Les nouveaux réalistes

De
Publié par

Ce livre est né d’un séminaire intitulé French Theory Today – An Introduction to Possible Futures, donné à la Public School de New York en 2010 et consacré à cinq philosophes français : Catherine Malabou, Bernard Stiegler, Mehdi Belhaj Kacem, Quentin Meillassoux et François Laruelle.
La perspective dans laquelle se place son auteur est celle d’un outsider étranger au contexte français, aux querelles de clocher de l’élite philosophique parisienne ainsi qu’à l’antique genèse de ses factions politiques. Sous le nom de «nouveaux réalistes », il ne s’agit donc pas de repérer l’émergence d’une nouvelle école mais de faire apparaître, en respectant la singularité de chaque auteur, des chemins de pensée qui témoignent d’un intérêt renouvelé à l’égard de la vérité. L’auteur rassemble ici, entre ontologie, redéfinition de l’objet et critique du capitalisme, quelques-uns des thèmes les plus significatifs du discours d’aujourd’hui. Il démontre qu’à la crise de la théorie succède la recherche d’autres logiques pour d’autres mondes.
La question désormais décisive de la philosophie pourrait se formuler ainsi : êtes-vous du côté du réel ou du côté de l’histoire ?
Publié le : mardi 24 février 2015
Lecture(s) : 15
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782756106267
Nombre de pages : 165
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat

Alexander R. Galloway
Les Nouveaux
réalistes :
philosophie et
postfordisme
Traduit de l’américain par
Clémentine Duzer et Thomas Duzer



Ce livre est né d’un séminaire intitulé
French Theory Today – An Introduction to
Possible Futures, donné à la Public School
de New York en 2010 et consacré à cinq philosophes français : Catherine
Malabou, Bernard Stiegler, Mehdi Belhaj
Kacem, Quentin Meillassoux et François
Laruelle.
La perspective dans laquelle se place son
auteur est celle d’un outsider étranger au
contexte français, aux querelles de clocher
de l’élite philosophique parisienne ainsi
qu’à l’antique genèse de ses factions
politiques. Sous le nom de «nouveaux
réalistes », il ne s’agit donc pas de repérer
l’émergence d’une nouvelle école mais de
faire apparaître, en respectant la
singularité de chaque auteur, des chemins
de pensée qui témoignent d’un intérêt
renouvelé à l’égard de la vérité. L’auteur
rassemble ici, entre ontologie, redéfinition de l’objet et critique du
capitalisme, quelques-uns des thèmes les
plus significatifs du discours
d’aujourd’hui. Il démontre qu’à la crise
de la théorie succède la recherche d’autres
logiques pour d’autres mondes.
La question désormais décisive de la
philosophie pourrait se formuler ainsi :
êtes-vous du côté du réel ou du côté de
l’histoire ?

Alexander R. Galloway est professeur
associé au département de Media,
Culture et Communication de
l’Université de New York. Il est membre
fondateur du groupe Radical Software
Group (RSG) et auteur, entre autres, de l’ouvrage The Interface Effect (2012).



EAN numérique : 978-2-7561-0625-0978-2-7561-0626-7

EAN livre papier : 9782756104126


www.leoscheer.com LESNOUVEAUXRÉALISTES:
PHILOSOPHIEETPOSTFORDISMECollectiondirigéepar
CatherineMalabouetLéoScheer
© ÉditionsLéoScheer,2012
www.leoscheer.comAlexanderR.Galloway
LESNOUVEAUXRÉALISTES:
PHILOSOPHIEETPOSTFORDISME
Traduitdel’américain
parClémentineDuzer etThomas Duzer
Philosophie
ÉditionsLéo ScheerPRÉFACE
On dit souvent de Marx qu’il est le produitd’une
certainegéographie européenne:l’économie
politique
anglaise,l’idéalismeallemandetlesocialismefrançais.
L’Europed’aujourd’huin’estpluslamême.EnAllemagne ilyalathéorie desmédias,enItalie la théorie
politique et en France la philosophie. La période de
criseetdereplidelaphilosophiefrançaisequiadébuté
auxalentoursde1975ou1976,etquiadurévingt-cinq
ans, arriveheureusementàson terme.Les enfantsdes
soixante-huitardssontdésormaisadultes,etilsécrivent.
Ce courtlivrea pour butd’explorer certaines de
ces pensées nouvelles, ainsi que quelques autres, plus
anciennes, aujourd’hui davantagelues et comprises.
Dans les années 80, le mondeanglophoneaimporté
avec enthousiasme desfigures telles que Derrida et
7Foucault,puisDeleuzedanslesannées90.Ladécennie
dernièreaquantàelle étédominée par Badiou, voire
parRancière.Cesauteurssontaujourd’huiclasséssous
larubrique FrenchTheory.
Lebutdecelivren’estpasdechanterleslouangesdes
soixante-huitards,nidevenirgrossirlapléthorede
publications générées par les œuvres de Deleuzeoude
BadiouàlaquelleonassisteauxÉtats-UnisetenFrance.
Sortons dessentiers battuspour explorer une
bibliographiealternative, auxgoûts, origines et perspectives
différents.Ilnes’agitpasnonplusdefomenterquelque
révolutioncontre«l’âged’or» de la
philosophiefran-
çaise,nidedresserledernierpalmarès«tendance»prêtà-exporterenAmérique.Plusmodestement,monobjectif
estdelireetd’examiner,d’unefaçontoutepersonnelle,
lapenséed’unepoignéed’auteursqui,pouruneraison
ou pour une autre, me paraissent mériteraujourd’hui
plusd’attention.
Les chapitres réunisici ont étéécrits ilyadeux ans,
àl’occasion d’unséminaire«intensif» qui se tintàla
Public School de NewYorkpendantlasemainedu25
au 29 octobre 2010. Le contexte n’est pas anodin.Les
chapitres débutent nonàlamanière d’unlivremais
comme une conférence destinéeàprésenter quelques
penseursfrançais encoreinconnus auxparticipants du
séminaire; la traductionanglaisen’étantqu’en partie
réaliséepourcertainsdecesauteursetàpeineentreprise
8pourd’autres,leurpenséen’étaiteneffetpasencoretrès
diffusée.IntituléFrenchTheoryToday–AnIntroduction
to PossibleFutures,ceséminairedecinqjourstraitaitde
cinqphilosophes:CatherineMalabou,BernardStiegler,
MehdiBelhajKacem,QuentinMeillassouxetFrançois
Laruelle. La préface et la postface ainsi que
l’entracte
surBadiouontétéajoutésplustardpourl’éditionfrançaise. Monbut n’était pas d’établir un nouveaucanon
delaphilosophiefrançaise,maisplutôtdeprocéderde
manière inductive: envisager,d’aprèscertaines
expériencesrécentes,lesperspectivespossibles.Unesélection
de textesavait étédistribuéeàl’avance, parfoislimitée
par la pénurie de traductions (j’ai même dû proposer
une de mespropres traductions de
Laruelle).L’entrée
étaitlibreetleséminaireouvertàtous.Certainsparticipants ontassistéà toutes les séances, d’autres
seulementàcellesquilesintéressaient.
Àl’exceptiondequelques révisions et
corrections
mineures,celivrereprendletextedesconférencesnewyorkaises.Àvraidire,ellesétaientdestinéesàunpublic
américainnéophyteetàl’époquejen’avaispasenvisagé
leur réceptionenFrance. Il serait présomptueux de
vouloir«expliquer»lapenséefrançaiseauxFrançaisou
deprétendreàunequelconqueautorité;parconséquent
jenecherchepasiciàexpliquerni,pire,àprésenterces
auteurs.Sicelivredoitsusciterl’enthousiasme,ilnele
devrapasàsonexhaustivité,maisàunevisionsynoptique
9et idiosyncrasique de la
philosophiefrançaisecontemporaine.Maperspectiveestcelled’unoutsideret,entant
quetel,mesréflexionsserontnécessairementdifférentes
de celles descercles autorisés.
Outsider,jenesaisirai
jamaistotalementlecontexte,lesréférences,nilesallusions de ces auteurs, les querelles de clocher de l’élite
philosophique parisienne, ni l’antique genèse
desfactions politiques devenues depuis«lenarcissismedes
petitesdifférences». Peumechaut.Nous autres
Américainssommesprivésdetels luxes depuis longtemps.
NousautresAméricainsvivonsauseind’uncapitalisme
avancé,dépourvude«philosophie»àproprementparler,
réduitsàununiversde«théorie»–quiapparaîtsouvent
sous l’avatar de cette inventiontouteaméricaine, la
FrenchTheory.
Ces pages ont toutefoisundesseinspécifique.
J’ai
choisiletitreLesNouveauxRéalistes:philosophieetpostfordisme pour l’éditionfrançaiseenraison de motifs
bienprécis.Aveclestroispremièresfigures–Catherine
Malabouetsontravailsurlaplasticitédel’être,Bernard
Stiegler et ce que peut vouloirdire«prendre soin» en
dépit de l’influence grandissantedurationalismedans
lapensée,etMehdiBelhajKacemsurledésœuvrement
etleproblèmecommunautaire–j’aitentéderassembler
quelques-uns desthèmes les plus
significatifsdudis-
coursd’aujourd’hui,enparticulierlestatutprécairede
lareprésentation,delaphénoménologieetdel’hermé10neutique. Puis,lorsd’uncourtentracte où Badiou
apparaîtbrièvement,lesenjeuxchangentetj’exposema
propre thèse:que le mouvement tectonique causé
par
lacrisedelathéorieetlenouveauréalismequiluisuccède doit lui-même êtreallégorisé.Compriscommeune
allégorie,lenouveauréalismeacquiertalorsunevalence
trèsdifférentequi,selonmoi,vadepairavecsonmode
de production. Aussi la secondepartie de cet ouvrage
est-elle consacréeàQuentin Meillassoux etàFrançois
Laruelle (qui,chacun, entendent«réalisme» de
façon
trèsdifférente)etceafind’examinercequepeutsignifier tantd’intérêtpour le réel. Mais faireune simple
chronique du nouveauréalismen’est pas suffisant.Il
faut évaluer sa portée. Ce livres’achèvedonc sur un
certain nombredeconclusions relativesàl’état
actuel
delapenséephilosophique.Carcen’estpasd’unnou-
veauréalismequ’ilestquestion,maisbiendelarenaissancedumatérialisme.
Ilnes’agitdoncpasd’unénièmelivreanglo-américain
sur la«pensée 68», ni même sur la«pensée 73»(les
années de crise),encoremoins sur la pensée de la
grandesécheressedesannées80.Ilserapprocheplutôt
d’unessaisur la«penséedumillénaire» oula«pensée
de l’Empire».Les cinq auteursréunisici ne mènent
cependantpas desprojets semblables, loindelà. En
aucun casjeneveux suggérer qu’ilsconstituent une
école philosophique spécifique. Il serait ridicule de
11soutenirque tous les cinq sont desréalistes au sens
strict. Parexemple, étantdonné son allégeance
non
démentieàl’héritagedelaphénoménologieetauxobligationsspéciales,sinonmorales,enverslesujethumain,
Stiegler pourrait parfaitement être
caractérisécomme
anti-réaliste.Delamêmemanière,jenedésirepasproposerunrésumécompletdunouveauréalisme,cardans
cecasilmefaudraitforcémentaborderdesauteurstels
que Bruno Latour.Néanmoins, il se passe beletbien
quelquechoseenphilosophie.Lepoststructuralismeet
son anti-réalisme incisifnesont plusàleur zénith
depuis longtemps.Laroueatourné:delastrate
antiréaliste dessujetsetdes cultures au substrat réaliste de
lamatièreetdeschoses. Voilàlaréaliténouvellequeje
veuxexposerdansleschapitresquisuivent.
Riendececin’auraitétépossiblesanslaPublicSchool
de NewYork, et je souhaite remercierSarah Resnick,
Kamomi SolidumetAnne Callahan, en particulier
pouravoirorganiséleséminairecommesapublication.
L’entracteetlechapitreIVontétéprononcésplustard,
lorsd’uneconférencedanslecadreduLiteratureProgram
de Duke University le 27 avril 2011. J’ai étésensible
auxremarquesquim’yontétéfaites,particulièrement
celles de KatherineHayles, Barbara HerrnsteinSmith
et Michael Hardt. David Golumbiaaégalement lu
ces pages et fait d’importants commentaires. Je suis
aussireconnaissantenversCatherineMalabouquim’a
12proposédefairetraduirecesconférencesenfrançaiset
de les réunirenunlivre, ainsi qu’àLéo Scheer pour
son enthousiasmeàlepublier.
NewYork, mars 2012I.
CATHERINEMALABOU, OULECOMMERCE DE L’ÊTRE
L’universalité de la plasticité,telle est l’innovation
fondamentaledel’œuvredeCatherineMalabou, sa
trouvaille,sonodyssée.
Mais qu’est-ceque la plasticité?Etque
signifiecette
affirmation,queleplastiqueestaussil’universel?D’un
côténousavonsleconceptdeplasticité–définiàl’aide
del’imagepercutanteduplasticexplosif,commel’aptitudeàrecevoiretàdonnerforme–quiserapporteàla
mutabilité,auchangement,àl’échange, au morphing,à
lamétamorphoseetàlatransformation.SelonMalabou,
la plasticité est un conceptfondamental,aussi
fondamental que le conceptd’être. Et d’unautre
côténous
avonsl’universel,quisembleaupremierabordencontradictionaveccette perpétuelle contingence. L’universel
15
évoqueessentiellementcequieststable,partoutettoujours,teluneessenceimmuableouuntranscendantal.
Faireduplastique l’universel, l’ironienefait aucun
doute.Cequ’onassocieleplusauchangementestalors
ce qui ne change pas.Latrouvaille de Malabou, c’est
d’affirmerl’universalitédelaplasticité.
Rappelons-nousG.W.F.Hegel,sonplusgrandmaître,
quiaffirmaitl’universalitédel’idée.Rappelons-nousen
quels termesilaffirmait l’universalité de ce qui est
en
constantetransformation,tellementmutablequ’ilaété
nommé«Histoire».Maisalorssilatransformationest
reine,doit-onpousserlalogiquejusqu’auboutetaffirmerque la plasticité elle-même doit changer?Serait-il
alorspossibleque la seule véritableplasticité fût celle
quisechangeensoncontraire?Sitelestlecas,Malabou
estàlarecherche d’untype de plasticité qui,dansson
aptitudemêmeàsetransformer,sechangeensonpropre
opposé,l’universel.
Malabouestparfoissévèrementtaxéedemaniérisme
intellectuel. Elle s’en remettoujoursà la plasticité
en
tantque«signifiant-maître»quiexpliquetouslesphé-
nomènesetdéchiffretoutepensée.Leconceptdeplasticité n’est-il pas omniprésent chezMalabou? Pasun
texte sur Martin Heidegger ni sur Hegel qui ne
men-
tionnelaplasticité.C’estaussilecasdanssescommentaires de Sigmund Freud et de Gilles Deleuze(ce qui
n’estpassurprenant;c’estplutôtlafaçondontellesesert
16pourmontrerquelapenséeelle-mêmeestlacorrélation
en tantque telle. En conséquence, penser la matière
revientàpropagersespenséesdansl’espritdel’Histoire.TABLEDES MATIÈRES
Préface................................ 7
I.CatherineMalabou,
ou Le commercedel’être.................. 15
II.BernardStiegler,
ouNospenséessontsouscontrôle............ 43
III. MehdiBelhajKacem,
ouLedésœuvrement...................... 63
Entracte–Badiouetlelangage Java.......... 85
IV.Quentin Meillassoux,
ouLe GrandDehors...................... 101
V. FrançoisLaruelle,
ouLesecret............................. 127
Postface–Unepolitiquealignée............. 149

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.

Diffusez cette publication

Vous aimerez aussi

Propofol

de editions-leo-scheer

Place Colette

de editions-leo-scheer

Fors intérieurs

de editions-leo-scheer

suivant