Les postures cliniques

De
Publié par

La posture clinique procède d'une construction et du déploiement d'un processus qui, dans sa complexité, organise les conditions de la rencontre. A ce titre, on peut dire que la posture clinique représente tout à la fois la part du déjà-là (référence à l'invariant, au cadre et à sa part muette) et la part dynamique, en création (référence au processus); la posture clinique contient ainsi tout à la fois l'invariant et le potentiel d'aménagement...
Publié le : vendredi 1 juillet 2011
Lecture(s) : 121
EAN13 : 9782296464179
Nombre de pages : 174
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat

Les postures cliniques
Clinical approach
Revue camerounaise de psychologie clinique
Cameroonians Review of Clinical Psychology
LES POSTURES CLINIQUES
Clinical approach
numéro 2© L’Harmattan, 2011
5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris
http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-296-54752-0
EAN : 9782296547520Revue Camerounaise de Psychologie Clinique
Directeur de la publication : Jacques Philipe Tsala Tsala
Rédacteur en chef : Pascal Roman
Rédacteur en chef adjoint : François Erero Njiengwe
Coordination de la rédaction : Hélène Carole Edoa
Mbatsogo ; Jean Pierre Mambou
Comité scientifique : Paul Fustier ; Bernard Chouvier ;
Dominique Scarfone ; Claude de Tychey.
Comité de lecture : Cherifa Bouatta; Christiane Joubert;
Zohra Guerraoui; Claire Mestre ; Blandine Bruyère ;
Georgette Ngabolo ; Lisbeth Brolles; Mamadou Mbodji ;
Daniel Mbassa Menick ; Ferdinand Ezembe.
Comité de rédaction : Jean-Baptiste Fotso Djemo ; Anne
Brun ; Gildas Bika ; Jacques Alain Bitsi ; Denis Dagou ;
Charles Di ; Léonard Guimfack ; Théodore Onguene
Ndongo ; Mireille Ndje Ndje ; Félix de Valois Bamsseck ;
Louis-Marie Essemneme.
Éditeur : L’Harmattan
Mode de diffusion : Abonnement et vente au numéro
Espace de diffusion : International
Périodicité : 2 numéros/an
Politique éditoriale : La revue camerounaise de
psychologie clinique publie des articles sur des pratiques
et recherches cliniques effectuées dans des contextes
institutionnels, sociétaux, nationaux et culturels différents.
Ouverte sur une pluridisciplinarité, elle s’intéresse plus
particulièrement aux interfaces de la clinique, la
psychanalyse et les sciences humaines. Elle privilégie les
travaux présentant des approches théoriques et
méthodologiques sur les mutations sociales, cliniques
contemporaines. Elle encourage les travaux de jeunes
auteurs.
Les articles sont publiés dans trois rubriques :
- La rubrique Dossier thématique accueille des articles
autour d’une thématique choisie par le comité de
rédaction. Dans leurs propositions, les auteurs feront
clairement apparaître les cadres institutionnels, théorique
ainsi que le dispositif méthodologique à l’origine de leur
pratique et/ou recherche. Les articles ne doivent pas
dépasser 25 000 caractères (bibliographie et résumés
compris).
- Dans la rubrique Recherche en cours, sont publiés des
projets ou étape de recherche. L’esprit de cette rubrique
est de mettre en perspective la recherche en état de
gestation ou la recherche « en train de se faire ».
Cependant, si la recherche est en cours, l’article doit
présenter un caractère fini. 10 000 caractères maximum.
- Hors Thème est l’espace destiné à d’autres travaux
originaux qui présentent un intérêt pour la psychologie
clinique. 25 000 caractères maximum.
La revue publie également des Notes de lecture (3000
caractères maximum) ainsi que des Interviews (15 000 imum).
Processus de sélection : Comité de rédaction avec lecture
anonyme par experts (deux experts par articles) faisant
partie du Comité de lecture ou du Comité de rédaction.
Recommandation aux auteurs : Les auteurs sont invités à
envoyer leurs propositions par mail à l’adresse suivante :
revue.apc@gmail.com. Ils mentionneront la rubrique dans
laquelle ils souhaiteraient que leurs travaux soient publiés.
Toutefois, la décision finale revient au Comité de
rédaction.

Les articles sont rédigés en anglais ou en français avec une
police times New roman 12, interligne 1,5. Ils doivent être
précédés d’un résumé rédigé en français et en anglais
d’une dizaine de lignes, suivi de cinq mots clés.
La bibliographie ne mentionnera que les auteurs cités dans
le livre. La bibliographie suit les consignes (Normes APA,
e6 édition) de présentations suivantes :
- pour un ouvrage : Tsala Tsala. J.-P. (2005). Titre de
l'ouvrage en italique. Lieu d'édition (Ville, Pays) : éditeur
commercial.
- pour un chapitre d'ouvrage : Fotso Djemo. J.-B. (2002).
Titre du chapitre sans guillemets. In D., Mbassa Menick
(Ed. ou Eds.), Titre de l'ouvrage en italique (pp.xx-xx).
Lieu d'édition, éditeur commercial.
- pour un article : Roman, P. (2006). Titre de l'article sans
guillemets. Titre de la revue en italique, volume, numéro,
xx-xx.
Les notes en bas de page seront limitées et présentées en
numérotation continue.
Le Comité de Rédaction



SOMMAIRE
EDITORIAL, Pascal Roman ................................... 11

DOSSIER THEMATIQUE : POSTURES
CLINIQUES ............................................................. 13
Ethique personnelle et professionnelle :
appréhender l’impact du vécu du thérapeute dans la
construction de l’éthique en psychothérapie
familiale, Nguimfack Léonard ................................... 15
Pour une approche clinique de la démarche de
prévention, Max Pavoux ............................................ 41
Psychologue en milieu médical : quelle place
accordée à la guérison du corps ? Ou de la
nécessaire préoccupation thérapeutique en clinique
du somatique, Nathalie Dumet .................................. 65
Un fruit aux saveurs douces-amères. Le conte, un
objet posé dans une psychothérapie transculturelle,
Xavier Mathieu........................................................... 87

HORS THEME ........................................................ 111
Handicap de l’enfant et acte d’adoption chez les
mères camerounaises, Marie-Chantal Ntjam ............ 113
Exclusion, position subjective et lien social : le
« pousse-au-dehors » dans la psychose, Abdelhadi
Elfakir ........................................................................ 139

ANNONCE DE CONGRES .................................... 157
Neuvième Congrès International Sur l’observation
du bébé selon Esther Bick et ses applications (Dakar
du 29 octobre au 3 novembre 2012), Rosella Sandri. 159



Editorial
Ce deuxième numéro de la Revue Camerounaise de
Psychologie Clinique a fait le choix de se centrer sur
l’exploration des postures cliniques qui sous-tendent les
pratiques professionnelles des psychologues.
Cette question de la posture clinique (ou des postures
cliniques) met au travail ce qui, au-delà du cadre explicite,
le cadre externalisé de la pratique clinique, en construit le
cadre interne, au sens où le psychologue est invité à mettre
à jour les dispositions internes qui le fondent dans sa
rencontre avec l’autre, ses conflits et sa souffrance. C’est à
ce pari que ce numéro est consacré, pari relevé par
quelques auteurs qui se risquent dans une élaboration qui
nécessairement engage leur pratique tout autant que leur
subjectivité.
La définition de la posture clinique ne saurait se
résoudre à l’expression de positions normatives, au
décours desquelles des règles énoncées prendraient place
de repère indéfectible. Bien au contraire, la posture
clinique procède d’une construction et du déploiement
d’un processus, qui, dans sa complexité, organise les
conditions de la rencontre. A ce titre, on peut dire que la
posture clinique représente tout à la fois la part du déjà-là
(référence à l’invariant, au cadre et à sa part muette) et la
part dynamique, en création (référence au processus) ; la
posture clinique contient ainsi tout à la fois l’invariant et le
potentiel d’aménagement…
En appui sur l’hypothèse formulée par R. Kaës (1979)
concernant les enjeux isomorphiques de la rencontre entre
l’institution et la problématique des sujets qui y sont
accueillis, il importe d’interroger la manière dont la
qualité singulière des personnes accueillies colore la
11
construction de la posture clinique. Celle-ci apparaît alors
comme étant éminemment prise dans les jeux de la
rencontre de l’intersubjectivité, interface (médiation)
signifiant le cadre tout en le maintenant dans une
absentification suffisante.
Les textes qui constituent le cœur de ce numéro
explorent des champs différents de l’élaboration de la
posture clinique : L. Guimfack interroge tout
particulièrement la manière dont la posture clinique se
trouve traversée (organisée) par des exigences éthiques,
M. Pavoux met au travail la posture singulière du clinicien
dans le champ de la prévention, alors que N. Dumet
interroge la place de la préoccupation somatique dans une
pratique qui tout à la fois met en scène le corps et le fait
disparaître ; enfin, X. Mathieu, au travers de la médiation
du conte, ouvre une réflexion sur une autre forme de la
construction de la posture clinique, dans l’entre-deux
cultures…
Enfin, deux articles s’écartent de la préoccupation
pour la question des postures cliniques pour s’inviter, en
quelque sorte, à la frontière de la thématique du numéro :
en effet, M.-C. Ntjam aborde la souffrance liée à la
rencontre et à l’accueil de l’enfant handicapé au sein de la
famille et A. Elfakir interroge les modalités d’articulation
complexes entre culture et prescription normative, dans la
confrontation à des modalités psychopathologiques nouées
dans le social.
Pascal Roman
Rédacteur en chef



12





DOSSIER THEMATIQUE : LES POSTURES
CLINIQUES













ETHIQUE PERSONNELLE ET
PROFESSIONNELLE. APPREHENDER L’IMPACT
DU VECU DU THERAPEUTE DANS LA
CONSTRUCTION DE L’ETHIQUE EN
PSYCHOTHERAPIE FAMILIALE

Léonard NGUIMFACK

Introduction
Dans la pratique de toutes formes de psychothérapie
(psychanalytique, cognitive, cognitivo-comportementale,
familiale etc.), ce qu’il est convenu d’appeler « l’éthique »
est une exigence fondamentale. Toutefois, sa construction
par les thérapeutes de différents modèles soulève toujours
beaucoup de passions chez les chercheurs. L’éthique est
une réalité qui en thérapie pourrait, nous le pensons, être
saisie, par conséquent être posée en lien avec la position
du thérapeute par rapport au sujet ou à la famille qui
consulte. Autrement dit, la justification de l’éthique en
psychothérapie peut questionner la dimension de l’éthique
personnelle du thérapeute en séance. C’est cette
problématique qui se trouve au cœur de cet article où la
question concerne plus principalement les thérapies
familiales systémiques. Les thérapies familiales
systémiques sont des modèles de thérapie qui se proposent
de modifier le contexte (généralement la famille) dans
lequel a émergé le symptôme. Pour ces thérapies, le
changement au niveau de la famille entraînera le
changement chez chacun de ses membres. Pour cela, les
stratégies thérapeutiques utilisées par le thérapeute agiront
sur les transactions dysfonctionnelles qui ont cours au sein
15
du système familial, et les modifieront afin de produire le
changement. Cette modification entraînera à coup sûr la
disparition des symptômes, car ceux-ci ne sont en quelque
sorte que la résultante des interactions intrafamiliales
dysfonctionnelles.
La famille entière participe activement à la thérapie.
Le thérapeute intervient comme régulateur des
communications et des relations. Il s’implique activement
dans la thérapie et forme avec la famille un nouveau
système appelé système thérapeutique. Selon Elkaïm
(2009), ce que le thérapeute ressent émotionnellement au
cours du traitement, voire son vécu qui est toujours en lien
avec son histoire familiale sera toujours utile pour la
famille, pour le système thérapeutique qu’il forme avec
celle-ci et pour lui-même. D’où l’intérêt qu’il y a pour le
thérapeute familial à travailler aussi à partir de son vécu.
Ce qui signifie qu’il s’agit de s’impliquer soi-même dans
le processus thérapeutique afin de produire le changement.
En s’impliquant, le thérapeute fait donc intervenir son
propre système dans sa pratique. Ici son éthique
personnelle et celle de sa profession entrent en résonance.
L’éthique personnelle est ici considérée comme
l’ensemble des valeurs morales du thérapeute qui forment
son vécu ou son expérience singulière. Ce sont des valeurs
telles que la loyauté, la légitimité, la justice, l'humilité, la
responsabilité, les droits et les devoirs, l'altruisme, la
liberté, etc.
L’éthique professionnelle quant à elle renvoie à
l’ensemble de principes qui justifient une pratique. Des
auteurs tels que Rogers ont relié la thérapie centrée sur le
client à un certain nombre de concepts éthiques comme
« l’amour non possessif, la dignité et la valeur inhérentes à
tous les individus, le droit à l’autodétermination, la notion
16
que tous les individus sont des fins et non des moyens, la
notion que tous les individus ont droit à l’intimité et à la
liberté – le droit de croire et de vivre comme bon leur
semble à condition qu’ils ne portent pas atteinte au droit
des autres à en faire autant » (Grant, 2006, p.13).
Précisons d’ailleurs que l’éthique en psychothérapie
suppose le respect de la singularité, de l’unité de la
complexité, de l’autonomie et la capacité de liberté de
l’individu.
L’éthique professionnelle peut aussi se référer à la
finalité que vise une pratique et qui justifie cette pratique.
En psychothérapie, cette finalité se réfère au choix (choix
des objectifs, des stratégies etc.) que fait chaque
thérapeute dans sa pratique. La principale finalité en
psychothérapie est la recherche du bien être de l’humain à
travers le soulagement de ses souffrances.
Schmid disait ceci à propos de la psychothérapie
« quoi que puisse être la psychothérapie, lorsqu’elle est
comprise d’une manière personnelle, c’est une affaire
éthique… Faire de la psychothérapie et y réfléchir de
manière théorique, c’est prendre une décision pour
répondre à la misère, à la peine, à la vie d’une autre
personne, partager ses joies et ses malheurs » (Schmid,
2002a, p. 66). Relevons avec Grant (2006) que la thérapie
est par essence une entreprise éthique et l’incarnation du
bien dans les relations humaines. Dans ce sens, elle doit
surtout chercher à répondre à la question suivante :
« Qu’est-ce qui est bien ? ». Fericelli-Broun (2005)
soutient que, par la confrontation à l’autre, tout métier
soignant est un métier éthique. Ces phrases résument la
nécessité d’une justification éthique pour toute
psychothérapie (Grant, 2006).
17

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.