Les passagers de la nuit

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Cette étude menée par deux psychosociologues, auprès des sortants nocturnes de 19 à 29 ans, permet d'appréhender la richesse des représentations de la nuit et de comprendre la nature de sa singulière attractivité. Cet ouvrage met en exergue les principaux résultats de cette recherche qui porte sur les motivations à sortir la nuit, les pratiques et besoins de mobilité, les attentes de services nocturnes. Une typologie de ces "passagers de la nuit" est esquissée, qui témoigne de leur diversité.
Publié le : jeudi 1 juillet 2004
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EAN13 : 9782296361782
Nombre de pages : 169
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LES PASSAGERS DE LA NUIT
Vie nocturne des jeunes: motivations et pratiques

Logiques Sociales Collection dirigée par Bruno Péquignot
En réunissant des chercheurs, des praticiens et des essayistes, même si la dOlninante reste universitaire, la collection Logiques Sociales entend favoriser les liens entre la recherche non fmalisée et l'action sociale. En laissant toute liberté théorique aux auteurs, elle cherche à promouvoir les recherches qui partent d'un terrain, d'une enquête ou d'une expérience qui augmentent la connaissance empirique des phénomènes sociaux ou qui proposent une innovation méthodologique ou théorique, voire une réévaluation de méthodes ou de systèmes conceptuels classiques. Déjà parus Olivier NOËL, Jeunesses en voie de désaffiliation :Une sociologie politique de et dans l'action publique, 2004. François CARDI, L'enseignement agricole en France :éléments de sociologie, 2004. Daniel BECQUEMONT & PieITe BONTE, Mythologies du travail, Le travail nommé, 2004. Lysiane BOUSQUET -VERBEKE, Les dédicaces, 2004. Gérard REGNAULT, Le sens du travail, 2004. Saïd ADJERAD, Jérôme BALLET, L'insertion dans tous ses états, 2004. Agnès VILLECHAISE-DUPONT et Joël ZAFFRAN, Rlettrisme: lesfausses évidences, 2004. Ranne TROEST PETERSEN, Deux facettes du Revenu Minimum d'Activité: Y a-t-il réellement une alternative pour les «laisséspour-compte» ? , 2004. Christian ROY, Sens commun et monde commun, 2004. Ahmed BENBOUZID, L'immigration algérienne, 2004.

Marie-Madeleine MILLION-LAJOINIE, Ecrire sur soi entre
femmes, 2004. Françoise LIOT, Le métier d'artiste, 2004. Emmanuel DREYER et Patrick LE FLOCH (dir.), Le lecteur, 2004. Michel GIRAUD, Lejeune SDF, 2004.

Emmanuel ETHIS, Pour une po(iJétique du questionnaire en
sociologie de la culture. Le spectateur imaginé, 2004.

Catherine Espinasse et Peggy Buhagiar

LES PASSAGERS DE LA NUIT
Vie nocturne des jeunes: motivations et pratiques

Préface de Edith Heurgon

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris FRANCE

L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest HONGRIE

L'Harmattan Italia Via Degli Artisti, 15 10124 Torino ITALIE

@L'Hannattan,2004 ISBN: 2-7475-6516-5 EAN: 9782747565165

SOMMAIRE
REMERCIEMENTS
PREFACE: SORTIR Edith Heurgon LA NUIT, DANS TOUS LES SENS p.ll

p.9

AI INTRODUCTION

p.25

Il LES FINALITES OBJECTIFS LARECHERCHE p.33 ET DE III LA METHODOLOGIE p.37 1. Echantillons p.38 2. Caractéristiques des conditions de recueil de l' information BI PRINCIPAUX RESULTATS DE LA RECHERCHE QUALITATIVE
Il ELEMENTS DE CONVERGENCE ENTRE LES DEUX SITES 1. Esquisse de typologie de sortants nocturnes 2. Autres convergences entre Paris et Strasbourg III 1. 2. 3. DIVERGENCES ENTRE PARIS ET STRASBOURG Divergences relatives aux temps Divergences relatives à l'espace Divergences relatives aux modes de déplacements

p.40

p.40 p.40 p.52 p.94 p.94 p.96 p.l 04

1111ATTENTES SPECIFIQUES DES POPULATIONS DES DEUX SITES VIS-A-VIS DES TRANSPORTS COLLECTIFS NOCTURNES 1. Attentes spécifiques aux jeunes Strasbourgeois 2 Attentes spécifiques auxjeunes de la banlieue parISIenne 3. Attentes d'autres services nocturnes sur les deux sites 7

p.107 p.107 p.109 p.112

4. La ville idéale la nuit sur les deux sites
CONCLUSIONS

p.IIS p.119

C/ELEMENTSDERECHERCHE
DOCUMENT AIRE 1/ LE TRAVAIL DE NUIT 11/ LA NUIT, DANS LES INTITULES DU CINEMA 111/ LA NUIT DANS LA PRESSE SPECIALISEE CULTURE ET LOISIRS EN ILE-DE-FRANCE

p.123 p.123 p.12S p.133 p.143

ANNEXES
Il LE CONTEXTEET L'OFFRE DE TRANSPORTS COLLECTIFSNOCTURNESDANSLES DEUXSITES 1. En France 2. A Paris et sa banlieue 3. Dans la Communauté Urbaine Strasbourgeoise

p.143 p.143 p.144 p.14S p.147 p.147 p.150 p.155 p.158 p.167

III QUESTIONNAIRES,GUIDES, ECHANTILLONS
3. 4. 5. 6. Questionnaire fi Itre Guide d'animation des groupes Guide d'entretiens Echantillons détaillés

BIBLIOGRAPHIE

8

REMERCIEMENTS

Nous remercions tous nos partenaires pour cette recherche et en particulier MmeEdith Heurgon, responsable de la Mission Prospective de la RATP, pour la confiance qu'elle nous a accordée d'emblée, l'intérêt qu'elle porte à nos travaux depuis plusieurs années et l'enthousiasme que nous a toujours procuré la pertinence de ses questionnements quant aux futurs souhaitables. Nous remercions aussi les autres membres la Mission Prospective de la RATP et en particulier, MmesMarlène Bensadoun et Monique Smolar qui ont su instaurer avec nous, une collaboration à la fois rigoureuse et chaleureuse et sommes reconnaissantes à l'égard de Mmes Catherine Samar et Nicole Bardot, pour leur aide organisationnelle et administrative. Au sein de la SNCF Ile-de-France, nous remercions MM. Eric Thomas, Alain Palade, Vincent Dedecker et Philippe Fené de leur soutien et de l'intérêt manifesté pour les résultats de cette investigation sur la nuit. A la DRAST et au PREDIT nous tenons à remercier M. Gérard Brun, du soutien inconditionnel qu'il nous a apporté « contre vents et marées» et de ses conseils avisés en matière éditoriale. Nous remercions aussi MmeThérèse Spector pour l'attention qu'elle accorde à nos travaux. Au sein de l'UTP, nous sommes heureuses d'avoir eu pour interlocutrice fidèle et attentive MmeAnne Meyer qui nous a prouvé sa volonté de valorisation de nos travaux.
Au sein du GART, nous SOlnmes reconnaissantes à MmesPascal Pécheur, Chantal Duchène et Magali Dujeancourt de leur soutien.

9

Nous remercions MmeCatherine Simonnet et les membres de son équipe de la CTS de leur accueil sur la Communauté Urbaine Strasbourgeoise et espérons qu'ils auront pu tirer profit de ces travaux, enrichir leurs réflexions stratégiques et opérationnelles.
Enfin, nous espérons que Mme Marilyne Combes a fait bon usage des résultats de cette recherche au sein de la DRE Ile-de-France.

la

PREFACE:

SORTIR LA NUIT, DANS TOUS LES SENS
Edith Heurgon Mission Prospective de la RATP
« Une mouche éphémère naît à neuf heures du matin dans les grands jours d'été, pour mourir à cinq heures du soir; comment comprendrait-elle le mot nuit? » (Stendhal)

Un intérêt accru se porte aujourd'hui sur les questions temporelles, qu'il s'agisse des rythmes de la vie quotidienne ou des nouveaux âges de la vie. Il convient, d'une part, de mieux comprendre les évolutions, et, d'autre part, d'anticiper leurs conséquences sur l'organisation des villes et des transports. Un récent rapport du Conseil National des Transportsl sur les nouveaux rythmes urbains a préconisé d'accroître les connaissances dans plusieurs domaines afin d'appréhender, selon les contextes urbains, avec précision et en dynamique, l'ampleur de ces évolutions. Pour cerner la variété des représentations et des pratiques, il a recomlnandé, en outre, de conduire des études qualitatives portant sur des situations différenciées, notamment sur la soirée et la nuit. C'est dans cette perspective que le PREDIT, l'UTP, le GART, la CTS de Strasbourg, la DREIF, la RATP et la SNCF, ont confié à Peggy Buhagiar et Catherine Espinasse la recherche Extérieur nuit, titre emprunté au film de Jacques BraI. Les résultats en sont présentés dans cet ouvrage.

lean-Paul Bailly, Edith transports ?, l'Aube, 2001

1

Heurgon,

Nouveaux

Rythmes

urbains:

quels

Il

Le choix de situations adaptées à la « prospective du présent» Les situations étudiées combinent trois dimensions spécifiques du temps et de l'espace: une période (la nuit), un âge de la vie (celui de la jeunesse prolongée), deux contextes urbains (Paris et Strasbourg). Ce choix est pertinent pour alimenter une démarche de « prospective du présent », qui vise à faire paraître des pratiques émergentes, des «signaux faibles »2, à formuler les bonnes questions sur la base d'un diagnostic partagé, à nourrir le débat public pour construire des solutions pertinentes susceptibles de s'inscrire dans la perspective de « futurs souhaitables ».
Les heures de la nuit

Avec l'individualisation des modes de vie et la «tyrannie de l'urgence» 3, avec la transformation du travai I dans la société des services et les nouveaux usages du temps libre, avec l'essor des technologies de l'information, les rythmes urbains se transforment. La « ville ouverte 24 heures sur 24 » est parfois présentée comme une fatalité à laquelle il importerait de s'adapter au plus vite. Toutefois, des enquêtes récentes montrent que les aspirations à un fonctionnement urbain en continu, loin d'être une attente de l'ensemble de la population, sont seulement celles d'une composante de la société: principalement des jeunes et des cadres, dans les centres villes et les grandes métropoles. Pour mettre à l'épreuve cette tendance, il est utile d'observer finelllent, parmi les 24 heures, les diverses périodes de la nuit: la soirée (jusqu'à 23 h ou minuit), le cœur de la nuit (entre minuit et 3 h), la fin de la nuit. Loin de se limiter au «temps-distance », (chrono )métrique qui permet la mesure de l'espace, la nuit oblige à appréhender le « temps-substance »4, sensible, chargé d'affect, d'intensité, inséparab le de l'activité exercée, de l'ambiance vécue. En leur spécificité, les heures de la nuit constituent des moments de vie
2 Jean-Paul Bailly, Demain est déjà là, l'Aube, 1999 3 Zaki Laïdi, La Tyrannie de l'urgence, Flammarion, 2000 4 Pour reprendre les termes de Georges Amar, Le Nouveau Savoir faire, n040, 2001

Temps du transport;

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spécifiques, investis de sensations fortes, voire extrêmes (<<la nuit, on ne regarde pas 1'heure », dit une personne interrogée). La jeunesse prolongée

Alors qu'on distinguait naguère trois principaux âges de la vie (l'enfance où l'on s'éduquait, la maturité où l'on travaillait, la vieillesse où l'on se reposait), on assiste aujourd 'hui, avec l'allongement de la durée de la vie, à une dispersion et à une imbrication de ces âges5. Des périodes de transition apparaissent, notamment une jeunesse prolongée due à l'allongement des études, à un temps plus long passé au foyer familial et, en raison notamment de la précarité des conditions d'insertion, à une entrée plus tardive dans la vie professionnelle. Au cours de cette période de «passage », qui s'achève avec la formation du couple et le prelnier enfant, les jeunes ressentent de façon aiguë la pesanteur de la société, le manque d'espace et de liberté pour mettre en pratique leurs aspirations. Ils manifestent une volonté de sortir des schémas pré-établis, d'explorer toutes les opportunités offertes, de s'enrichir personnellement et socialement par le métissage et les échanges, de faire la « fête» à la fois pour oublier et pour se construire au travers de rencontres6. S'intéresser aux jeunes de 19 à 29 ans, non encore établis, qui multiplient les expériences pour se former au contact des autres, de surcroît « avides d'extérieur» en ce qu'ils sortent de chez eux pour travailler ou se distraire au moins trois fois par semaine après 22 h (pour Strasbourg), après 23 h (pour Paris), permet de cerner des pratiques émergentes. Les observations concernent l'enchaînement des activités, les équilibres plus ou moins stables qui se forgent entre contrainte et liberté, entre travail et loisir, entre veille et sommeil, mais aussi les compatibilités, voire les conflits, qui s'instaurent entre les diverses activités selon les périodes de la nuit et de la semaine Uour de semaine, week-end, jour de fête).
5 Cette question des « Ages de la vie: trajectoires personnelles, responsabilités collectives» est le thème retenu par le Conseil économique et social pour sa seconde Biennale du Futur, novembre 2002. 6 Selon une étude du CSA réalisée pour cette biennale. 13

Les espaces-temps

urbains

L'aménagement du territoire et l'urbanisme ont longtemps privilégié l'espace, alors que la prise de conscience de la dimension temporelle est plus récente. Mais, espace et temps sont inséparables: l'espace structure Ie temps, Ie temps structure l'espace. La notion même de modèle urbain évolue. Il ne se conçoit plus seulement en termes de densité du bâti, mais aussi selon l'intensité des échanges et la convivialité des relations sociales. Le territoire se caractérise à la fois comme une articulation complexe de fonctions, de paysages, de personnes, comme un espace d'attractivité où se croisent des cultures et des catégories sociales variées, comme un lieu de bien-être et de mal-être oÙ l'exclusion est insupportable à côtoyer, enfin comme un espace du vivre et du faire ensemble. Les effets des nouveaux rythmes se différencient selon les contextes urbains. Certaines villes (denses, polycentriques, à forte mixité des activités, des services et des populations) semblent mieux s'y adapter que d'autres où risquent de s'accentuer les déséquilibres sociaux, économiques et écologiques. Les risques encourus, outre celui d'un étalement urbain renforcé qu'accompagne une croissante dépendance automobile, sont une ségrégation socio-spatiale avec multiplication des espaces privatifs, mais aussi l'apparition de conflits, notamment la nuit, entre la « ville qui dort », la « ville qui travaille» et la « ville qui s'amuse». Comparer deux contextes aussi différents que Paris (avec des jeunes habitant la banlieue sud) et Strasbourg (avec des résidents des communes avoisinant le centre ville) permet d'étudier les images des villes la nuit, mais aussi de saisir la spécificité des pratiques urbaines et les attentes que formulent à leur endroit en termes de services et de transports les amateurs de sorties nocturnes.

14

Quelques

résultats

prospectifs

Les situations observées font apparaître une large variété de comportements marqués par une relation particulière à la nuit, des systèmes d'activités complexes, mais aussi des formes inédites de régulation (voire d'auto-régulation) des conflits.
La singularité de la nuit

La nuit est un temps différent où les valeurs ont tendance à s'inverser, où les désirs et les peurs s'exacerbent. Pour ceux qui sortent la nuit, la multi-activité est de mise: travail, loisirs, rencontres, balades nocturnes, activités culturelles ou artistiques, fréquentation des bars ou des boîtes, mais aussi consommation d'alcool et de drogue. Considérés comme un symbole de modernité, les horaires décalés permettent à ceux qui en disposent de profiter des différentes périodes de la journée. La recherche témoigne d'une réelle appétence à vivre la nuit, commune aux travailleurs et aux jeunes qui sortent pour leurs loisirs. Les uns et les autres réussissent une forte appropriation de l'espace extérieur la nuit, éprouvant moins de peurs et d'appréhensions que ceux qui en sont moins familiers. Pour ceux qui ont cette appétence à vivre la nuit, l'altérité, la diversité des populations nocturnes constituent les charmes de ce temps de l'envers. En effet, la plupart des personnes interrogées qui travaillent la nuit estiment l'avoir choisi (certaines faisant d'ailleurs antérieurement partie des sortants nocturnes pour les loisirs). Alors que les uns enchaînent des activités de loisirs après leur travail, d'autres, dont les statuts et les revenus sont plus modestes ou bien qui sont attachés à leur foyer et soucieux de leur repos bien mérité, sortent la nuit exclusivement pour raisons professionnelles. Pour les «inconditionnels », la nuit est la face positive des 24 heures liée à la liberté, aux plaisirs, alors que le jour est associé aux contraintes sociales et professionnelles. C'est un temps de compensation, de récréation, qui rompt avec la fadeur des jours, un temps non programmé, fluide, suspendu, où les règles et les hiérarchies 15

s'estompent. C'est un temps de convivialité, de rencontre, de sensualité, de fête, de transgression. Pour d'autres, parfois «avant-gardistes », qui aspirent à vivre en continu, la nuit est un temps à vivre à part entière au même titre que le jour, c'est aussi l'occasion de regarder le Inonde, de s'inspirer du spectacle nocturne, de rêver, de voyager. C'est le temps de la création artistique et de la découverte. Pour d'autres encore, souvent plus âgés, jour et nuit doivent faire l'objet d'un équilibre judicieux: le jour, on travaille, et la nuit, (surtout le week-end) on se détend, on partage des moments de convivialité, on fait des rencontres amoureuses... Mais la nuit a aussi une face sombre: pour ceux qui, à la disparition du jour, ressentent de l'angoisse, pour ceux qui ne savent pas où aller, pour les sans-logis, pour ceux qui ont froid et faim, et dont la détresse témoigne de « la misère du monde ». Ainsi, la nuit apparaît comme un temps de contradiction (entre contrainte et liberté, entre travail et détente, entre solitude et convivialité, entre bien-être et insécurité, entre confort et prise de risque). C'est un monde largement masculin où les femmes n'ont guère leur place même si elles ressentent les mêlnes attirances que les hommes à l'égard de la nuit. C'est un monde qui, par certains aspects, n'est pas encore urbanisé, mais qui, parallèlement, porte peut-être les signes d'une nouvelle civilisation urbaine.
La ville, la nuit: un monde à explorer

Le spectacle de la ville nocturne est différent. Par le jeu des lumières, s'opère pour certains une « Inagie de la nuit ». On peut s'y sentir chez soi, prendre possession de l'espace. Au stress de la journée, s'oppose ainsi le calme d'une ville fluide où l'on circule facilement, où les voitures filent à vive allure (<< veille la nuit a Qui pour lui toute la place », disait Elsa Triolet). Pour bénéficier de l'image d'une métropole aux yeux du public, la ville doit offrir des activités nocturnes, organiser des fêtes, proposer des spectacles, et y associer des transports publics qui 16

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