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Les Mbosi au Congo

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282 pages

Le peuple Mbosi, un des grands groupes ethniques du Congo-Brazzaville, est l'une des sociétés les moins connues de l'Afrique traditionnelle noire. L'auteur tente de nous faire découvrir l'histoire de ce peuple à travers une étude de société et de civilisation.

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Ajouté le : 01 septembre 2007
Lecture(s) : 431
EAN13 : 9782336271590
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LES MBOSI AU COGO : PEUPLE ET CIVILISATIO

© L'HARMATTA, 2007 5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-296-03826-4 EAN : 9782296038264

Joseph ITOUA

LES MBOSI AU COGO : PEUPLE ET CIVILISATIO

L'Harmattan

Etudes Africaines
Collection dirigée par Denis Pryen et François Manga Akoa Dernières parutions Jacques CHATUÉ, Basile-Juléat Fouda, 2007. Bernard LABA NZUZI, Léquation congolaise, 2007. Olivier CLAIRAT, Lécole de Diawar et léducation au Sénégal, 2007. Mwamba TSHIBANGU, Congo-Kinshasa ou la dictature en série, 2007. Honorine NGOU, Mariage et Violence dans la Société Traditionnelle Fang au Gabon, 2007. Raymond Guisso DOGORE, La Côte dIvoire : construire le développement durable, 2007. André-Bernard ERGO, Lhéritage de la Congolie, 2007. Ignatiana SHONGEDZA, Éducation des femmes en Afrique australe, 2007. Albert MPAKA, Démocratie et vie politique au Congo-Brazzaville, 2007. Jean-Alexis MFOUTOU, Coréférents et synonymes du français au CongoBrazzaville. Ce que dire veut dire, 2007. Jean-Alexis MFOUTOU, La langue française au Congo-Brazzaville, 2007. Mouhamadou Mounirou SY, La protection constitutionnelle des droits fondamentaux en Afrique. Lexemple du Sénégal, 2007. Cheikh Moctar BA, Etude comparative entre les cosmogonies grecques et africaines, 2007. Mohamed Saliou CAMARA, Le pouvoir politique en Guinée sous Sékou Touré, 2007. Pierre SALMON, ouvelle introduction à lhistoire de lAfrique, 2007. Pierre KAMDEM, Camerounais en Ile-de-France, 2007. Vincent MULAGO, Théologie africaine et problèmes connexes. Au fil des années (1956 1992), 2007. COLLECTIF, LAfrique, histoire dune longue errance, Colloque au Lucernaire du 24 et 25 mars 2007, 2007 BOUOPDA Pierre Kamé, Cameroun, les crises majeures de la présidence Paul Biya, 2007. André MBENG, Recueil de chansons épiques du peuple bassa du Cameroun, 2007. Souraya HASSAN HOUSSEIN, Économie du développement et changements institutionnels et organisationnels, 2007. André Julien MBEM, LAfrique au cur de lEurope. Quel projet pour le ouveau Monde qui vient ?, 2007. Djibo HAMANI, LIslam au Soudan Central, 2007.

À Vincent Itoua Manzanza, mon défunt père À Henriette gato, ma défunte mère À Marie Geneviève et Léonie Béatrice Itoua, mes défuntes petites soeurs

REMERCIEMETS

Pour mener à terme ce travail, il ma fallu consulter une documentation qui na toujours été disponible ou facilement accessible. Aussi ai-je eu, avec des traditionnistes, plusieurs entretiens dun intérêt inestimable. Mes remerciements les plus chaleureux sadressent à François Ben Kiba, qui a eu lamabilité de me communiquer des renseignements forts. Jexprime aussi ma gratitude à Eric Mallet, Romain Oko Mouandzibi, Isaac Daniel Itoua, Patrick Itoua, Ulrich Vianey EbattaKaba, Zellet Oko Mouanzibi, Olga Irène Agnouka Mondo, Yvon Davy Ndzota, Adolphe Ngakosso, Daniel Eboulabeka, Serge Gabriel IndohBaucot, Guy Patrice Okemba, Thomas Poteaux.

ITRODUCTIO
Lopinion actuelle des historiens la plus dominante est celle des « modernistes » qui pensent quil nest point besoin pour la connaissance de lAfrique de fouiller très loin dans le passé. Ils conseillent alors pour toute recherche en histoire de lAfrique Noire de se limiter à la connaissance des choses et évènements récents : les grandes découvertes, la colonisation et la décolonisation, les problèmes contemporains du continent. Bien entendu, ces sujets sont intéressants parce quils permettent léclairage des faits et phénomènes auxquels se trouve confrontée lAfrique. Mais occulter le passé de lAfrique, cest forcer lhomme actuel à ignorer lapport de ce continent dans lhistoire du développement du genre humain au niveau mondial. Cette occultation est aujourdhui remarquable à légard de plusieurs peuples de lAfrique Centrale comme pour le peuple Mbosi du Congo Brazzaville. Le peuple Mbosi, dans le nord du Congo (cuvette congolaise) est lun des grands groupes ethniques qui peuplent la République du Congo et quil partage avec les deux autres groupes : Teke et Kongo. La présente étude a pour humble ambition de participer à la connaissance des Mbosi afin de contribuer à lécriture de lhistoire générale antécoloniale du Congo. Il existe en effet très peu détudes et les quelques recherches1 existantes sur ce peuple nont partiellement abordé ce peuple que par ses aspects organisationnels et civilisationnels.

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Aissi (A), Bafouetela (R), Essakomba (J), Ndinga-Mbo (A. C) : « La chefferie en pays Koyo » in Annales de la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines, N° 1, Université Marien Ngouabi, 1985, pp88-105 Ndinga-Mbo (A. C) : Pour une histoire de la cuvette congolaise : réflexions méthodologiques, Paris, Harmattan, 2003, 308p Obenga (Th) : La cuvette congolaise. Les hommes et les structures, Présence Africaine, Paris, 1976, 172p Ollandet (J) : Les contacts Teke-Mbosi. Essai sur les civilisations du bassin du Congo, Thèse de Doctorat de 3è cycle dhistoire, Université Paul Valéry Montpellier, 1981, 2 Tomes, T1. 276p ; T2. 581p 9

Ces considérations montrent clairement que cet essai de monographie est une uvre inédite. Il est original non seulement dans le domaine de lhistoire, mais aussi dans les domaines de lethnosociologie. Nous tenterons de présenter ici, outre les motivations et les objectifs de létude, la démarche suivie pour la réaliser. Tout en amoindrissant les aspérités auxquelles toute uvre inédite sexpose, il faut aider le lecteur le non averti à comprendre ce quil va découvrir. La réalisation dun document dhistoire sarticule, en général, en quatre grandes étapes : le repérage des sources, la collecte des sources repérées, leur analyse ou leur traitement et la réalisation du document final. Lélaboration de la présente étude na pas failli à cette règle. Le processus de repérage, de collecte, danalyse et de synthèse des sources constitue la méthode de travail. Ainsi, la première étape de ce labeur a consisté à repérer les sources ou pièces indispensabes à son exécution. Les différents types de documents qui se sont révélés nécessaires sont les sources orales alors que les sources écrites ont été jugées complémentaires. Les sources orales sont le savoir historique relatif au sujet détude que détiennent certaines personnes. Celles-ci ont acquis ce savoir par leur contact avec les générations passées. Cette connaissance quelles ont conservée à travers leur âge avancé a réussi à construire et à jalonner soit leur intelligence, soit leur expérience de la vie, soit les rôles quelles jouent au sein de leurs communautés. Pour atteindre ces sources, nous avons entrepris des enquêtes sur le terrain à la rencontre des informateurs. Aussi les avons-nous menés au Congo auprès des personnes faisant partie de lethnie Mbosi que nous avons soupçonnées détenir les valeurs recherchées. Quant aux sources écrites, elles sont constituées par les manuscrits et les imprimés qui concernent le champ de létude. Ces dernières sont indiquées en bibliographie. Le traitement des sources collectées sest présenté à nous comme une obligation de procéder à la mise en cohésion et en harmonie des sources orales et écrites recueillies. Lanalyse interne et externe de ces sources et le montage historique des faits les ont mis en lumière. Cette tâche na pas été très facile ; cest une tâche de longue haleine. Il a fallu interroger chaque fait, chaque source et confronter les récits entre eux
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avec les faits contenus dans les sources écrites pour pouvoir établir, sinon approcher, la vérité historique. Quand on connaît le nombre de traditionnistes interrogés et la quantité de documents collectés, on peut mesurer le travail énorme qui a été accompli à partir de cette étape. La troisième et dernière étape de lanalyse des sources a consisté à reprendre chacun de ces documents, à les parcourir, à les découper puis à classer les faits. Cela a nécessité létablissement de chaque texte en plusieurs centres dintérêts et thèmes. Létape de rédaction du document final a débuté par lélaboration du plan. Celui-ci est fait de titres et de chapitres afin, dune part, de faciliter la compréhension du texte par les lecteurs même les non avertis, et, dautre part, daider à répondre à la question centrale : que représente le peuple Mbosi et quelle était sa civilisation ? Cette méthodologie na assurément rien doriginal. La valeur dune méthodologie tient, pensons-nous, à celle des résultats auxquels elle permet daboutir. Létude comprend trois parties. La première dentre elles est consacrée aux repères géographiques et historiques ; elle est subdivisée en deux chapitres. Le premier fait une présentation du peuple Mbosi. Il sagit de le localiser, de tenter une explication du terme Mbosi et enfin, didentifier les groupes et sous-groupes de cette ethnie. Le deuxième chapitre traite de lorigine et des migrations Mbosi. Cela nous amène à discuter de lorigine probable de ce peuple, de décrire ses mouvements migratoires et de retracer les itinéraires suivis par lui pour en arriver finalement à son habitat actuel. La deuxième partie consacrée à la civilisation et la culture est subdivisée en cinq chapitres. Les deux premiers proposent une lecture du régime de vie et de la terre. Les chapitres trois et quatre décrivent lhabitat Mbosi : le village et la parenté Mbosi. Il est question desquisser quelques éléments de la sociologie de lhabitat, à savoir : les différentes dimensions du village, lhistoire de sa fondation, le choix du site, lintérêt de son nom, sa forme et sa morphologie. Enfin, le cinquième chapitre donne quelques traits communs de culture : la langue, la littérature, la mesure du temps, la religion et croyance, la sorcellerie, la musique et la danse.
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La troisième et dernière partie se consacre à lanalyse de lorganisation socio-politique des Mbosi : les chefferies, lun des éléments de sa civilisation. La chefferie est la structure administrative et politique la plus connue, la plus généralisée et la plus récurrente des sociétés. Elle a préexisté à toutes les formes étatiques : royaumes, empires, république et a surtout constitué la structure politique la plus classique des sociétés anciennes2. Véritable terreau qui représente tout un système de règles et de croyances, elle fonctionne comme un tout au travers duquel la société se régule. On pourra la définir comme un système dorganisation dans lequel un ou plusieurs villages se regroupe(ent) sous lautorité dun chef séculier. Le chef incarne dans le village tous les pouvoirs : politique, administratif, législatif, judiciaire, moral et religieux. Dans le monde Mbosi, les chefferies sont indépendantes les unes des autres et se présentent sous plusieurs types dont les degrés hiérarchiques sont : Okani, Ondinga et Mara. Chacun de ces types de chefferies peut être défini comme un système dorganisation et de gestion dans lequel plusieurs lignages se regroupent en un clan sous lautorité dun chef séculier. Les quatre chapitres qui constituent cette partie circonscrivent la chefferie, décrivent et caractérisent les trois systèmes en soulignant les quelques différences qui peuvent exister entre eux. Létude est complétée par quelques annexes qui retracent lhistoire de quelques chefferies et/ou proposent un catalogue des chefferies dans chaque système.

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Ndaywel E Nziem (I) : Histoire générale du Congo. De lhéritage ancien à la République Démocratique, Bruxelles, Afrique Éditions, 1998, p61 12

PREMIÈRE PARTIE : REPÈRES GÉOGRAPHIQUES ET HISTORIQUES

CHAPITRE I : PRÉSETATIO DU PEUPLE MBOSI

1. Situation ou repère territorial Le peuple Mbosi habite le Nord-Congo quil partage avec les peuples Teke, Sangha, Maka, Pygmées, Oubanguiens. Il occupe les deux rives de la rivière Alima, la Likouala-Mossaka et le littoral droit du fleuve Congo. Lespace occupé par les Mbosi correspond sur le plan administratif aux régions (actuellement Départements) de la Cuvette, de la Cuvette-Ouest et des Plateaux, plus précisément aux districts de Mossaka, dOyo, de Tchikapika, de Boundji, de Ngoko, de Makoua, de Ntokou, dOwando, de Mbomo, dEtoumbi, dAbala, dAllembé, dOllombo, dOngogni, de Makotimpoko et de Gamboma.

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Carte º 1 : Les principaux groupes ethniques du Congo

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Carte º 2 : Les groupes ethniques du Congo

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Carte º 3 : La République du Congo

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Carte º 4 : Organisation administrative du Congo

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2. Les populations Mbosi : Groupes et sous-groupes du peuple Mbosi Le peuple Mbosi constitue un des plus grands groupes ethniques de la République du Congo (Brazzaville). Cest une composante du grand groupe ethnolinguistique Bantu3 appelé Ngala4. De nombreux auteurs5, dans leurs études et uvres, se sont employés à lidentification de ce peuple et ont relevé quil se divise en plusieurs sous-groupes dont les Koyo, les Akwa, les Ngaré, les Mboko, les Mbosi stricto sensu. À ces groupes, sajoutent aux groupes Mbosi, les sous-groupes Ngala comme Moye (ou Moï), Likouba et Likouala. Chaque sous-groupe Mbosi est lui-même reparti en sous-groupes géo-identifiés. 2.1. Koyo (Kouyou) On les rencontre principalement dans les districts dOwando et de Makoua. Ils se répartissent de manière suivante : 1)- Sur la rive droite de la rivière Kouyou :
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Une recherche sur le terme «Bantu» ne peut ignorer la teneur de lanalyse historique et linguistique que propose Théophile Obenga dans son ouvrage : Les Bantu, langues, peuples, civilisations, Paris, Présence africaine, 1985, pp335-339. Il étudie le mot «homme» (homo) dans quelques langues Bantu. «Il rapporte que cest en 1862 que le missionnaire W.H.L Bleek (1827-1875) forge le terme pour désigner un vaste ensemble de langues, visiblement apparentées, précisément les langues Bantu. Le singulier de ce mot est : muntu. Il signifie simplement : «homme (homo), être humain, personne humaine». 4 Ndinga-Mbo (A. C) : Onomastique et Histoire du Congo-Brazzaville, Paris, Harmattan, 2004, pp73-128 5 Obenga (Th) : Op. Cit, pp6-13 Soussa (L) : Évolution des structures sociales traditionnelles du Congo. De la pénétration coloniale française à nos jours (Lexemple Mbochi), Thèse de Doctorat de 3è cycle dhistoire (Ethnologie), Écoles des Hautes Études en Sciences Sociales, Paris, 1981, pp33-39 Ndinga-Mbo (A. C) : pp87-128 Ovoula (A. E) : La médiation dans la culture et la religion traditionnelle bantu : Étude sur les Mbochi du Congo, Mémoire de Licence en théologie, Pontificio Universita Gregoriana, Facolta Di Missiologia, Rome, 2000, pp45-47 20

Bombo (Ekamba), dans les villages Otende, Osake, Ekoli, Ebala, Osonga, Ndamba, Ongondza, Elinginawe, Ombonyo, Opongo, Aba, Okyelo, Asale, Indanga, Ongoiyo, Osengwa, Ebongo, Ikolamoko, Ongale (Ingye), Owando (Fort-Rousset), Kanguini, Mbembe, Okouma, Ango, Ambokangye, Songo, Ondaha (Ondaka); Tanda, dans les villages Obenga, Boko, Ihimbou, Mboma, Esenge, Asoko, Oyeba, Muku, Boulangoulou, Saba, Alembe, Ebondzi, Ndonga, Kwamou, Olende, Okonyi, Ikongono, Oyongo, Angwango, Ehando, Elikangwe, Isame, Endongo, Dzabaka, Ombanda, Ehendo, Alebou, Eboyo, Ebuka, Mbobo, Endeke, Okoko, Onginda, Ibea ; Tse (Akoyo a Tse), dans les villages Okonga, Bonya, Bwa, Okona, Ondzindou. 2)- Sur la rive gauche de la rivière Kouyou : Ehamba, dans les villages Abenga, Okoko-Oko, Ikoumou, Mombe (Mwembe), Ilebou, Nyereboumba (Nieteboumba), Ondongo, Epombo, Ndzakou, Apoko, Lebangou, Ondwembe, Ikolo, Ngyele (Aloumou), Ombondzo, Okinyi, Mbomo, Oleli ; Tanda, dans les villages Aporo, Iloko la Ngwe, Mwenge, Abondzi, Oyomi, Engwala, Oswe, Emboli. Pele-pele Osaba, dans les villages Isabi, Bwa, Enganga, Ingondo, Ondzeli (Mondjeli), Ekombe (Ekwembe), Embanda, Ombele, Omboso, Olee, Ekoumou, Otsange, Enganda ; Tse (Akoyo A Tse), dans les villages Obanga, Olombo, Otsendo, Pouri, Osambou, Osangou, Boya, Elima, Otoho (Omondzo), Ikouha (Ikoukha), Ibonga, Tsongo, Yanana, Okwase, Okondzi, Koyo Ngandza, Ibonga, Isemba, Oyekhe, Esanga, Ongandza, Iyenge, Ombongo, Tsanga Mba, Onkabi, Ombomo, Ikamou, Okonongo, Onka, Lembopfo, Obokho, Mbale, Itombi, Ombouma, Dzouma, Obousa, Okondzi, Mwakhe, Ilanga, Asenge, Ondombo, Inye, Lekwi, Ondaka, Endonga, Ibouna, Lebanga, Ikombo.
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Lesso, dans les villages Elingosayo, Osonga, Okonda, Pamba (Penda), Panga Ndamou, Otya bana (Osanga), Okanda Penda ; Manga, dans les villages Weme, Likhi, Oyongo, Dzo, Bwa, Boko, Kombe, Ikoha (Ikokha), Kyambi, Ndihou, Ekondzo, Mo mo Oporo, MO mo Oha, Ndzeheme (Ndzekheme), Itoumba, Odzema, Dzongo, Ikonda, Mange. 2.2. Akwa (Makoua) Ils peuplent les districts de Makoua et Ntokou. On rencontre : Akwa Mbangi, autour des villages Penda, Akwa (Makoua village), Ikoungou, Ifouta, Ondza, Asogo, Otambo Ohoko, Ikyemou, Elombe, Obongo Wa Tanda, Obambi, Mbese, Onyaa, Voumba, Otamba, Oyio(Boda), Mbendze, Lengui, Lango, Lango, Ongomo, Pamba, Odzaga, Apoko ; Akwa Opa, autour des villages Obe, Pomboso, Mango, Onanga, Isengue (Ochomba), Tsako, Kagué, Otala, Ikombo (Ofou), Doua (Itanyérè), Ashagui, Mbomo, Epéré (Hoalé, Mohali), Angalé (Ngounde), Isengué (Enguidi), Ihoura (Louengue), Ohouri, Ekagna, Iyenga, Mvoula (Ongolou), Sembé, Paka-Ndzokou, Mongo, Ngamé (Ongara), Aboua, Enguidi, Doua-Osendo (Osendo), Enguindi-Aboko, Oba, Ossouangui, Ikinga-wasa (Ingouala), Inguékè, Odzala, Ibonima-Akogo, Tokou-Otolo, Koundou-Taba (Olah), Mouandzo, Longa, Boya, Obyi, Tsongo, Otema, Ikosha, Asha (Ifoundaga), Mbandza ma Ngouendê, Vouma, Mboko (Vouatsono), Okya, Nyosoga, Okohodo, Ikwe, Omongo, Ihou, Mbandza, Tobou, Ohale A Tanda, Aya, Engoulou, Inyangui, Emina, Ndinga, Vanga, Ayandza, Ikoro, Eka, Obala-Vouya, Ikashou, Ibombo, Ikamou, Dzombo, Dzoumbou la Shyegou, Iwara, Ohembe, Voumvou, Okoungou, Ishougou, Elere, Ashaga A Tsye, Ibonga, Odzara, Akombo, Ibambala, Ikwe, Obalengui, Olonga, Obangui, Akaga, Ambomi, Ishougwa, Penda Otongue, Ishengue, Ekoma ; Akwa Epende, autour des villages Oyeke Epede (Ebaloyegue), Yombe la Tanda, Mwangue, Ohembe (Ibonga), Andzala, Obonda, Ongande, Avourou ;
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Akwa a Tsye, autour des villages Yombe la Tsye, Ikou, Ebaga, Manda, Kandza, Okombe, Oko, Obogo wa tsye, Obondzo, Odinga, Ibandza, Opando, Tsongo, Onganaga, Itsigwa, Ahouma (Ndoungounyama), Oywe, Pango, Obambou, Onyambe, Ombebo, Oshague, Ngyo. 2.3. garé Ils peuplent principalement le district dItoumbi. Ils se subdivisent en sous-groupes territoriaux que sont : Asi Ondinga, autour des villages Akonda, Iposo, Oywe, Oyepfa ; Asi Bwa La Apongi, autour des villages Adinga (Adinha), Ndongo, Oywe, Issongo, Okanya ; Asi gare, autour des villages Abela, Angomo, Ondeko, Etoka, Palabaka (Epelabaka), Itombi (Itoumbi), Obako, Ngwoni, Mboli Yandza, Akana, Etopfo, Adinga, Ewoundza, Obey. 2.4. Mboko On les rencontre dans le district de Mbomo repartis en : Asi Mbandza, autour des villages Dzondo, Ondzuba, Diba, Akamu, Ebongo, Ngami, Mbende, Ebana, Papaye, Obey, Ngele, Bombo, Sepfe, Olepfekha, Bvwanga, Ayandza, Abwa. Ambolo, autour des villages Ishoko, Mbomo, Lebango, Ikaha, Ibonga, Kepfa, Akonho, Ambende, Ndzanga, Ombo, Lembo, Okabhandyo, Angale ; Asi Bvouya, autour des villages Oleme, Nganga Ebongi, Ilembu, Itombi, Odzala, Edibabandza, Lengi-Lengi, Olele, Ndzolesebha, Duma, Oponga.
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Lorganisation socio-politique des Koyo, des Akwa, des Mboko et des Ngaré est dominée par la chefferie appelée Okani. 2.5. Mbosi stricto sensu Les Mbosi proprement dits ne constituent pas un groupe ethnolinguistique séparé des autres Mbosi, mais une communauté linguistique large où lintercompréhension est immédiate. Ils portent le nom de lensemble et sont les plus nombreux de tous les sous-groupes qui constituent le grand groupe Mbosi. Installés de part et dautre de lAlima, ils habitent les districts dAbala, Ollombo, Alembe, Ongogni, Boundji, Oyo, Tchikapika, Ngoko. Ils occupent une partie de ceux de Mossaka, dOwando et de Makotimpoko. Plusieurs fractions sindividualisent au sein même de ces Mbosi stricto sensu. Ce sont : - Sur la rive gauche de la rivière Alima et sur le littoral droit du fleuve Congo : Mbonzi, Obaa, Eboyi ou Omboo, Ambosi a Ngolo, Ambosi a Mossaka. Le sous-groupe Mbosi (Ambosi a Ngolo) renferme actuellement les sous-ensembles ci-après : Tsambitso, Okouélé, Mbosi de Tchikapika et de Tongo. Cette appellation Ambosi a Ngolo a été attribuée par les Mbosi Olee pour désigner tous leurs frères Mbosi qui habitent la rive gauche de la rivière Alima (précisément des districts dOyo et Tchikapika). En revanche, ceux-ci et les Likouba appellent leurs frères de la rive droite de lAlima (Mbosi Olee) par Ambosi a Ngola Tsongo (Mbosi du côté de Tsongo). Ce sont deux groupes apparentés et voisins habitant les deux rives de lAlima ; - Sur la rive droite de la rivière Alima, les Ngae et les Nguilima. - À lintérieur du territoire compris entre les rivières Alima au Nord et Nkéni au sud, se trouvent les Mbosi Olee : Ondinga, Olembé, Bombo, Ilanga, Tsongo et Asoni. Signalons que certaines appellations comme Mbosi Tsambitso, Mbosi Olee, Mbosi Okouélé, Mbosi de Tongo, Mbosi de Mossaka, etc, ne désignent pas des réalités ethnographiques ; elles correspondent à des sobriquets attribués par des populations voisines, soit en raison dune
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danse pratiquée (Mbosi Olee), soit par idée didentifier le sous-groupe à un village central. 2.5.1. Les Mbosi de Mbonzi On rencontre : Asi Alee, autour des villages Mbese, Okoungou, Ongondza, Okolo, Omba, Ekyembe ; Asi Opongo, autour des villages Ekala, Lekanda, Oko, Esya, Ikanya, Okoulou, Iyongo, Ngoni, Tsongo ; Asi Engosi, autour des villages Ekami, Akoumoutse, Tsokia, Lekoli (Engosi), Etaa (Edzari), Elengue ya Ndzwembe, Isosi, Okale, Ikyenya, Ayandza ; Asi Oyoa, autour des villages Oyoa, Abela, Elondi, Oboa, Esimbi, Ebongo ou Boundji, Kalikasi, Epfesi, Endzama, Epili, Engondo, Okonda, Odikango, Otsenye, Okaya, Okouesse, Emwami, Osimba, Ondingui ; Asi Ikongo Odzetoo, autour des villages Obongui, Tombo, Alembe, Abenga, Nganya, Paa, Koso, Ayolo, Boro ; Asi Mvoyi, autour des villages Oyongo, Ndongo, Atsyeli, Tseka (Engongo), Engana ; Asi Iwoa Lebabo, autour des villages Okasa, Ekyenavouma, Ikouele, Ngwakandi.

2.5.2. Les Mbosi de Tsambitso Tsambitso (littéralement, Tsambi = terre ; Tso = rouge) est en fait le nom dun village des Asi Ibongo. Cest dans ce village que Mgr
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Prosper Augouard avait implanté le 15 janvier 1899 une mission catholique, Sainte Radegonde. Après la fermeture de la mission suite à la fronde contre les Spiritains menée par les habitants des villages Abo et Pama, les chrétiens de cette mission furent abandonnés à eux-mêmes. Exhortés par les Spiritains de léglise Saint Benoît de Boundji, ils quittaient périodiquement leur contrée par groupe pour suivre lenseignement spirituel à Boundji6. Les prêtres et les Mbosi de Boundji avaient pris lhabitude de désigner ces chrétiens par le nom de leur village dorigine, « Tsambitso ». Lappellation « Asi Tsambitso » a été désormais appliquée à tous les Mbosi originaires de cette contrée. Les Mbosi qui sont désignés aujourdhui « Asi Tsambitso » (dans le district dOyo) ne se reconnaissent pas dans cette appellation. Elle leur a été attribuée récemment. Ils préfèrent être désignés par les appellations : Asi gola gamba, autour des villages Abongo, Elondzi, Koyo, Miaba (Myapfa), Ekagni ; Asi Ibongo, autour des villages, Iso, Idou, Oyo, Tsambitso, Biala, Pama, Abo ; Asi Tanda, autour des villages Oka, Bara, Opokania, Kouembe, Obomi, Otsende, Mbopfo, Engoueme, Obele, Odouka, Okona, Olepfe. 2.5.3. Les Mbosi dObaa Autour des villages Ibonga, Okia, Opangui, Tsama, Oyendze, Ouendze, Mbandza, Ngoko, Enyongo Mboma, Voulangoulou, Mouangni, Ossangui, Otoo (Otogo), Oyomi, Ollebi, Etouomi (Itsomi). 2.5.4. Les Mbosi dEboyi (ou Omboo) Ces Mbosi prétendent que ce terme « Eboyi » (Ebohou pour les Koyo Ekamba voisins de lentre Woma-Kouyou) qui les désigne leur est étranger. Ce nom leur aurait été attribué par leurs voisins, les Koyo7.
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Ndinga-Mbo (A. C) : Op. Cit, p93 Ndinga-Mbo (A. C) : Op. Cit, pp87-88 26

« Eboyi » est un terme géographique qui signifie « vallée humide. Le pays Eboyi est effectivement une zone marécageuse, prolongement ici en zone des « terres fermes » de la basse plaine alluviale de la cuvette congolaise. Les « Asi Eboyi » seraient ainsi les « habitants des marécages ». Les Mbosi de Ngaë, de Nguilima et de Mbonzi les nomment Asi Omboo ou Asi tse (cest-à-dire ceux de laval, pour les Mbosi de Mbonzi) ou Asi Tanda (ceux de lamont, pour les Mbosi Tsambitso). Ceux qui sont désignés par les «Asi Eboyi» se répartissent comme suit : Eboyi Ongondza, autour des villages Obomi, Osende, Mbopfo, Engouene, Ingye, Oboya (Obouya), Kolo, Okondo, Obele, Olepfe, Okona ; Eboyi Myandza, autour des villages Obeya, Onwenge, Oyembi, Okoungou, Ndzyi, Oyongo, Ingye la Oyayi, Ekanya, Ibonga, Lepourou, Obanga, Isenge, Ibo, Boula Nganga, Olwembe, Kale, Okwe, Otoo (Otoko), Akoumbou ; Asi Dzongo, autour des villages Ebongo, Obouya, Koubou, Ando, Okona, Ibuna, Ilanga, Ipfunda ; Asi Iboha (Oboka, Liboka), autour des villages Liboka, Ahosso, Otoko (Kali Otoko), Epaa, Olonga, Okounyou, Ikwange, Itomba, Ikonda, Ebamba, Abongo, Osaa, Iboo, Iboho, Apombo, Ekoho, Ibangui. Asi Eboyi Ibya, autour des villages Olembe, Tsongo, Ndwenge, Ibwangongo, Ilanga, Ngwene, Bara, Kwembe, Opokanye ; Eboyi ya Tanda, autour des villages Katso (Oyongo), Ebouha, Eboyo, Alepfi, Endongo, Atsipfi, Iseyi, Ebongo, Odzeha, Ombembe, Isami, Pwere, Odikango, Konyi-konyi, Ondzouba, Mwetsou, Owando, Mboma ; Eboyi (Ebohou Ekamba), autour des villages Abea, Pwere, Ilanga, Bwayaka, Ikanya, Obanga, Bwi, Pwere Isenge, Ebehe, Ikyemu,
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Ongondo, Okyembe, Ongyehe, Pando, Alesi, Ilebou Mwapfa, Ndongo la Kaba, Yandza, Aletere, Kyema Ali Ikoo, Ibea, Nganya, Benga, Ayoho (Ayoko), Konda, Ekombo. 2.5.5. Les Mbosi Okouélé Autour des villages Bokouélé, Lipounou, Mokonda, Iboko, Ika, Oyoko, Assa, Ehota. 2.5.6. Les Mbosi de Bokombo Autour des villages Bokombo, Indingui, Bomioko, Tsono, Maloukou, Boniala, Mopiko, Boka, Boundji Lagune, dans le district dOyo. 2.5.7. Les Mbosi de Tongo Aujourdhui, ceux que lon appelle les Mbosi de Tongo ne se reconnaissaient pas jadis dans cette appellation. Celle-ci leur a été attribuée récemment par leurs voisins. Tongo est en réalité le nom dun village des Mbosi de Ngolo, situé sur le bord de la rivière Alima. Le nom de ce village a fini par être attribué à lensemble des ressortissants dun groupe de villages pour les identifier et les situer. Il sagit précisément des villages ci-après dans le district de Tchikapika : Tongo, Makongo, Essassaka, Ngania, Tongo-Moke, Obessi, Engouété. Les Mbosi de Tongo nont pas connu de chefs traditionnels à proprement parler. Mais lhistoire de leurs chefferies se résume autour des chefs de villages ou de terre suivants : Lessombo, Ebimba (Ndzombo A Mba Mouanssanga), Ebengui, Ngatsé Iwandza. En dehors de ces chefs, les Mbosi de Tongo ont eu des maîtres dOtwere appelés Ngo a Twere. 2.5.8. Les Mbosi de Tchikapika

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