Les Sénoufo (y compris les Minianka)

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Cette étude, fruit de longues et patientes recherches sur le terrain dans les années 1950, concerne une population "encore insuffisamment connue par rapport à l'importance qui lui appartiendra sans doute dans la proche évolution de la Côte d'Ivoire". L'aire peuplée par les Sénoufo est à cheval sur trois entités géographiques (Mali, Burkina Faso et Côte d'Ivoire). L'auteur, chef de la Section d'Ethnologie-Sociologie de l'Institut Français d'Afrique Noire à Abidjan, est un des plus qualifiés pour décrire les divers aspects de la civilisation sénoufo.
Publié le : lundi 1 mai 2006
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EAN13 : 9782296145627
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LES SÉNOUFO
(y compris les Minianka)

DU MÊl\fE AUTEUR

L'homme noir d'Afrique. Initiation, I. F. A. N., Dakar, 1951 (106 p., 48 pl., 53 fig. dans Ie texte) . Mission dans l'Est libérien. Résultats démographiques, ethnologiques et anthropométriques, Mémoires de l'I. F. A. N., Dakar, 1952 (568 p., 1 carte-dépliant,251 fig., 39 pl.). Les portes sculptées du Musée d'Abidjan. Catalogue I. F. A. N., Daka.r, 1952 (71 p., 56 fig.). Les masques kono (Haute-Guinée Française) : leur rôle dans la vie religieuse et politique, chez P. Geuthner, Paris, 1952 (204 p., 35 fig. dans le texte, 12pl. et 1 carte-dépliant). Le culte de Zié. Éléments de la religion kono (Haute-Guinée Française). Mémoires de l'I. F. A. N., Dakar, 1955 (276 p., 1 carte, 30 fig., 12 pl.).

1

ère

édition,

PUF,

1957

http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo. harmattan 1(â),wanadoo. fr

fr

@ L'Harmattan, 2006 ISBN: 2-296-00448-2 BAN: 9782296004481

MONOGRAPHIES

ETHNOLOGIQUES
de l'

AFRICAINES

publiées sous le patronage

INSTITUT

INTERNATIONAL

AFRICAIN

LES

SÉNOUFO
(y compris les Minianka)
par

B. HOLAS
Docteur ès Lettres de ['Université de Paris Chef de la Section d'Ethnologie-Sociologie de l'Institut Français d'Afrique Noire à Abidjan

PRÉFACE
Geneviève

DE CALAME-G RIA ULE

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique; 75005 Paris FRANCE
L'Hannattan Hongrie Espace Fac..des L'Harmattan Sc. Sociales, BP243, Université Kinshasa Pol. et Adm ;

Kônyvesbolt Kossuth L. u. 14-16

L'Harmattan Italia Via Degli Artisti, 15 10124 Torino ITALIE

L'Harmattan Burkina Faso 1200 logements vi11a 96 12B2260 Ouagadougou 12

KIN XI

1053 Budapest

de Kinshasa - RDC

A la mémoire du regretté Professeur Marcel CRIA ULE

PRÉFACE
La colleclion des Monographies ethnologiques africaines, patronnée par l' Institut international africain, a pour bul de faire le point des connaissances actuelles sur chaque populalion africaine. Le présent ouvrage de M. B. Holas sur les Sénoufo-Minianka esl d'aulant plus ulile qu'il concerne une population « encore insuffisamment connue par rapport d l'importance qui lui apparliendra sans doute dans la proche évolution de la Côte d' I voire» et qu'il allire l'attention sur les lacunes de la documentation, ouvrant ainsi la voie d des travaux ultérieurs. Celle étude est d'ailleurs le fruil de longues et patientes recherches sur le terrain dont le début remonte d dix ans. L'auteur, chef de la Section d'Ethnologie-Sociologie de l'Institut français d'Afrique noire à Abidjan, est un des plus qualifiés pour décrire les divers aspects de la civilisation sénoufo. Le cadre d'une telle monographie, par définition étroite, oblige d un travail souvent ingrat de compilation des ouvrages antérieurs et de conciliation des théories des différents auteurs. M. H olas fait preuve d'objectivité el d'impartialité: il a su résister d la tenlalion de s'étendre de préférence sur les chapitres dont les sujets lui sont le plus familiers et réserver à des lravaux ultérieurs les développements que font souhailer les aperçus qu'il donne de la pensée sénoufo. L'auteur se rallache à l'école ethnologique française de Marcel Griaule: l'honnêleté rigoureuse avec laquelle il observe et décril n'exclut pas chez lui une sympathie profonde à l'égard des peuples observés. Il monlre égalemenlla préoccupation d'inlégrer tous les phénomènes, même malériels, dans l'ensemble d'une pensée cohérente et de mellre en évidence le rôle lrès important de la vie religieuse qui sous-Iend toutes les aclivités sociales et dont une des manifestations les plus caraclérisliques est celle instilulion si complexe du poro, qui esl (c avantloul un microcosme, donc une image réduite et sublimée du groupe, el en même lemps un condensaleur de l'énergie sociale fournissantloules les valeurs indispensables d la perpétualion de la vie et au mainlien de l'ordre ». On garde une impression réconfortante du lableau brossé par M. Holas, du paysan sénoufo solidemenl accroché d son sol, à ses tradilions, d son organisation sociale homogène et disciplinée, qui font de lui, dans le monde mouvanl etlroublé de l'Afrique Occidentale acluelle, « un précieux élémenl d'équilibre ». Geneviève CALAME-GRIAULE.

AVANT.PROPOS

Depuis 1945, l'Institut Internalional Africain s'occupe de la préparation et de la publication d'une série d'éludes elhnographiques de l'Afrique, ayant pour but de présenter, sous une forme commode, un résumé des connaissances actuelles sur les divers peuples de l'Afrique, concernanl l'environnement naturel, l'économie et les métiers, la structure sociale, l'organisalion politique, les croyances et rites religieux. Les documents déjà publiés fournissent la base de ces études, mais nombre de documents inédits provenant de rapports adminislratifs el des archives de sociétés missionnaires sont utilisés ainsi que des observations faites sur place et des communications spéciales par des ethnologues et auires personnes compétentes. Chacun des volumes de celte collection esl consacré à un peuple ou à un groupe de peuples apparentés,. il contient une bibliographie délaillée et une carte géographique. Le Comité de Direction de cette colleclion a été placé sous la présidence du pr Radcliffe-Brown,. le directeur de l' Institut est chargé d'organiser la rédaction. La généreuse collaboration de nombreux instituls de recherche et de fonctionnaires des administrations, en Europe et dans des territoires africains, est assurée, ainsi que les services d'ethnologues expérimentés. Les lravaux ont été instaurés avec l'aide d'une subveniion des British Colonial Development and Welfare Funds, sur la recommandation du Social Science Research Council. Celte subvention a été employée principalement, mais non exclusivement, pour le financement d'études se raltachant aux territoires britanniques. Une subvention supplémentaire du Gouvernement du Soudan anglo-égyptien a apporté une aide à la préparation et à la publication des sections intéressant ce territoire. Le ministère de la France d'Oulre-Mer ell' Institut Français d'Afrique Noire se sont inléressés à celle étude et grâce à leurs bons offices des subventions ont été octroyées par les Gouvernements de l'Afrique occidentale française et du Cameroun français pour la préparation et la publication des sections se rapportanl à ces régions. Ces sections ont été rédigées par des ethnologues français, avec l'appui et les conseils de M. Griaule, professeur à la Sorbonne et du pr Th. Monod, directeur de l'Institut Français d'Afrique Noire. La collaboration des autorités belges pour celle étude a été obtenue grâce aux bons offices de feu le pr De J onghe, qui s'assura l'intérêt de la Commission d'Ethnologie de l' Institut Royal colonial belge. La collaboration de l' Institut pour la Recherche scientifique en Afrique centrale a été aussi accordée. Le travail concernant les territoires belges est effec-

VIII

LES

SÉNOUFO

lué sous la direction du pr Olbrechts, au Centre de Documentation du Musée du Congo belge, à Tervueren, où Mlle Boone, et les membres de son service, s'emploient au rassemblement et au classement d'une documentation considérable concernant les peuples du Congo belge et du Ruanda-Urundi. Ils travaillent en collaboration étroite avec les ethnologues qui sont sur place, auxquels les projets de communications sont soumis pour vérification. L' Institut International Africain désire exprimer toule sa reconnaissance aux organisalions officielles, dont l'aide financière a permis ['exécution de celte élude, et aux nombreux savants, directeurs d'organisations de recherche, fonctionnaires des administrations, missionnaires et autres, qui oni collaboré à ces travaux, et qui, en accordant des facilités à nos chercheurs, en lisant leurs manuscrits, partagent le mérite qui pourrait être altri bué aux auleurs des diverses sections. Étanl donné que la valeur inégale des documenls existants, el que la diversité des méthodes employées dans leur recueil ont été parmi les raisons pour lesquelles celle étude a été entreprise, il est évident que ces exposés ne peuvent être considérés comme complets et définitifs. On a l'espoir, cependant, qu'ils donneront une description assez claire de l'état actuel de nos connaissances, qu'ils indiqueront leurs lacunes el les points où des recherches complémentaires sont nécessaires.

INTRODUCTION
La présente monographie ne constitue à mes propres yeux qu'une amorce nécessairement incomplète et même imparfaite en plusieurs points, d'un travail ultérieur plus vaste et plus approfondi qui, je l'espère, y apportera bien des corrections. A mon sens, le plus grand inconvénient de toute monographie de ce type réside en ce qu'elle doit, en premier lieu, servir de manuel commode à consulter et, par conséquent, être moulée suivant un prototype simple - donc un schéma négligeant par définition les nuances. Car, si les ethnologues semblent de plus en plus enclins à reconnaître un fonds commun aux civilisations africaines, ce sont précisément ces nuances qui fournissent le matériau de base pour l'élaboration d'une image véridique et complète du faciès culturel. D'ailleurs c'est à cette préoccupation que j'attribue un des défauts du livre: le déséquilibre entre les différents chapitres. Et, bien que j'aie suivi le modèle de la Série plus ou moins infidèlement, cette circonstance m'a plutôt troublé qu'aidé pendant la rédaction. En cherchant, par exemple, à traduire certaines notions du coutumier sénoufo dans notre langage juridique j'ai été particulièrement embarrassé, sans l'être le premier... mais les sources d'informations administratives usent d'une terminologie qui, bien qu'elle ne s'applique pas toujours aux réalités africaines, les rapproche autant que possible de notre compréhension. Tout en appliquant un schéma courant pour la présentation des échantillons du coutumier sénoufo (peu uniforme d'ailleurs et très instable), j'ai essayé, çà et là dans le texte, de me soustraire à la servitude de nos Codes - mais je n'en suis pas moins conscient que tout le gros travail reste à faire, à commencer par l'établissement d'une terminologie juridique spécifiquement africaine. L'importance que j'ai donnée - en y englobant l'institution du poro - au chapitre traitant des phénomènes religieux est due non seulement à l'exceptionnelle ampleur de la matière (et à la part énorme que la religion joue dans la société en question), mais aussi à ma conviction que la pensée philosophique, avec ses conséquences pratiques, est un cadre naturel dans lequel s'inscrit la destinée politique de telle ou telle ethnie. Quoi qu'il en soit, je dois considérer avec satisfaction la parution d'un texte qui, consacré à une population encore insuffisamment connue par rapport à l'importance qui lui appartiendra sans doute dans la proche évolution de la Côte d'Ivoire - et donc indirectement
dans celle de toute la Fédération de l'A. O. F.

-

invite,

par ses lacunes
1

mêmes, à un approfondissement
B. HOLAS

du sujet sous un angle plus dyna-

2

LES

SÉNOUFO

mique, plus vivant, et aussi suivant un plan de travail plus souple. En remerciant ici le pr DaryII :Forde, à l'inlassable énergie de qui cette série de Monographies doit son existence, je ne peux m'empêcher de penser avec une gratitude et une tristesse sincères au regretté pr Marcel Griaule qui - peu avant sa mort - a bien voulu relire le texte provisoire de mon opuscule et me guider de ses conseils éclairés. J'ai été par ailleurs assez fortuné pour profiter, au cours de discussions passionnantes, des riches expériences de mon ami G. Bochet, administrateur de la F. O. M., affecté à Korhogo au cours des dernières années de mes études. Je ne peux oublier non plus les sympathies manifestées à mon égard par les administrateurs, chefs des Cercles et des Subdivisions parcourus, spécialement, MM. Marescaux et Rouland à Korhogo. C'est avec une reconnaissance égale que je pense ici à Mme G. Calame-Griaule qui, s'étant aimablement chargée de la lecture critique du présent texte, a bien voulu me suggérer plusieurs modifications profitables à la présentation définitive de mODtravail. Enfin, que tous mes amis sénoufo soient remerciés - au nom des collaborateurs africains de ma Section et au mien - pour leur accueil, pour leur compréhension = le vieux et aimable Gbon Coulibaly, chef suprême des Sénoufo, son fils le chef de canton Béma, l'ami Nanguin... et tous ceux que je ne peux énumérer ici, mais pour qui je garde un sentiment de sympathie chaude et sincère.

B. H.

Le matériel pour la présente .élude a élé acquis; sénoufo en Côle d'Ivoire, en Haule VoUa et au Soudan Français, échelonnés de 1946 d 1955 ; - au cours des enlretiens personnels ou par correspondance avec les administraleurs des Cercles el des Subdivisions, avec les chefs de service locaux, avec les missionnaires, avec les médecins, inslituteurs, interprètes de ['Administration, chefs coutumiers (politiques et religieux), différents dignitaires du poro et des culles, etc. ; - par l'étude de divers documenls administratifs obligeamment mis d la disposition de ['auleur par les chefs des Affaires politiques el des Affaires économiques intéressés.

-

au cours de nombreux

séjours

ou visiles dans différenls

groupes

PREMIERE

PARTIE

MILIEU PHYSIQUE
la Paysages (1)

L'aire peuplée par les Sénoufo-Minianka est à cheval sur trois des entités géographiques les plus représentatives de l'Afrique guinéenne intérieure. C'est la zone de contact entre les pays du socle précambrien, cristallins, et leur couverture sédimentaire du début du primaire. Sur ces données géologiques se moulent trois grands types de paysages. Au sud, le glacis granitique et métamorphique, participant du vieux bouclier libérien, dégagé par le démantèlement des formations sédimentaires; au centre, la côte gréseuse qui se prolonge loin vers l'est et l'ouest jusqu'aux falaises de Bandiagara-Hombori et aux retombées orientales du Fouta Dialon au-dessus de Siguiri et de Daboia; au nord, le revers de cette côte, pays de plateaux s'abaissant lentement jusqu'à s'ennoyer sous le revêtement sableux et limoneux des alluvionnements soudanais récents. La côte gréseuse qui traverse l'aire occupée par le complexe ethnique sénoufo-minianka, de Banfora à Sikasso, sépare véritablement deux mondes, et pas seulement du point de vue géologique. Le domaine méridional regarde vers l'Atlantique auquel aboutissent toutes ses artères de drainage dont les sources sont dans la côte. Le domaine septentrional appartient à l'Afrique intérieure, au système des « bassins du Niger ». « Si, écrit Vendeix, venant du Sud où la végétation est plus dense, où les essences sont plus variées et mieux irriguées, les arbres plus majestueux, plus ombreux et élevés, on se dirige vers le Nord, peu à peu les graminées s'écourtent et se durcissent, les beaux arbres font place à des arbustes aux troncs tordus et rabougris jusqu'à ce que, arrivé près du Bani, principal affiuent du Niger, les épineux, les buissons courts et trapus aux feuilles luisantes et coriaces, une herbe courte et rare aient remplacé les végétations variées aperçues le long du chemin. « Semés, çà et là, quelques peuplements de kapokiers, de baobabs
(1) La partie essentieUe du chapitre « Paysages» a été rédigée, en amicaJe collaboration, par Gabriel ROOGERIE, géographe de 1'1. F. A. N., à Abidjan.

4

LES

SÉNOUFO

ou de ficus forment des taches sombres dans cet immense tapis aux verts variés et changeants; des buissons épais et ombreux de jasmins, de lianes gohines flanquées de dattiers sauvages semblent autant de petites oasis dans ces terres calcinées; de longs et sinueux rubans vert sombre zigzaguent parmi les immenses prairies indiquant les cours des torrents, des ruisseaux ou des rivières dont l'eau permet aux arbres et aux plantes, bordant les rives, de conserver éternellement vert leur feuillage épais (1). » Cependant, sur le glacis atlantique, les régions du sud-est, grossièrement délimitées par les villes de Katiola, Dabakala, Ferkessédougou et Korhogo, représentent un pays de relief insignifiant, à peine vallonné, parfois dominé par de modestes buttes, et essentiellement revêtu de savanes. Des étendues herbacées alternent avec des peuplements arborés relativement individualisés. Dans les fonds, près de cours d'eau le plus souvent épisodiques, ces peuplements se concentrent en galeries forestières ou en îlots. Parfois, d'autres groupements d'arbres couronnent le sommet des buttes. Les longs versants à peine inclinés et les plateaux supportent un tapis de graminées plus ou moins piqueté d'arbustes. Vers l'ouest, autour de Boundiali, la topographie devient plus contrastée et même tourmentée dans le détail, avec des volumes montueux, des chaos de blocs éboulés, des talwegs souvent bien incisés. En même temps que les cours d'eau se font plus denses et plus pérennes, dans le bassin supérieur de la Marahoué notamment, les arbres prennent une plus large part dans le paysage végétal. Tout au nord de ces régions, autour de Niélé, au contact des pays de la côte primaire, le paysage de savanes prend un aspect particulier. Les horizons sont plats, çà et là marqués de légers évidements, le tapis d'herbes est plus discontinu, sauf dans ces sortes de vasques où il se maintient plus longtemps vert et se trouve même submergé en saison des pluies sous de petits étangs de ruissellement. Le bourrelet médian étire de sud-est en nord-ouest, de Banfora à Sikasso, une série de reliefs importants: « falaises» déchiquetées, hauts pans de roc dénudés, front de côte sinueux, percées vigoureuses des cours d'eau, cascades et éboulis. Le manteau végétal présente de larges accrocs sous lesquels transparaît la roche ou le sol rouge des carapaces ferrugineuses. Au nord de Sikasso, le revers intérieur autour de Koutiala et jusqu'aux abords de San, offre un caractère soudanais déjà fortement accusé. Parmi des espaces à peu près rigoureusement plats, des fleuves tributaires du Niger glissent dans des lits dépourvus de galeries forestières et qui les contiennent difficilement aux moments des crues, particulièrement brutales. On pourrait opposer ces régions septentrionales à celles qui leur font face au sud, par-delà l'axe des « falaises » gréseuses, en s'appuyant
(1) Nouvel essai de monographie du pays sénoufo, Bulletin du Comité d'Etudes historiques et scientifiques, Paris, 1934, p. 579.

MILIEU

PHYSIQUE

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sur les couleurs de leurs paysages. Tandis qu'au sud les dominantes sont vert et rouge, c'est le jaune et le gris pâle qui prêtent au nord son cachet personnel la majeure partie de l'année. Jaunes de la savane brûlée par de longs mois de sécheresse, gris pâle des sols limoneux par endroits craquelés et un peu partout effrités en fine poussière qui souille les lointains et qui semble même imprimer sa lèpre grisâtre aux épineux annonciateurs déjà du sahel proche. « Le sol de toute cette région est pauvre, ingrat, durci par le soleil ou inondé par des pluies. Composé tantôt d'argile rouge et de latérite, tantôt de schistes cristallins d'où émergent des affieurements de grès siliceux parmi lesquels on trouve des blocs isolés de quartz, il se couvre en certains endroits de collines dont la maigre végétation dissimule mal de grands massifs de grès que les intempéries désagrègent chaque année formant des dalles plus ou moins larges et épaisses. Quelques vieilles roches éruptives formées de granit bleu-noir émergent çà et là. Toutes les dépressions, les fonds de vallées sont encombrés de sables alluvionnaires formés des désagrégations de quartz, de silice, de gneiss où brillent de multiples parcelles de mica. Sur les rives des marigots ou dans les bas-fonds, on trouve des gisements d'argile blanche mêlée à des débris de granit et de mica semblables à du kaolin. « Certains plateaux sont entièrement formés par de vastes tables latéritiques d'où émergent de gros blocs ferrugineux employés par les nombreux forgerons sénoufo. « Un humus maigre et peu profond recouvre le sol presque partout imperméable. Celui-ci est formé d'une argile rouge et compacte à laquelle sont mêlés des grains latéritiques. C'est ce qui explique l'aridité de la terre durcie par les rayons solaires. « Le régime des eaux se ressent de cette imperméabilité. Les Sénoufos sont obligés de déplacer tous les trois ans leurs plantations afin de permettre au sol épuisé et pauvre en calcaire de se reposer. Ceci explique les raisons pour lesquelles certains champs sont éloignés de 8 à 10 km des agglomérations. « Les points d'eau sont donc rares. En dehors des villages bâtis sur les bords d'un fleuve ou d'une rivière, presque toutes les agglomérations possèdent des puits dont la profondeur varie suivant la composition du terrain (1). » C'est dans ce cadre naturel que le paysan sénoufo-minianka doit résoudre les problèmes matériels de son existence. 2° Conditions atmosphériques D'une façon générale, les précipitations annuelles diminuent et marquent en plus un retard, dans la direction sud-nord. La saison dite sèche dure environ de décembre à mi-avril, et la saison des pluies, de juin-début juillet à décembre. Entre les deux se marque encore une saison qu'on pourrait appeler intermédiaire et
(1) M.-J. VENDEIX, op. cil., pp. 579-580.

6

LES SÉNOUFO

qui est assez variable, apportant des orages, en particulier pendant les mois de mai et octobre. La pointe sèche, caractérisée par l'harmattan, tombe entre décembre et mars; c'est également la période de l'année qui accuse les plus grands c écarts thermométriques: de + 100 C à + 350-380. On peut au demeurant estimer à 250 C environ la moyenne annuelle de la température, avec une moyenne mensuelle minima aux mois de juillet-août (220-23° C) et une moyenne mensuelle maxima aux mois de mars-avril (280-32° C). Pourtant les variations locales des précipitations sont parfois assez importantes même le long des latitudes, comme c'est par exemple le cas de la ligne Boundiali (090 31 N)-Korhogo (090 27 N)-Ferkessédougou (090 35 N), où l'écart entre les deux extrémités représente plus de 35 mm par an (1). Suivant les résumés mensuels des observations 1953 du Service météorologique de l'Afrique Occidentale Française les moyennes normales (résultant des observations poursuivies depuis 20-25 ans) des postes qui nous intéressent se chiffrent ainsi:
Station Altitude Latitude Longitude N 040 46 W N 06° 29 W N 04° 26 W Pluviosité normale 1196,9 mm 1337,4 mm 1178,4 mm J our de pluie par an
68,4

Banfora (Haute-Volta) 284 m 10° 38 Boundiali ((Côte d'Ivoire) 665 m 09° 31 Dabakala (Côte d'Ivoire) . 258 m 08° 22 Ferkessédougou (Côte ................. 323 m 09° 35 d' I voire) Korhogo (Côte d'Ivoire). . 300 m 09~ 27 Koutiala (Soudan Franç.) 357 m 12° 24 San (Soudan Français) ... 287m 13° 20 Sikasso (Soudan Français) 377 m Il 21 ° (1) En faveur du secteur ouest.

...

j.

77,7 j. 77,5 j.

101,2 j. N 05° 12 W 1301,5 mm N 05038 W Evaluation: Evaluation: mm 100 j. ! 1 300 953,5 mm 68 j. N 05° 28 W 50,7 j. 732,7 mm N 04° 50 W 90,1 j. N 05° 41 W 1362,9 mm I

DEUXIÈME

PARTIE

MILIEU HUMAIN
10 Caractères somatiques

Le Noir ouest-africain est en g~néraI encore assez mal connu du point de vue physique, et le Sénoufo ne fait guère exception à la règle. Bien des données anthropologiques souffrent notamment des délimitations imprécises des groupes ethniques observés. Parmi les premières sources qui font mention des Sénoufo, il faut citer H. Girard (1) et Jean Cremer (2). Beaucoup plus tard, en 1943, G. Lefrou définit les Sénoufo, d'une façon trop globale d'ailleurs, comme suit:
(c

Sauf les Sénoufo du Sud qui se distinguent par une peau plus

claire. tous les caractères physiques des nègres sénoufo sont sensiblement les mêmes que ceux des Mandingues: taille élevée, 1,71 m en moyenne chez l'homme, cheveux crépus, crâne dolichocéphale, face prognathe, nez large (3). » Pour Léon Pales et Marie Tassin de Saint-Péreuse, Punité défmie par Delafosse ne saurait être maintenue. « Isolés ou associés - c'est ainsi que les auteurs justifient leur point de vue - les trois caractères anthropologiques Îci étudiés (4) écartent sans conteste du groupe sénoufo la plupart des petits groupes ethniques des régions de Bobo-Dioulasso et de Banfora. Par contre, les Tagoua et les Tagouana, et peut-être les Djimini et les Gan, pour lesquels notre documentation est rudimentaire, relèveraient du groupe sénoufo.
Œ

Quoi qu'il en fût, du cours du Bani au pays baoulé, les Sénoufo

présentent, sous des traits ethniques et linguistiques variés, des caractères anthropologiques nuancés (5). » Suivant les résultats obtenus au cours de ces enquêtes, il y aurait
(1) Notes anthropométriques sur quelques Soudanais occidentaux: Malinkés, Bambaras, Foulas, Soninkés, etc., dans L'Anthropologie, t. XIII, Paris, 1902, pp. 4156, 161-181, 329-347. . (2~ Notes anthropologiques manuscrites inédites, conservées au Musée de 1'Homme a ParIs. (3) Le Noir d'Afrique, anthropo-biologie et raciologie, Paris, 1943, p. 382. (4) La stature, l'indice cormique et l'indice céphalique. (5) ~éon PALES, Marie TASSIN DE SAINT-PÉREUSE, Raciologia comparative des populatIo.ns de l'Afrique occidentale, dans Bulletins et mémoiru de la Société crAnthropologIe de Paris, t. IV, Xe série, fasc. 3-4, Paris, 1953, PP-- 286-287.

8

LES

SÉNOUFO

donc à distinguer, toujours du point de vue de l'anthropologie physique, trois grandes fractions sénoufo : 1° L'une, septentrionale, représentée essentiellement par les Minianka cantonnés dans la région de Koutiala. 2° L'autre, centrale, comprenant la population sénoufo du Cercle de Sikasso. 3° Une troisième, méridionale, composée des habitants de la région de I{orhogo-Boundiali. Suivant les divisions somatiques, « les Sénoufo feraient le passage du monde soudanais au monde guinéen» (1) et les Minianka apparaîtraient alors comme la fraction la plus soudanisée de ce complexe. La plus grande majorité des Minianka sont des hypsisomes (d'ailleurs assez proches des mésosomes surmoyens), donc de grande taille dépassant, chez les hommes, 1,70 m en moyenne. Avec la moyenne de 171,1 (405 individus mesurés) enregistrée au cours des derniers travaux anthropométriques, les Minianka présentent une stature légèrement plus élevée que les Sénoufo du centre et du sud avec une moyenne de 170,7 (544 individus mesurés) ; ils sont par conséquent des mésosomes surmoyens à la limite des hypsisomes. Ceci prouve que la stature diminue du nord au sud; le passage est, suivant L. Pales et M. Tassin de Saint-Péreuse, peu sensible. Étant donné que les mensurations ont été effectuées par ces deux auteurs surtout sur des militaires représentant une sélection et non pas la norme, cet écart serait sans doute plus grand si les observations avaient été prises sur les séries naturelles de la population civile. Les travaux anthropologiques futurs y apporteront peut-être quelques légers correctifs. Cependant, les indices cormiques constatés sur 194 individus (51 en moyenne) font classer les Minianka parmi les métriocormes, mais « voisinant avec un nombre presque égal de brachycormes » (2). Physiquement proches des Bambara, ils se différencient pourtant de ces derniers par un buste légèrement plus long. Chez les groupes sénoufo du centre et du sud, l'indice cormique 50,9 constaté sur 252 individus du sexe masculin, se trouve à cheval entre la brachycormie et la métriocormie. Quant à la forme de la tête, la dolichocéphalie assez franche est de règle chez tous les Sénoufo, mais elle semble particulièrement prononcée chez les Minianka. Pour ces derniers, en effet, l'indice céphalique constaté, à savoir: 74,5 sur 194 individus, est sensiblement plus faible que chez les autres Sénoufo avec la moyenne de 75,4 obtenue sur 255 hommes. Notons encore que les populations sénoufo installées actuellement dans les Cercles de Bobo-Dioulasso et de Banfora accusent une tendance vers une stature plus élevée, un buste plus court, une tête moins allongée (mésocéphalie) (3).
(1) Art. cit., p. 287. (2) Art. cil., p. 274. (3) D'après l'article cité, p. 287.

MILIEU

HUMAIN

9

2° Caractères moraux
Dans le cas du Sénoufo, on ne peut jamais assez insister
sur sa conâilion de paysan

-

-

plus que

sur sa menlalilé

de paysan.

Une certaine lourdeur qui en résulte a trompé les premiers observateurs, et c'est ainsi qu'on peut lire, dans un ouvrage de Maurice Delalosse, l'impression suivante: « Considérés en bloc, les Siéna ne paraissent pas doués de brillantes qualités intellectuelles, et beaucoup de paysans des petits hameaux semblent même absolument stupides (1). » « Au point de vue moral, continue cet auteur, les Siéna sont facilement brutaux: le meurtre n'est pas rare chez eux, surtout dans la fraction nord-est, et ils en viennent très facilement aux coups, pour peu que la colère ou la bière de grains les échauffe. La délicatesse de sentiments ne semble pas leur fait, et ils ont plutôt une tendance à l'esprit pratique et égoïste de la charité bien ordonnée commençant par soi-même... (2). » Mais, dans la suite, Delafosse apporte quelques rectifications à ses jugements sévères: « A tout prendre, c'est un peuple intéressant, qui a eu l'immense mérite de faire rendre à son sol à peu près le maximum et de faire de son territoire le grenier d'une partie du Soudan. Plus apte aux labours qu'aux randonnées guerrières et aux voyages de commerce, c'est un de ces peuples sur lesquels repose l'avenir agricole du Soudan, c'est-à-dire l'avenir un peu lointain peut-être, mais sûr, de cette partie de l'Afrique (3). » On apprend encore, dans la monographie de l'administrateur Vendeix cette fois, que « les « Sénoufo » ont conservé une mentalité spéciale, une intelligence marquée, une certaine déficience intellectuelle... » (4). Or, cette lourdeur, on l'a compris depuis, ne devrait pas être confondue avec le caractère posé, réfléchi du Sénoufo, qualité qui lui permet de maintenir en parfait équilibre les tensions sociales intérieure et extérieure. Si son jugement est parfois lent, il est d'autant plus sûr qu'il s'appuie d'une part sur les canons valables de la morale, et de l'autre, sur les expériences personnelles acquises. Nous lisons encore non sans étonnement dans l'article de Vendeix : «( Est-ce en raison des nombreuses invasions qu'ils eurent à subir pendant des siècles, alors que leur pays servait de champ clos à toutes les hordes de tyranneaux qui avaient des querelles à vider entre eux, que les Sénoufo ont conservé un esprit timoré, inquiet, soupçonneux
(1) Maurice DELAFOSSE,Le peuple siéna ou sénoufo dans Revue des éludes ethnographique~ et sociologiques, Paris, 1908-1909 (pp. 1-107,'61 fig.). Réf. : p. 106. (2) Ibld., p. 106. (3) Ibid., p. 107. A comparer avec le portrait du Sénoufo que le même auteur donne en 1912, dans son ~uvrage Haut-Sénégal-Niger (t. l, Paris, 1912, p. 348). ' (4) Nouvel essaz..., p. 583.

10

LES

SÉNOUFO

et renfermé? Toujours est-il qu'on est frappé de lire sur leur physionomie une grande lassitudet des regards ternes et éteints, un air de bête traquée, de sauvagerie. « Plus que tous les autres noirs, ils ont conservé leur mentalité primitive faite de puérilité, de naïveté, de dissimulation, de crainte, de ruse. Rebelles à la compréhension, ils sont lents à saisir une idée
quelconque.. "" « Et cependant, quelle bonne pâte, le Sénoufo ! Pacifique jusqu'à la passivité poussée à l'extrême, il a toujours préféré fuir devant la lutte que de résister. Si mal commandé parce que ne voulant pas reconnaître de chef, comment aurait-il pn être vainqueur? Il a touj.ours subi son destin avec un fatalisme outré. Ce fut un vaincu de la vie. « Peuple doux, facile à mener it condition d'être guidé" soutenu, encouragé et bien commandé. Livré à lui-même, le Sénoufo tombe dans son anarchie primitive dans laquelle ont vécu si longtemps ses ancêtres. Constamment penché sur la terre ingrate, qu'il travaille et remue toute l'année, c'est un rude paysan, laborieux, rustique, dur à la tâche et économe. « Encore que les nouvelles générations semblent avoir quelque peu évolué, les Sénoufo ont conservé leur caractère, leur mentalité, leurs mœurs et leur religion (1) » Une pareille opinion devra être corrigée sans aucun doute. Quoi qu'il en soit, la notion d'équilibre, de stabilité semble dominer tous les actes du Sénoufo; et la majeure partie des institutions civiles (par exemple la chefferie" les tribunaux coutumiers) et religieuses (en premier lieu le poro, puis les innombrables dispositifs liturgiques) sont mises en œuvre pour aider l'individu dans cette voie. Étant lui-même respectueux de la hiérarchie - et de la discipline qui en est l'expression pragmatique - le Sénoufo sature facilement son besoin de dépendance (2) en créant autour de lui une ambiance de constance: en d'autres termes, il cherche et finit, sauf dans, quelques cas marginaux, par trouver son épanouissement social dans un monde bien organisé, policé. Il est vrai que le paysan sénoufo est d'un caractère décidément conservateur, il s'habitue mal à la mécanisation de son agriculture, mais il manie ses outils traditionnels avec une habileté parfaite, arrivant à tirer du sol, sans le détruire en profondeur, un rendement remarquable. Toute sa viet richement brodée d'événements cérémoniels échelonnés le long de l'année agraire" s'écoule ainsi, en général paisible, suivant le rythme millénaire.. Le cultivateur sénoufo, gardant toujours jalousement ses greniers, témoigne par là d'un assez haut degré de prévoyance qui, dans des cas isolés, peut dégénérer en « avarice paysanne» typique. Ce facteur ne peut cependant se produire, dans les circonstances coutumières,

(1) Nouvel essai , pp. 588-589. (2) Suivant la théorie de Mannoni.

MILIEU

HUMAIN

Il

que chez les chefs, par suite de l'évolution moderne (facilitant l'établissement de la propriété privée) ; certains ambitieux arrivent toutefois à suivre cet exemple. Un bref coup d'œil sur le passé nous convaincra par ailleurs d'un manque de combativité chez le Sénoufo : il peut pourtant manifester un courage ferme en défendant ses terres. L'organisation militaire traditionnelle, on le sait aujourd'hui, existait avant tout pour assurer la défense et la police du pays. En résumé, considéré dans son ensemble, le Sénoufo représente un élément précieux pour l'autonomie économique de la Côte d'Ivoire et, davantage encore, pour l'équilibre politique de ce Territoire. 3° Structure ethnique

L'ensemble sénoufo (y compris les Minianka) est vaste; les composantes ethniques manifestent des divergences culturelles parfois considérables. Delafosse explique ce phénomène à partir d'une sorte d'assimilation, sous couvert d'un langage commun. Ce qui figure aujourd'hui à nos yeux comme une simple « fraction », aurait dû avoir jadis l'existence indépendante d'un « groupe ethnique» (1). Cette division à la fois ethnographique et linguistique, aurait dû en plus être influencée, pour devenir réelle, par des facteurs géographiques et par le milieu naturel en général. Ainsi conçues ces fractions seraient au nombre de cinq, à savoir (2) : Siénérhè, les Tagba, les Kadlé, les Pongala, les Pomporo, les N iéné, les Ténéouré, les Zona et les Noholo (3). Influences étrangères: malinké, ouassolounké. 20 La fraction du centre comprenant les Folo, les Kiembara, les Natarha, les Tafiré, les Kotolo, les Gbannzoro, les Kassembélé, les Gbâlo et les Niarhafolo (4). Influences étrangères: dioula, surtout dans les grands centres commerciaux; le reste du pays reste assez pur. 3° La fraction sud comprenant deux groupes de grande importance, les Takponin (ou Tagouana) et les Guimini (ou Djimini) (5). Influences étrangères: dioula, dans une large mesure. 40 La fraction nord-est comprenant les Kpalagha, les Sikolo, les Komono et les Falafala (6). Influences étrangères: bobo, lobi, gourounsi et, nouvellement, dioula.
(1) Cf. Maurice DELAFOSSE, Le peuple siéna..., pp. 7-8. (2) Cette division ne relève pas du même esprit que le schéma linguistique 42), bien entendu. (3) DELAFOSSE,Le peuple siéna..., p. 8. (4) Ibid., pp. 8-9" (5) Ibid., p. 9. (6) Ibid., p. 9.

10 La fraction du nord comprenant les Bamâna-Sénoufo, les

(pp. 33-

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