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Les maux du corps sur le divan

De
268 pages
Les auteurs s'appuient sur leur expérience analytique pour proposer une vision novatrice de la psychosomatique. Ne se limitant pas aux classiques maladies psychosomatiques, ils analysent de multiples interactions esprit-corps pour montrer qu'elles tissent notre être en permanence. Écrit dans un langage clair truffé d'exemples, ce livre s'adresse à toute personne s'intéressant à l'action du psychisme sur le corps.
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inLuencent le fonctionnement de notre corps, autant dans la vie de tous
Sous la dirEction dE DaniEl LySek Angela Gigliotti, François Jeanparis, Michel Romerio
LES MAUX DU CORPS SUR LE DIVAN Perspective psychosomatique
Études psychanalytiques
Préface de Thierry Vincent
Les maux du corps sur le divan
Études Psychanalytiques
Collection dirigée par Alain Brun et Joël Bernat La collectionÉtudes Psychanalytiquesveut proposer un pas de côté et non de plus, en invitant tous ceux que la praxis (théorie et pratique) pousse à écrire, ce, « hors chapelle », « hors école », dans la psychanalyse. Dernières parutions J. GAVELLO,Freud, l’inavouable secret, 2015. Lucien TENENBAUM,D’autres psychotiques que moi. Images de la psychose ordinaire en thérapie (et ailleurs), 2015.Catherine BRONNIMANN,La robe de psyché. Essai de lien entre psychanalyse et vêtement, 2015. Henri MIALOCQ,La trajectoire du désir. De Jacques Lacan à Thérèse d’Avila, 2015. Éric CHAMP, Anne FRAISSE, Marc TOCQUET,L’analyse psycho-organique. Les voies corporelles d’une psychanalyse, 2015. Valérie BLANCO,L’effet divan, 2014. Frédérique F. BERGER,Symptôme de l’enfant, Enfant symptôme, 2014. Soti GRIVA,Crimes en Psychothérapie. A-Voros, 2014. Jacques PONNIER,Adler avec Freud. Repenser le sexuel, l’amour et le souci de soi, 2014.Laurence KAPLAN DREYFUS,Encore vivre : À l’écoute des récits de la Shoah. La psychanalyse face à l’effacement des noms, 2014. Stoïan STOÏANOFF-NENOFF,Freudaines,2014. Francine Hélène SAMAK,De Freud à Erickson.L’hypnose revisitée par la psychanalyse,2014. Christiane ANGLÉS MOUNOUD,Aimer = jouir, l’équation impossible ?, 2014. Christophe SOLIOZ,: entre dissidence etPsychanalyse engagée orthodoxie, 2014. Mina BOURAS,Elle mange rien,2014. Vanessa BRASSIER,Le ravage du lien maternel, 2013. Christian FUCHS,Il n’y a pas de rapport homosexuel, ou de l’homosexualité comme générique de l’intrusion, 2013.
Sous la direction de Daniel Lysek Angela Gigliotti, François Jeanparis, Michel Romerio Les maux du corps sur le divan Perspective psychosomatique
Préface de Thierry Vincent
Du même auteur En collaboration avec D. Gariglio,Créativité bien-être. Mouvement créatifs en analyse, éd. L'Age d'Homme, Lausanne, 2008. © L’Harmattan, 2015 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-06092-7 EAN : 9782343060927
Thierry Vincent
Préface aux « Maux du corps sur le divan » Les maladies dites « psychosomatiques » imposent d’emblée une problématique épistémologique et thérapeutique. Epistémologique, parce que ce concept n’a guère de sens en dehors de la médecine occidentale. Thérapeutique, parce que le terme « psychosomatique » annonce un traitement à deux faces : psychologique et physique.La question épistémologique est ici avant tout étiologique : une maladie est dite psychosomatique si on lui reconnaît une causalité complexe qui met en jeu pour une part la subjectivité du malade ; au fond cette maladie ne serait pas comme les autres : accidentelle et de hasard. Ou plus précisément : dans la maladie psychosomatique et sans doute à son insu, le malade développe un trouble physique à partir d’une perturbation psychologique moins liée au hasard de son milieu naturel qu’au hasard de son histoire personnelle et de la façon dont il y réagit.On le voit, et sans du tout le développer ici, car le fait est bien connu, le concept de « psychosomatique » est étroitement corrélé à une médecine rationnelle, scientifique, qui pour examiner les faits et les symptômes a besoin de les généraliser, de faire la preuve de leur développement corporel et d’écarter, tant que faire se peut la subjectivité de l’observateur quant aux hypothèses formulées à l’égard de ce développement. Dans la médecine occidentale, le corps, pour complexe qu’il soit, doit avoir un statut d’objet.L’essor de cette médecine de plus en plus « technique » est considérable. Sa puissance thérapeutique n’est plus à démontrer. Pourtant les maladies dites « psychosomatiques » sonnent comme le retour, le refoulé si l’on veut, d’un sujet (iciin corpore) pris comme un objet pensable et non pensant.Dès lors, penser la maladie psychosomatique, ce sera penser le corps pensant. Une opération de mise en abyme que l’on se hâtera de limiter : seuls quelques troubles bénéficieront de cette promotion. Lesquels ? Essentiellement des troubles chroniques dont l’étiologie est indécise et dont les manifestations physiques seraient rythmées par des manifes-tations émotionnelles relevant d’unepersonnalitéd’un ou caractèrespécifique ; tout cela restant assez vague au demeurant… Pour le dire clairement : il y a dans ces troubles unerésistance à la thérapeutique qui hante leur étiologie, si bien que cette dernière n’apparaît pas à l’observateur (car il s’agit bien de lui) comme pleinement « rationnelle »,
comme s’il devait exister un facteur caché, singulier, agissant à l’insu du malade pour entretenir ou pérenniser sa maladie, et que le psychologue aurait la charge de traiter et de révéler. C’est là un questionnement assez dérangeant, au sein d’une science médicale qui fait de l’empirisme sa devise.Mais penser le corps pensant, c’est mettre le ver dans le fruit : de ce fait, la psychosomatique pourrait soudainement subir une extension vertigineuse au point que tout trouble quel qu’il soit, pourrait relever de son domaine. Mais aussi bien aucun : « après tout, diront certains, on appelle psychosomatique ce que l’on ne connaît pas encore, le traitement de l’hélicobacter pylorinous a finalement débarrassé des ulcères psycho-somatiques… »La psychosomatique se révèle donc une discipline oscillante et pré-cautionneuse, à qui la médecine basée sur la preuve (Evidence Based Medecine) accepte sporadiquement de céder un strapontin.Chemin faisant, l’épistémologie psychosomatique a trouvé avec la psychanalyse son paradigme le plus fort. Un paradigme qui associe étroitement étiologie et thérapeutique et qui comme l’un des auteurs de ce livre le montre fort bien, emprunte à l’hystérie son modèle : faute de pouvoir s’extérioriser, une pulsion trouve dans le corps une cible et vient faire lésion.C’est le propre de l’école psychosomatique dite « de Paris » (Marty, Nacht, Fain, de M’Uzan…) d’avoir tenté au sein du même paradigme de différencier la conversion hystérique du trouble psychosomatique, avec pour conclusion décisive l’idée qu’à l’inverse du symptôme hystérique « le symptôme psychosomatique est bête ». On admirera ici comment penser le corps pensant conduit à spécifier la réticence à penser de ce dernier. L’idée classique veut donc que le trouble psychosomatique est conçu comme un défaut de mentalisation du sujet qui en est affligé, en raison d’une pensée qualifiée d’« opératoire ». Tout cela est maintenant bien connu.L’immense intérêt du livre de Daniel Lysek et de ses collègues est d’avoir questionné et tenté de subvertir le paradigme en question. Il est d’avoir essayé, à l’aide de la psychanalyse, de dépasser le modèle de l’hystérie et d’offrir à la psychosomatique un champ nouveau où se déployer.L’élucidation de ce nouveau champ est au centre du chapitre de Daniel Lysek lui-même.
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Il s’agit pour lui de revenir aux fondamentaux de la psychosomatique et, à partir d’exemples cliniques et au-delà de la célèbre « complaisance somatique » de Freud, de bien distinguer entre conversion hystérique et atteinte psychosomatique en faisant intervenir en fonction de la première topique du même Freud, à la fois l’inconscient et le préconscient. Il y a, pour cet auteur, dans le trouble psychosomatique une liaison à établir entre les névroses classiques et les névroses actuelles (que l’on appellerait volontiers maintenant « traumatiques »). Cette liaison introduit au concept derésonance. Le déclenchement du trouble psychosomatique se ferait par écho : une situation actuelle fait son chemin dans le préconscient et réactive une pulsion inconsciente déjà sensible qui trouverait à se décharger dans un organe qui en est une cible ancienne. Ce qui est notable dans cette conception, c’est sa similitude avec le mécanisme physiologique de l’allergie. Les exemples pris par l’auteur (l’éclosion d’un herpès labial, une vaginite…) accréditent ainsi l’idée d’une sorted’allergène psychique, où une situation spécifique, mais banale, provoque une problématique pulsionnelle jusque là muette ou pleinement refoulée. Cette conception tendrait ainsi à distinguer les névroses classiques, en particulier hystériques, où la pulsion cherche sans cesse à frayer son chemin au prix des symptômes habituels, des troubles psychosomatiques proprement dits, où la pulsion, et en conséquence son expression, nécessiterait d’être réveillée par des circonstances évènementielles actuelles. C’est ainsi que l’auteur en est amené à distinguer, en entrecroisant les deux topiques freudiennes, l’inconscient (ics) du ça. Si chez Lysek, l’inconscient (ics) est déjà un lieu d’inscriptions, de traces modelées sans doute par le processus primaire, le ça, au contraire, est conçu comme une machine à la fois physique et psychique à lire ces traces archaïques et à les manifester : le ça est ici au fond unemachine à convertir, quelle que soit la modalité de conversion.Cette idée se retrouve amplifiée dans les autres articles de l’ouvrage quand leurs auteurs poussent l’interaction entre psyché et soma tout à la limite du pensable.Angela Gigliotti, de son côté, s’intéresse à ce qui dans le trouble psychosomatique s’actualiserait de phylogénèse. Elle revient sur un phénomène qui avait déjà passionné les Ortigues dans les années 70 et qu’ils avaient décrit dans l’Œdipe Africain : le N’Döep, une pratique ancestrale qui vise à travers des rites de possession collectifs, à réajuster un sujet que nous considérerions, nous occidentaux, comme malade psychiquement, avec ses ancêtres. Pour cette auteure il y a, en particulier dans la vie fœtale, incorporation, si l’on peut dire, à la fois des émotions et ressentis maternels, mais aussi de traces de l’histoire des ancêtres en
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