Les Marins de Napoléon

De
Publié par

« Je n'ai point assez fait pour la marine ! » aurait déclaré Napoléon. Prise de conscience bien tardive puisqu'elle aurait eu lieu… sur le navire qui l'emmenait à Sainte-Hélène ! Et que dire des six cent cinquante-huit braves des guerres de l'Empire, honorés sur l'Arc de Triomphe, lorsqu'on sait que vingt-cinq seulement d’entre eux étaient des marins… Ils ont fait la guerre pendant vingt et un ans, de 1793 à 1814, sans autre interruption que les dix-huit mois qui suivirent le traité d'Amiens. En général, ils n'ont pas été heureux dans les combats. L'histoire n'a retenu qu'Aboukir et Trafalgar… La bravoure, pourtant, ne leur manquait pas, ni les capacités techniques. Ils ont souvent payé pour des fautes qui n'étaient pas les leurs. Ils ont servi l'Empereur avec fidélité, essayant de contrer sur mer la puissance qui soutenait toutes les autres (l'Angleterre), d'où la flottille de Boulogne, les essais de guerre de course, le Blocus continental, etc. Les marins de l'Empereur étaient des hommes plutôt rudes de manières, qui sentaient le goudron et le tabac et formaient un petit monde à part, isolés du reste de la nation par leur vie à bord et dans les ports. Étrangers à l'intrigue, très particularistes, un peu dédaigneux des terriens, ils ont écrit certaines des plus belles pages de l'épopée napoléonienne. Ils méritent d'être mieux connus.
Publié le : jeudi 5 février 2004
Lecture(s) : 0
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9791021016668
Nombre de pages : 372
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat
© Librairie Jules Tallandier, 1978, pour la précédente édition. © Tallandier Éditions, 2004, pour la présente édition. 18, rue Dauphine 75006 Paris
EAN : 979-1-02101-666-8
www.centrenationaldulivre.fr
Ce document numérique a été réalisé parNord Compo.
Avertissement
En 1912, sous le pseudonyme de Henri Bernay, mon père publiait son premier livre :Pour avoir une marine de guerre, et manifestait ainsi, déjà, son intérêt pour l’organisation de la marine après la grave crise du début du siècle, et pour la stratégie en mer à la veille du conflit qui se préparait. La période de la Révolution et celle de l’Empire devaient retenir son attention d’historien maritime : il avait été frappé, en effet, de constater que les mémorialistes discutaient toujours les plans de campagne des armées terrestres et ignoraient ceux des armées navales. Or cette stratégie maritime a existé, et elle était l’œuvre personnelle de Napoléon : qu’il s’agît de la flottille de Boulogne et de l’invasion de l’Angleterre, du déblocage de la flotte de Brest par la manœuvre hardie de la concentration des trente-trois vaisseaux de Villeneuve aux Antilles, des essais de la guerre de course ou du blocus continental, tout, jusqu’à l’extraordinaire renouveau de la flotte après Trafalgar, tout cela a été conçu, puis étudié dans les détails par l’Empereur. Personne ne l’avait dit avant lui, semble-t-il. Remercions les Éditions Tallandier d’avoir introduit dans leurBibliothèque napoléoniennece livre qui, le premier, a exposé les conceptions maritimes de Napoléon, et relaté les exploits des marins « qui ont gouverné sur son étoile ».
Pierre Thomazi
Avant-propos
Tous les historiens de l’Empire expliquent, plus ou moins clairement, comment l’opposition obstinée de l’Angleterre, après avoir obligé Napoléon à lutter contre toute l’Europe, a finalement amené sa chute. Bien peu ont apprécié l’influence de l’infériorité navale qui fut la cause profonde des défaites militaires. Aucun, à ma connaissance, n’a fait assez valoir les efforts de l’Empereur pour abolir ou atténuer cette infériorité. On nous le montre toujours conduisant ses armées contre les Autrichiens, les Prussiens, les Russes. Mais il cherchait aussi, par tous les moyens, à abattre la puissance qui soutenait toutes les autres, la seule qui refusât de reconnaître les conquêtes de la Révolution. Elle n’était vulnérable que par mer et sur mer : d’où la Grande Armée et la flottille de Boulogne, les essais de guerre de course, le Blocus continental, le travail d’organisation et de renforcement de la flotte française. Or, tous ces projets, et bien d’autres dont l’exécution ne fut pas entreprise, sont l’œuvre personnelle de Napoléon. Les combinaisons de stratégie maritime de 1805 pour l’invasion de l’Angleterre portent la marque de son génie, comme les réformes qu’il introduisit dans la marine manifestent la sûreté de son jugement, comme la reconstitution de l’armée navale après Trafalgar est un effet de sa volonté. Aucun des hommes qui ont gouverné la France avant ou après lui n’a étudié de si près la marine, ne s’y est autant intéressé, n’a tâché de l’employer aussi activement. C’est ce qu’on verra dans les pages qui suivent. On n’y trouvera pas un chapitre de l’histoire navale de la France : les faits n’y sont cités que dans la mesure où ils font connaître la marine de ce temps, et le rôle de Napoléon dans son utilisation et son développement. Mais on y rencontrera les marins de l’Empire. Ce sont des personnages hauts en couleur, plutôt rudes de manières, qui sentent le goudron et le tabac. Ils forment un petit monde à part, isolés du reste de la nation par leur vie à bord et dans les ports, étrangers à l’intrigue, très particularistes, un peu dédaigneux des terriens. À la différence des militaires qui ont tout de même connu quelques périodes de paix, ils ont fait la guerre pendant vingt et un ans, de 1793 à 1814, sans autre interruption que les dix-huit mois qui suivirent le traité d’Amiens. En général, ils n’ont pas été heureux dans les combats. La valeur, pourtant, ne leur manquait pas, ni d’ordinaire les capacités techniques. Ils ont souvent payé pour des fautes qui n’étaient pas les leurs. Ils méritent d’être mieux connus.
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.