Les systèmes politiques précoloniaux au Cameroun

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Cette étude démontre que les peuples du Cameroun précolonial avaient des systèmes politiques organisés. Le grand Sud état dominé par des démo-anarchies, les savanes et le grand Nord par des Etats-chefferies. Toutefois, il n'y avait ni opposition, ni alternance au pouvoir. Cela s'explique par le fait que ces sociétés étaient soudées par des rites d'initiation complexes et socialement utiles.
Publié le : jeudi 1 octobre 2015
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EAN13 : 9782336392479
Nombre de pages : 116
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JosephOWONA
LES SYSTÈMES POLITIQUES PRÉCOLONIAUX AU CAMEROUN
14/09/15 19:31
Les systèmes politiques précoloniaux au Cameroun
Joseph OWONA
Les systèmes politiques précoloniaux au Cameroun
Du même auteur Droits constitutionnels et institutions politiques du monde, L’Harmattan, octobre 2010 Le contentieux administratif de la république du Cameroun,L’Harmattan, juillet 2011 Droit de la fonction publique camerounaise,juillet L’Harmattan, 2011 La décentralisation camerounaise, L’Harmattan, juillet 2011 Cameroon's public service law,L’Harmattan, mars 2012 Decentralization in Cameroon, L’Harmattan, mars 2012 Domanialité publique et expropriation pour cause d'utilité publique au Cameroun,L’Harmattan, décembre 2012 Droit international humanitaire,L’Harmattan, décembre 2012 © L’Harmattan, 2015 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-07294-4 EAN : 9782343072944
REMERCIEMENTS
Le présent opuscule s’invite dans votre univers de lecture grâce à la contribution d’aiguilleurs dont les travaux de saisie, relectures et mises en forme ont su faire en faire rejaillir la quintessence. Je pense à monsieurSylvestre GWET MATIP, environnementaliste, fondamentaliste de Biologie et à MlleBerthine NSEOUGMOEdu Cabinet J. O. International Consulting.
INTRODUCTION
1.Le pays qui allait devenir le Cameroun entre dans l’histoire avec le célèbre et mythique périple du navigateur carthaginois Hannon (450 avant J.C) qui survient après celui de Néchao, second roi de la XXVIe dynastie égyptienne. Celuici mentionna dans ses relations le « Char des dieux », 1 volcan alors en éruption au fond du golfe de Guinée . Il ne fit point une description détaillée du pays et de ses côtes encore moins de son hinterland. Mais, les observateurs s’accordent à reconnaître en ce « Char des dieux » un impétueux volcan, le mont Cameroun qui borde la côte camerounaise au fond du golfe de Guinée et culmine à 4070 m. 2.Les sociétés politiques coloniales africaines ont fait l’objet 2 d’études fragmentaires d’anthropologie ou d’ethnosociologie . P.F. GONIDEC recense à cet effet « deux grands types » de 3 sociétés politiques précoloniales en Afrique : les sociétés anétatiques et les États.
1 Dans Je connais le Cameroun, Paris, Afrique Biblio Club ABC. « Pendant quatre jours, nous continuâmes notre voyage et nous découvrîmes de nuit, une contrée pleine de feu. Au milieu était un feu très élevé, plus haut que les autres, et qui semblait atteindre aux étoiles. Quand le jour fut venu, nous nous rendîmes compte que c’était une haute montagne appelée « Char des dieux ». 2 Voir à cet effet quelques auteurs : Shapera government and politics in tribal societies watts, Londres, 1956. Middleton and Tait tribes without rulers, Routledge and Kegan, Londres, 1958. Evans PRITCHARD,African political systems, Londres 1940 (Traduction PUF, 1964). 3 P. F. GONIDEC,L’Etat africain (évolution, fédéralisme, e centralisation et décentralisation), 2 Edition, Paris, LGDJ, 1985, 362 pages et plus particulièrement pp. 30 à 47.
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Les sociétés anétatiques n’auraient pas d’organes législatif, exécutif et juridictionnel, c'estàdire un appareil d’État structuré en organe. Suivant la remarque de Marcel Griaule, chaque société était comme une toile d’araignée dont on ne pouvait toucher une maille sans en faire vibrer l’ensemble. Les États existent dès l’instant où, sur la base des différenciations sociales, un individu ou un groupe d’individus s’emparent de la fonction politique et ne l’exercent pas dans l’intérêt de tous et avec un appareil d’État qui peut se complexifier au fur et à mesure. Au Cameroun, les sociétés précoloniales du centre, de l’est et du littoral s’apparenteraient aux sociétés anétatiques et les chefferies de l’ouest, du nordouest et du septentrion se 1 rapprocheraient de la catégorie des sociétés dite des États . À la suite de Ndam Njoya, Roger Gabriel Nlep distingue les gouvernements de type monarchique des gouvernements 2 anarchodémocratiques . 3.Trois phénomènes majeurs vont produire des effets colossaux sur les protoinstitutions camerounaises d’avant 1884 : l’esclavage, la vague d’islamisation conduite au XIXe siècle par Ousmane Dan Fodio et l’invasion coloniale occidentale fin XIXe siècle. Pendant trois siècles, l’histoire des zones côtières se confond avec celle de la traite des esclavages et des millions d’hommes quittent leurs pays enchaînés et voguent vers les marchés et les plantations du continent américain. Au XIXe siècle, Ousmane Dan Fodio fonde avec les guerriers venus du Macina et du Fouta Toro un empire peul musulman à Sokoto. Adama, l’un de ses lieutenants, conquiert l’Adamaoua et étend sa domination à Yola, à Maroua, à Ngaoundéré et Tibati.
1 Voir Roger Gabriel camerounaise : contribution d’administration publique, particulièrement pp. 1719. 2 Ibid.
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NLEP,L’administration publique à l’étude des systèmes africains Paris, LGDJ, 1986, 106 pages
L’invasion européenne quant à elle surviendra plus tard. Le pays dont les rivages avaient été explorés en premier par le grand navigateur portugais Fernando Poo en 1472 passe le 14 juillet 1884 sous la domination allemande qui crée le Kamerun grâce à l’action de son consul général Nachtigal. Puis, la défaite allemande durant la guerre 19141918 ouvre la voie à la domination britannique et française, d’abord sous le régime du mandat de la Société des nations et plus tard de la tutelle de l’Organisation des nations unies. Cette domination s’achève le er er 1 janvier 1960 pour le Cameroun francophone et le 1 octobre 1961 pour le Cameroun anglophone. Ces trois phénomènes majeurs auront un impact sur le kaléidoscope protoinstitutionnel camerounais fait de sociétés anarchodémocratiques (Béti, Basa’a) et de sociétés monarchico étatiques (Bamoun, Foulbé, Bamiléké). Certains auteurs retiennent unesuma divisiodémoanarchies 1 des forêts et monarchies étatiques des savanes . Pour des raisons de commodité, nous étudierons successivement :  les sociétés anarchicodémocratiques de grand Sud ;  puis les chefferies et les royaumes du grand Ouest et du grand Nord.
1 Voir P.F GONIDEC,op cit., pp. 30 à 47.
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