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Les séminaires de la Borde

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"Sensibiliser le public à une forme d’appréhension des choses ? Témoigner d’une nécessité pragmatique, éthico-existentielle ? Traduire, à ma façon, ce qui se passe dans le champ psychiatrique afin d’en préserver la densité, la couleur. Illustration de ce fait, quotidien, qui veut que dans toute rencontre (psychiatrique, psychothérapie,...) il est nécessaire que l’on soit seul, sans doublure, en prise directe, sans référence."


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LES SEMINAIRES
DE LA BORDE
1996/1997 JEAN OURY
La numérisation de cet ouvrage a reçu le soutien du CNL
Et de la région Languedoc Roussillon
Présentation du livre :"Sensibiliser le public à une forme d’appréhension des choses ? Témoigner d’une nécessité pragmatique, éth ico-existentielle ? Traduire, à ma façon, ce qui se passe dans le champ psychiatr ique afin d’en préserver la densité, la couleur. Illustration de ce fait, quoti dien, qui veut que dans toute rencontre (psychiatrique, psychothérapie,…) il est nécessaire que l’on soit seul, sans doublure, en prise directe, sans référence." Auteur : Jean Ouryde lapsychiatre et médecin-directeur de la clinique  est Borde. Il est un des fondateurs de la psychothérapie institutionnelle.
AVANT-PROPOS
Table des matières
La Borde, le 7 septembre 1996
La Borde, le 14 septembre 1996
La Borde, le 28 septembre 1996
La Borde, le 5 octobre 1996
La Borde, le 12 octobre 1996
La Borde, le 19 octobre 1996
La Borde, le 9 novembre 1996
La Borde, le 23 novembre 1996
La Borde, le 7 décembre 1996
La Borde, le 14 décembre 1996
La Borde, le 21 décembre 1996
La Borde, le 11 janvier 1997
La Borde, le 18 janvier 1997
La Borde, le 25 janvier 1997
La Borde, le 1er février 1997
La Borde, le 15 février 1997
La Borde, le 22 février 1997
La Borde, le 1er mars 1997
La Borde, le 8 mars 1997
La Borde, le 22 mars 1997
La Borde, le 5 avril 1997
La Borde, le 12 avril 1997
La Borde, le 19 avril 1997
La Borde, le 26 avril 1997
La Borde, le 10 mai 1997
La Borde, le 17 mai 1997
La Borde, le 24 mai 1997
La Borde, le 31 mai 1997
AVANT-PROPOS
Un extrait de quelques mois de ce que l’on nomme ic i « Séminaires de La Borde ». Quelques mois, de septembre 1996 à mai 199 7. Un échantillon prélevé sur 28 années (à raison d’un par semaine) !
Depuis février 1971. Une date peut-être décisive ? À voir. Il s’agit d’un exercice hebdomadaire d’improvisation. Arriver là, sans note, à de rares exceptions. Devant un public varié, hétérogène, qui pour la majorité n’est pas de La Borde. Question à débattre, bien que depuis quel ques années, je constate quelques infiltrations locales. De quoi moduler la formule : « Nul n’est prophète… etc. »
En dehors de l’exercice personnel, pour que la mach ine pensante ne se rouille pas, il y a peut-être, non pas un but, mais une justification à cet exercice régulier.
Sensibiliser le public à une forme d’appréhension d es choses ? Quel public ? Quelles choses ? Témoigner d’une nécessité pragma tique, éthico-existentielle ? Traduire, à ma façon, ce qui se passe dans le cha mp psychiatrique afin d’en préserver la densité, la couleur. Parti-pris éthiqu e ? Illustration de ce fait, quotidien, qui veut que dans toute rencontre (psychiatrique, psychothérapique,…) il est nécessaire que l’on soit seul, sans doublure , en prise directe, sans référence ; façon d’appliquer cet aphorisme de Laca n : « il n’y a pas d’Autre de l’Autre. »
Il y a une sorte de jeu. De repartir à chaque fois d’un point zéro, sans « idée » préétablie. Essayez de parler comme ça, sans « préparation » comme on dit. Si l’on touche le point d’émergence il suffit alors de faire confiance et d’« oser se permettre » (Dürfen) avec une règle implicite qui p ermet la dérive, l’erreur, le superflu. D’où certainement quelques redites, quelq ues répétitions qui apparaissent d’autant plus qu’on essaie de transmue r le discours parlé en écriture lisible. Risque permanent d’inadéquation, d’impropriété, qui cependant, comme on le sait, est impossible à éviter dans le passage du « dire » au « dit ».
Il est bien évident que ce prélèvement de textes su r une si longue histoire ne peut pas tenir compte explicitement de tout ce q ui a été dit antérieurement. D’où une fonction anaphorique qui ne peut pleinemen t apparaître que chez un auditeur « chronique ». Nous espérons que cela ne g ênera pas trop la transcription que chacun pourra faire dans sa propr e langue : langue maternelle ? idiolecte ? La plupart du temps inaccessible, mais la seule qui compte.
Pulsion d’éveil ? Peut-être. Je le souhaite, sans p our autant y penser vraiment.
J’ai donc gardé l’ordre chronologique. Chaque séanc e apparaît comme étant une sorte d’interprétation de ce qui s’est passé depuis la précédente.
Jean Oury, le 13 novembre 1998
LaBorde, le 7 septembre 1996
Laedoux. Et aujourd’hui, ildernière fois, j’avais regretté l’absence de Marc L n’est pas là non plus. Il y a plus d’un an, presque deux ans, que Marc Ledoux m’a demandé d’écrire une préface à une thèse, un livre qu’il avait exposé ici. Je n’ai rien fait ! C’est un livre en flamand, sur son expé rience institutionnelle de La Borde. C’est important de présenter ça en flamand : il n’y a pas encore de textes en flamand sur notre travail. L’Espagne, ça y est. En Allemagne aussi (le petit livre de Wolfgang Hoffmann : la psychiatrie et la p sychothérapie institutionnelle, c’est la première fois qu’on en parlait en Allemagne). En Italie, il y a eu Ugo Amati. En Pologne, il va y avoir Yan, qui est polonais et qui connaît bien La Borde. Je lui ai envoyé un livre pour qu’il fasse un article en p olonais. Au Portugal, en Suisse, au Brésil, etc... Il manquait la Belgique flamande ! Et là-dessus, mea culpa ! Je m’étais dit, il y a huit jours, comme je ne peux pa s écrire – j’ai une infirmité effrayante, une sorte d’agraphie chronique – qu’en parlant peut-être autour d’un thème, dans la périphérie des préoccupations de Mar c, j’arriverai peut-être à cerner quelque chose d’utile pour la préface. Et po ur m’aider dans ce travail, j’avais pensé que ce serait intéressant de reprendr e au moins un des thèmes principaux de ce travail, le concept de «pathoplastie».
Qu’est-ce que j’entends par «pathoplastie» ? Depuis le temps que j’en parle, je ne l’ai jamais suffisamment développé. Ma is en même temps, je suis obligé, non pas de préparer, mais de réfléchir à ce que je dois dire à Ste Anne mercredi en huit, une année entière sur la «dialectique», ça me fout la trouille ! Et plus je progresse, plus je m’aperçois que ça se dépose, qu’il y a des carrefours.
Et en même temps, il y a ce projet qu’il faut travailler avec Jean Gagnepain. Gwenaelle m’a dit jeudi, dans un petit groupe, qu’e lle avait trouvé à la bibliothèque de la faculté de Tours les trois livre s de Gagnepain. Le premier, de 1982, qui est épuisé dans cette collection, mais qu i a été réédité certainement, et deux autres. Si on pouvait avoir les trois livres, ça vaudrait le coup ! Je n’ai que le premier : Vouloir dire. C’est un livre très intéres sant. Il faut s’accrocher pour le lire, mais c’est remarquable. Le plus remarquable, c’est un cadeau que m’a fait une infirmière – qui travaille avec Delion maintena nt, mais qui a travaillé ici – Marie-Renée : une boîte à chaussures pleine des cas settes d’un cours d’une année de Gagnepain. Comme il parle très vite, c’est très dense, mais ça vaut le coup. C’est très marrant d’écouter ça ! On comprend beaucoup mieux son livre après ça. Pour les gens que ça intéresse, on pourrait les faire passer.
Donc, il y a Gagnepain qui arrive au carrefour. Il est d’accord pour venir le
dernier vendredi d’octobre ; on passerait une journ ée avec lui, à Blois. Je le redirai à ce moment là. C’est juste la veille de «Psypropos» qui sera consacré à «L’interprétation». Je ne sais pas si Gagnepain ser a content de se «rencontrer» dans les carrefours, parce qu’il est très pointille ux. Je l’ai fait rencontrer avec Claude Hagège. Il y a aussi Charles Sanders Peirce qui est métamorphosé en particulier en Michel Balat, Christiane Chauviré, C laudine Tiercelin. Et dans le même carrefour, ça fait beaucoup de monde, il y a n aturellement toujours Lacan qui doit être chargé de la circulation. Il y a égal ement Tosquelles, autour de Lacan. Et il y en a plein d’autres. Et ça m’affole ! Je vois arriver des cohortes de gens, en particulier Hyppolite qui s’est amené ce m atin, Jean Hyppolite, avec Hegel, Marx et compagnie. Plus des quantités d’élab orations que j’essaye de relire en vitesse.
Tout ça pour dire que parler, faire la préface de M arc Ledoux, ça doit être dans le carrefour aussi ! Je ne veux pas aller me p erdre dans les bois ! Donc, c’est là-dedans. Et j’ai mis une pancarte qu’on app elle «l’effet pathoplastique». Bien sûr, on m’a fait annoncer le thème de Ste Anne , c’était «Le pragmatisme». C’est vrai qu’on ne peut pas parler de «la dialecti que» sans avoir traité, tout au moins ébauché, indiqué une orientation sur le pragm atisme ; non pas celui de William James, mais le pragmatisme de Peirce. Je ne sais pas si ça vous passionne, ce que je vous raconte, mais ça ne fait rien ! Il y en a qui ont une tête triste là-dedans ! Mais je continue quand même !
Et Marie qui m’avait demandé l’autre fois : «Et qu’est-ce que la rhétorique ?» Il y a donc la rhétorique qui se ramène là. Avec Georges Gadamer, un philosophe très vieux maintenant, de Francfort. C’est une joie de lire ça, d’une intelligence ! En fin de compte, il suffirait d’un tout petit bout de page de Gadamer pour faire la préface ! Couper avec des ciseaux, faire un collage , et ça y est ! Avec une érudition extraordinaire, surtout sur Platon, sur H egel, etc... La façon dont il parle de Hegel, c’est indépassable. La façon dont il critique Habermas, ça me fait un plaisir inouï ! Un autre qui est là, j’en ai beauco up parlé, Karl Otto Apel... Il y a beaucoup de monde sur cette place publique...
Je me suis dit alors : «Je vais tout mélanger». Mais en fin de compte, tout se rassemble dans quelque chose... Il ne s’agit pas de prendre tous ces gens-là, de mettre ça dans une casserole pour faire la soupe : chacun dans sa position ! Pourquoi les ai-je réunis ? C’est qu’il n’y a pas d e contradiction profonde entre eux ; on peut très bien faire du tissage. C’est peu t-être une pathologie particulière, singulière, de ma part : tisser des t rucs, faire des passerelles, en essayant de respecter la spécificité de chacun. Tou t ça, c’est peut-être pour gagner du temps afin de ne pas d’emblée m’engager d ans cette problématique... Mais c’est aussi parce qu’il y a un arrière-plan.