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LES SECTES

De
192 pages
Aujourd'hui beaucoup de jeunes sont attirés par le doux message des sectes. En quête de spiritualité ou en recherche d'un contenant à leur angoisse, les jeunes se dirigent tête baissée vers ces vendeurs d'espoirs et de rêve. A travers cet ouvrage, nous mettons l'accent sur la nécessité de faire preuve de discernement face au foisonnement spirituel et religieux.
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LES SECTES
IMAGES D'UNE SOCIÉTÉ SANS RÉPONSES
Comment faire preuve de discernement face au phénomène sectaire?

Collection Psycho-Logiques

dirigée par Philippe Brenot et Alain Brun
Sans exclusives ni frontières, les logiques président au fonctionnement psychique comme à la vie relationnelle. Toutes les pratiques, toutes les écoles ont leur place dans Psycho-Logiques.

Dernières parutions Nathalie FRAISE, L'anorexie mentale et le jeûne mystique du Moyen Age. Faim, foi et pouvoir, 2000. Jean BOUISSON et Jean-Claude REINHARDT, Seuils, parcours, vieillissements,2000. Serge NICOLAS, La mémoire humaine, Une perspective fonctionnaliste, 2000. Jean-Claude REINHARDT et Jean BOUISSON, Vieillissements, rites et routines,2001. Marie-Françoise BRUNET-LOURDIN, La vie, le désir et la mort. Approche psychanalytique du sida, 2001. Michel LANDRY, Manuel alphabétique du psychiatrisme, 2001. Eric AURIACOMBE, Les deuils infantiles, 2001. Viviane KOSTRUBIEC, La mémoire émergente: vers une approche dynamique de la mémorisation, 2001. Marie-Line FELONNEAU, Stéphanie BUSQUETS, Tags et graft, 2001. Constantin XYPAS, Les stades du développement affectif selon Piaget, 2001. Elisabeth MERCIER, Le rêve éveillé dirigé revisité. Une thérapie de l'imaginaction, 2001. Gérard PIRLOT, Violences et souffrances à l'adolescence, 2001. Yves RANTY, Le corps en psychothérapie de relaxation, 2001.

Kristel DESMEDT

LES SECTES
IMAGES D'UNE SOCIÉTÉ SANS RÉPONSES

Comment faire preuve de discernement face au phénomène sectaire?

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris France

L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest HONGRIE

L'Harmattan Italia Via Bava, 37 10214 Torino ITALlE

@L'Hannattan,2001 ISBN: 2-7475-1189-8

A mes parents et ma famille A Sylvain

" La pensée ne doit jamais se soumettre, ni à un dogme, ni à un parti, ni à une passion, ni à un intérêt, ni à une idée préconçue, ni à quoi que ce soit, si ce n'est aux faits eux-mêmes parce que, pour elle, se soumettre, ce serait cesser d'être" .
Henri Poincaré

INTRODUCTION

1. Pourquoi cet ouvrage?
Beaucoup d'entre nous, au détour d'un chemin, ont eu l'occasion de faire la rencontre d'un scientologue ou de se retrouver face à face avec un Témoin de Jéhovah. Ce qui dans le passé ne manquait pas de faire sourire ou d'être sujet à ironie, est aujourd'hui pris au sérieux. En effet, la propagande et la croissance de groupes de toutes sortes, religieux ou non, souvent en marge de la société, commencent à nous faire réfléchir. Actuellement, l'inhabituel attire ou alors repousse. Les sectes veulent un homme nouveau. Les Eglises traditionnelles nous lassent, nous ennuient. Les sectes nous sont apparues comme un sujet extrêmement intéressant à traiter car elles concernent toute notre génération, elles mettent en jeu notre façon de vivre, nos attitudes. Elles sont, en quelque sorte, le reflet d'un mal être dans notre civilisation. A travers elles, nous pouvons observer les phénomènes de pouvoir, d'influence et de manipulation présents à tous les niveaux et constamment dans nos rapports avec les autres au sein de la société. Il s'agit aussi de questions philosophiques, métaphysiques et religieuses. Il nous semble que tous les problèmes de la vie quotidienne se trouvent

cristallisés de façon extrême dans le phénomène sectaire et cela nous a fascinée. Ce sont les questions telles que" Qui suis-je? D'où viensje ? Où vais-je? Comment?" qui sont les sources de cet attrait des adeptes pour ces mouvements minoritaires hors du commun. Ces interrogations, chacun de nous les porte en lui, elles nous préoccupent tous, mais les sectes les abordent et surtout y répondent de façon tout à fait" originale" . La société ne peut pas faire semblant de ne pas voir ce qui se passe. Chacun est libre de croire. En revanche, dès qu'un groupe se constitue autour d'un message, qu'il se structure et produit un degré significatif de nocivité1, ce groupe risque d'être dangereux. Nous sommes alors amenés à nous engager, par droit et par devoir. Ce n'est pas du tout au niveau du contenu des croyances que la société se doit d'envisager le phénomène sectaire, mais au niveau de ses conséquences parfois désastreuses sur les individus. Nous avons eu envie de parler des sectes parce que nous aimerions relativiser les choses, sans les banaliser ni les cautionner. Notre démarche se veut axée sur la compréhension du phénomène afin de permettre une meilleure finesse dans nos jugements éventuels. Nous pensons que les sectes sont des mouvements très intelligents et extrêmement subtils. Il est fondamental de les saisir en profondeur si l'on veut pouvoir lutter contre celles qui provoquent des conséquences très différentes de l'épanouissement personnel recherché. Celui-ci est à la base de l'adhésion sectaire chez les adeptes. Nous ne voulons pas nous placer dans une optique pure et simple d'attaque des sectes. Nous ne voulons pas non plus créer un climat de terreur ou de paranoïa, mais il nous semble évident
1 _ au niveau personnel, parce qu'il devient capable de porter atteinte aux
droits de I'homme,

- au

niveau de l'équilibre social, parce qu'il est susceptible de remettre question les lois régissant la société et permettant la paix civile,

en

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qu'il ne faut pas banaliser la menace réelle de certains mouvements sectaires. Si l'on veut pouvoir limiter les dégâts éventuels, il est important que chacun de nous comprenne pourquoi les sectes attirent un si grand nombre d'adeptes. Il nous faut adopter une démarche étape par étape, en sensibilisant progressivement le public, en lui apprenant à se poser les bonnes questions: " Quel est ce groupe? Qui est son responsable? Quelles sont ses croyances et qu'impliquent-elles? Quelles sont les pratiques suivies? Que se passe t-il au moment où quelqu'un veut quitter le mouvement?" C'est une sorte d'étape préliminaire qui peut aider chacun à être vigilant. La vigilance ! Voilà l'orientation adoptée à travers cet ouvrage. Nous sommes tous confrontés à du religieux ou pseudo-religieux alors qu'en même temps nous devons faire face, dans notre société, à toutes les incertitudes socioéconomiques de la vie. Actuellement, la dimension émotionnelle revêt une importance particulière dans notre monde. Nous sommes avides d'expériences et à la recherche du bonheur immédiat. Nous pouvons dès lors mieux comprendre la naissance croissante de groupements sectaires, ceux-ci vont se proposer d'offrir tout ce dont rêve la population insatisfaite. Une tendance et une dérive sectaires ont plus de chances de se développer dans de telles conditions. C'est pourquoi nous avons pris le parti de tout miser sur l'information, la prévention et la vigilance. A la lumière de ce phénomène, nous nous sommes rendue compte que les pratiques, les observances anciennes (par exemple le fait d'aller à la messe) déclinent et qu'en parallèle se multiplient les trajectoires individuelles, personnelles. Aujourd'hui, on croit autrement et cela touche une population très variée au niveau de l'âge, à travers différents milieux et classes sociales. Il existe une grande variété de parcours, dépendants de chaque individu: on cherche, on poursuit son chemin, on fait de nouvelles rencontres, on parcourt des lectures diverses et ainsi,

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progressivement, on se construit une expérience personnelle. Il nous semble que c'est ce qui est spécifique à la période actuelle, c'est-à-dire que cette insistance sur l'authenticité d'une démarche de recherche de sens va conduire les gens dans des endroits très différents alors que l'univers de transmission institutionnelle continue à s'effriter. Comme la toxicomanie, l'alcoolisme ou tout autre forme de dépendance à un produit, les sectes sont susceptibles d'atteindre tous ceux qui, à un moment donné de leur vie, se retrouvent sans repères valables, seuls ou dans un état de faiblesse. Les sectes n'épargnent aucune couche de notre société et vont s'ancrer au plus profond de l'individu. Manipulation et contrôle de la conscience, projection du nouvel adepte dans une pseudo-réalité et coupure avec la réalité... Tant de phénomènes intéressants. Le membre d'une secte est, dans la plupart des cas, placé dans une sorte de monde fantasmatique par le biais de rituels. La secte essaie de le rendre dépendant et il y aurait même sécrétion d'endorphines. Le phénomène sectaire peut être considéré comme un nouveau problème d'addiction. On devient dépendant d'une secte comme on le devient d'un produit. Sur ce genre de considérations, il nous importe de ne pas tout mélanger. Tous les groupements minoritaires ne sont pas égaux, il existe des degrés de dangerosité différents. Si on veut parvenir à atteindre une démarche efficace au niveau de la prévention, nous nous devons de préciser que toutes les sectes n'ont pas le même impact. Tout est une question de pouvoir et de manière dont celui-ci est employé. Beaucoup d'entre nous ont pu, à un moment ou à un autre, se rendre compte (en tant qu'auteur, victime ou témoin) à quel point une infime parcelle d'autorité pouvait déjà provoquer des abus et des déviations. Il en va de même dans les sectes. Certaines, en effet, peuvent avoir des objectifs acceptables, mais se laisser glisser progressivement vers des tendances plus totalitaires, voire dangereuses, au fur et à mesure que croît leur goût de pouvoir. 14

Il est intéressant de constater que les sectes témoignent de la continuité d'un phénomène ancien, c'est-à-dire le soulagement des maux, aussi divers soient-ils, par la spiritualité. Nous avons tous, jeunes ou moins jeunes, besoin d'une cause à laquelle" donner" sa vie parce que nous ne pouvons pas vivre si nous n'avons pas une raison" valable" de mourir (F. d'Eaubonne, 1982). Auparavant, la mystification atroce de la guerre, comme celle des révolutions, fournissait cette raison plausible. Aujourd'hui la cause est étendue. On continue à se faire tuer, mais sans croire à la valeur du massacre. Les gens ont un besoin secret et profond de croire. A notre époque, on parle facilement de beaucoup de choses (sexe...), mais on dissimule de façon très pudique le rapport que l'on entretient avec la mort. Il semble qu'il y a un vide en nous, laissé par la religion. C'est malheureusement ce vide que vont remplir les gourous. Contrairement à l'idée que nous avions, on dirait que les individus (du moins quelques-uns d'entre eux) ont besoin d'une autorité supérieure pour parvenir à un certain équilibre. Il est évident que nous désirons souvent une vie différente, c'est-à-dire que devant l'absence souvent fréquente de solidarité familiale ou institutionnelle, devant le caractère individualiste de la société, on va avoir envie de s'affilier à quelque chose d'autre ou à quelqu'un d'autre. Pour construire notre identité, nous avons besoin, entre autres, d'un groupe d'appartenance fixe et définitoire. C'est ainsi que certains sont amenés à s'intégrer parfois à n'importe quoi, n'importe où, afin de ne plus être seul, de trouver un sens à leur vie et de se former leur identité. Nous pensons que c'est notre société et l'homme lui-même qui ont permis le développement sectaire. En effet, nos découvertes scientifiques et nos réalisations techniques ont permis à l'homme de créer un monde nouveau, qui a ses lois et sa destinée propre. Mais à côté de cela, qu'en est-il lorsqu'il se tourne vers lui-même? L'homme dans son projet a peut-être oublié de faire de lui-même quelqu'un de bien. Notre vie n'est pas faite de fraternité, de bonheur et de plénitude. Le chaos et un certain désordre spirituel sont beaucoup plus présents. 15

L'homme a perdu, petit à petit, le contact avec sa réalité intérieure et il a pratiquement coupé sa pensée de sa vie affective. Ce sont les raisons pour lesquelles nous aimerions qu'il y ait une prise de conscience de la part des individus sur ce qu'est notre société et surtout sur les conséquences de celle-ci. Sans cela, une orientation même irrationnelle, si elle se voit partagée par un ensemble de personnes, donne à l'individu un sentiment d'unité avec les autres, un certain degré de sécurité et de stabilité qui sont actuellement cruellement absents de la société. On comprend alors que dès qu'il y a partage, avec un groupe, de certains éléments, les individus y trouvent un sentiment de réconfort. Certaines personnes se trouvent dans des situations telles que pour échapper aux sentiments de solitude ou de rejet, elles vont croire en une doctrine quelle qu'elle soit. C'est en tentant de comprendre la détresse actuelle que nous pouvons peut-être limiter le phénomène sectaire. Pour parvenir à une pleine compréhension de leurs attitudes, il nous faut appréhender les opérations conscientes ou inconscientes qui se réalisent au sein des individus (FROMM, 1968). C'est un des biais qui permet aussi d'expliquer la nécessité et les conditions du développement du sentiment sectaire. La dimension socio-culturelle n'est pas à négliger dans notre démarche de compréhension globale de ces comportements sectaires. Certes, I'homme est dépendant de différentes choses (de la maladie, de la vieillesse, de la mort...) et il ne possède pas le contrôle absolu de son existence. L'être humain a quelques potentialités et beaucoup de limites, mais nous avons l'impression qu'il s'agit d'un autre phénomène lorsqu'il s'agit pour l'homme de se complaire de sa dépendance et se mettre à adorer les forces dont il est dépendant. En effet, accepter les limites de nos possibilités nous permet de développer sagesse, maturité et humilité. Cependant, se vouer au culte de ces limites, c'est faire preuve de masochisme et d'humiliation envers sol.

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Dans notre vision du phénomène sectaire, nous refusons de juger qui que ce soit (gourous, adeptes ou sectes), nous voulons simplement tenter de comprendre du mieux que nous pouvons cette réalité de notre monde. De plus, le jugement n'a, nous semble-t-il, jamais permis de faire avancer les choses. Comprendre réellement et en profondeur un phénomène permet de se donner les moyens de le dépasser et d'agir de manière adéquate vis-à-vis de celui-ci. Cette démarche suppose un certain acquis de connaissance et la possibilité de faire abstraction des sentiments de peur et des émotions liées à ceuxcI.

Pour s'orienter à l'intérieur de son existence, l'homme a besoin de sens. Le changement social, en cours actuellement, oblige l'individu à évoluer dans un univers de sens multiple. Il y a trop d'informations. Cela explique pourquoi l'individu a tant de difficultés concernant ce en quoi il peut ou non croire. Par ailleurs, les sociétés actuelles oscillent entre le rejet de valeurs anciennes des discours portant sur la liberté, la solidarité, l'égalité et la poursuite d'un idéal qui nous éloigne de la monotonie du matérialisme. Elles ne parviennent pas à se positionner et cette tension ne fait qu'entraîner un certain mal être. L'autonomie, la liberté, la responsabilité ne représentent pas des valeurs maîtrisables pour tout un chacun, la société devrait toujours se soucier des plus" faibles" . Nous voudrions apporter une précision quant à l'usage du mot" secte" tout au long de cet ouvrage. Dans le langage courant, le terme" secte" désigne péjorativement et sans établir de différences une foule de groupements religieux ou non. La forte charge négative attachée à ce mot rend son usage piégé et nous aimerions nous y soustraire. C'est pour cela que nous utiliserons différents termes tels que" mouvements minoritaires, sectaires, sectes, minorités, groupes, groupements..." dans le même sens, sans connotation péjorative. Nous ne cherchons pas à condamner ni à approuver les sectes, mais à conduire les personnes en quête de spiritualité à une attitude de discernement.

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2. Définitions du mot" secte"
Nous nous trouvons aujourd'hui face à un pluralisme croissant dans le domaine du spirituel et du religieux. Chacun de nous peut choisir assez librement ce à quoi il désire croire, dans quelles voies spirituelles s'engager, à quelle appartenance religieuse il désire être associé. La société, l'éducation et la famille sont beaucoup moins contraignantes qu'auparavant dans ce domaine, le spirituel devient progressivement de l'ordre du choix de plus en plus individualisé. La recherche d'une voie spirituelle vise à permettre à l'individu de s'épanouir intérieurement. C'est pourquoi il faut que l'individu soit plus ou moins familiarisé avec le milieu de ses éventuels" futurs nouveaux co-religionnaires" pour diminuer le risque de désillusion et de déchirement que suscite souvent une rupture spirituelle. Nos sociétés industrialisées produisent des structures dépersonnalisantes qui sont susceptibles de créer, au point de vue individuel et collectif, des situations de crise. Des besoins, des attentes vont alors surgir. Il va y avoir recherche d'harmonie, d'intégralité, de totalité, de participation à tous les degrés de l'existence et de l'expérience humaine. Les gens vont essayer de trouver la vérité et le sens de la vie. C'est à ce moment-là que vont intervenir les sectes car celles-ci prétendent pouvoir combler facilement tous les manques, inquiétudes et interrogations des individus en quête d'eux-mêmes. Elles disent pouvoir donner satisfaction tant sur le plan affectif qu'intellectuel. Peut-être qu'elles apportent un certain nombre de choses au nouvel adepte, mais cela peut rapidement dégénérer dans certains cas.
.Qu 'est-ce qu'une secte?

Pour CHOUVIER (1996, p. 147), ce qui caractérise essentiellement un groupe religieux comme étant une secte 18

" c'est la mise en évidence d'un fonctionnement sectaire, une vie unitaire groupale intense centrée sur la lecture univoque de la parole sacrée d'une figure déifiée" . VIVIEN (1996) décrit une secte comme une association qui présente des caractéristiques totalitaires et qui est accusée d'un certain nombre de méfaits. Il en parle, lors d'une émission télévisée, en terme de " contre-société" . TAVERNIER2 définit une secte comme un groupe dans lequel il y a manipulation mentale. Elle parle d'une triple manipulation: intellectuelle, morale et financière, qui entraîne la destruction de l'individu, de la famille et de la société. A la tête de ces groupes, il y a toujours un gourou qui est un maître absolument adoré, vénéré, qui possède la vérité et qui propose une doctrine et une nouvelle famille. Dans l'esprit du public, le mot est encore rattaché à une déviance d'ordre religieux. Ainsi, WOODROW (1981) préfère parler de " perversion de l'alternative" ou plus simplement" des gouroufiés" . Mystifiés par des gourous, voilà ce qui pour lui constitue le trait commun des adeptes. Il pense aussi que la définition est plus importante que le nom. Il définit alors les sectes comme" des groupuscules qui se caractérisent par une vie communautaire fermée, rompant les ponts entre l'adepte et tout son passé, prétendant plus ou moins à l'autarcie et se signalant par le fanatisme commun pour une idée centrale de moins en moins religieuse: en général, une aspiration à la mode, écologique, alternative, voire parapsychologique, néo-fasciste ou néorévolutionnaire émise par un gourou (qui ne dit pas son nom) et régentée par une chefferie (groupée autour de lui et, en général, s'enrichissant du travail et des dons communs)". Pour lui, toutes les sectes ne sont pas dangereuses, mais dans la pratique on peut s'apercevoir qu'il y en a beaucoup qui le sont (9 sur 10, d'après lui).'

2 Présidente de l' UNADFI (Union Nationale des Associations de Défense des Familles et de l'Individu) à Paris. 19