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LES REGISTRES

176 pages
Les articles de cet ouvrage, écrits par des spécialistes d'horizons divers, apportent à la question des registres dits « littéraires » un éclairage nouveau. Les registres y sont considérés comme des actes de langage à part entière et envisagés dans leur dimension illocutoire. Chacun montre, sur un corpus précis, comment les registres, une fois « dé-figés » et dégagés d'une vision perceptive codifiée, participent à la construction du sens, à la dynamique du discours, voire à l'émergence du style.
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Enjeu yliique e viée ramaique
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Hommae à Anna Jauber
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A cœ  txt Collection dirigée par Claire S TOLZ (Université Paris-Sorbonne) 1. Alia BACCAR-BOURNAZ, Essais sur la littrature tunisienne d’expression française , 2005. 2. Alya CHELLY-ZEMNI, Le sauveur dans Baaille  dan la monane de Jean Giono , 2005. 3. Noureddine LAMOUCHI, Jean-Paul Sartre, critique littraire , 2006. 4. Caherine VIOLLEt e Marie-Françoie LEMONNIER-DELpY (dir.), Mtamorphoses du journal personnel. De Rtif de la Bretonne à Sophie Calle, 2006. 5. Lia KURts-WöstE, Marie-Albane RIOUx-WAtINE e Mahilde VALLEspIR , éthique et significations , 2007. 6. Jean-Loui JEANNELLE e Caherine VIOLLEt (dir.), Genèse et autofiction , 2007. 7. Irène FENOgLIO (dir.), L’criture et le souci de la langue. écrivains, linguistes : tmoignages et traces manuscrites , 2007. 8. Irène FENOgLIO, Une auto-graphie du tragique. Les manuscrits de Le  Fai et de L’avenir dure lonem de Louis Althusser , 2007. 9. Delhine DENIs (dir.), L’obscurit. Langage et hermneutique sous l’Ancien Rgime , 2007. 10. Aurèle CRAssON (dir.), L’dition du manuscrit. De l’archive de cration au scriptorium lectronique , 2008. 11. Lucile gAUDIN-BORDEs e geneviève sALVAN (dir .), Les registres. Enjeux stylistiques et vises pragmatiques , 2008. 12. Françoie RULLIER-tHEUREt, Faut pas pisser sur les vieilles recettes. San-Antonio ou la fascination pour le genre romanesque , 2008.
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Lcl GAudiN-Bordes t Gnè sALvAN (.)
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Le reitre Enjeu tylitiue et vie pramatiue
Hommae  Anna Jaubert
N° 11
A C A D E M I A A B B R U Y L A N T =
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D/2008/4910/15
 Bruylant-Academia s.a. ©  Grand’Place, 29  B-1348 L OUVAIN -LA -N EUVE
ISBN 13 : 978-2-87209-902-3
T t  pctn, ’aaptatn   tactn, pa qlq pcéé q c t, éé p t pay an l’atatn  l’ét    ayant t. impmé n Blgq.
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www.academia-bruylant.be
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Nous remercions Sylvie Mellet qui nous a soutenues et conseillées aux différentes étapes de ce projet. Nous remercions les contributeurs qui ont répondu sans réserve à notre appel et nous ont ainsi témoigné leur confiance. Nous remercions Claire Stolz d’avoir accueilli ce projet dans la collection « Au cœur des textes » en nous manifestant dès le début son enthousiasme. Nous remercions enfin Anna Jaubert, notre collègue, amie et inspira-trice.
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Une stylisticienne po UR toUtes les saisons
Marc WILMET
L es volumes de Mélanges revêtent souvent un caractère automnal. Or, quand je pense à Anna Jaubert, à sa personne, à son œuvre délicate et nette, c’est le printemps et l’été méditerranéens qui me sautent en mémoire, sans la moindre touche de brume ou de mélancolie. Nous avons elle et moi lié connaissance voilà tout juste vingt ans, en 1987. Je me trouvais à l’époque professeur invité à Nice. Un soir d’après cours, quelque peu désœuvré comme il arrive aux pèlerins universitaires, flânant le long des couloirs et parcourant d’un œil distrait les tableaux d’af-fichage, je tombe sur l’annonce d’un exposé relatif à la fameuse dichotomie benvenistienne du Récit et du Discours, alors très en faveur. Je décide de m’y rendre séance tenante, l’humeur vaguement batailleuse, car je venais, coïncidence, d’écrire une recension critique assez sévère de cette théorie à mon sens entachée de circularité. La probité, la rigueur et un certain enjoue-ment communicatif de la conférencière eurent tôt fait de me désarmer. Notre conversation s’est prolongée jusqu’à des heures indues. J’appris qu’elle avait soutenu et fraîchement publié une thèse de doctorat consacrée à l’étude sty-listique de la correspondance entre Jean-Jacques Rousseau et Henriette***, élargie d’emblée à la problématique de la subjectivité dans le discours. Elle me fit part de ses projets, de son envie de marier la linguistique et la stylis-tique littéraire. Moi-même élève d’Albert Henry, l’initiateur et le premier titulaire à l’Université de Bruxelles d’une chaire de Linguistique et stylistique du français moderne  dont j’avais hérité à son départ, je l’encourageai dans une intention excitante, certes, mais un brin périlleuse, que d’autres spécia-listes, adossés à leur territoire, considéraient avec un mélange de hauteur et de méfiance. Attention, deux chasses gardées…
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les  registres . enjeux  stylistiques  et  visées  pragmatiques
Anna résolut d’assister durant un semestre à mon propre séminaire sur le thème de la détermination nominale. Elle y prit une place active, vite pri-mordiale. J’ai été frappé par sa culture, son intelligence de la langue, son inventivité et l’alliance rare qu’elle parvenait effectivement à réaliser entre l’« esprit de finesse » et l’« esprit de géométrie ». Une belle carrière s’ouvrait à elle. Oserais-je dire aujourd’hui, dissimulant mal un zeste de fierté, que le résultat est à la hauteur, non seulement des espérances de ses mentors, mais de mes prévisions personnelles ? On lira par ailleurs le curriculum vitae  d’Anna Jaubert, détaillant les cailloux traditionnels des Petit Poucet que nous sommes : livres, articles, communications et comptes rendus. Un panorama des intérêts de la dédi-cataire des présents hommages s’en dégage. Ce n’est pourtant que la face émergée d’un exceptionnel iceberg d’activités scientifiques, pédagogiques et logistiques. Chacune des publications est de surcroît ciselée, rédigée avec un soin qui soupèse chaque terme et traque l’idée jusque dans ses ultimes retranchements. Rien, ici, n’est indifférent ni laissé au hasard. La volonté constante de débroussailler un domaine d’entre deux où les « bouches d’ombre » – hélas ! – sont légion, inspire le respect. Les monographies avancent pas à pas en une remarquable démarche heuristique. Une nouvelle occasion d’apprécier directement les talents d’Anna Jaubert et l’impact de ses conceptions m’a été fournie à Bruxelles lors du XXII e  Congrès international de Linguistique et Philologie romanes (23-29 juillet 1998). Le Comité scientifique lui avait confié la co-présidence de la section « Rhétorique, Sémiotique, Stylistique ». Au fil des journées, ses in-terventions ont réussi à redessiner les lignes de force des sujets débattus, à reformuler sobrement les questions et les réponses. Le « bilan fin de siècle » qu’elle a en partie improvisé au terme des communications a suscité une admiration unanime. La caractéristique essentielle d’Anna Jaubert et à travers elle de l’équipe « Linguistique de l’énonciation » du laboratoire niçois « Bases, Corpus, Lan-gage » me paraît le souci d’instituer un corpus  expérimental apte à préve-nir les dangers des théorisations sauvages. On se fera une bonne idée de la méthode d’investigation grâce au volume La lecture pragmatique (Hachette, 1990). Les apports ultérieurs concernent, d’une part, les connecteurs et autres articulateurs, notamment ce qu’elle appelle les « pertinentiseurs » (les
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Marc Wilmet – Une stylisticienne pour toutes les saisons  
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« petits mots » comme enfin, bon, bof … qui jalonnent les conversations), un secteur dont elle est à la fois la pionnière, la défricheuse et l’ordonnatrice ; d’autre part la polyphonie (le mélange des voix narratives dans le récit) et le discours rapporté (des classiques discours direct, discours indirect et dis-cours indirect libre aux moins courus discours direct libre et îlots textuels du discours absorbé). Du point de vue de Sirius, ce qui frappe aujourd’hui dans la production d’Anna Jaubert, c’est, outre une qualité d’écriture et de pensée jamais pri-ses en défaut, la continuité et la progressivité. Elle s’est révélée capable de sortir la stylistique de son écartèlement entre les essais parfois désordonnés de remettre l’esthétique littéraire au centre de l’attention et l’ expressivité à la façon de Bally, cette « stylistique sans style » (d’obédience linguistique nonobstant le nom malencontreusement choisi). Je ne résiste pas au plaisir, tout en mesurant l’importance du rapprochement, de citer une déclaration de Ferdinand de Saussure, exhumée seulement en 2002, après la découverte de papiers inédits du maître de Genève ( Écrits de linguistique générale , Paris, Gallimard, pp. 272-273) : Meieur, j’en arrive à dire que ce que l’on ourrai vériablemen craindre comme daner à roo de la chaire de stylistique , ce n’e a du ou le révenion dérivan de l’équivoque avec cience du yle, mai au conraire l’objecion conian à dire : mai alor, c’e ou imlemen de la linuiique qu’on nou offre ou le nom de yliique. Oui, meieur, ou imlemen de la linuiique. seulemen, la linuiique, j’oe le dire, e vae. Noammen elle comore deu arie : l’une qui e lu rè de la langue , déô aif, l’aure qui e lu rè de la parole , force acive e oriine vériable de hénomène qui ’aerçoiven enuie eu à eu dan l’aure moiié du lanae. Ce n’e a ro que le deu. Langue, parole , tel est bien le champ d’Anna Jaubert. En assurant la co-hérence de sa discipline, elle milite inlassablement en faveur de l’unité de la philologie lato sensu . La tâche est en bonne voie. Ses travaux à venir de-vraient, si je ne m’abuse, canaliser encore une série de découvertes éparses et fournir une base solide à de prochains développements. Car il va de soi que les vrais créateurs, maillons à la fois humbles et indispensables de la chaîne ininterrompue des chercheurs, mêmes parvenus au cap symbolique des soixante ans, ne sauraient se contenter de la perspective – fût-elle azu-réenne – d’un hiver.
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