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Les Ressources de chaque royaume, état et république de l'Europe

De
228 pages

CET empire, le plus étendu de ceux qui existent ou qui ont jamais existé, est beaucoup plus grand que l’Empire Romain au zénith de sa splendeur ; il embrasse plus de terrein que toute l’Europe ensemble.

Ce ne fut que vers l’année 1613, que Michel Romanzow, fils d’un métropolitain, posa les fondemens de la grandeur de la Russie, en devenant Czar. Il est la tige de la famille qui règne aujourd’hui. Pierre-le Grand ajouta la Sibérie à cet empire, et par une conduite ferme et une vie remplie de grandes actions, il fit de cette masse informe et presque sans existence t une puissance qui jouit d’une grande considération en Europe.

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William Playfair

Les Ressources de chaque royaume, état et république de l'Europe

Élémens de statistique

AU CITOYEN CHAPTAL, MINISTRE DE L’INTÉRIEUR

CITOYEN MINISTRE,

APPELÉ par votre réputation et vos talens, à un ministère que vous exercez à la satisfaction générale, à qui pourrais-je mieux offrir qu’à vous, un ouvrage qui traite des élémens d’une science que vous avez avancée, soit par vos travaux et vos lumières, soit parles encouragemens que vous avez donnés à ceux qui s’en occupent d’une manière utile pour la chose publique ?

Persuadé que la Statistique est une des bases fondamentales de la grande politique, vous avez senti, combien il importait de fixer l’attention sur cette étude encore nouvelle ; vous avez senti que ses résultats devaient nécessairement agrandir les idées, étendre le domaine de la diplomatie, et ramener les bons esprits au véritable point d’où ils n’auraient jamais dû s’éloigner. En effet, si les abstractions politiques qui ont fait tant de ravages en Europe, et qui ont eu quelque-tems une influence si marquée sur le sort de certains états,si ces abstractions, dis-je, eussent été essayées au creuset de la statistique, il n’eût pas été difficile de s’appercevoir qu’elles étoient plus brillantes que solide, et que la nature des choses rendait leur application, sinon impossible, au moins préjudiciable au repos et au bonheur des grands Etats.

Oui, citoyen Ministre, si cette science a été aussi cultivée et aussi encouragée en France depuis douze ans, il.faut rapporter l’attention qu’on y a donnée, aux progrès des lumières et aux épreuves difficiles par lesquelles nous avons passé : aux progrès des lumières ; parce-qu’on s’est apperçu que des hommes supérieurs par leur génie et par leur éloquence, faute des connaissances statistiques, avoient erré sur le vaste territoire de la politique, sans y tracer de route sûre, et sans pouvoir faire profiter leurs concitoyens de leurs découvertes : aux épreuves difficiles par lesquelles nous avons passé ; parce qu’après avoir essayé à nos dépens les systèmes chimériques des différentes formes de gouvernement nous en sommes enfin arrivés à cette conclusion, qu’il n’en est pas de meilleure, que celle qui repose sur la propriété et l’égalité civile1, bases immuables de tout Etat bien organisé. Si quelques auteurs justement célèbres, dont l’imagination exaltée et le style enchanteur entraînaient les esprits, se sont égarés en défendant la plus belle des causes, celle du peuple ; on ne doit attribuer ces égaremens qu’à l’ignorance des premiers élémens de la saine politique2, qu’au défaut de savoir calculer les faits qui caractérisent une nation, avec les combinaisons méthaphysiques que l’on peut faire pour améliorer son sort.

Remonter à l’origine des premières sociétés pour établir une constitution et des lois qui puissent convenir à une population de trente millions d’habitans, vouloir ramener les hommes des siècles de lumières aux premiers âges du monde, prétendre trouver dans ces tems d’isolement et de barbarie des règles de conduite pour un peuple asservi par les délices de la vie sociale, enfin comparer l’existence de l’homme sauvage avec celle de l’homme civilisé, n’est-ce pas plutôt prouver le pouvoir de l’éloquence, que de traiter sérieusement la plus grande question politique ? n’est-ce pas plutôt faire un tour de force littéraire (que l’on me passe l’expression) que de s’occuper sérieusement des véritables intérêts du peuple ?

Non seulement il n’est pas à desirer pour la société qu’elle revienne à cette ignorance et à cette vie sauvage qui caractérisent les premiers siècles de l’espèce humaine ; mais c’est que tous les vœux que l’on pourrait faire à cet égard sont heureusement vains et superflus ; et que la nature des choses, plus puissante que toutes les spéculations philosophiques, s’y oppose d’une manière irrésistible.

Ce n’était donc pas à des déclamations contre la vie sociale, qu’il fallait se livrer, pour réformer les institutions vicieuses des nations civilisées : ce n’était donc pas en examinant quels pouvaient être les avantages des premiers peuples épars sur la surface de la terre, que l’on pouvait prétendre trouver les moyens d’améliorer l’état social des hommes du dix-huitième siècle.

Un territoire fertile, une population nombreuse, un commerce florissant, une agriculture encouragée, les sciences et les beaux arts honorés, les manufactures protégées, des forces respectables, des lois sages, des chefs justes et éclairés, une égalité de droits bien entendue : voilà ce qui constitue un peuple heureux dans l’ordre des choses actuelles. N’en doutons pas, ctioyen Ministre, la Statistique encore peu connue servira un jour de boussole à tous les écrivains politiques. On abandonnera le vague idéal pour rentrer dans les limites des calculs certains. Alors il ne suffira pas de savoir écrire, pour s’ériger encenseur de l’organisation sociale, il faudra faire coïncider les nouvelles idées qu’on aura conçues pour le bonheur d’un peuple, avec sa situation politique et morale, avec les moyens de réforme qu’il présente, avec son caractère, ses mœurs, ses habitudes ; avec ses forces physiques, ses ressources pécuniaires ; avec ses institutions primitives, ses opinions religieuses ; enfin, il faut le dire, avec ses préjugés mêmes,3 Tels sont les principes que l’on puise dans la science que le gouvernement français protège, que vous encouragez, et que tous les bons esprits se plaisent aujourd’hui à cultiver. Un auteur aussi judicieux que savant,4 vient à l’appui de cette opinion. Il remarque « que la plupart des tentatives qui ont été faites pour réformer la constitution et les lois dans divers pays et à des époques fort différentes, n’ont presque jamais réussi, soit qu’elles aient eu pour auteurs des philosophes célèbres, soit qu’elles aient été faites par des princes bienfésans. Eh ! comment pourroit-on en être surpris, s’écrie-t-il, en parlant des premiers. Autant vaudrait-t-il voir un ignorant présomptueux prétendre élever un édifice magnifique et colossal, qu’un philosophe entièrement étranger aux scènes de la vie active, former un systême combiné pour l’état et l’ordre actuel de la société. »

« Mais, peut-on s’attendre qu’un plus heureux succès couronne les efforts des princes qui tentent de réformer les institutions de leurs pays, et d’améliorer la situation de leurs sujets, si les premiers n’ont pas pris la peine d’acquérir les connaissances nécessaires à cet effet ? N’est-ce pas travailler dans les ténèbres, et s’exposer à faire plus de mal que de bien ? et n’est-il pas évident que, faute d’être instruits des détails qui ont rapport aux changemens qu’ils se proposent de faire, il leur est impossible de juger des avantages et des inconvéniens du nouveau plan qu’ils préméditent. Il arrive donc souvent que les résultats viennent tout autrement qu’on ne s’y attendait. De là naissent ces froissemens imprévus qui détruisent en un moment les combinaisons les plus sages, et changent les réformes les plus salutaires en une situation anarchique qui expose l’état à une dissolution entière ».

Une expérience longue et encore récente a jeté un tel jour sur ces grandes vérités, qu’il ne reste plus aucune incertitude à cet égard.

« Tous les souverains, et les réformateurs, éclairés et prudens, avant de proposer aucun changement dans la législation de leur nation, feront désormais les recherches les plus exactes sur la situation de leur pays, ils s’instruiront des faits qui le caractérisent, des rapports qui le lient avec les autres peuples : ils voudront connnoître les ressources physiques de territoire, la nature et les diverses productions de son sol, le total des biens, et la propriété personnelle de ses habitans, les différentes occupations des individus, le nombre çt la condition des pauvres, le degré d’instruction auquel est arrivée la grande majorité des citoyens, la quantité des établissemens publics, leur situation intérieure, l’état des villes et villages ; enfin le caractère, les habitudes, les mœurs, les principes religieux des peuples au bonheur desquels ils auront le projet de travailler. »

Car, il ne suffit pas à un gouvernement, ainsi que l’ont avancé nombre d’écrivains, d’ailleurs fort estimables, de s’occuper des guerres, de la politique étrangère, de la fixation des impôts, du règlement des dépenses, du maintien de l’ordre, etc. etc. Il doit s’étudier à perfectionner tous les rouages qui composent la grande machine qu’il s’est chargé de diriger, il doit en examiner attentivement tous les ressorts, augmenter ceux qui sont trop foibles, diminuer ceux qui sont trop forts, tendre ceux qui sont relâchés, donner plus de jeu à ceux qui sont trop tendus.

« Et en effet, dit M. Sinclair, si nous raisonnons par analogie, ne voyons-nous pas qu’un riche propriétaire, lorsqu’il veut améliorer sa situation, commence par prendre une connaissance exacte de l’étendue de ses possessions, de la qualité de son sol, de ce que ses terres peuvent produire, des dépenses qu’elles exigent, de la meilleure méthode de les cultiver, etc. etc. Pourquoi un gouvernement seroit-il dispensé d’acquérir des connaisances dont un simple particulier ne saurait se passer pour bien administrer son domaine ? On objectera peut-être que les anciens n’ont point connu la Statistique, cela est vrai : au moins rien n’indique qu’ils aient cultivé cette science. Aussi ont-ils commis souvent les erreurs les plus grossières en matière politique. Il est donc évident que nul souverain ou chef d’une nation ne saurait améliorer l’état social d’un pays et la condition de ses habitans, sans entrer dans les détails de cette nature ; c’est le seul moyen qui puisse le mettre à portée de prévoir et de surmonter les obstacles qui se rencontrent dans le perfectionnement d’une grande administration. »

Cette vérité, une fois bien démontrée et bien sentie, écarte de la lice politique cette foule d’hommes à systêmes, de têtes chaudes, d’innovateurs pétulans, de brouillons diplomatiques ; cette foule de zoïles des gouvernemens existans, qui ressassent d’anciennes vérités au milieu de leurs erreurs et de leur critique, et qui, par leurs écrits aussi imprudens que superficiels, troublent la tranquillité publique, et sapent les fondemens de la constitution de leurs pays.

N’est-ce pas encore là un des bienfaits que promet la Statistique ; et celui-là, je vous le demande, citoyen Ministre, né doit- il pas être regardé comme un des plus grands et des plus solides de ceux qu’elle versera sur la société ?

Des événemens, dont le souvenir est encore présent à notre mémoire, nous apprennent à estimer ce bienfait toute sa valeur. Non, ne craignons pas aujourd’hui de le dire ; si, dans un tems d’anarchie, où l’on confondait les opinions des plus célèbres publicistes avec les idées bizarres et ridicules de quelques meneurs populaires, qui, à l’aide de sophismes aussi faux que dangereux, s’emparaient de l’opinion publique et la dirigeaient à leur gré ; si, dans ces tems de calamités, dis-je, on eût pu rassembler le peuple et lui faire entendre la voix de la raison, que de maux et de crimes n’eût-on pas évités ! le calcul le plus simple aurait suffi pour lui prouver qu’on l’abusait par des promesses aussi folles que vaines.

Ainsi, par exemple, quand on prêchait l’égalité absolue des richesses par miles citoyens, on eût pu lui dire : voyez combien on vous trompe, puisque les revenus de l’Europe entière ne suffiraient pas pour enrichir également tous les individus d’une nation composée de trente millions d’habitans, etc. etc. ! ! !

Espérons donc que, lorsque la Statistique sera cultivée dans toutes les classes de la société, susceptibles de quelqu’étude, elle rectifiera les idées. fausses qu’on a pu se former sur la politique ; qu’elle convaincra les bons citoyens que les grands états ne sauraient être gouvernés dans les formes qui conviennent aux petits ; qu’ils ne doivent donc pas s’étonner que dans une machine dont les rouages sont compliqués, il s’opère des froissemens qui paraissent durs, mais qui sont presqu’inévitables, et sur lesquels l’intérêt général doit faire fermer les yeux.

A-t-on pu lire le dernier rapport du citoyen Daru, sans apprécier les grands avantages que présente la science dont nous parlons ? Les résultats qu’il a obtenus de ses calculs sont des plus satisfaisans, tout à la fois pour le repos de la nation française, et, on peut le dire, pour la tranquillité de l’Europe.

En effet, quel gouvernement assez déraisonnable oserait attaquer une nation qui peut avoir habituellement un million de braves pour la défendre ; une nation qui, dans les circonstances les plus difficiles, avait plus de troupes à ses ordres que les états les plus formidables de l’Europe, coalisés contre elle ; une nation enfin qui peut armer six millions d’hommes à la fois ?

Il me reste à vous dire quelque chose de l’ouvrage dont vous avez bien voulu accepter la dédicace. Ce n’est pas une Statistique générale que j’ai prétendu donner, ce sont des élémens mis à la portée de tout le monde. Ceux qui prendront la peine de lire ce volume, y trouveront tout ce qui constitue les premiers principes de la science. C’est une espèce de manuel destiné à présenter des résultats, et à offrir, au premier coup-d’œil, l’ensemble et la situation comparative de chaque état, royaume, et république de l’Europe. En un mot, c’est une introduction à la science, ainsi que le titre l’annonce.

Citoyen Ministre, tous mes vœux seront remplis si l’ouvrage que j’offre au public peut mériter votre suffrage, seconder vos vues éclairées, et prouver au gouvernement et à mes concitoyens que rien ne peut m’être plus cher que leur estime et leur bienveillance.

J’ai l’honneur d’être avec le respect et la considération qu’inspirent votre nom et vos talens,

Votre très-dévoué concitoyen

 

D.F. DONNANT.

AVERTISSEMENT DU TRADUCTEUR

L’ATTENTION que l’on donne généralement, depuis quelque tems à la statistique, m’a fait penser que l’ouvrage, que je viens de traduire serait favorablement reçu du public. Il a deux grands mérites, suivant moi, celui d’être court, et celui de représenter, d’un coup-d’œil, par des tableaux, l’analyse de tout ce qu’il contient. Parler aux sens et à l’esprit tout à la fois, c’est le plus sûr moyen de faire impression sur la mémoire ; c’est donc la meilleure méthode pour enseigner une science difficile.

La plupart des ouvrages qui ont paru jusqu’à ce jour sur la Statistique, sont si volumineux, que ceux qui ne sont point initiés dans cette étude, en redoutent la lecture, persuadés, d’avance, qu’elle les fatiguera beaucoup, sans les dédommager, par des résultats clairs et instructifs.

Le seul moyen d’attirer des partisans à cette science utile, mais trop peu connue, était de faire un ouvrage qui fût à la portée de presque toutes les classes de la société ; c’est là le but que s’est proposé Williams Playfair : c’est au public à juger jusqu’à quel point il l’a atteint, Dans cette circonstance mon jugement pourrait être récusé, je m’abstiendrai donc de tout éloge.

Je dois prévenir que les changemens politiques qui se sont opérés en Europe depuis la publication de ces élémens, ne sont point insérés dans le corps de l’ouvrage ; mais je les fais remarquer dans des notes qui sont placées au-dessous de chaque article qu’ils concernent.

Quant à la France, je l’ai présentée telle qu’elle est aujourd’hui, laissant cependant subsister sur les cartes la dimension que Playfair lui a donnée, afin que le lecteur soit à portée de juger du prodigieux accroissement qu’elle a reçu par ses conquêtes dans la dernière guerre1. Si la Pologne qui est aujourd’hui effacée du rang des états, figure au nombre des royaumes de l’Europe ; c’est qu’on a pensé que c’étoit le moyen le plus facile pour faire connaître au lecteur toute l’importance des. acquisitions qu’ont faites la Russie, la Prusse et l’Allemagne, en se partageant cette puissance.

On voit qu’une grande étendue de territoire, une population nombreuse, un sol fertile, des habitans courageux même ne sauroient sauver de la ruine un état dont la constitution est vicieuse, le trône chancelant, et où les lois sont sans vigueur. Quelle leçon pour les peuples que le sort actuel des Polonais2 !

Il seroit superflu de parler ici de toutes les augmentations que j’ai faites à l’ouvrage de Playfair. Je dirai seulement qu’il m’a paru convenable de donner à l’article de la France plus de développement, qu’à ceux des autres pays. J’ai dressé un tableau comparatif de l’étendue et de la population des départemens de la république, et pour cela je me suis servi des derniers récensemens qui ont été publiés. On remarquera avec plasir qu’ils présentent un accroissement de population assez considérable.

C’est une indication toujours certaine de la prospérité des peuples.

J’aurais donné plus d’étendue au précis statistique des Etats-Unis d’Amérique, si je n’eusse désiré le proportionner aux autres articles de l’ouvrage. Mais le tableau que j’y ai joint suffira pour donner une idée des progrès étonnans de cette république du nouveau monde qui compte à peine 24 années d’existence, et dont la population dans ce court intervalle a presque triplé. Il n’y a pas d’exemple d’une progression aussi rapide, dans aucun pays de l’ancien continent.

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