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Les nouvelles dynamiques du développement social. Intervention collective et territoires

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Présentation de l'ouvrage : Le développement social connaît un regain d’intérêt et de pertinence en raison de l’évolution profonde des problématiques sociales et de la remise en cause des interventions traditionnelles des politiques sociales. Cet ouvrage collectif interroge les nouvelles dynamiques du développement social et du travail social collectif en France face aux défis sociaux d’aujourd’hui en tirant profit d’un regard croisé avec l’expérience du Québec. Loin de révéler un Québec en pointe et une France en retard, il souligne la similitude des processus et des enjeux et il permet une clarification des concepts et des pratiques (intervention collective, empowerment, participation citoyenne...).
L’ouvrage est construit autour de quatre questions structurantes : le rôle de l’État et la contribution des politiques sociales au développement des territoires ; l’ouverture des pratiques professionnelles du champ social à l’intervention collective ; le renforcement de la société civile et de la participation citoyenne ; l’enjeu d’une conception stratégique de la politique sociale, qui n’est pas simplement une dépense et une charge, mais un instrument dynamique de construction du bien commun local.
Ce livre s’adresse aussi bien aux universitaires et aux étudiants, qu’aux travailleurs et intervenants sociaux, aux cadres et dirigeants territoriaux, aux associations et aux responsables politiques, à tous ceux qui sont sensibles à une approche transformatrice des questions sociales.

Auteurs : Cyprien Avenel est sociologue, chercheur associé à l’École urbaine de Sciences Po Paris et enseignant à la Chaire de travail social et d'intervention sociale du Conservatoire national des arts et métiers (CNAM) de Paris.
Denis Bourque est professeur titulaire au Département de travail social de l’Université du Québec en Outaouais et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en organisation communautaire (CRCOC).


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Les nouvelles dynamiques du développement social
Cyprien Avenel & Denis Bourque
(sous la direction de)
Champ social éditions
Préface
SOMMAIRE
Introduction Intervention collective sur les territ oires et transformation du travail social
CHAPITRE I Sources et trajectoires des pratiques de développement social en France vers le développement territorial
1- GENÈSE DE LA NOTION DE DÉVELOPPEMENT : VERS UNE APPROCHE MULTIDIMENSIONNELLE DES BESOINS HUMAINS
2- DÉVELOPPEMENT SOCIAL OU DÉVELOPPEMENT DE L’ACTIO N SOCIALE ?
3- LA CULTURE PROFESSIONNELLE DES TRAVAILLEURS SOCIAUX
4- LES CONDITIONS DE LA PARTICIPATION CITOYENNE
CONCLUSION
CHAPITRE II Sources et trajectoires des pratiques de développement social au Québec vers le développement territorial
1- ACTION COLLECTIVE, ACTION COMMUNAUTAIRE ET MOUVE MENT COMMUNAUTAIRE AUTONOME : LES INCONTOURNABLES DE LA SOCIÉTÉ CIVILE QUÉBÉCOISE
2- LA PRATIQUE PROFESSIONNELLE DE L’INTERVENTION COLLECTIVE
3- LES POLITIQUES ET PROGRAMMES PUBLICS DANS LES CH AMPS DE LA SANTÉ ET DES SERVICES SOCIAUX, DU DÉVELOPPEMENT SOCIAL ET DU DÉVELOPPEMENT TERRITORIAL
4- LE DÉVELOPPEMENT SOCIAL ET TERRITORIAL AUJOURD’H UI
CONCLUSION
CHAPITRE III Le développement social et territorial est-il un retrait de l’État et du droit commun ?
1- LE DÉVELOPPEMENT SOCIAL COMME RÉPONSE AUX ENJEUX DE COHÉSION SOCIALE
2- PEUT-IL Y AVOIR UN DÉVELOPPEMENT SOCIAL « À LA FRANÇAISE » ?
3- LE DÉVELOPPEMENT SOCIAL N’EST PAS UN SUBSTITUT D U DROIT COMMUN QUI SE DÉROBE, MAIS UNE STRATÉGIE ADAPTÉE À LA
DIVERSITÉ DES TERRITOIRES, DANS UNE APPROCHE TRANSVERSALE, ET D’IMPLICATION DES CITOYENS
CONCLUSION
CHAPITRE IV L’État et la société civile, clé de voute d’un nouveau modèle de développement et d’intervention
1- MODÈLES DE DÉVELOPPEMENT
2- GOUVERNANCE ET MODÈLES DE DÉVELOPPEMENT
3- MODÈLE PARTENARIAL AU QUÉBEC ET EN FRANCE
4- RÔLE STRATÉGIQUE DE L’ÉTAT DANS LE MODÈLE PARTEN ARIAL
5- ÉTAT STRATÈGE, MODÈLE PARTENARIAL ET DÉMOCRATIE
6- TROIS MARQUEURS PARTENARIAL
CONCLUSION
D’UN
MODÈLE
DE
DÉVELOPPEMENT
CHAPITRE V Participation, démocratie et pouvoir d’a gir dans les pratiques de développement social
1- DÉMOCRATIE ET DÉVELOPPEMENT SOCIAL : UNE PLURALI TÉ DE MODÈLES ET DE PRATIQUES
2- RELATIONS ÉTAT-CITOYENS ET RÔLE DES CORPS INTERMÉDIAIRES : DES PRATIQUES CONTRASTÉES EN FRANCE ET AU QUÉBEC
CONCLUSION
CHAPITRE VI Travail social et métiers du développem ent territorial au Québec et en France
1- LA MULTIPLICATION DES MÉTIERS DU TERRITOIRE
2- DEUX LOGIQUES DE DÉVELOPPEMENT TERRITORIAL
3- INTERVENIR COMME PASSEURS AVEC LES GESTIONNAIRES : DES MÉTIERS AUX FRONTIÈRES
ÉLUS
ET
LES
4- LA FONCTION DE LIAISON ET LA MARGE DE MANŒUVRE E N INTERVENTION SOCIALE COLLECTIVE
5- LES FILIÈRES DE FORMATION
CONCLUSION
CHAPITRE VII Éthique de l’accompagnement et de l’intervention collective
I- LE FONDEMENT ÉTHIQUE DE L’ACCOMPAGNEMENT SOCIAL, UN APPEL À SON OUVERTURE
2- L’ÉTHIQUE DE L’INTERVENTION COLLECTIVE, UNE ÉTHI QUE DE SOLIDARITÉ
3- LE DÉVELOPPEMENT SOCIAL, UN MÊME CITOYENNETÉ ET DE DÉMOCRATIE LOCALE ?
CONCLUSION
PROCESSUS
DE
CHAPITRE VIII Réconcilier « sens » et « mesure » : plongée au cœur de l’évaluation des initiatives de développement social et territorial
1- LES INTERVENTIONS DE DÉVELOPPEMENT SOCIAL ET TER RITORIAL : UN OBJET D’ÉVALUATION COMPLEXE
2- ENTRE « SENS » ET « MESURE » : LES ENJEUX DE L’É VALUATION DES PRATIQUES DE DÉVELOPPEMENT SOCIAL ET TERRITORIAL
3- ÉVALUER EN CRÉANT DU « SENS » ET EN PERMETTANT L A « MESURE »: CONTRIBUTION À UNE VISION INTÉGRATRICE
CONCLUSION
Conclusion Développement social et investissement s ocial : vers une articulation dans les territoires
LA RECOMPOSITION DU TRAVAIL DE L’ÉTAT
TERRITORIALISATION DES DÉVELOPPEMENT TERRITORIAL
POLITIQUES
SOCIALES
ET
OUVERTURE DES PRATIQUES PROFESSIONNELLES SOUTENUES PAR DES PRATIQUES MANAGÉRIALES CONSÉQUENTES
POUR LA SOCIÉTÉ CIVILE ET LES HABITANTS
NOTICES BIOGRAPHIQUES DES AUTEUR(E)S
LISTE DES SIGLES
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
Déjà parus dans la même collection
Préface
Marcel Jaeger
(Titulaire de la chaire de travail social et d’intervention sociale Conservatoire national des arts et métiers, Paris)
Ce livre arrive à point nommé, juste au moment où, en France, le travail social vient de faire l’objet, pour la première fois de son histoire, d’une définition officielle. Depuis longtemps en effet, les discours sur le travail social ont été marqués par la réduction de la complexité à des log iques de domination, de contrôle social des « classes dangereuses ». Or, en matière d’action sociale et de travail social, peu d’analyses récentes permette nt de comprendre un champ de pratiques aux contours flous, composé d’une myri ade de structures et de métiers, pour lesquels la préoccupation du développ ement local et des territoires est assez récente : il aura fallu attendre la formu lation tout à fait nouvelle d’un Plan d’action en faveur du travail social et du dév eloppement social (octobre 2015) pour sortir non seulement des simplifications idéologiques, mais aussi de la focalisation sur les dispositifs dédiés aux carences des individus.
Aujourd’hui, avec Cyprien Avenel et Denis Bourque, nous allons plus loin dans la réflexion : ils l’ouvrent à une dimension internationale et comparative. Et, de fait, il n’y a aucune raison de penser que les c onceptions spécifiques à la France ont vocation à l’universalité et encore moin s à l’intemporalité. Après les rapports issus des États généraux du travail social en France, nous sommes loin encore d’un corps de doctrine. Et heureusement. Mai s nous sommes aussi encore loin d’avoir abouti à la « refondation » du travail social à laquelle appelait en 2013 ler l’inclusion sociale.Plan pluriannuel de lutte contre la pauvreté et pou Beaucoup de points de désaccord, de résistances, de difficultés à affronter les rigidités culturelles, les réflexes identitaires. Il faut prendre le risque d’interroger les pratiques, d’une part dans le cadre restreint de petits groupes de réflexion sur les actions orientées vers la gestion de situations singulières, d’autre part, dans le triangle constitué par les politiques, les pratiques de travail social, les cultures professionnelles.
Pour autant, l’avenir du travail social, dans un co ntexte général marqué par
l’impact des logiques marchandes, passe par un reto ur sur ses fondements et la réaffirmation de ses valeurs. Certaines s’inscrivent dans la longue durée : ce sont en particulier les valeurs de la démocratie. Or, elles sont parfois menacées par des changements politiques (le tournant libéral de 2014 au Québec), par des contraintes économiques, par des formes de radicali sation idéologique. L’oubli des valeurs de solidarité provoque aussi des tensio ns, des crises de confiance, à tel point que des personnes en difficulté finissent par renoncer à faire valoir leurs droits, rejettent les propositions qui leur sont fa ites de passer contrat avec elles en vue de leur faire bénéficier d’un soutien. Et là , le manque de moyens, souvent invoqué, n’explique pas tout…
Ainsi, l’inscription du travail social dans l’histoire et dans la vie des territoires est à la fois affaire de continuités et de ruptures : continuités dans la référence à des valeurs, ruptures dans les éléments de contexte . Pour prendre un exemple récent, nous verrons dans le décret du 6 mai 2017 d éfinissant le travail social (mais pas « l’intervention sociale »…) le signe d’u ne volonté, au demeurant tardive, d’énoncer des principes justifiant un mand at confié à des professionnels, pour consolider leur action.
En réalité, plutôt que de renforcer un cadre statut aire par une réglementation supplémentaire, il s’agit de favoris er une citoyenneté effective des personnes en difficulté, en faisant l’hypothèse de la nécessité impérieuse d’un espace institutionnel entre l’Etat et la société civile, avec des dispositifs et des professions ciblées sur l’aide à autrui. Or, le tra vail social a beaucoup avancé dans le sens de sa professionnalisation. Cela confirme que ce champ d’activités suppose que l’aide à autrui ne peut se réduire aux qualités humaines des intervenants : la qualification référée à des compé tences identifiées justifie la définition de statuts dont on fera l’hypothèse qu’i ls contribuent à répondre aux attentes des personnes les plus en difficulté : la sécurisation statutaire prend son sens par rapport à l’utilité sociale des actions menées.
Dans cet esprit, l’action sociale et le travail soc ial touchent à l’organisation de la société dans son ensemble. Ils ont une finalité plus large que l’aide à autrui lorsque ce dernier est confronté à des difficultés personnelles, puisqu’ils s’inscrivent de plus en plus dans une approche glob ale, territorialisée, inclusive. De semblables préoccupations se retrouvent avec l’i ntérêt croissant pour l’économie sociale et solidaire. Cela suppose de pe nser les relations entre des structures consacrées à telle ou telle politique spécifique (protection de l’enfance,
handicap, lutte contre la pauvreté, perte d’autonom ie liée à l’âge ou à la maladie…) et une conception élargie du développemen t social, avec le projet d’une « société inclusive », pour renforcer la solidarité entre ses membres. Nous sommes donc au-delà des approches réglementaires.
Comme le montre ce livre, l’action sociale et le travail social sont de plus en plus fortement sommés de répondre à une demande soc iale relevant de collectifs, d’élus, de représentants de l’Etat. La difficulté de l’exercice et les tensions entre les acteurs expliquent les retards p ris dans la définition par l’Etat d’un cadre de référence, à plus forte raison ajusté aux mutations sociétales. En l’occurrence, l’action sociale et le travail social sont percutés, comme les autres secteurs d’activité, par une série de transformatio ns qui se traduisent notamment par la montée du juridique, en lien avec l’individu alisation de plus en plus poussée des rapports sociaux. Ainsi, la place accor dée au droit est devenue considérable. Elle va de la référence aux « droits fondamentaux » jusqu’au formalisme le plus pointilleux, dans un secteur por té jusque-là par une culture « vitaliste » et psychologique.
Dans le même mouvement, la centration sur l’individ u au nom de la reconnaissance des droits pose un autre problème qu i donne toute sa force aux analyses de Cyprien Avenel et Denis Bourque : comme nt, dans un contexte qui semble s’y prêter de moins en moins, le travail soc ial peut-il donner encore plus de poids au développement social, au travail avec l es groupes, à l’intervention sociale d’intérêt collectif ou communautaire ? La q uestion est devenue d’autant plus sensible avec les nouveaux phénomènes de radic alisation qui associent des formes extrêmes tout à la fois d’individualisme et d’engagement collectif dans des dynamiques mortifères.
La question devient : comment assurer la compatibil ité entre un socle de valeurs fondatrices du travail social qu’il importe de défendre contre toutes sortes de dérives et l’évolution des besoins, attentes et préoccupations des personnes censées en bénéficier. Les difficultés de résoudre cette équation apparaissent sous des formes multiples comme des éléments de cri se, visibles à travers les phénomènes de non recours ou de renoncement aux dro its, et, dans un autre registre, avec la souffrance psychosociale touchant à son tour les travailleurs sociaux eux-mêmes.
Une autre leçon doit être retenue à la lecture de c e livre : la France a coutume de ratifier des textes internationaux tout en les ajustant à chaque fois à ses réalités sociales, à ses valeurs, à sa concepti on de la démocratie, comme cela a été le cas, par exemple, avec la Convention internationale des droits de l’enfant. De même qu’il faudra comparer la définition du travail social adoptée par l’International Association of Schools of Social Wo rk(IASSW), le 10 juillet 2014 à Melbourne et la définition française, l’analyse cro isée entre les approches française et québécoise est une des portes d’entrée parmi les plus intéressantes proposées par Cyprien Avenel et Denis Bourque. On s e demandera, à propos de leur pari d’obtenir des apports nouveaux dans la co mpréhension du travail social par une approche comparative : pourquoi le Québec ? Comme ils l’expliquent, le Québec ne représente pas un modèle au sens d’une co nfiguration à reproduire au nom de la modernité, mais la mise en miroir des deux configurations, française et québécoise, doit être prise comme l’identification de types idéaux au sens de Max Weber. L’objectif est de lire l’impact de choix stratégiques dans des contextes historiques et géographiques différents.
Pour toutes ces raisons, le livre de Cyprien Avenel et Denis Bourque fera date dans l’histoire des idées et dans les approche s prospectives en matière d’action sociale et de travail social. Au-delà d’un point de situation sur les mutations que connaissent les politiques sociales e t le travail social, il a le mérite de souligner d’une manière originale une connexion jusque-là trop négligée entre le développement social et le travail social.
Introduction
Intervention collective sur les territoires et
transformation du travail social
Cyprien Avenel et Denis Bourque
Par-delà les différences de contexte et de terminologie de part et d’autre de l’Atlantique (développement social et territorial e n France et développement des communautés territoriales au Québec), cet ouvrage s ouligne et explore un défi commun qui concerne la transformation des réponses sociales adaptées aux enjeux économiques, sociétaux et politiques d’aujou rd’hui. Les métamorphoses des sociétés française et québécoise remettent en c ause les interventions et les postures traditionnelles des politiques sociales (c rise de financement, crise d’efficacité, voire de légitimité) et requièrent l’élaboration de nouvelles réponses à des problématiques collectives convergentes.
Les politiques sociales, mises en place en période de croissance sur la base d’un rapport salarial assurant une relative re distribution de la richesse et un financement soutenu aux mesures de protection socia le, se sont essoufflées face à l’ampleur de la demande sociale et les difficulté s à mobiliser de façon effective une large part de la population dans la vie sociale . Alors que c’est à l’échelon national que s’articulaient les politiques d’action sociale, on assiste en France et au Québec à la montée en charge du territoire local comme espace de cohérence et de développement social avec tous les enjeux qui en découlent en termes de redistribution et de gestion des inégalit és, de transversalité des interventions et de participation citoyenne. Avec le transfert des compétences de l’État, les collectivités locales sont aujourd’hui l’échelon privilégié et incontournable de mise en œuvre des politiques d’ac tion sociale en France et de développement social au Québec. Cette territorialis ation apparaît comme un moyen d’adaptation de ces politiques aux spécificités locales, pouvant contribuer à une plus grande cohérence et une meilleure qualit é de l’action publique. Elle constitue aussi une impulsion destinée à amplifier la mobilisation des ressources locales et l’action collective des forces vives comme stratégie de modification des conditions de vie. Un nouveau modèle d’intervention cherche donc à s’imposer