Les sept scénarios du Nouveau Monde

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Nourri de l'histoire et de l'actualité, cet ouvrage définit sept scénarios pour l'avenir : certains nécessitent de simples ajustements, d'autres s'appuient sur une rétention consumériste, d'autres encore constituent des ruptures. Quelles remises en cause seront acceptées ? Quel scénario finira par s'imposer ? Un monde plus écologique n'est pas nécessairement plus radieux… mais si rien n'est décidé, l'Humanité s'engagera vers un funeste destin : l'écosuicide.
Publié le : dimanche 1 novembre 2009
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EAN13 : 9782336262611
Nombre de pages : 277
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PREFACE

Une révolution est en marche
« Quasi-unanimité » ! Ces deux mots, soulignés par les journalistes et les membres du Gouvernement pour qualifier le vote de la loi Grenelle 1 au Parlement en 2008, soulignent toute l’avancée dans l’inconscient collectif de la notion d’écologie, et plus globalement celle de développement durable. Si je remonte le temps, ma « conscience écologique » ne date pas d’hier. Enfant, j’ai beaucoup passé de temps avec ma grand-mère qui m’apprenait à connaitre et à respecter la nature qui nous environnait. Fort de ces acquis, c’est logiquement que je me suis alors dirigé vers des études de médecine vétérinaire. C’est de cette époque aussi que date mon engagement derrière le Général de Gaulle ; de cette époque, je conserve cette conviction profondément ancrée que l’homme doit en permanence être placé au cœur du projet, quel qu’il soit. Cette exigence, je me suis employée à la mettre quotidiennement en pratique, tout au long de ma vie politique ; cette exigence, c’est celle qui est au cœur même de la notion de développement durable. Tout le monde connait naturellement la définition du développement durable (soutenable serait d’ailleurs plus approprié) issue du Rapport BRUNDTLAND en 1987 : « Un développement qui répond aux besoins des générations du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs ». Cette définition dit tout, mais n’est que partielle, la suite de la phrase n’étant pratiquement jamais évoquée : « Deux concepts sont inhérents à cette notion : le concept de « besoins », et plus particulièrement des besoins essentiels des plus démunis, à qui il convient d’accorder la plus grande priorité, et l’idée des limitations que l’état de nos techniques et de notre organisation sociale impose sur la capacité de l’environnement à répondre aux besoins actuels et à venir ». Ces deux derniers concepts n’étaient pas nouveaux en 1987, le rapport MEADOWS produit par le Club de Rome en 1972, concluait déjà que la croissance matérielle perpétuelle conduira tôt ou tard à un « effondrement » du monde qui nous entoure, et que, même en étant très optimiste sur les capacités technologiques à venir, l'aptitude à recycler ou à économiser les matières 13

premières que nous consommons, le contrôle de la pollution, ou encore le niveau des ressources naturelles, l'effondrement se produira avant 2100. Il faudra néanmoins attendre le Deuxième sommet de la Terre, à Rio de Janeiro, en 1992, pour que le terme de « développement durable » soit définitivement consacré, et sa définition modifiée afin de prendre en compte la nécessaire conciliation des trois piliers que sont : le progrès économique, la justice sociale et la protection de l’environnement. 1995 verra une avancée significative et essentielle pour la prise en compte de la protection de l’Environnement en France : l’adoption de la loi relative au renforcement de la protection de l’environnement, portée par mon ami Michel BARNIER, homme de convictions profondes sur ces deux domaines d’avenir et indubitablement liés que sont l’environnement et l’Europe. J’ai d’ailleurs eu le grand honneur doublé d’un grand bonheur d’être le rapporteur de cette loi au Sénat. Le protocole de Kyoto sur les changements climatiques de 1997, marque une avancée majeure dans la prise de conscience de la relation économicoenvironnementale des Etats entre eux, et de l’impact de celle-ci sur le changement climatique. Mais je crois que c’est réellement le 3ème Sommet de la Terre de 2002, à Johannesburg, qui bousculera les conservatismes les plus ancrés et introduira une rupture pour le futur. Présentant un enjeu symbolique important, ce sommet se voulait la preuve du développement d’une culture mondiale de respect de l'écologie mais reste finalement marqué, d'un point de vue français, par le cri pessimiste lancé par le Président CHIRAC devant l'assemblée plénière : « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs ». Visant à démontrer la capacité collective à gérer les problèmes planétaires et à s'opposer à une version unilatérale de la puissance principale, celle des ÉtatsUnis, le Sommet de Johannesburg affirme la nécessité d'une croissance devant se faire dans le respect de l'environnement, avec le souci de la santé, de l'instruction et de la justice. A compter de cette date, les mentalités évoluent, la rupture avec la société de production et de consommation à outrance, la « génération kleenex », est enclenchée. Trois dates majeures selon moi vont alors marquer l’accélération du processus : • 2005 : la France décide d’adopter une Charte de l’Environnement ayant comme principale disposition de consacrer le principe de précaution dans son corpus juridique, lui conférant une valeur constitutionnelle. Les décideurs politiques de tous bords commencent à bouger et à prendre conscience de l’urgence écologique, aiguillonnés en cela par des personnalités aussi fortes que mes amies Nathalie KOSCIUSKOMORIZET ou Laurence TUBIANA ;

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2006 : l’ancien vice-président américain AL GORE devient l’ambassadeur mondial de la lutte contre le changement climatique au travers du documentaire Une vérité qui dérange, film redoutablement efficace, au point de faire prendre conscience à l’échelle planétaire de l’urgence écologique. Cet engagement lui vaudra le prix Nobel de la paix en 2007, aux côtés du Groupe d’experts intergouvernementaux sur l’évolution du climat (GIEC) ; 2007 : le président SARKOZY et son Ministre de l’Ecologie, Jean-Louis BORLOO, lancent une première mondiale : le Grenelle de l’Environnement, concept totalement innovateur de concertation entre toutes les parties intéressées (Etat, collectivités locales, ONG, syndicats de salariés et d’employeurs). Je rappelle cependant que cette idée venait d’Alain JUPPE qui n’a malheureusement pas eu le temps de la mettre en application, lui qui était rentré transformé et acquis à la cause de son « exil canadien ». Le Ministre me confie alors, ainsi qu'à ma collègue et amie verte Marie BLANDIN, la responsabilité de co-présider les groupes de travail consacrés d'une part, à la Biodiversité et aux ressources naturelles, d'autre part, aux organismes génétiquement modifiés (OGM). J'avoue humblement que le week-end précédant le démarrage des travaux, je n'arrivais pas à envisager comment nous allions réussir à faire se parler des représentants de groupes d'intérêts aussi divergents que les syndicats de salariés et les fédérations de chefs d'entreprises, ou les chasseurs/agriculteurs et les associations écologistes, ayant pourtant acceptés de venir ne discuter que d'un sujet commun : l'environnement. Et pourtant, la « magie du Grenelle » a fonctionné ! Le jour J venu, Marie BLANDIN et moi avons posé les bases du débat tel que nous l'envisagions, c'est-à-dire la possibilité pour chacun d'exprimer ses convictions en ayant la certitude d'être écouté des autres avec tout le respect dû à l'exercice démocratique à échelle réduite que nous réalisions alors; nous avons probablement formé le premier Parlement mondial de l'Environnement. Et nous avons vu à cette occasion, des personnes qui n'avaient jamais échangé leurs points de vue sur telle ou telle question autrement que par interjections dans la presse, réussir à faire bouger les lignes pour trouver des positions communes, conduisant ainsi à des ruptures dans leurs oppositions. De l'avis de tous, cet exercice a été nécessaire, réussi, et salutaire pour la cause de l'environnement.



Quelques réflexions avant de conclure. 2009 a été marquée par une crise économique sans précédent depuis 1929. Cette période difficile a été l'occasion, je le crois fermement, de réinventer notre modèle économique, et d'envisager la place de la biodiversité et la valeur que l'on veut donner au vivant dans celui-ci. J’en veux pour preuve trois analyses récentes, venues d’horizons différents : 15

1. Lors de son discours de clôture du Grenelle de l’Environnement, en octobre 2007, le Président SARKOZY s’engageait à intégrer le coût de la biodiversité dans toutes les décisions publiques futures, ce qui sousentendait de pouvoir fixer une valeur économique aux services écologiques rendus par la nature. Bernard CHEVASSUS-AU-LOUIS, ancien Président du Muséum National d’Histoire Naturelle, fut chargé de cette mission, ô combien difficile. En avril 2009, il rendait son rapport, en droite lignée de celui rendu par Nicholas STERN qui chiffrait le coût du changement climatique, et en préalable de celui de l’économiste indien Pavan SUKHDEV, chargé d’un rapport pour la Commission européenne sur le prix de la biodiversité. L’idée était de définir les conditions d’élaboration de valeurs de référence pour les services écologiques rendus par la nature, afin de permettre de donner une valeur au vivant, permettant ainsi de raisonner aussi en termes de capital naturel qui a autant si ce n’est plus de valeur que les autres capitaux. 2. En septembre 2009, les médias sont revenus sur la crise économique, un an après. A cette occasion, Philippe DESSERTINE, alors Directeur de l’Institut de Haute Finance, à une question sur « cette crise marque-telle le retour de la sobriété ? », répond : « elle pousse en tout cas à se poser la question d’un nouveau mode de consommation, en phase avec les défenseurs du développement durable. L’effet crise et la pensée verte nous incitent à nous interroger. Comment consommer moins et mieux pour préserver la planète mais aussi parce qu’il va falloir rembourser cette dette astronomique injectée dans l’économie depuis un an ? (…) Les consommateurs devront s’adapter et changer leurs habitudes. On peut déjà imaginer une baisse des dépenses liées à l’hypermobilité (avion, voiture), le développement des transports en commun et du télétravail. » J’ajouterai que la modification des modes de consommation est certainement l’un des sujets d’avenir que nous aurons, politiques comme citoyens, à explorer rapidement, mais cela ne se fera qu’à condition au préalable de savoir aussi faire évoluer nos modes de production. 3. Enfin, en janvier 2008, Joseph STIGLITZ, Prix Nobel d’économie 2001, était chargé par le gouvernement français, de définir des indicateurs permettant une nouvelle mesure des performances économiques. Rendu en septembre 2009, ce rapport ne remet pas en cause le PIB, mais propose de l’accompagner de nouveaux indicateurs renseignant sur le progrès social et le bien-être des individus. Trois principes sont notamment retenus : la prise en compte des ménages dans l’analyse économique, la mesure de la qualité de la vie, et la création 16

d’indicateurs monétaires du développement durable permettant de mesurer les ressources naturelles. Grâce à ce travail, une réelle valeur pourra être donnée à l’environnement. « Comme le PIB a été créé pour donner une valeur à la société industrielle contre la société agraire, ce nouvel indicateur donnera une valeur à la société écologique après la société industrielle. » Pour conclure, en écrivant cette préface, je repensais à cette phrase du Général de GAULLE : « Il n’y a qu’une querelle qui vaille, celle de l’homme ». Le 20ème siècle a été une ère de déstructuration : deux guerres mondiales, l’éclatement des empires coloniaux, l’apparition du cubisme, la nouvelle vague, le nouveau roman… Le siècle dernier est parcouru d’exemples dont le dénominateur commun est la négation de l’homme, l’absence de prise en considération de l’être humain, et partant de la nature à laquelle il est intrinsèquement et indéfectiblement lié. Le 21ème siècle sera, je le crois fermement, l’ère de la restructuration où l’homme sera replacé au cœur des préoccupations, quelles qu’elles soient. L’homme ne doit plus être au service de l’économie, mais l’économie être au service de l’humanité. Cette condition première doit être le cœur de la notion de développement durable, le pilier probablement prépondérant sur les deux autres. A ce titre, Michel CAMDESSUS n’indiquait-il pas, lors de sa communication sur le développement durable en 2002 devant l’Académie des Sciences Morales et Politiques : « bien plus que contradiction entre eux, il y a un effet de circularité entre le développement économique et la lutte contre la pauvreté : l’amélioration progressive de la situation sociale est, en effet, indispensable pour qu’au plan politique les efforts de recherche de l’équilibre macroéconomique et monétaire puissent être maintenus suffisamment longtemps pour autoriser un progrès social accru et permettre l’acceptation par tous des sacrifices qu’appelle le respect de l’environnement ». Une autre société est possible, qui fait la part belle à une croissance soutenable. A condition cependant que celle-ci repose sur deux fondements : épargner nos ressources naturelles d’une part, les augmenter d’autre part. Epargner, c’est bien entendu d’abord maitriser nos consommations, devenir économe de nos ressources, mais c’est aussi créer de la richesse à partir de celles-ci, par exemple en dépolluant notre planète. Augmenter nos ressources naturelles, c’est d’abord les préserver puis les restaurer ; à ce titre, je rappelle que le Grenelle de l’Environnement a affirmé que la biodiversité était l’assurance-vie de l’humanité. La compétitivité économique d’aujourd’hui ne peut qu’être écologique, le nier, c’est aller à sa perte. Je retiens ces deux phrases du grand Edgar MORIN :

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« Quand un système n’est pas capable de traiter ses problèmes vitaux, soit il se désintègre, soit il produit un métasystème plus riche, capable de les traiter : il se métamorphose ». Le temps du métasystème écologique est probablement arrivé.



« Il y a déjà dans la deuxième phase de l’écologie politique une part économique et sociale. Il y a aussi quelque chose de plus profond, qui ne se trouve encore dans aucun programme politique, c’est la nécessité positive de changer nos vies, non seulement dans le sens de la sobriété, mais surtout dans le sens de la qualité et de la poésie de la vie ». Là, le chemin est encore à construire….

L’ouvrage de Claude ALBAGLI décrypte sept scénarios d’évolution du marché et de la mondialisation, c’est-à-dire de notre Société et de ses modes de production et de consommation, et cela au travers de l’introduction d’une variable d’ajustement originale et néanmoins incontournable aujourd’hui : la prise en compte de la Nature. Celle-ci doit permettre, à terme, de réduire l’empreinte excessive du système consumériste actuel sur l’emploi des ressources naturelles. Mais ne nous trompons pas : ce n’est pas à la science d’imposer à la Société le niveau de risque qu’elle doit accepter, mais bien à la Société de faire ce choix, grâce à la connaissance et au renforcement du débat démocratique. Si les scientifiques doivent permettre d’évaluer le risque, ce sont bien les décideurs, au premier rang desquels les politiques, qui doivent assumer ce risque. C’est aussi là tout l’enjeu final posé par l’ouvrage de Claude ALBAGLI.

Sénateur de la Manche Président des groupes de travail "Biodiversité et Ressources Naturelles" et "OGM" du Grenelle de l'Environnement

Jean-François LE GRAND

« Les moments de crise produisent un redoublement de vie chez les hommes. Dans une société qui se dissout et se recompose, la lutte de deux génies, le choc du passé et celui de l’avenir (…) forment une combinaison transitoire qui ne laisse pas un moment d’ennui » François-René de CHATEAUBRIAND « Mémoires d’outre-tombe » Quatrième partie

On avait cru, avec la mondialisation, ouvrir le premier chapitre d’une nouvelle ère. Ne serions-nous pas davantage entrain d’engager la dernière phase d’un processus économique trois fois séculaire ? Quand les fondements d’une ambition consumériste vacillent parce qu’elle paraît incapable d’en généraliser le processus à l’ensemble de la population, ne doit-on pas prévoir une rupture et programmer un bouleversement ? Essayons de comprendre ces enjeux à la lumière des valeurs et des principes qui en ont corseté l’attrait et l’expansion. Depuis trois siècles, l’organisation de la planète s’est constituée sur la base d’un référent économique qui s’est affirmé comme la valeur cardinale. Il n’en fut pas toujours ainsi, même si de nombreuses rétrospectives tentent de revoir le passé sous le seul prisme de l’intérêt économique. « Avant la révolution industrielle, dans toutes les sociétés occidentales qui étaient de ce point de vue aussi archaïques que les autres, les causes déterminantes de l’acte économique, qu’il s’agisse de l’acte de produire ou de l’acte d’échanger, pouvaient être sociales ou sociopolitiques, culturelles ou religieuses, mais elles n’étaient jamais purement économiques. Car l’économique était complètement « encastré » dans le social. Ce n’est donc pas avec les concepts économiques qui nous servent à analyser le monde contemporain que l’on peut étudier les sociétés antérieures à la révolution industrielle. L’étude est même en quelque

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sorte sans objet, puisque l’économie ne constituait pas un système en soi »1. Toutes les activités à caractère économique étaient par le passé, réglementées, elles n’étaient pas conduites dans la perspective d’une formation de la richesse, mais dans l’objectif de préserver ou de conforter les structures sociales existantes, comme le soulignait Karl POLANYI2. Mais si l’économie était assujettie à d’autres valeurs prépondérantes avant le décollage industriel, elle n’avait pas non plus la capacité de se départir de la primauté des activités agricoles. Durant les dix mille ans couvrant la période des économies agraires, le surplus agricole 3 que l’on put extraire ne permit jamais de distraire plus de vingt à vingt-cinq pour cent de la population à des tâches autres que celles nécessitées par l’agriculture nourricière 4 . Cela constituait un blocage incontournable à la diversification des productions et à l’émergence d’une société industrielle. L’idéal s’incarnait alors dans un « état stationnaire » aux techniques stabilisées par de longues expériences5. Le Prince, incarnant le Pouvoir, tenait toute sa légitimité du divin au sein duquel s’inscrivaient toutes les attentes et les aspirations des populations. Le Prince se devait de leur indiquer Devoirs et Vertus, et désigner le Bien et le Mal. Les valeurs du groupe tiraient leurs sources de cette espérance post-mortem et les exigences sociales l’emportaient sur toute autre logique ou considération. Ce ne fût qu’à la faveur d’un saut exceptionnel - et pour une part, fortuit - de la productivité agricole, réalisé par un petit pays insulaire européen, l’Angleterre, que tout bascule au début du XVIIIème siècle6. Le surplus agricole se gonfle alors dans des proportions inédites, permettant à la division sociale du travail de s’approfondir. Les progrès techniques deviennent dès lors incessants et la fièvre consumériste prend son essor au nom de la quête d’un « Bonheur » terrestre qui n’attend plus, du « Paradis », les seules promesses. Le Pouvoir en devenant profane se « désenchante », pour reprendre l’expression forte de Marcel GAUCHET 7 , et se légitime désormais par la volonté populaire et son suffrage afin de contrôler toute tentative de prélèvement discrétionnaire et
PARTANT François, (1988), « La ligne d’horizon, Essai sur l’après-développement », La Découverte, Poche, p. 32. 2 POLANYI Karl, (1983), « La grande transformation », Gallimard, Coll. Idées. 3 Le surplus agricole est défini alors comme la part de la production agricole vivrière restant, une fois les besoins couverts du cultivateur, c'est-à-dire ceux nécessaires à sa survie, à ses besoins énergétiques pour accomplir son travail et à ceux de la reproduction de sa force de travail, autrement dit, sa famille. 4 BAIROCH Paul, (1992), « Le tiers monde dans l’impasse », Poche. 5 ALBAGLI Claude, (2001), « Le surplus agricole, De la puissance à la jouissance », L’Harmattan, Coll. MES. 6 ALBAGLI Claude, (2001), op. cité. 7 GAUCHET Marcel, (1985), « Le désenchantement du monde », Gallimard, Bibliothèque des Sciences Humaines.
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d’orienter une affectation que le Pouvoir tenterait d’imposer aux producteurscitoyens 8 . La rationalité économique s’érige en norme d’arbitrage, devient conquérante et intransigeante pour s’imposer comme le prisme de lecture éminent dans des domaines de plus en plus étendus depuis son émergence, voici trois siècles. L’expérience britannique initiale, circonscrite à quelques millions d’habitants, s’érige bientôt en modèle et finit par convertir la planète entière9. Quant à la mondialisation, son impact est plus ancien puisqu’elle fait suite, à l’orée du XVIème siècle, aux grandes découvertes. Mais elle se constitue en vagues successives. Après ses ambitions religieuses pour transmettre la voie du Salut Eternel, après sa conviction d’être porteuse, par la Science et le Progrès, d’un modèle universel constituant la préfiguration de l’avenir de tous les peuples, la mondialisation s’incarne in fine sous une forme plus triviale : la soif consumériste. Poussée dans ses ultimes conséquences, et couplée à la démocratie, l’économie de marché mondialisée tend à se présenter comme un horizon indépassable. L’humanité serait parvenue à son accomplissement et scellerait alors « la fin de l’Histoire » 10. Mais cet aboutissement est-il si sûr ? Ne serait-on pas, au contraire, à la veille d’une rupture fondamentale tant ce processus multiséculaire paraît bien en mal de se poursuivre en l’état11 ? La férule de l’exigence économique n’engaget-elle pas l’humanité aux bords de l’abîme ? La société contemporaine est le fruit de la convergence de deux éléments majeurs solidement imbriqués : une structure engendrée par la prééminence du marché et un fonctionnement fécondé par la mondialisation. Or, les ultimes conséquences de cette combinaison minent la pérennité du système tant par le biais économique que par celui de la mondialisation. Les frustrations sociales issues des déconvenues par les écarts entre les attentes et les satisfactions, sont porteuses de déviances et de désordres. Observons les faits : trois milliards d’hommes sur notre planète, en 1960 ; six milliards, 40 ans plus tard, en l’an 2000 ; et vraisemblablement neuf milliards dans quatre autres décennies entre 2040 et 2050 ! Or, aujourd’hui, combien d’hommes et de femmes parviennent à vivre selon ce modèle de référence, véhiculé dans tous les médias ? Sur les 6,6 milliards d’habitants contemporains, ils ne sont guère plus de 1,4 à vivre conformément à ces normes.
Le passage de l’hétéronomie à l’autonomie consiste à s’affranchir d’un système où les hommes sont unis à un Pouvoir qui les unit à l’invisible. Cf. GAUCHET Marcel, (2007), « L’avènement de la démocratie », Tome I, Gallimard, Coll. Idées. 9 On comptait en 1987, 80 pays ayant un régime démocratique, ce nombre est passé à plus de 120 au début de l’an 2000 si l’on se réfère à la clause « Droits de l’Homme » incluse dans les accords bilatéraux de l’Union Européenne. www.cridho.cpdr.ucl.ac.be 10 FUKUYAMA Francis, (1992), « La fin de l’histoire et le dernier homme », Flammarion. 11 La mondialisation de l’économie serait l’ultime avatar de la modernité occidentale datant de l’expansion de l’Europe à la fin du XVème siècle, pense aussi RAMONET Ignacio, (1997), « Géopolitique du chaos », Galilée, p. 56.
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Et une masse de même ampleur survit, au même moment, dans des conditions misérables avec moins de un dollar par jour cumulant pour la plupart, la sousalimentation, la défaillance d’accès à l’eau potable, l’insécurité des personnes et des biens, la privation de l’éducation de base et des soins élémentaires. Si l’on considère les populations qui disposent de moins de 2 dollars quotidiens, c’est plus du tiers de la population mondiale qui vit en dehors des préceptes de la société de consommation. Non seulement, elle ne partage pas le modèle de vie propagé par les médias, mais son existence précaire la confine hors d’une telle approche. Comment dès lors espérer généraliser les bienfaits de la société de consommation à l’ensemble des populations de leur vivant ? Ruse de l’Histoire et illusions médiatiques se mêlent pour occulter l’incapacité patente du système à généraliser son modèle tandis que la société consumériste attise et amplifie encore ses convoitises. Il faut se rendre à l’évidence : le consumérisme pour tout un chacun n’est guère probable. Mais indépendamment des insuffisances de la méthode, l’aspiration n’apparaît pas davantage faisable tant les ressources nécessaires frappent par leur insuffisance. Pour finir, le modèle ne s’analyse même plus comme un perspective souhaitable tant les répercussions biologiques et environnementales constituent de graves menaces pour l’existence même de l’Homme. La déconvenue risque d’être phénoménale, interférant simultanément sur le tissu social et la précarité des ressources. Les hommes et les femmes par centaines de millions vont buter sur l’inconsistance des espérances qu’on leur fit miroiter. Et la Nature vient imposer ses limites quand l’Humanité pensait pouvoir s’en affranchir. Le système en l’état paraît impuissant à répondre aux attentes tant les hommes ont démultiplié leur nombre et leurs aspirations. L’alarme est sonnée de toutes parts, voici revenu le temps des choix fondamentaux alors que l’Homme, gonflé de prétentions, se voyait en mesure d’inscrire son action dans une participation à la création, conforté par la technique, la finance et l’économie12. En s’étant doté d’une puissance inédite susceptible d’interférer dans les équilibres biologiques, la chaîne du vivant et les variations climatiques, il s’était mis à penser qu’il pourrait s’affranchir de cet espace limité aux ressources parcimonieuses. Le principe de réalité s’impose. La littérature contemporaine met volontiers l’accent sur les contraintes écologiques qui nous annoncent le réchauffement climatique, la pollution de notre environnement, l’épuisement des énergies fossilisées, la raréfaction des ressources minières et en tire un certain nombre de recommandations pour en limiter les effets. Mais elle est moins disserte sur les différentes manières de prendre en compte ces données avec leurs conséquences sur le couple marchémondialisation qui cadre notre société contemporaine. Or, il existe plusieurs biais pour intégrer ce facteur Nature et chacun d’eux interfère différemment
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Jacques AUSTRUY parlait lors du basculement dans le monde moderne, d’un Pouvoir qui perdait ses caractéristiques agrestes, tribales et rentières pour devenir urbain, bureaucratique et financier. Cf. AUSTRUY Jacques, (1972), « Le Prince et le Patron », Cujas, p. 130

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dans les paramètres de notre organisation sociale selon qu’il touche aux valeurs, à la méthode ou aux processus d’ajustement. L’objectif de notre étude n’est pas d’inventorier les menaces écologiques ou de débusquer les insuffisances sociales. Elles sont prises comme un état de fait. Il s’agit d’analyser comment la remise en cause de tel ou tel paramètre du marché ou de la mondialisation provoque l’émergence de nouveaux schémas sociaux et économiques. Nous avons répertorié sept entrées possibles du facteur écologique. Il en découle sept scénarios qui débouchent chacun sur une société bien différente. Chacun d’entre eux possède ses prémices dans notre société contemporaine, mais avec une puissance insuffisante pour déjà faire système. Chaque scénario ne constitue pas des plans tirés sur la comète, mais part de réalités encore éparses. La diversité des options ne fait pas débat, seule la prise en compte ou non, du facteur écologique polarise l’attention. Pourtant la manière dont les arbitrages seront opérés, aura bien une importance décisive sur la configuration du nouveau monde dans lequel nous allons pénétrer. Cet âge écologique n’annonce pas nécessairement des temps radieux, une société équitable et une gouvernance raisonnable, comme les médias tentent de nous en convaincre. Si certains choix ne visent qu’à ajouter une nouvelle contrainte dans le mode de calcul, sans modifier les ambitions du système, d’autres conduisent à une société dépouillée et frugale au profit d’une nouvelle ascèse, d’autres rejètent complètement la société consumériste et appellent au renversement des valeurs qui sous-tendent l’actuelle cohérence et dynamique sociale… Ainsi l’impact sur les ressources peut être conjuré en limitant les ayant-droits au consumérisme, en misant sur les espérances d’un progrès technique innovant ou en basculant sur un paradigme rejetant la civilisation matérialiste au profit d’une réalisation personnelle ou d’un approfondissement religieux. Le futur ne dépend pas seulement de l’adoption de mesures correctives, mais de la manière dont elles seront rapportées, combinées et du biais qui sera privilégié. Aurons-nous recours à des arbitrages favorisant le progrès technique, remettant en cause les transports, ou activant des politiques démographiques malthusiennes ? Ou faudra-t-il tout simplement enchâsser marché et mondialisation dans la logique de la Nature ? Choisirons-nous d’influer sur le couple « marché-mondialisation » en portant l’impact sur le paradigme, la méthode ou le processus ? On pourrait convenir également de ne rien faire, mais cette hypothèse ouvrirait les portes à un huitième scénario : celui du suicide écologique. Par le passé, des civilisations s’y sont délitées, mais cette fois-ci, l’Humanité toute entière serait en cause. Notre hypothèse est que l’action est engagée, mais que le mode opératoire reste encore trop opaque pour discerner les promesses du lendemain… Mais avant de s’engager dans cette quête prospective, reprécisons à travers l’Histoire, les postulats idéologiques de l’économie de marché et de la mondialisation et voyons sur quels fondements ils se sont imposés. Bien que le processus de la mondialisation soit antérieur à celui de l’affirmation du marché, c’est par ce dernier que nous ouvrirons notre analyse, car les premières phases 23

de la mondialisation polarisent des visées qui ne sont pas encore celles de la société consumériste. Le second chapitre abordera donc la mondialisation dont les trois vagues nous porterons jusqu’à la logique contemporaine affirmée à la charnière des années quatre-vingt-dix. Ces deux premières parties nous permettront de mettre en exergue le paradigme, la méthode et les processus d’ajustement qui relèvent du marché, puis de la mondialisation. L’insertion des données environnementales par le biais de l’un ou l’autre des paramètres, débouchera sur des scénarios distincts. Des éléments de chacun d’entre eux constituent déjà une réalité observable, mais encore trop éparse pour faire système. Ils laissent donc ouvertes les portes du futur pour ce « Nouveau Monde » en gestation. Le cheminement de notre analyse s’impose : Marché, Mondialisation et Scénarios seront les trois temps de notre quête.

CHAPITRE I

LE MARCHE

En faisant de l’économie, le critère fondamental de la structuration sociale, la logique hédoniste des plaisirs et des peines s’était substituée à la férule céleste du Bien et du Mal. La justification des comportements devait dès lors s’inscrire dans la rationalité économique, au lieu de rester enchâssée dans les commandements des croyances révélées et légitimées par une identification et une soumission à son groupe social. De fait, la demande de biens allait bientôt satisfaire un goût immodéré pour l’immédiat. Elle se démarquait des attentes célestes post mortem pour satisfaire concrètement le quotidien tandis que l’offre fondait son action sur une Nature réputée inépuisable. Mais en passant d’un système agricole soumis aux forces tutélaires à une logique industrielle fécondée par l’individualisme, la croissance en devenait la nécessaire contrepartie, l’exigence intrinsèque pour en assurer la pérennité. Néanmoins, l’observation contemporaine butte sur un constat : l’essentiel de la population souffre d’une faible insertion dans ce modèle consumériste, malgré les progrès fulgurants accomplis.

1 – L’abandon de la gnose pour la norme
L’ordre social au temps des sociétés agraires devait satisfaire des principes transcendantaux. Le Pouvoir du Prince, légitimé par une tutelle divine, avait en charge la cohésion sociale dont les intérêts devaient toujours prévaloir sur ceux, plus particuliers, des individus. Le Confucianisme en présenta l’une des variantes les plus achevées quand ce n’était pas l’Eglise, les mollahs ou le chamane qui fixaient cet ordre du Bien et du Mal. Le Peuple inscrivait ses actions dans une mathématique du Salut où les mérites accumulés par delà la dévotion, constituaient la pratique assurantielle d’accès au Paradis. La vertu et le devoir charpentaient la morale et induisaient les comportements. Deux principes résumaient cet ordre : 1) La prééminence du spirituel sur le

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temporel13 ; 2) La prévalence du tout sur les parties (Le groupe social auquel on appartenait, possédait une valeur ontologique et morale supérieure à celle de sa propre existence). L’intérêt individuel, en devenant à partir du XVIIIème siècle, la norme et le ressort de la vie collective, mettait à bas tout cet édifice plurimillénaire. La recherche du plaisir et l’évitement de la douleur encadraient désormais l’action individuelle, mais cette quête des intérêts particuliers débouchait sur une optimisation inattendue de l’intérêt général tandis que le prisme de la marchandisation envahissait de sa rationalité, tout l’espace social et politique. A - L’ARITHMETIQUE DES PLAISIRS ET DES PEINES. Autrefois, l’intérêt était assimilé à la cupidité. Il était perçu comme un agent destructeur de la Cité. L’avarice était considérée comme le péché le plus mortel dans la hiérarchie morale de l’Occident chrétien 14 . ARISTOTE stigmatisait le comportement des marchands en les désignant comme des êtres hors nature, car la richesse n’est pas le bien suprême que nous devons rechercher15 . On retrouvait, en Chine, cette même dichotomie entre les valeurs morales des mandarins et les valeurs du négoce 16 . Les marchands ne tentaient-ils pas, au soir de leur vie, de se dédouaner de leurs activités mercantiles puisqu’ils avaient dérogé aux normes morales ? En affectant une partie de leurs gains à l’édification d’un temple, d’une église ou d’une mosquée, n’en attendaient-ils pas les indulgences divines rédemptrices pour la vie éternelle ? Or, voici que la casuistique du marchand s’affirmait précisément comme la norme sociale. Le vulgaire et méprisable appât du gain devenait, sous l’apparence de l’intérêt, le régulateur des passions et se substituait aux capacités fragiles de la raison. La recherche du profit se conjuguait à cette disposition naturelle de l’intérêt désormais érigé en dogme. L’ordre social en venait à s’appuyer sur ce qui avait été considéré jusque-là comme l’aspect le plus vil de la nature humaine, combinaison de concupiscence et de vanité17. On passait d’une mathématique du Salut de l’âme à l’arithmétique du plaisir et des douleurs pour la quête du Bonheur. « Le Bonheur, affirmait Jérémy BENTHAM, est toujours une simple affaire de plaisir et de douleur » 18 . Le plaisir était ramené à des stimulations physiques élémentaires. Ne faisant aucune distinction entre les différentes sortes de plaisir
LAVAL Christian, (2007), « L’homme économique, Essai sur les racines du néolibéralisme », NRF, Gallimard, p. 21. 14 SIMONNOT Philippe, (2004), « L’erreur économique », Denoël, p. 169. 15 ARISTOTE, « Politiques », Gallimard, Coll. Tel, Livre I, chapitres 5 et 7. 16 NEEDHAN Joseph, (1973), « La science chinoise et l’Occident », Ed. Jacob, p. 121. 17 LAVAL Christian, op. cité p. 59. 18 BENTHAM Jérémy cité par BOURCIER de CARBON Luc, (1971), « Essai sur l’histoire de la pensée et des doctrines économiques », Tome 1, Editions Montchrétien, pp. 173176. « Par principe d’utilité, on entend ce principe qui approuve ou désapprouve chaque action, quelle qu’elle soit, en fonction de la tendance qu’elle paraît avoir à augmenter ou à diminuer le Bonheur de la partie dont l’intérêt est en cause ».
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ou de douleur, l’éthique utilitariste postulait simplement que le Bonheur dépend de la maximisation des plaisirs et de la minimisation des douleurs sous leurs formes élémentaires, au bénéfice du plus grand nombre de gens. Ce principe a permis de proposer un calcul simple des plaisirs et des peines fondé sur l’expérience sensorielle. Le Bonheur était quantifiable 19 . La satisfaction de l’individu devenait le but ultime du contrat social. C’est cette rationalité de l’utilité et de l’intérêt qui prévaudra et deviendra l’axiome des comportements20. Rien n’existait plus en dehors de la pensée individuelle. Ces fondements déterminaient la pensée hédoniste. Les prémisses en avaient été posées par l’abbé de CONDILLAC qui exposait la première expression subjective de la valeur 21 . « Il donnait au libéralisme son fondement de psychologie individualiste » relevait André PIETTRE 22 . Plus tard, vers 1870, l’Anglais Stanley JEVONS, l’Autrichien Karl MENGER et le Français Léon WALRAS ramenèrent l’attention sur l’origine psychologique de la valeur en partant de l’hypothèse que l’intensité d’un besoin décroît avec sa satisfaction. Ils en conclurent que c’était la dernière portion d’un bien désiré qui fixait la valeur de l’ensemble. Ils fondèrent ainsi le principe de l’utilité marginale : « maximiser le plaisir, voilà le problème économique » déclarait JEVONS23. En bref, le mécanisme allait reposer sur un jeu de lois naturelles résultant de trois éléments : la liberté individuelle, l’intérêt personnel et le calcul (pour réaliser cet intérêt) sur la base d’une comparaison de plaisirs et de peines. Mais ce mécanisme ne pouvait fonctionner correctement que sur la base d’un triple dispositif : la propriété privée, l’Etat garant de la libre activité individuelle et un échange international subissant le moins d’entraves possibles24. B - L’OPTIMISATION COLLECTIVE PAR L’INTERET PERSONNEL. Rien n’existe en dehors de cette pensée individuelle. Ce solipsisme devint le fondement social. Pourtant en se privant de la prééminence d’un ordre transcendantal qui s’imposait au Prince et aux sujets, et en fondant l’action à
BARBER Benjamin, op. cité pp. 119-120. John STUART-MILL dans son ouvrage « De l’utilitarisme (1861) » s’élèvera contre cette simplification outrancière pour un mode d’évaluation qu’il trouvait trop réducteur. 20 C’est l’une des raison qui fera, a contrario, de la désutilité, un cheval de bataille des adeptes de la décroissance. Cf. Entropia, la Revue d’Etudes Théoriques et Politique de la Décroissance, « Trop d’utilité ? », Parangon, N° 5, Automne. 21 De CONDILLAC Etienne Bonnot, (1776), « Le Commerce et le Gouvernement considérés l’un à l’autre ». 22 PIETTRE André, (1970), « Pensée économique et théories contemporaines », Dalloz, p. 68. 23 PIETTRE André, (1970), op. cité p. 79. 24 BARRERE Alain, (1974), « Histoire de la pensée économique et analyse contemporaine, Les grands systèmes d’économie politique », Tome I, Les Edition Montchrétien, p. 309.
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