Les pirogues, reflets de la Polynésie

De

Dans toute la Polynésie, l’océan et les êtres qui y vivent avaient leur dieu tutélaire. Aux Samoa, la mer naquit de la sueur de Tagaloa, lors de son travail de création du monde. A Tahiti, ce dieu important comptait un grand nombre de messagers : le requin, les oiseaux ; la baleine était son ombre et la raie son marae. Lors des tempêtes, les navigateurs adressaient des prières à l’albatros afin qu’il calme les flots et vole à leur secours.Le récit des périples mythiques des ancêtres déifiés et l’enseignement des spécialistes contribuaient à former le marin en lui apprenant à connaître parfaitement son environnement. Une étroite symbiose s’instaurait entre le navigateur et la totalité de l’océan. Faisant partie lui-même de l’univers au même titre qu’une étoile, une vague, un oiseau, un coquillage, son voyage n’était pas un défi ou une provocation, mais plutôt une rencontre ; seul le respect de son environnement marin lui permettait d’arriver à destination.


Publié le : lundi 7 septembre 2015
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EAN13 : 9782854300710
Nombre de pages : 33
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Couverture

Les pirogues, reflets de la Polynésie

Hélène Guiot
  • Éditeur : Société des Océanistes
  • Lieu d'édition : Paris
  • Année d'édition : 2003
  • Date de mise en ligne : 7 septembre 2015
  • Collection : Petits dossiers de la SdO
  • ISBN électronique : 9782854300710

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Édition imprimée
  • ISBN : 9782854300079
  • Nombre de pages : 33
 
Référence électronique

GUIOT, Hélène. Les pirogues, reflets de la Polynésie. Nouvelle édition [en ligne]. Paris : Société des Océanistes, 2003 (généré le 07 septembre 2015). Disponible sur Internet : <http://books.openedition.org/sdo/1283>. ISBN : 9782854300710.

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© Société des Océanistes, 2003

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Sommaire
  1. Une culture du Grand Océan

    1. Le regard polynésien
    2. Techniques de navigation
  2. Les pirogues, véhicules des hommes, véhicules des dieux

    1. Voyages
    2. Guerre
    3. Pêche
    4. Réceptacles des dieux
  3. Production

    1. Organisation sociale
    2. Actes rituels
    3. Actes techniques
    4. La société polynésienne s’investissait totalement dans la construction navale
  4. Renouveau des pirogues traditionnelles

  5. Bibliographie

Une culture du Grand Océan

Le regard polynésien

1La fréquentation, depuis des millénaires, d’espaces océaniques et de rivages insulaires a fortement marqué les conceptions du monde que développèrent les Polynésiens.

2Ainsi, toute île ou archipel constituait le centre, le nombril (pito), d’une coupole de ciel, caractérisée par une étoile zénithale. L’intersection de cette coupole et de l’océan formait le cercle de l’horizon (Fig. 1).

Figure 1. L’horizon d’une île polynésienne

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3Chaque coupole était elle-même composée d’une superposition de cieux concentriques, domaines des dieux (Fig. 2). Passer d’une île à une autre équivalait à accéder à un nouveau ciel, et voyager à se frayer un chemin à travers les cieux. Ainsi, les embarcations permettaient de parcourir l’océan, mais aussi de voler de ciel en ciel. Les pilotes utilisaient la voûte céleste, demeure du soleil, de la lune, des étoiles et des vents, comme une carte. Les vents étaient les émanations et les messagers des dieux. Vents tempêtueux empêchant le voyage ou simples alizés apportant la pluie fertilisante, la vie des hommes était subordonnée aux souffles divins. Le voyage signifiait un accord avec les vents mais également une alliance avec les dieux.

4L’océan, élément familier et vital, constituait un espace d’accès à d’autres lieux, peuplé de dieux et d’esprits. Les Tahitiens et les Maoris l’assimilaient à un grand marae (espace de réunion et de culte de l’ancienne religion polythéiste des Polynésiens -Fig. 3). Avant d’entreprendre un voyage hauturier, ils se conciliaient donc les dieux et les esprits par des prières, des offrandes et le respect de tabous.

5Dans toute la Polynésie, l’océan et les êtres qui y vivent avaient leur dieu tutélaire. Aux Samoa, la mer naquit de la sueur de Tagaloa, lors de son travail de création du monde. A Tahiti, ce dieu important comptait un grand nombre de messagers : le requin, les oiseaux ; la baleine était son ombre et la raie son marae. Lors des tempêtes, les navigateurs adressaient des prières à l’albatros afin qu’il calme les flots et vole à leur secours.

6Le récit des périples mythiques des ancêtres déifiés et l’enseignement des spécialistes contribuaient à former le marin en lui apprenant à connaître parfaitement son environnement. Une étroite symbiose s’instaurait entre le navigateur et la totalité de l’océan. Faisant partie lui-même de l’univers au même titre qu’une étoile, une vague, un oiseau, un coquillage, son voyage n’était pas un défi ou une provocation, mais plutôt une rencontre ; seul le respect de son environnement marin lui permettait d’arriver à destination.

Figure 2 - Le ciel paumotu et ses coupoles (Henry, 1988).

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Figure 3 - Vue cavalière d’un marae, de ses dépendances et de ses décorations (Garanger, 1979).

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Figure 4 - Les étoiles zénithales de quelques îles du Pacifique (d’après Lewis, 1972).

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7Des générations de navigateurs ont valorisé les esprits et les animaux de l’océan en tant que fondements de leur science nautique.

Techniques de navigation

8En l’absence de tout instrument de navigation, l’observation attentive des phénomènes naturels caractérise la science nautique traditionnelle des insulaires du Pacifique. C’est au moyen de techniques empiriques et sophistiquées, développées et transmises de génération en génération, que les routes hauturières du peuplement de l’Océanie furent tracées. A l’échelle mondiale, il s’agit du plus ancien témoignage connu de transport maritime...

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