Les traditions dans l'Afrique républicaine et démocratique

De
Publié par

Les révolutions techniques et les technologies des communications rompant les barrières géographiques, humaines, sociales, religieuses, culturelles invitent plus que jamais à l'ouverture, à la rencontre avec les autres, avec leurs cultures et ce qu'elles considèrent comme valeurs fondant leur existence et donnant un sens à la vie. Aussi, le nouveau contrat social, au-delà de l'Afrique, vient répondre aux exigences de l'affirmation de notre humanité.
Publié le : samedi 1 janvier 2011
Lecture(s) : 47
Tags :
EAN13 : 9782296707825
Nombre de pages : 117
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat

Les traditions dans l’Afrique républicaine et démocratique
Pour un nouveau contrat social

Adamou Ndam Njoya

Les traditions dans l’Afrique républicaine et démocratique
Pour un nouveau contrat social

L’HARMATTAN

© L'HARMATTAN, 2010 5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-12914-6 EAN : 9782296129146

PARTIE INTRODUCTIVE
ICE QU’EST LE NOUVEAU CONTRAT SOCIAL : L’AFFAIRE DE TOUS LES ETRES HUMAINS, DE TOUTES LES SOCIETES HUMAINES, DE TOUT LE MONDE INTERPELLE PAR L’ETHIQUE DE NOTRE COMMUNE HUMANITE ET DE NOTRE COMMUN ENVIRONNEMENT

Dans le fond, la démarche, partant du Cameroun, peut s’appliquer à tout autre pays africain et du monde en général. Ceci, parce qu’il est pris en compte ce qui est propre au genre humain et commun à tout le monde: Le fait de notre commune humanité. Le fait que les êtres humains sont unis dans un même environnement qui doit être aimé, respecté, protégé pour continuer à nous donner ce qu’il a de meilleur, d’unique et indispensable pour notre vie et notre survie. Le fait qu’il s’agit de l’être humain et de la construction par lui-même de son bonheur en participant à la construction du bonheur des autres êtres humains. Les particularités qui varient suivant les richesses des héritages traditionnels et des valeurs traditionnelles d’un milieu à l’autre, d’un groupe humain à l’autre. La maîtrise des réalités, des faits, des événements etc. par l’intelligence, le savoir-faire qui se développe, s’améliore, s’acquiert par la formation, l’information, la communication, par l’éducation, par le partage. Le dialogue qui est l’une des grandes caractéristiques des êtres humains de par la nature et de par la puissance qu’il a d’inscrire les êtres humains dans la dynamique de la construction commune et du progrès collectif.

Les richesses qu’apporte chaque personne, dans la mesure où chaque individualité a toujours quelque chose de particulier, d’unique, d’absolu que n’a pas l’autre. La rencontre et le partage de ce que chaque personne, chaque société ont de meilleur pour faire ressortir et vivre, dans toutes leurs richesses, les valeurs humaines et l’éthique constituant des éclairages, des dynamiques à cultiver en permanence pour la vie et les activités aussi bien des populations que des institutions publiques et privées qui sont créées pour les différentes et diverses missions spécifiques que déploient les êtres humains. Il est question d’assumer et d’inscrire dans les cœurs, dans les esprits et dans le temps et où que l’on se trouve, les dimensions positives des pratiques et des traditions que développent dans leur vie et leurs activités, les êtres humains. Pour cela, il faut : 1- Au sein des pays quel que soit le type de régime et dans la voie démocratique et parce que l’on est en train de construire des traditions républicaines, un Nouveau contrat social entre les acteurs des traditions que sont les populations des différentes communautés constituant la communauté nationale, entre les populations et leurs émanations que sont les autorités traditionnelles qui, aujourd’hui, dans la République, dépouillées du pouvoir souverain, ont un rôle essentiellement moral, une mission morale dont l’effectivité est liée aux comportements de la personne qui est appelée à l’incarner. 2- Un Nouveau contrat social pour les systèmes d’organisation internationale et leurs acteurs dans un monde en quête de valeurs humaines, d’éthique pour la gestion de la chose publique, pour le respect de la dignité humaine ; il est question d’asseoir la paix et de cultiver 6

l’amour aussi bien dans les sociétés nationales que dans la société internationale où chaque personne doit apporter ce qu’elle a de riche et de précieux pour la cause de notre commune humanité, pour la protection de notre commun environnement, de notre cadre de vie. Le Nouveau contrat social, à ces deux niveaux, vient pour asseoir ce qui, puisé, d’une part dans les pratiques, dans les valeurs traditionnelles, nous venant du fond des temps et, d’autre part, sortant des valeurs qui éclatent des réalités présentes, donne toute sa force à l’âme du peuple, la mettant ainsi au service de la nation, de l’humain, de notre commune humanité, et puis, appelant ainsi, parce que tirant les leçons du passé et des réalités vivantes, à cultiver les valeurs, l’éthique fondant la vie et les activités des êtres humains sans considération des barrières ; ce qui, et de ces faits, conduit à donner naissance à ce qui constituera les traditions pour les générations futures du grand village, de la grande famille de la planète terre.
IIQUELQUES ECLAIRAGES AUTOUR CONCEPTS TRADITIONS ET CONTRAT SOCIAL DES

Il y a lieu de s’arrêter un instant autour des concepts qui apparaissent dans la formulation du sujet qui nous interpelle. D’abord, les traditions qui sont ici un ensemble de pratiques ayant, tout au long de l’histoire des peuples, fait leur preuve, se maintenant parce que donnant des règles pour l’organisation de la vie et des activités dans la société ; ou encore parce que constituant des pratiques sociales, culturelles, économiques, caractérisant les membres des sociétés ou présidant à toutes leurs entreprises. Il s’ensuit que les traditions sont en construction continue. Ainsi dans un monde où les êtres humains se côtoient de plus en plus, où, entre les peuples 7

et les pays, il n’y a plus de distance, où règne l’interdépendance, où s’affirment des valeurs universelles comme celles de la dignité humaine, de la démocratie, du caractère intangible de la vie. Ceci étant, il y a aussi des dimensions des pratiques et des traditions qui sont perçues comme négatives au contact des autres traditions, cultures ou civilisations ; il en va ainsi de la place et du rôle de la femme dans la société, de l’excision, des mariages des enfants, des statuts des sujets, des domestiques ou des esclaves pour certaines catégories des population, etc. Les pratiques et les traditions aux dimensions négatives, bien qu’en apparence anodines, parce que revêtant des formes des plus subtiles d’une société à l’autre, d’une région à l’autre, doivent être relevées pour être mieux éliminées. Ainsi se dégagent tout le sens et la raison d’être du Nouveau contrat social qui va alors mettre en exergue les principes partagés ou à partager par les membres de la société, dans les rapports entre les individus et entre les sociétés. L’élimination de ce qui est négatif et la construction de ce qui est positif sont programmées dans les textes qui organisent les sociétés nationales et internationales et dans l’essence même des formes d’organisation comme la République et des voies et formules d’action comme la démocratie. Mais il faut compter avec les acteurs qui sont appelés à animer les institutions. En effet, n’a plus cours le contrat social qui existait dans le cadre des traditions qui avaient leur propre espace d’expression avec des populations actrices comme sujets, acteurs directs dans l’expression des normes issues des traditions ou objets devant bénéficier des prestations ou

8

subir des sanctions prononcées et exécutées en application de ces mêmes normes générées par les traditions. La société internationale trouvant ses fondements dans les sociétés nationales et y puisant ses forces, le Nouveau contrat social à ce niveau dépendra pour beaucoup, des mutations sur le plan interne dans la direction de l’affirmation de notre commune humanité. Au secours et en appui à une telle évolution, les problèmes communs de l’environnement, de notre planète terre qui ne connaissent plus les frontières qu’elles soient étatiques ou liées aux richesses quelles qu’elles soient. Ainsi la crise financière et bancaire entraînant les crises économiques, les récessions avec les fermetures des entreprises, la multiplication des chômeurs avec les lots de malheurs et de souffrances, montrent au grand jour le phénomène de l’interdépendance qui, dans toute sa profondeur, interpellant tout le monde et chaque personne morale ou physique, invite de façon impérative à la mise sur pied et à la traduction dans les faits du Nouveau contrat social. En effet, le contrat social qui avait cours a montré ses limites et toutes ses faiblesses, le rendant désormais non applicable, non opérationnel.
III- SITUATION AU NIVEAU DES PAYS AFRICAINS PAR EXEMPLE

Avec la République et le nouvel Etat indépendant, il y a d’autres normes, d’autres règles répondant aux nouvelles réalités nées du fait des populations venant des traditions différentes avec des espaces de vie différents qui, regroupés, constituent un territoire plus large où les anciennes entités ne sont plus que des composantes d’un ensemble. Il se trouve que ces différentes traditions distillaient des valeurs qui doivent être maintenues parce que constituant les bases d’expression de la personnalité, 9

de l’identité, des richesses culturelles, du patrimoine culturel, matériel et immatériel, de la confiance en soi et, de ces faits, des qualités s’analysant dans la créativité, l’imagination créatrice. Pour le maintien et l’épanouissement de toutes ces riches valeurs on doit tenir compte de la diversité de sources des traditions et de ce qu’elles apportent. Dans chacune des communautés, il y avait un contrat social ayant présidé à l’évolution, à la vie et la survie des traditions ; ce contrat social était inscrit dans les traditions elles-mêmes. Avec le nouvel Etat, il faut un Nouveau contrat social entre les acteurs des traditions d’une même communauté ethnique, tribale en vue de s’inscrire, avec tout ce qu’il y a de positif et de partageable avec les autres populations, dans le cadre de l’ensemble national, de la communauté nationale, ouvertes sur la communauté humaine universelle. La très grande majorité des pays africains comme le Cameroun qui, dans les années cinquante et soixante, ont accédé à l’indépendance comme Républiques organisées en Etats démocratiques, ont des populations originaires des groupes, des communautés qui se sont retrouvés dans des espaces territoriaux délimités arbitrairement par les traités et accords coloniaux suite au partage de l’Afrique entre les Européens au congrès de Berlin en 1884. Ces groupes et Communautés humains étaient indépendants, ayant leur propre organisation basée sur des coutumes, des traditions spécifiques. On parlera des tribus, des ethnies qui, même voisines et partageant certaines pratiques traditionnelles, ont des particularités souvent très fortes marquant leur identité, leur personnalité par exemple en ce qui concerne les organes et la distribution des pouvoirs, l’accession à des charges de responsabilité, l’expression culturelle, l’organisation économique, les formules d’éducation, la place et le rôle des femmes dans la société. 10

On va ainsi passer des populations actrices directes, sujets et objets de droit avec leur espace d’expression et de vie obéissant à des traditions, les cultivant eu égard aux réalités et aux mutations que connaît la société, à des populations se retrouvant dans un espace territorial plus large avec toutes les diversités. Pour cela, il faut un Nouveau contrat social pour la construction des pratiques traditionnelles répondant à la nouvelle situation.
IVSE SITUANT AU NIVEAU DE LA SOCIETE INTERNATIONALE : SIGNIFICATION ET OBJECTIF DU NOUVEAU CONTRAT SOCIAL

En ayant présents à l’esprit les éléments essentiels et forts de l’histoire de la société internationale, nous allons nous situer entre deux dates, celle de la période d’avant la Première Guerre mondiale où la guerre était acceptée comme moyen normal des relations entre les Etats, entre les peuples et celle d’après, avec le traité de Versailles de 1919, la création de la Société des nations et l’aboutissement avec le pacte Briand-Kellogg - des noms des ministres français et allemands des Affaires étrangères qui signèrent ce Pacte international - de renonciation à la guerre comme moyen des relations internationales. On va assister aux premiers pas chancelants et difficiles du contrat social qui, comme le traité de Versailles, dégage les relents de la force, de la puissance de ceux qui ont gagné la guerre. Cependant, l’idée de la paix et d’une coopération organisée, faisant son chemin, sortira renforcée de la Deuxième Guerre mondiale bien que le phénomène de puissance marqué par une forte tradition cultivée tout au long des âges, ne soit pas complètement évacué. Tout cela parce que, aussi bien dans le cadre de l’Organisation des nations unies que dans le cadre de ses institutions spécialisées, ce sont des hommes et des femmes, dans leur nature versatile, faisant ressortir dans 11

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.