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Un livre des éditions Uppr

Tous droits réservés - © Uppr 2014

Avant-propos

Rechercher les racines de l’érotisme dans le sacré peut a priori surprendre ou être vu comme un paradoxe provocateur. Or le paradoxe n’est qu’apparent. Les mots érotisme et sacré partagent en effet la même sphère culturelle : si le latin sacrum désigne ce qui appartient au monde du divin, Éros est une figure célèbre du panthéon grec. Il n’est d’ailleurs que de se tourner vers la statuaire hindoue, les métaphores érotiques des textes fondateurs de religions ou les figurines laissées par les plus anciennes croyances de l’humanité pour saisir le lien unissant l’érotisme au sacré. Dans tous les cas celui-ci apparaît à la lumière d’une lecture religieuse du monde dont nous allons tenter de dégager les origines.

Pour cerner celles-ci dans le temps et dans l’espace, mais aussi pour comprendre leurs composantes intellectuelles, nous devons au préalable mettre en perspective les grandes étapes de la pensée religieuse depuis la préhistoire à l’éclosion des premières civilisations. Cette vaste période peut se diviser en cinq horizons religieux successifs :

L’horizon primitif remonte à plus de 10.000 ans. C’est celui du chasseur paléolithique attribuant à toute chose une puissance, une volonté – le mana – pouvant être bénéfique ou maléfique. Avec le temps, le mana s’assimile de plus en plus à un esprit, ouvrant ainsi la voie à l’animisme.

L’horizon animiste s’étire jusqu’à l’orée du néolithique (environ 9500 ans avant notre ère), et se caractérise par la croyance en des esprits capables de penser et d’agir en faisant le bien ou le mal. Par rapport à l’horizon précédent on assiste à une personnalisation du mana conduisant à l’anthropomorphisme de l’horizon suivant.

L’horizon agricole couvre le néolithique et s’éteint avec l’essor des premières civilisations nées aux IIIème et IIème millénaires. Les esprits de l’animisme tribal s’élèvent alors au rang de puissances nettement définies et personnifiées, possédant des caractères à l’image de l’homme.

L’horizon civilisé est celui des royautés et des empires. Il développe un polythéisme composé de divinités fortement humanisées, possédant des histoires et s’inscrivant dans des drames formant la trame des mythologies.

L’horizon prophétique, inclus dans l’horizon civilisé, est riche de prophètes, de philosophes et de fondateurs de religions : Abraham, Akhénaton (IIème millénaire), Confucius, Bouddha, Zoroastre, Mahavira (VIème – Vème siècle), les penseurs grecs d’Hésiode à Aristote (VIIIème siècle – IIIème siècle)...

Notre propos relatif aux sources sacrées de l’érotisme concerne les horizons agricole et civilisé. La période dont il s’agit commence donc aux environs du IXème millénaire et couvre une zone allant du Nil à l’Indus : le croissant fertile.

Chapitre I
L’horizon agricole ou l’introduction de l’érotisme dans le sacré

L’horizon agricole est celui de la révolution néolithique. Celle-ci débute au moins 9500 ans avant notre ère dans la vallée du Tigre et de l’Euphrate ainsi qu’en Syro-Palestine. Elle va irradier jusqu’à l’Égypte à l’ouest et jusqu’à l’Inde à l’est. Grâce à l’invention de l’agriculture, elle bouleverse les conditions de vie, les rapports de l’homme avec la nature et la conception que ce dernier a de lui-même et du monde. L’animisme primitif se transforme peu à peu en un système de croyances né de l’anthropomorphisme : la Terre-Mère devient la Déesse-Mère et la femme est idéalisée, voire sacralisée.

  1. A. La Terre-Mère, matrice universelle