moteurs et des éléments sensitifs. Je n'insisterai pas sur une qllestion qui a été traitée ailleurs en détail1 et qui entraînerait une digression. Rappelons sim.. plement que nQs perceptions, en particulier les importantes, celles de la vue et dll toucher, impliquent à titre d'éléments intégrants des mouvements de l'œil ou des membres; et que si, lorsque nous voyons réellement un objet, le mouvement est un élément essentiel, il doit jOller le même rôle, quand nous voyons l'objet idéalement. Les images et les idées, même ab.. straites, supposent un substratum anatomique dans lequel les mouveme11ts sont représentés en llne mesure quelconque. Il est vrai qlle, en serrant la question de plus près, on pourrait dire qu'il faut distinguer deux espèces d'éléments moteurs: ceux qui servent à constituer llll état de conscience) et C8l1X qui servent à le dépenser; les uns intrinsèqllos, les
1. Revue philosophique, octobre 1879, p. 371 et suiv.

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autres extrinsèques. L~idée d'une boule, par exenlple, est la résultante d'impressions de surfaces et d'ajustements musculaires particuliers; mais ces derniers sont le résultat de la sensibi1ité musculaire et, à ce titre, sont des sensations de mouvement pllltôt que des n10uvements proprement dits: ce sont des élémellts constitutifs de notre idée plutôt QU'UI18 manière de la traduire au dehors. Toutefois, cette re]ation étroite, établie par la physiologie entre l'idée et le mouvell1ent, nous laisse entrevoir comment l'une prodllit l'autre. En réalité, une idée ne produit pas un mouvement: ce serait UIle chose merveilleuse que ce changement total et soudain de fonction. Une idée, telle que les spiritualistes la définissent, produisant subitement un jeu de llluscles, ne serait guère lTIoins qu'un miracle. Ce n'est pas l'état de conscience, comme te], Inais bien l~état physiologique correspondant, qlli ~e transforme en Ul1acte. Encore une fois, la relation n'est pas entre un événement psychique et un mouvement, Inais entre dellx états de mêrne nature, entre deux états physiologiques, entre deux groupes d'élérnents nervellX, l'un sensitif., l'autre filoteur. Si l'on S'ollstine à faire de la conscience une cause, tout reste obscur; si on la considère comme le simple accon1pagnement d'un processus nerveux, qui lui seul est l'évé-

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nement essentiel, tout devient clair, et les difficultés factices disparaissent. Ceci admis, nOllS pouvons classer grossièrement les idées en trolS grollpes, suivant que lellr tendance à se transformer en acte est forte, modérée, ou faible, et même, en lln certain sens, nulle. 10 Le premIer groupe comprend les états intellectuels, extrêmement intenses (les idées fixes peuvent servir de type) Ils passent à l'acte avec une fatalité, une rapidité presque égales à
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celles des réflexes. Ce sont les idées qui nous toucl1ent )). L'ancienne psychologie, affirmant un fait d'expérience vu1gaire, disait dans son langage que l'illto1ligellce n'agit ~ur la volonté que par l'intermédiaire de la sensibiJité. En laissant de côté ces entités, cela signifie qlle l~état nerveux qui correspond à une idée se trad nit d'autant mieux en n1ouvement, qu'il est accompagné de ces autres états l1erveux (quels qu'iIs soient) qui correspondent à des sentiments. Cette traduction faite, on comprend pourquoi, dans le cas actuel, nous sommes si près de la phas.e précédente, pourquoi l'action nerveuse est plus énergique, agit sur plus d'éléments. La plupart des passions, dès qu'eJles dépassent Je niveau du pur appétit, re11trentdans ce groupe comille principes d'action. Toute la différence n'est qu'en degré, suivant que, dans le COIDt.
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pleX11S ail1Sifarlné, les éléments affectifs pré doIlljnent ou inversement 1. 2° Le dellxième groupe est le plus important pour nous. Il représente l'activité raisonnable, la volonté au sens courant du n10t. La conception est suivie d'un acte après une délibération courte ou longue. Si l'on y réfléchit, on trQuvera qlle la plupart de nos actions se ralnène à ce type, déduction faite des formes précitées et des habitudes. Qlle je' me lève pour prendre l'air à ma fenêtre, ou que je m'engage pour devenir un jour général, il n'y a qU'llne d.iffé. rence du moins au plus: une volition très C0111plexe et à longue portée, comme la dernière, de"vant se résoudre en une série de volitions simples sllccessivement adaptées aux temps et aux lieux. - Dans ce groupe, la telldance à l'acte n'est ni instantanée ni violente. L'état affectif concomitant est modéré. Beaucoup des actions qui forment le train ordinaire de notre vie ont
1.. L'indépendance relative de l'idée et du sentiment COllIne c.auses de mouvement est netternent établie par certains cas pathologiques. Il arrive que l'idée d'un mouvelnent est à elle seule incapable de le produire; ll1ais, si l'émotion s'ajoute, il se produit. Un homme atteint de paralysie 11e peut par aucun effort de volonté mouvoir son bras; tandis qu'on le verra s'agiter violemment sous l'influence d'une émotion causée par l'arrivée d'un ami. Dans les cas de ramollissen1ent de la moelle épinière entraînant la paralysie, une émotion) une question adressée au malade peut causer des mouvements plus violents dans les membres inférieurs sur lesquels sa volonté n'a pas d'action.

INTRODUCTION

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été à l'origine accompagnées à~un sentiment de p1aisir, de curiosité, etc. Maintenant le sentiment prilnitif s'est affail)li, mais le lien entre l'idée et l~acte s'est établi; quand elle naît, il suit. 30 Avec les idées abstraites, la tendance au lTIOUVement st à son minimuIT1.Ces idées étant e (les représentations de représentations, de purs schémas, des extraits fixés par un signe, l'élément moteur s'appauvrit dans la même mesure que l'élément représentatif. Si l'on considère tOlItes les formes d'activité qlle- nous venons de passer en revue comme des complications successives du réflexe simple, on peut dire que les idées abstraites sont une ramification collatérale, faiblement rattachée au tronc principal et qui s'est développée à sa manière. Leur tendance filotrice se rédllit à cette parole intérieure, si faible qu'elle soit, qui les accompagne, 'ou au réveil de qllelque aùtre état de conscience. Car, /de même qu'en physiologie la période centrifuge d'un réflexe n~aboutit pas tOlljours à un mouvement, mais aussi bien à la sécrétion d;une glande ou à une action trophi. que; de même, en psychologie, un état de conscience Il'aboutit pas toujours à un mouvement, Inais à la résurrection d~alltres états de COf1science, suivant le mécanisme bien connu de l'association. L'OP1)osition si souvent notée entre les esprits

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spéculatifs, qui vivent dans les abstractions, et les gens pratiques, n'est que l'expression visible et palpable de ces différences psycholo-

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giques que nous venons de signaler. Rappelons

encore, à titre d'éclaircissement, des vérités _
banales: la différence entre connaître le bien et le pratiquer, voir l'absurdité d'une croyance et s'en défaire, condamner U118passion et la sacrifier. Tout cela s'explique par la tendance filatrice, extrêmement faibJe, de l'idée réduite à elle-même. Nous ignorons les conditions anatomiques et physiologiques nécessaires pour la naissance d'une idée abstraite, mais nous pouvons affirmer sans témérité que, dès qu'elle devient un motif d'action, d'autres éléments s'y

ajoutent: ce qui arrive ehez ceux {( qui se dé.

vouent à une idée ». Ce sont les sentiments seuls qui mènent l'homme. II
A s'en te11irà ce qui précède, l'activité volontaire nous apparaît cornme un moment dans cette évolution ascendante qui va dil réflexe silnple, dont la tendance au mouvement est irrésistible, à l'idée abstraite, où la tendance à l'acte est à son minimum. On n'en peut fixer rigoureusement ni le commencement ni la fin,