Les tests d'inférence en psychologie

De
Publié par

Cet ouvrage simple et structuré présente en 30 fiches les tests d'inférence tels qu'ils sont enseignés en L2 de psychologie. Chaque fiche est rédigée sur le modèle suivant : principes essentiels et démarche fondamentale, méthodes de calcul, applications.

Publié le : mercredi 6 février 2008
Lecture(s) : 92
Tags :
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782100538669
Nombre de pages : 160
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat
Fiche 1 Pourquoi des tests statistiques
I Principe On réalise des tests statistiques dans de nombreuses disciplines scien tifiques parce que l’on utilise des échantillons de population. Un échantillon est une partie de la population que l’on utilise parce qu’il est trop coûteux en temps, en énergie et en argent d’interroger tout le monde. Pour les sondages électoraux, on interroge souvent entre neuf cents et mille personnes ce qui prend déjà du temps. Imaginez alors le temps qui serait nécessaire pour interroger les quarante huit millions d’électeurs. C’est pour cette raison que l’on interroge un nombre restreint de personnes. Cela revient moins cher, prend moins de temps et, si l’échantillon est prélevé avec sérieux, et bien il y a de grandes chances que l’on obtienne le même niveau d’informa tion que celui que l’on obtiendrait en interrogeant tout le monde. Toutefois, en matière de constitution d’échantillon, même avec la meilleure volonté du monde, il y aura toujours des petites différences dans des échantillons par rapport aux caractéristiques de la popula tion et notamment si ceuxci sont de petites tailles. Or il faut pouvoir estimer le poids de ces petites variations pour apprécier des différen ces qui, elles, sont expliquées par l’intervention d’un facteur. En effet,
2
L e s t e s t s d ’ i n f é r e n c e e n p s y c h o l o g i e
si vous avez besoin de constituer deux échantillons et que vous appli quiez une variable à l’un et une autre variable à l’autre. Vous compa rez les deux groupes et vous trouvez une différence : la question est maintenant de savoir si cette différence est imputable à la différence d’action des variables que vous avez manipulées ou si cela provient de différences « naturelles » de vos échantillons.
Les tests statistiques sont là pour nous aider à évaluer le poids respectif de ces différences : avec les tests, on fonctionne comme s’il y avait une grande urne dans laquelle se trouvaient des boules dont les chiffres représentent des données quelconques. On imagine alors que la main droite extrait des boules qui représentent l’échantillon 1 tandis que la main gauche extrait des boules qui représentent les valeurs de l’échan tillon 2. Si l’on compare les valeurs, il y aura toujours des différences mais les fréquences de ces différences se répartissent de manière non homogène. Ainsi, la probabilité d’obtenir une différence nulle (les moyennes sont identiques) est le cas le plus fréquent tandis qu’obte nir une différence non nulle est, théoriquement, moins fréquent et ce, d’autant plus que l’amplitude de la différence est grande.
Exemple : on fait passer à une population de huit sujets, une tâche d’apprentissage d’une liste de vingt mots concrets. Les scores obtenus sont les suivants :
Sujet
Score de rappel
1
6
2
8
3
7
10
4
9
5
11
6
12
7
5
8
Imaginons que nous prélevions, au hasard, deux sujets (S1 et S2) dans cette population et que nous fassions la différence entre leur score res pectif. Celleci devrait obligatoirement correspondre à l’une des dif férences contenues dans l’un des deux tableaux ciaprès : © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.
F i c h e 1 – P o u r q u o i d e s t e s t s s t a t i s t i q u e s
3
Fiche 1
– 5
– 1
1
– 1
Total
3,57
100
3
4
– 3
4
– 4
– 5
– 6
– 7
6
5
– 1
– 3
– 2
3
2
L e s t e s t s d ’ i n f é r e n c e e n p s y c h o l o g i e
10,71
21,43
6
– 3
25,00
11
5
4
1
S2 S1
3
5
2
17,86
7,14
7
6
10
12
6
7
1
1
6
10
5
7
11
9
8
10
11
12
12
9
8
8
7
9
4
– 1
5
– 4
– 5
– 6
– 3
– 4
– 2
– 1
– 2
2
6
5
S1 S2
3
2
1
2
3
4
1
2
3
2
5
4
6
1
1
5
11
– 2
– 2
7
12
4
2
Amplitude de la différence
14
12
7
8
9
10
Fréquences relatives (en %)
– 2
– 1
10
Fréquences absolues (effectifs)
56
– 4
– 3
La carte des effectifs des différences possibles nous donne alors, en ne tenant compte que des valeurs absolues des différences, les résultats suivants :
– 1
8
6
14,29
Comme on le voit, plus l’amplitude de la différence est importante, plus la probabilité qu’elle a d’être obtenue est faible. C’est justement cette probabilité que les tests d’hypothèses tentent d’évaluer en posant la question suivante : quelle est la probabilité que j’aurais d’obtenir une telle différence par le hasard de l’échantillonnage ?
II Le seuil de 5 % d’erreur en statistique Les tests de comparaison de moyennes ou de fréquences vont répon dre, avec précision, à cette question en évaluant la probabilité d’obtenir, de manière aléatoire, toute différence observée. Si cette probabilité est supérieure à un seuil fixé, par convention, à 5 %, alors on estimera que les différences sont imputables au hasard. On conclura que la dif férence est statistiquement significative et, par voie de conséquence, que la différence est imputable aux effets de la ou des variables indé pendantes que l’on a pu manipuler ou qui ont été définies. Le graphique cidessous résume bien comment on doit apprécier cette différence : imaginons que nous comparons deux groupes d’élèves dont l’un a fait l’objet d’une pédagogie A pour apprendre de l’arithmétique et l’autre à fait l’objet d’une pédagogie B. On leur fait passer un test et on constate des différences de performance dans les deux groupes. Pour apprécier l’effet du style pédagogique, on doit essayer d’évaluer la probabilité d’obtenir un tel effet par le hasard puis, en fonction de cette probabilité, on va décider si oui ou non on peut estimer que les diffé rences entre les deux groupes proviennent bien du type de pédagogie.
0 différence
Différence à 5 %
Différence à 0,00 %
Zone où la différence Zone où la différence est considérée est imputable comme imputable à la variable pédagogie au hasard © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.
F i c h e 1 – P o u r q u o i d e s t e s t s s t a t i s t i q u e s
5
Fiche 1
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.